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Full text of "Bulletins de la Société des antiquaires de Picardie"

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BULLETINS 

DE LA 

SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES 

DE PICARDIE. 


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BULLETINS 

DE LA 

SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES 

DE PICARDIE. 

Tom. IV. — 1850—51—52. 



AMIENS, 

Ihprimbbib DB DU VAL bt HERMENT, Place Pébjgord, 1. 

P AMIS. 

Libbaibis de J.-B. DUMOULIN, 13, Qdai des Aogostins. 

1852. 


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BULLETIN 

DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. 

COMITE CENTRAL. 

- » -g a ; a a ■■ 


Séance du 9 Janvier 1850. 

L’ordre du jour appelle l’installation du bureau qui 
se compose, pour l’année 1850 , de MM. Bisson de la 
Roque , président ; l’abbé Duval , vice-président ; An¬ 
toine , secrétaire-annuel. 

M. le docteur Rigollot, président sortant, lit le discours 
suivant : 

« Messieurs, 

» Après avoir occupé, par suite de votre’extrême bien¬ 
veillance et pendant deux antiées consécutives, les fonc¬ 
tions de président, permettez-moi, au moment de céder 
la place à un honorable collègue que vous aviez déjà pré¬ 
cédemment appelé à faire partie du bureau et dont nous 
apprécions tous le zèle et les précieuses qualités, de vous 
exprimer la vive reconnaissance que m’inspire l’honneur 
que vous m’avez fait. 

» Je saisirai cette occasion, Messieurs, pour vous rap¬ 
peler succinctement les principales choses que la Société 
des Antiquaires de Picardie a faites pendant deux années 





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qui partout ont produit tant de changements et d’agi¬ 
tation. 

» Cependant, comme dans un temps ordinaire, vous 
avez continué le cours de vos paisibles travaux et même 
les richesses de votre Musée se sont accrues d’une ma¬ 
nière inespérée. Par suite de négociations entamées dès 
1847, vous avez obtenu de madame la duchesse de Berry 
la restitution de trois des magnifiques cadres sculptés des 
tableaux du Puy de la chapelle des Machabées ; ce sont, 
en ce genre, des chefs-d’œuvres peut-être uniques en Eu¬ 
rope, et qui témoignent des efforts que faisaient au com¬ 
mencement du xvi. e siècle nos artistes pour lutter contre 
le goût nouveau que la renaissance des arts en Italie ten¬ 
tait d’introduire alors en France. 

» Vous vous rappelez tous, Messieurs, combien dans 
le cours de 1848 l’interruption des manufactures et du 
commerce mit à la charge de la ville d’ouvriers inoccu¬ 
pés qu’il fallut employer à des travaux de terrassements. 
Parmi ceux qui furent exécutés en diverslieuxet qui ame¬ 
nèrent la découverte d’objets antiques, aucun n’en pro¬ 
duisit une plus importante que celle des nombreux bas- 
reliefs funéraires et des inscriptions trouvés dans lé marais 
de Longueau, où sans doute, après avoir été renversés à 
l’époque du triomphe de la religion chrétienne sur le 
paganisme, ils servirent à former une chaussée parallèle 
à celle qui existe actuellement. Jamais la ville d’Amiens 
n’avait possédé rien de comparable à cee monuments qui 
datent au moins des ii.'et ni.® siècles de notre ère et qui 
forment les titres les plus anciens de son histoire. 

» Nous ne pouvons parler des accroissements de notre 


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7 — 


Musée sans exprimer notre reconnaissance pour le présent 
que lui a fait si généreusement M. de Lagrenée, l’un des 
représentants du département et ancien ambassadeur en 
Grèce, d’une précieuse collection de sculptures et de vases 
recueillis à Athènes, et qui, par leur choix, et leur haute 
antiquité, ont une grande valeur archéologique. 

» Vous êtes parvenus, l’année dernière, à ériger enfin, 
sur une place de la ville, la statue de Du Gange, et l’inau¬ 
guration de ce beau monument à laquelle ont pris part 
des députations de l’Académie des inscriptions et de nom¬ 
breuses sociétés savantes, ainsi que beaucoup de hauts 
fonctionnaires, laissera chez nous et au dehors un souve¬ 
nir durable de vos nobles efforts pour glorifier l’homme 
• illustre auquel Amiens a donné le jour. 

» Dirai-je, Messieurs, qu’à cette occasion, sur la de¬ 
mande de M. le Préfet, M. le Ministre de l'instruction 
publique a bien voulu m’accorder une flatteuse distinction 
que je dois uniquement à l’honneur que vous, m’avez fait 
en me plaçant à votre tète. Je ne puis trop le répéter, 
c’est le président de la Société des Antiquaires de Pi¬ 
cardie qui a reçu une décoration que bien d’autres parmi 
vous ont sans doute méritée tout aussi bien que moi. 

» La meilleure preuve qu’uBe société savante puisse 
' donner de son activité et de sa constance à remplir sa 
tâche, est le nombre et la valeur de ses publications. Or, 
depuis votre fondation, vous n’avez produit autant que 
dans le cours des deux années qui viennent.de s’écouler; 
indépendamment de votre bulletin trimestriel où vous 
donnez l’analyse de vos séances et publiez les disserta¬ 
tions qui perdraient à ne pas être promptement livrées 


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— 8 — 


au public, vous avez continué de faire paraître les vo¬ 
lumes annuels de vos mémoires renfermant, comme tou- - 
jours, des travaux importants dus soit à vos membres 
titulaires, soit à vos nombreux correspondants. De plus, 
vous avez pu faire imprimer la continuation du savant 
ouvrage de M. Bouthors sur les coutumes locales de la 
Picardie,ouvrage justement estimé, et que, grâee à la per¬ 
sévérance de son auteur, vous espérez pouvoir bientôt 
terminer. Vous avez enfin commencé la publicatioh de 
l’Introduction à l’histoire générale de la Picardie, par 
Dom Grenier, ce docte bénédictin dont, grâce aux re¬ 
cherches d’un de vos lauréats, la vie laborieuse, entiè¬ 
rement cachée dans l’oubli, a été retrouvée et exposée 
avec tous les développements dont elle était digne. L’in- - 
troduction que vous publiez est un travail achevé, d’une 
haute valeur d’érudition et qui, sans vous, serait resté 
enfoui au milieu des nombreux manuscrits de la Biblio¬ 
thèque nationale. 

» Non seulement, Messieurs, les publications dont je 
vou3 entretiens ont paru ou paraîtront bientôt, mais vous 
possédez de nombreux matériaux pour vos volumes fu¬ 
turs. Tpi est, par exemple, le beau travail de M. l’abbé 
Corblet sur la langue picarde, que vous venez de cou¬ 
ronner. 

» Je devrais sans doute m’arrêter ici, Messieurs, car 
il ne m’appartient pas de vous louer individuellement et de 
dire la part que chacun de vous a prise dans les travaux 
' de la Société. Il n’est aucun de nos membres qui n’y ait 
contribué plus ou moins et n’ait droit à nos éloges; il en 
est cependant un que je ne puis m’abstenir de citer, car 


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son zèle infatigable s’est fait sentir en toute circonstance, et 
il s’est acquis des titres spéciaux à votre gratitude. En 
qualité de secrétaire de là Commission chargée dé sur¬ 
veiller la confection de la statue de Du Cange et de conser¬ 
vateur du Musée, il a rendu les services les plus signalés. 
C’est en grande partie à ses bons soins et à ses démarches 
que nous devons la restitution des cadres des tableaux 
du Puy et la conservation des bas-reliefs et des inscrip¬ 
tions du marais de Longueau, antiquités sur lesquelles il 
nous promet d’ailleurs un mémoire qui les fera connaître, 
et qui formera une de nos publications les plus curieuses. 
Enfin, si les fêtes de l’inauguration de la statue de Du 
Cange laissent de longs souvenirs dans la population de la 
ville d’Amiens, on en doit particulièrement à M. Dufour 
l’ordonnance et la pleine réussite. » 

—- M. Bisson de la Roque s’exprime ainsi : 

« Messieurs, 

» Vos suffrages trop bienveillants, en me décernant 
l’insigne honneur de la présidence de votre savante et la¬ 
borieuse Société, me confèrent une distinction aussi inat¬ 
tendue qu’imméritée, et m’imposent -des obligations dont 
l’importance et l'étendue inspirent à ma faiblesse un 
légitime effroi. 

» Engagé dans les liens de divers emplois publics dont 
les impérieux devoirs absorbent mes soins et mes loisirs ; 
je n’ai point pu, jusqu’à ce jour, prendre une part ac¬ 
tive aux travaux scientifiques qui animent et fécondent 
vos délibérations, enrichissent vos mémoires et font pren¬ 
dre chaque jour à votre renommée un plus brillant essor. 
Si dans ma sphère d’activité, j’ai du moins eu le bonheur 


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— io¬ 


de donner à la Société des Antiquaires de Picardie des 
preuves non équivoques de mon inaltérable dévouement, 
en m’associant avec ardeur à la défense de ses droits et de 
ses privilèges , en m’unissant aux efforts tentés pour ac¬ 
croître ses éléments de prospérité, trop heureux d’acquit¬ 
ter ainsi le juste tribut de mes vives et sincères sympa¬ 
thies , je ne méritais pas d’en être récompensé surtout 
par la haute dignité à laquelle le mérite reconnu et 
éprouvé de mes prédécesseurs ajoute tant d’éclat. 

» L’autorité respectée de vos suffrages suffit à peine 
pour triompher de mes résistances et me faire accepter un 
poste auquel je me me reconnais aucun autre titre que 
l’excès de votre bienveillante confiance. 

x> Puissé-je trouver constamment dans la continuation 
de cette bienveillance même, tout ce qui me manque pour 
répondre dignement à votre attente, et vous prouver ma 
gratitude. J’ai besoin de compter sur la persévérante ac¬ 
tivité de chacun de vous, afin que la marche glorieuse de 
votre Société ne subisse aucun rallentissement dans la 
belle carrière ouverte devant elle. L’année 1849 , à ja¬ 
mais mémorable dans nos annales par la solennelle inau¬ 
guration de la statue de l’immortel Du Cange, a surexcité 
dans le cœur des Antiquaires de Picardie un sentiment de 
légitime orgueil et de généreuse émulation qui produira 
sans aucun doute les fruits les plus abondants. En voyant 
chaque jour cette noble et éloquente image de Du Gange, 
chacun de nous sentira plus vivement ce qu’il doit s’ef¬ 
forcer de faire dans la mesure de ses facultés pour les in¬ 
térêts de la science et pour la gloire du pays. 

» J’aime à trouver, dans l’ineffaçable souvenir de l’an- 


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née 1849, un présage assuré de fécondité pour toutes celles 
qui la suivront. 

» Je ne veux point parler ici du savant antiquaire qui me 
cède le fauteuil et que je serais si heureux d’y voir siéger 
encore. Sa modestie ne me permettrait pas de vous faire 
entendre son éloge. Mes faibles paroles pourraient-elles 
d’ailleurs rien ajouter à la haute distinction, à la grande 
et belle récompense récemment décernée dans la plus au¬ 
guste de nos fêtes, par le chef d« l’Etat à son érudition et 
à ses éminentes qualités, récompense d’autant plus écla¬ 
tante qu’elle a été reçue des mains du chef de l’adminis¬ 
tration départementale au milieu de nos chaleureux ap¬ 
plaudissements, en présence d’une foule nombreuse et 
respectueusement émue, sous les yeux satisfaits des dé¬ 
putés de l’élite du monde savant, au pied de la statue de 
Du Cange, au moment où , pour la première fois, elle 
apparaissait rayonnante de gloire et d’immortalité. Noble 
et précieux souvenir pour M, Rigollet. Noble et précieux 
souvenir aussi pour la Société des Antiquaires de Picardie. 

» J’ai l’honneur de vous proposer, avant la reprise de 
vos travaux, de voter des remerciments aux membres du 
bureau sortant, pour le zèle dont ils ont fait preuve dans 
l’exercice de leurs fonctions. » 

-"-Les remerciments proposés sont votés à l’unanimité. 
:.t—M. de Roquemont, nouvellement admis en qualité 
de membre résidant, remercie la Société. . 

_ « Je suis touché, dit-il, de l’honneur que vous me con¬ 
férez en m’appelant dans vos rangs. Je ne le dois pas à 
mes titres personnels, mais à votre bienveillance. Vous 
avez vu en moi un compatriote dont le cœur battait, 


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comme le vôtre, d’un vif amour pour sa province , un 
voyageur dont le pied avait foulé le sol de la patrie actuelle 
de la science, et vous avez fait place parmi vous à mes sen¬ 
timents et à mes souvenirs. » M. de Roquemont compare 
ensuite le rôle'des universités allemandes et celui des so¬ 
ciétés savantes en France, et montre l’influence salutaire 
qu’elles exerùent sur le pays où elles entretiennent parmi 
les intelligences la noble émulation de l’étude , et rani¬ 
ment dans les cœurs l’amour de la province, mobile puis¬ 
sant qui, avec celui de la famille, concourt à inspirer 
le dévouement à la patrie commune. 

—M. le Président, après avoir rappelé les titres de 
M. de Roquemont aux suffrages de la Société, ses études 
sévères et approfondies sur la législation ancienne et mo¬ 
derne , le mérite de sa traduction du Manuel du Droit 
' ecclésiastique de Ferd. Walter, l’invite à prendre sa place 
dans la Société, avec le sentiment de satisfaction et de 
légitime confiancé que doivent lui inspirer l’estime et les 
sympathies de ses collègues. 

—M. le Secrétaire donne lecture d’un mémoire de M. 
Quesnet, archiviste , à Beauvais, tendant à prouver que 
le Bratuspantium de César n’est autre que Grattepanche, 
près d’Amiens, et que la substitution d’un G à un B, 
deux lettres qui, dans l’ancienne écriture , avaient une 
grande analogie, a causé les hésitations qui existent 
encore sur l’emplacement qu’occupa jadis Bratuspantium. 

— On lit ensuite un mémoire de M. Daniel, sur le 
même sujet, où l’auteur réfute l’opinion de M. Quesnet, 
et se range à l’opinion de ceux qui pensent que Bratus¬ 
pantium n’est autre que la ville actuelle de Beauvais. 


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— M. le Trésorier présente ensuite l’état des recettes 
et dépenses de la Société pendant l’année 1849. 

— Une commission est nommée pour l’examen des 
comptes du trésorier et la préparation du budget de 1850. 

Séance du 18 Février 1850. — La Société accepte 
l’offre d’échange de publication qui lui est faite par la 
Société d’archéologie et de numismatique de Saint-Péters¬ 
bourg. 

—M. le docteur Rigollot demande qu’une commission 
soit nommée pour rechercher quelles seraient les parties 
du manuscrit de Froissart, de la bibliothèque d’Amiens,’ 
qu’il conviendrait de publier. 

La Commission est nommée et se composera de MM. 
Rigollot, Bouthors et Garnier. 

— M. le Président donne lecture d’une lettre de M. le 
Maire d’Amiens, lequel prie la Société de rechercher 
quels seraient les titres de la ville à la propriété de la 
Conciergerie. 

Cette recherche est confiée à une commission composée 
de MM. Rigollot, Bouthors, Guerard, Garnier et Dufour. 

—M. l’abbé De Ladoue, membre résidant nouvellement 
admis, remercie la Société, et, en rappelant les divers tra¬ 
vaux qui ont fait et doivent faire l’objet des études qu’elle 
s’est proposées dans ses statuts, signale les institutions re¬ 
ligieuses. On a, dit-il, rendu justice aux travaux scien¬ 
tifiques et littéraires des moines, mais on ne veut pas 
approuver l’institution. On admire les fruits, et on regarde 
l’arbre qui les produit comme un mauvais arbre. Il y a 
là, je crois, une réhabilitation à faire. Si j’en étais capa¬ 
ble, et que mes fonctions me laissassent assez de loisir, je 


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— 14 


voudrais établir par des faits ees deux propositions : 1." 
que les moines ont contribué d’une manière très-efficace 
à civiliser l'Europe et la France en particulier ; 2.° qu’ils 
peuvent encore être très-utiles pour arrêter notre mal¬ 
heureux pays sur la pente qui le conduit à l’abîme. 

L’esquisse de ce sujet, présentée rapidement, fait re¬ 
gretter que l’auteur n'ait point donné à ces pensées tous 
les développements dont cette thèse était susceptible. 

— M. le Président lui répond : 

Il vous a suffi, Monsieur , d’exprimer le désir de vous 
associer aux travaux de la Société, pour qu’elle vous ad¬ 
mette dans son sein. Un lien sympathique vous unissait 
d’ailleurs par anticipation à la Société des Antiquaires de 
Picardie. Dans votre culte pour la science, vous avez de¬ 
puis longtemps fait une large part aux études archéolo¬ 
giques qui se rattachent, sous tant de rapport, et s’allient 
aux hautes études ecclésiastiques.—M. le Président rap¬ 
pelle ensuite que M. de Ladoue a professé l’archéologie 
au séminaire de Dax, et que déjà il s’est occupé des anti¬ 
ques et savantes abbayes de la Picardie, et l'invite à con¬ 
tinuer les travaux qu’il a commmencés; vous le voyez, 
Monsieur, dit-il en terminant, pour la Société, le jour de 
votre réception est un jour de satisfaction eï d’espérance ; 
partager notre satisfaction comme nous la sentons, et vous 
aurez bientôt justifié notre espérance. ~ # 

—Le rapporteur de la commission des comptes, après 
avoir fait connaître l’état financier de la Société, demande, 
au nom de la commission, des remerciments bien mérités à 
M. Dorbis pour le zèle avec lequel il continue de s’acquitter 
de ses minutieuses et ingrates fonctions de trésorier. 


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— 15 — 

Des remercîments sont votés à l’unanimité. 

— La Société s’occupe ensuite du budget des dépenses 
pour l’année 1850. 

Elle s’associe à la souscription ouverte pour un mo¬ 
nument à élever à Galknd, dans la commune de Rollot, 
lieu de sa naissance. 

Elle s’empresse également de prendre part à la sous¬ 
cription ouverte par l’Académie des sciences et du dépar¬ 
tement de la Somme, pour élever à Gresset une statue 
dont l’exécution est confiée à M. Forceville-Duvette, l’un 
de ses membres. 

— M. Dufour donne lecture du travail auquel il s’est 
livré pour la confection de la table analytique des ma¬ 
tières renfermées dans les dix volumes des mémoires de la 
Société. 

Ce travail divisé en deux parties, l’une renfermant 
une table par noms d’auteurs, l’autre une table méthodi¬ 
que par ordre de matières, est renvoyé à la commission 
d’impression, et recommandé à sa sollicitude. 

Séance extraordinaire du 27 février 1850. — M. Gue- 
rard lit un mémoire sur l’origine du dicton : Saint-Ger¬ 
main coucou el fête ed chez fout. 

Selon la tradition* ce nom fut donné aux paroissiens de 
Saint-Germain à cause du refus fait par la fabrique d’une 
fondation qui aurait rapporté un setier de blé par jour. 

L’auteur démontre que cette tradition est fausse, par 
l’examen des titres mêmes de la fondation et l’état des 
choses au xv.® siècle, et fait voir que ce nom ne peut 
venir que d’une société de fous qui a existé dans cette 
paroisse. 


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Il recherche à quelle fête antique se rapportait cette 
fête des fous et la rapporte aux floralia de Rome, qui se 
célébraient à la fin des calendes de mai. Il entre ici dans 
quelques détails sur les floralia et les fêtes en usage au 
1." mai ; il montre que ces fêtes ont été conservées en 
France, à Toulouse, à Evreux , rappelle ce qui se passait 
au xiii.» siècle, et au xvi.* à Lagny où l’on tenta de les 
rétablir, et signale leur ressemblance avec ce qui se passait 
à Amiens à la même époque. Enfin , il fait voir que les 
mêmes usages se retrouvent dans ce qui se passe encore 
aujourd'hui la veille de Saint-Germain, premier diman¬ 
che de mai, chansons, promenades avec branches d’arbre, 
bouquets déposés devant l’image du Saint, au portail de 
l’église, et surtout bouquets de coucou (primula veris ), 
emblème de la folie. 

— La Société entend ensuite quelques observations sur 
les restaurations projetées de la cathédrale d’Amiens, et 
décide : qu’elle offrira à M. le Ministre des cultes son con¬ 
cours le plus empressé pour venir en aide à l’architecte 
chargé de cette, restauration; et qu’une expédition de cette 
délibération sera adressée à M. le Préfet, avec prière de 
vouloir bien la recommander à la bienveillante attention 
de M. le Ministre. 

Séance du 13 mars 1850. — M. Bouthors lit le pro¬ 
gramme d’un travail dont il s’occupe, et qui aura pour 
titre : Etat politique de la ville d’Amiens au xiv.* siècle. 

La Société félicite l’auteur de ce projet et l’invite à lui 
présenter prochainement le mémoire dont il vient de lui 
donner l’esquisse. (Voir plus loin, pag. 23.) 

— M. Garnier, après avoir rappelé l’importance du 


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— 17 — 


MS de Froissart de la bibliothèque d’Amiens, que divers 
extraits publiés par MM. Rigollot, de Cayrol et de la Fon- 
tenelle de Yaudoré ont fait suffisamment connaître, s’é¬ 
tonne que l’éditeur nouveau du célèbre chroniqueur, col¬ 
lationnant tous les MSS. connus, ait réservé l’examen de 
celui d’Amiens pour l’époque où son travail va être mis 
sous presse. 11 signale comme du plus haut intérêt la 
copie qix’en a lait faire M. Rigollot et que M. de Cayrol, 
avec l’intelligence et le soin minutieux qu’il apporte dans 
ses travaux, a collationnée avec toutes les éditions impri¬ 
mées. Il pense que la Société pourrait, dans la limite de 
ses ressources, publier les extraits les plus remarquables, 
et qu’un volume de fragments serait encore utile et de na¬ 
ture à attifer l’attention. La Société, ajoute-t-il, ne sau¬ 
rait être accusée d’indifférence, car la première, elle a fait 
connaître le MS., en publiant les passages qui concernaient 
la bataille de Crécy ; on ne pourrait non plus l’accuser de 
jalousie quand elle revendique une initiative qu’il n’a 
point tenu à die de prendre plus tôt. Il termine en expri¬ 
mant le regret que la Société ne puisse faire une publi¬ 
cation complète, avec tous les développements critiques 
qu’elle comporterait. 

COMITÉ DE BEAUVAIS. 

Séance du 21 Janvier 1850. — M. le Président fait 
part de plusieurs dons faits au Musée. 

— M. Hamel rappelle que beaucoup de maisons de 
Beauvais renferment des objets d’art fort intéressants, tels 
que tableaux, gravures, etc., sauvés lors de ^destruction 
des couvents et des églises ; il émet le vœu d’en voir 

2 . 


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18 — 


dresser le catalogue par les soins de la Société qui, en¬ 
suite , en provoquerait une exposition publique à laquelle 
se prêteraient volontiers les propriétaires ; cette exposi¬ 
tion aurait lieu au moment où l’érection de la statue de 
Jeanne Hachette appellerait à Beauvais le concours de nom¬ 
breux artistes. Il rappelle aussi que le salon de la maison 
rue de l’Etamine, n.° 8, renferme beaucoup de toiles dues 
au talent de Monsiaux; il pense que, dans l’intérêt de 
l’art, on ne peut trop répandre la connaissance de ce fait 
qui suffira pour empêcher que ces toiles ne soient mécon¬ 
nues par quelque propriétaire peu soigneux. 

—M. Daniel continue la lecturede ses recherches sur l’an- 
cience cité des Bellovaques, et entretient la Société de ses 
investigations sur le côté de l’enceinte qui regarde l’orient et 
une partie du sud ; ce travail qui se refuse à l’analyse, té¬ 
moigne incessamment de la persévérance et de la sagacité 
studieuse de son auteur , qui ne laisse passer aucune mai¬ 
son attenant à l’enceinte sans l’examiner soigneusement. 
La rue Beauregard , dont toutes les maisons du côté droit 
sont appuyées à l’ancien rempart, lui fournit beaucoup 
défaits intéressants; partout il y retrouve des traces de 
l’ancienne communication souterraine qui reliait toutes 
les fortifications , malgré les nombreux travaux des pro¬ 
priétaires pour l’approprier à leurs besoins particuliers ; 
l’une de ces maisons présente de nombreuses galeries en 
forme de patte d’oie, qui, passant sous le fossé d’enceinte, 
pouvaient mettre la cité en rapport avec la campagne ; le 
côté sud a été le plus endommagé à cause de la percée 
du pont d’Amour et de celle qui mettait en communica¬ 
tion la collégiale de Saint-Micliel avec les Minimes. 


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— 19 — 


A cette occasion, M. Dupont rappelle que cette église 
de Saint-Michel était, avec la Basse-œuvre, l’un des mo¬ 
numents les plus anciens de la ville ; qu’elle avait été 
élevée sous Huges Capet par la maison des comtes de Dam- 
martin dont l’hôtel donnait sur la place Saint-Michel, 
pour obéir à l’édit du premier roi de la troisième race, 
qui, regardant alors avec raison les fondations religieuses 
comme un des moyens les plus actifs de civilisation, vou¬ 
lait que nulle baronie n’existât sans un prieuré. 

Séance du 18 février 1850. — M. l’abbé Legoix lit le 
travail d’un auteur anonyme qui s’est livré à d’in¬ 
téressantes recherches sur les attributs iconographiques 
que l’on donne aux quatre grands docteurs de l’église 
latine, et à cette occasion passe en revue les divers 
monuments de peinture et de sculpture qui les représen¬ 
taient dans nos édifices religieux. 

Après quelques détails biographiques sur saint Jérôme 
et une courte appréciation de son génie, l’auteur rappelle 
que dans les monuments du diocèse, les attributs qu’on 
lui donne sont au nombre de cinq : l.° la pierre dont il se 
frappe la poitrine, indique ses regrets et la pénitence qui 
devaient expier les premiers temps de sa vie donnés aux 
délices de Rome; 2.° dans un tableau de l’église de 
Bresle, on donne pour attribut à l'illustre docteur un 
flambeau qui rappelle ses veilles laborieuses ; 3.° le lion 
qui se voit dans un tableau de l’église de Saintr-Martin- 
au-Bois, indique les rugissements de sa vigoureuse indi¬ 
gnation contre la corruption du siècle ; 4.° sur d’autres 
monuments l’illustre saint est encore représenté en habits 
de cardinal.; 5.° enfin , le crucifix , la tête de mort et la 

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trompette sont les symboles de l’austère pénitence du so¬ 
litaire de la terre sainte, et des terreurs que lui causait 
le redoutable clairon de la résurrection dernière. 

Saint Ambroise, né à Trêves, dans les Gaules, au iv. e 
s.iècle, a pour attributs : 1° une croix d’archévêque, laquelle 
annonce la haute dignité de l’archévêque de Milan, qui 
lutta avec tant d’énergie contre l’impétueux Théodose ; 
2.° un fouet, c’est le symbole du bras vigoureux qui dé¬ 
truisit l’arrianisme ; 3.° la ruche, vision de ses parents 
qui avaient vu des abeilles venir se fixer sûr les lèvres 
du saint encore au berceau. 

— Dans une intéressante lecture sur les illustrations 
militaires du Beauvoisis, M. Dupont passe en revue les 
hommes de guerre qu'il a produits, et montre que, comme 
l’antique Italie, il peut aussi prendre pour devise : Magna 
parens... virorutn. Commençant par l’ère celtique, l’au¬ 
teur recherche quel était l’état de civilisation des Belges 
au moment où ils entreprirent cette lutte formidable 
contre les maîtres du monde, lutte que nous ne pouvons 
connaître que par les récits d’un ennemi, d’un vain¬ 
queur, et il raconte toutes les péripéties de cette guerre de' 
géants. Tout plein des mémoires de César sur ses campa¬ 
gnes dans les Gaules, il complète en quelque sorte le récit du 
grand capitaine par la description des lieux jadis témoins 
de ces grands combats. Ces détails donnent une vie nou¬ 
velle aux récits du général romain. Enfin l’auteur dessine 
à grands-traits l’ityustre Coreus, chef des Belges, et dit 
ses brillants succès et ses revers, lors qu’enveloppé par 
plusieurs légions, il périt de la mort des braves. 

Séance du 18 mars 1856.—M. le Président fait connaî- 


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treque la polémique des journaux de Paris et de notre ville 
a récemment appelé l’attention sur le drapeau conservé 
comme trophée de la gloire de Jeanne Hachette, et que 
l’authentiçité de cette vénérable relique a été mise en 
doute. Il appartient avant tout à la Société, dont les efforts 
réitérés ont provoqué d’une manière si heureuse le ré¬ 
veil des glorieux souvenirs qui se rattachent à la vaillante 
fille de Beauvais, de donner son mot sur cette question. 
Ce qu’il importe., c’est d’éviter une discussion prématurée 
qui ne serait point nourrie de recherches consciencieuses 
et de l’examen approfondi des pièces du procès. Pour y 
arriver, il propose de nommer une commission qui ferait 
un rapport où les diverses questions seraient posées avec 
précision. Cette proposition est agréée. 

—La lecture déjà commencée par M. Legoix d’un tra¬ 
vail sur les attributs iconographiques des quatre grands 
docteurs de l’Eglise latine, est continuée. L’auteur 
esquisse les principaux faits de la vie de saint Au¬ 
gustin i ses chutes, sa conversion ; il rappelle qu’il est 
ordinairement représenté avec un cœur simple ou percé, 
hommage de ses affections à Dieu et de l’application de 
cette belle sentence si souvent répétée : « Mon fils, donne- 
moi ton cœur. » C’est ainsi qu’il est figuré dans le 
portail nord. Souvent aussi on^ place un jeune enfant à 
côté du docteur. C’est l’ange chargé, par une allusion 
naïve, d’arrêter les témérités de la science, qui essayait 
de sonder les mystères de la Trinité. Il creuse un trou 
dans le sable pour y renfermer tout l’Océan. Enfin, le 
scapulaire ou capuchon noir indique les nombreux ordres 
religieux qui ont invoqué le patronage du saint. 


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Le pape saint Grégoire, au vi. e siècle, enfant de la cité 
..sainte, est encore une de ces grandes figures dont l’icono* 
'graphie religieuse s’est emparée ; ses soins amenèrent la 
conversion de la-Grande-Bretagne où il envoya le moine 
Augustin. Souvent il est représenté offrant le sacrifice de 
la messe ; c’est ai effet le grand sacrificateur qui perfec¬ 
tionna la liturgie, et, par de sages modifications, donna à 
la messe, ce grand acte du catholicisme, toute sa solennité 
actuelle. La colombe qui l’accompagne pendant son travail, 
c’est l’Esprit-Saint qui dicte en quelque sorte ses écrits, et 
la grande croix papale qu’il porte dans les vitraux de la 
cathédrale, indique un des successeurs de saint Pierre. 

— M. Daniel continue sa description de l’enceinte de la 
cité dont le côté méridional offre encore une tour gallo- 
romaine de 20 pieds de hauteur, avec une chambre ovale. 

Il rappelle aussi les trois tours qui existaient au côté 
occidental où se trouvait la poterne Saint-Louis, notam¬ 
ment la tour Saint-Germer qui a disparu depuis long¬ 
temps ; celle où des parties gothiques se trouvaient 
-couronnées par des constructions romaines, travail cu¬ 
rieux d’une reprise en sous-œuvre dont la Société a cherché 
inutilement à assurer la conservation, mais dont le sou¬ 
venir sera conservé par le beau dessin de M. Hamel, l’un 
de ses membres.—Il signale enfin le palais épiseopal cons¬ 
truit sur une partie des murs de la cité, et qui a conservé 
une portion notable du mur d’enceinte; la base des deux 
tourelles qui regardent le boulevard est évidemment de 
construction romaine. 

— M. Duflot donne de curieux détails sur le Mont de 
Catenoy près Clermont. Ce point important avait depuis 


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longtemps appelé l’attention des archéolôques -comme une 
mine très-riche d’antiquités romaines; les recherches de 
notre collègue lui ont donné un nouveau degré d’intérêt 
en prouvant que c’était antérieurement un campement des 
Belges dans lequel leurs vainqueurs s’étaient établis. Des 
armes en silex de toute nature, telles que haches, pointes 
de flèche, pierres de fronde, ont été le résultat de recher¬ 
ches aussi actives qu’intelligentes. 


Etat politiqoe de la Tille d’Amiens an xiv.' siècle, 

Pas M. r A. Bouthors. 

Messieurs , 

Je dois bientôt vous donner lecture de la première 
partie d’un travail que je prépare sur l’état politique de la 
ville d’Amiens au xiv.“ siècle, dans lequel je me propose 
d’indiquer les progrès et la décadence des libertés commu¬ 
nales sous le régime des corporations. Mais je veux au¬ 
paravant vous faire connaître et le plan de l’ouvrage et 
les circonstances qui m’ont conduit à l’entreprendre. 

"Vous savez que M. le Maire d’Amiens, conformé- 
nteht au vœu émis par vous dans le courant de l’année 
dernière, a nommé une commission, prise dans votre 
sein, qui procède au récolement et au classement des 
archives municipales. Celte commission dont j’ai l’hon¬ 
neur de faire partie, devra vous présenter le résultat 
général de ses investigations, et je viens, en attendant, 
vous rendre compte de mes impressions personnelles sur 
la nature et la valeur de certains documents que j’ai eu 
mission d’examiner. 


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Ce sont : l.° le registre intitulé : VEstât de la ville 
d’Amiens ; 2.° le registre aux brefs et statuts des mestiers ; 
8.° les registres des recettes et dépenses de 1383 à 1390. 

Le l. er contient l’état nominatif de tous les officiers 
municipaux et des chefs des corporations, depuis 1345 
jusqu’en 1383, époque de la suppression des mairies de 
bannières. 

Le second renferme sur les -divers .corps d’état des 
règlements dont plusieurs datent du xm. e siècle. On 
pourra y puiser un jour les éléments d’une histoire com¬ 
plète de notre industrie locale depuis l’origine de la com¬ 
mune jusqu’à la révolution de 1789. 

Les registres aux comptes nous initient à tous les 
détails de l’administration de la cité. On y trouve, tout à 
la fois, le bilan de la situation financière à la fin de cha¬ 
que année, le doit et avoir de chaque branche du service 
public. De plus, ils permettent de ressaisir la physiono¬ 
mie de la ville au moyen-âge, d'indiquer le chiffre ap¬ 
proximatif de la population, l’importance de son com¬ 
merce, la nature de son industrie, de faire connaître le 
domicile, la profession et la fortune des principaux meip- 
bres de l’échevinage et des chefs des corporations : le rôle 
de l’Aide pour le passage de la mer est surtout précieux 
à ce point de vue. C’est le complément nécessaire de la 
liste des officiers municipaux et des maïeurs de bannières 
dont je dois maintenant vous entretenir. 

Vous n’ignorez pas, en effet, que notre collègue, 
M. Lavernier, avait, quelques années avant sa mort, 
conçu le projet de publier une notice sur les corporations 
d’arts et métiers de là ville d’Amiens. Ce projet, il l’avait 


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déjà en partie mis à exécution, puisque les procès-verbaux 
de vos séances mentionnent plusieurs intéressantes lec¬ 
tures sur ce sujet. Il vous a aussi présenté, pour servir 
de piècè justificative de son travail, un tableau par ordre 
alphabétique qui était le résumé de toutes les élections 
que chacun des individus compris dans cè tableau avait 
réunies, dans les bannières, dans l’échevinage et dans 
les fonctions actives de l’administration. Malheureusement 
ce tableau^ n’a pas été retrouvé avec les autres papiers de 
notre collègue dans les archives de la mairie. Mais les 
bulletins qui ont servi à lè dresser n’ont pas été perdus, 
et, malgré quelques lacunes qu’il m’a été facile de com¬ 
bler, je suis parvenu à le recomposer. 

J’ai donc essayé, Messieurs, de réaliser la pensée 
conçue par M. Lavernier, en utilisant les documents qu’il 
a rassemblés et en tâchant de restituer, dans la forme 
qu’il lui avait donnée, lé tableau alphabétique des maïeurs 
de bannières et de l’échevinage. 

La notice que j’ai l’intention de vous offrir se compo¬ 
sera de deux parties distinctes. Dans la première, je ferai 
entrer tout ce qui se rapporte à l’organisation de la cité; 
dans la seconde, j’indiquerai les conséquences et les ré¬ 
sultats de cette organisation. ’ - 

Première Partie. 

Chapitre I". — Topographie et statistique de la cité. 

Si j’interroge les registres aux comptes de 1383 à 1390, 
et surtout le rôle de l’Aide pour le passage de la mer de 
1386, j’y retrouve le vieil Amiens, avec le nom de ses 
rues, de ses places, avec sa double enceinte et sa divi- 


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— 26 — 


sion en onze paroisses. J’y vois une liste de 2,400 contri¬ 
buables , avec la désignation de la rue qu’ils habitent, 
de la profession qu’ils exercent et de la part d’impôt qu’ils 
paient, impôt qui est la représentation du 40.* de leur 
revenu, c’est-à-dire 6 deniers pour livre. Or, en suppo¬ 
sant, ce qui n’est point exagéré, un imposé sur huit ha¬ 
bitants, j’arrive à cette conclusion que la population sou¬ 
mise à.la juridiction de la commune était de 19,200 ha¬ 
bitants ; elle formait à peu près les deux tiers de la 
population totale, car ce n’èst pas trop que d’évaluer à 
6,400 habitants la population soumise à la juridiction de 
l’Evêque, du Chapitre et du Vidame. D’un autre côté, 
si le chiffre total de l’aide, 6,000 livres, représente le 
40.* du revenu de la masse des citoyens, ce chiffre aura 
pour équivalent, un revenu total de 240,000 livres en¬ 
viron, 6,000,000 d’aujourd’hui, soit 2,500 livres en 
moyenne pour chacun des contribuables. 

Chapitre II. — Organisation politique. 

On en trouve les formules dans le coutumier inédit de 
Picardie, publié par M. Marnier en 1839. En effet les 
coustumes de le ehité d’Amiens, qu’il nou s a données d’après 
le MS. Bigot de la bibliothèque nationale, est très expli¬ 
cite sur la manière dont se renouvelait le corps-de-ville. 
Le maire était nommé par les maïeurs de bannières et 
choisi sur une liste de trois candidats présentée par fé- 
chevinage sortant. Immédiatement après, les maïeurs de 
bannières nommaient les quatre officiers comptables de la 
commune et les douze premiers échevins. Ceux-ci s’as¬ 
semblaient à la Malmaison, le lendemain de leur élection, 


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et nommaient douze ' autres échevins pour compléter l'é¬ 
chevinage qui était composé de vingt-quatre membres. 

Malheureusement le livre des coutumes de la cité 
d’Amiens est muet sur le mode de renouvellement des 
chefs des corporations. Pour avoir quelque lumière à cet 
égard, il faut consulter la charte organique de la com¬ 
mune de Péronne de 1202, car sur ce point nous ne pou¬ 
vons raisonner que par analogie. 

Toutes les indications que nous fournissent les cou¬ 
tumes de la cité, sont confirmées et complétées parle 
roulement annuel de l’échevinage et des mairies de 
bannières. 

Les tableaux que nous vous présentons , ont pour but 
de mettre cette vérité en évidence, car ces tableaux sont 
la manifestation du jeu régulier des institutions, et 
même quelquefois l’expression des intérêts et des passions 
qui animent la cité. L’ordre alphabétique que nous avons 
adopté, en ouvrant un compte à chacun des élus, nous 
permet d’apprécier leur valeur relative et l’influence 
qu’ils pouyaient exercer. 

De 1345 à 1383, les vingt-quatre bannières de la ville 
d’Amiens, qui nommaient chacune deux maïeurs, ont 
eu 1783 élections qui se répartissent sur 753 noms dont 
352 ne paraissent qu’une fois, 142 deux fois, 107 trois 
fois, 51 quatre fois, 44 cinq fois,' 19 six fois ,138 sept 
fois et plus. Un seuL maïeur a été élu douze fois, 2 l’ont 
été onze fois, 3 neuf fois, 4 huit fors. 101 comptent plus 
de quatre élections. ; 

Le maïeur de bannières sortant, ne pouvait être renom¬ 
mé qu’après deux années d’intervalle. Cependant dans 


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— 28 — 


quelques bannières, par exemple dans celle des bouchers, 
il n’est pas rare de voir le même nom reparaître de deux 
ans en deux ans, mais c’est là l’exception. 

Un tableau particulier dressé pour la vérification des 
homonymes, nous fournira la preuve que les bannières 
n’étaient pas astreintes à choisir leurs maïeurs dans leur 
propre sein, et qu’elles se les empruntaient quelquefois 
les unes aux autres. Cela devait être, car pour gérer les 
affaires de la corporation et surtout pour contrôler le 
compte des recettes et dépenses des deniers communaux, 
il fallait au moins un maïeur sur deux qui sût lire et 
écrire. Cette double condition ne devait pas se rencontrer 
très fréquemment chez les sueurs., les boulangers, les 
fourniers , les viésiers et les tisserands. 

Par la même raison nous concevons très bien qu’il n’y 
ait eu que quatorze bannières sur vingt-quatre dont les 
maïeurs ont été promus aux fonctions de l’échevinage; les 
dix autres n’ont jamais eu de représentants dans les con¬ 
seils de la commune. 

Une seule bannière paraît avoir été en possession de 
donner des maires à la ville ; c’est celle des waidiers : 
elle compte huit élections de ce genre. 

Souvent aussi on voit des noms qui sortent des ban¬ 
nières pour entrer dans l’échevinage et qui, après une 
première ou une seconde épreuve, rentrent dans les ban¬ 
nières pour ne plus en sortir. Cela arrivait sans doute 
quand l’élu ne justifiait pas les espérances qu’on avait 
conçues relativement à sa capacité. » 

Les échevins nommés par les maïeurs de bannières 
étaient appelés échevins du jour ; ceux qui étaient nom- 


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més par l'échevinage étaient appelés échetàns du lende¬ 
main. Parmi les élus du lendemain, il y en a qui n’ont 
jamais été les élus du jour. Et, en outre, les maïeurs de 
bannières semblaient prendre à tâche d’interdire l’accès 
des hautes fonctions municipales à ceux qui entraient par 
cette porte. Pour qu’une première élection fût profitable, 
fallait-il qu’elle procédât de leur initiative ? 

Je pourrais. Messieurs, m’étendre davantage sur les 
révélations intéressantes qui jaillissent des tableaux que 
j’ai l’honneur de vous présenter. J’en choisis quelques- 
unes au hasard, pour vous faire connaître l’importance de 
ce travail dont, je le répète, l’honneur appartient àM. 
Lavemier. Mais j’abrège pour ne point fatiguer votre 
attention. 

Chapitre III. — Administration. Finances. 

Après avoir esquissé l’état politique de la cité, je serai 
conduit à vous parler de son personnel administratif, de 
son budget et des divers services publics auxquels il était 
destiné à faire face. Sur ce point ma tâche sera facile, car 
elle est toute tracée dans un excellent ouvrage publié 
dans la Bibliothèque de l’école des chartes et qui a valu à 
son auteur , M, Martial Delpit, l’une des couronnes de 
l’Institut. 

L’époque de 1383 a été fatale à la ville d’Amiens, car 
cette année a vu s’accomplir une révolution qui a modifié 
ses privilèges. C’est pourquoi j’ai cru qu’il était indispen¬ 
sable d’interroger les monuments contemporains, notam¬ 
ment les comptes des recettes et dépendes, pour découvrir 
la cause de cct évènement. Je n’ai pas tardé à reconnaître 


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qu’il avait été déterminé principalement par la pénurie du 
trésor royal et la perturbation que les exigences du fisc, 
sans cesse, renaissantes , avaient jetée dans les finances 
de la commune. En effet , les secousses politiques ne sont- 
elles pas presque toujours le résultat des crises finan¬ 
cières; les unes commandent et provoquent les autres : 
l’èxpérience des siècles l'a démontré. 

Deuxième Partie, 

Chapitre I. 6 ' — Etat de la ville d’Amiens pendant la 
captivité du roi Jean. 

La funeste journée de Poitiers et la captivité du roi 
Jean nécessitèrent, en 1357, la convocation des Etats- 
Généraux de la Langue d’Oil. Ces états à peine réunis im¬ 
posèrent les plus dures conditions au représentant de 
l’autorité souveraine. Ils exigèrent des réformes dans 
l’administration du royaume. Ils ne parlaient rien moins 
que d’imposer les nobles au dixième de leur revenu pour 
alléger d’autant la part de contribution qui devait peser 
sur la classe bourgeoise. Presque au même moment, la 
faction de Maillard, prévôt des marchands, lançait la 
populace parisienne dans les excès de la démagogie la plus 
désordonnée, tandis que la population des campagnes, 
cent fois plus hideuse encore, inaugurait les horreurs de 
la Jacquerie, par le meurtre, l'incendie, le pillage et les 
raffinements de la cruauté la plus barbare. 

A la vérité, l’esprit de la Jacquerie n'a point pénétré 
dans la ville d’Amiens. C’était bien assez que les pays 
d’alentour en fussent infestés ; mais l’esprit turbulent des 
Etats-Généraux y avait excité les passions ; les habitants 


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— 31 


s’étaient, pour ainsi dire, partagés en deux camps dis¬ 
tincts; la haute bourgeoisie marchait sous le drapeau du 
roi de Navarre ; les corporations inférieures, au contraire, 
restaient attachées à la cause du régent ; la ville, sur le 
point d’être surprise et saccagée par les partisans de 
Charles-le-Mauvais, ne dut son salut qu’à la courageuse 
résistance des petits bourgeois et à l’arrivée du renfort de 
troupes que commandait le comte de Saint -Pol. Cette 
tentative manquée devait avoir de fâcheuses conséquences* 
Tous ceux qui étaient soupçonnés de trahison, et c’étaient 
les personnages les plus considérables de la cité , furent 
décapités sur la place du Grand-Marché. Le maire lui- 
même, sire Fremin de Coquerel, ne fut point épargné. On 
lui imputait à crime d’avoir modéré l’ardeur des citoyens 
qui, après avoir repoussé les Navarrois, s’acharnaient à 
les poursuivre hors de l’enceinte de leurs murailles. À 
cette occasion, je ne puis m’empêcher de faire remarquer 
que, dans une circonstance semblable, un autre maïeur 
d’Amiens se trouva dans une situation analogue. Fame- 
chon, en 1597, n’a-t-il pas aussi été accusé d’avoir 
livré la ville aux Espagnols ; malheureusement ces exem¬ 
ples ne sont pas les seuls que fournissent nos annales. 
L’expérience nous instruit, mais ne nous corrige pas. 
Dans les moments critiques où le$ intérêts des grandes 
cités et des empires sont engagés, les chefs ont toujours 
la responsabilité de l’événement, ou il les élève sur le pa¬ 
vois, ou il les fait traîner aux gémonies, car à eux revient 
fatalement la gloire du succès ou la honte du revers. 

La catastrophe de 1358 eut un autre résultat que nous 
devons signaler. Le corps de ville décimé par la prescrip- 


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tion de ses principaux membres, fut entièrement renou¬ 
velé par une administration provisoire, qui géra pendant 
un mois les affaires de la commune. Dix-sept des noms 
qui avaient figuré dans les élections antérieures disparu-, 
rent de l’échevinage pour n’y plus rentrer. Treize noms 
nouveaux y furent introduits. 

Parmi Jes citoyens qui se distinguèrent dans cette jour¬ 
née mémorable, il en est un dont le nom mériterait d’être 
transmis à la postérité. C’est Jehan Boyleaue, de la cor¬ 
poration des brasseurs. Il y a des lettres du régent qui 
témoignent de sa belle conduite et surtout du succès de 
ses efforts pour entraîner le peuple à faire bravement son 
devoir. D’où vient donc que nos historiens n'ont point 
signalé ce nom à notre reconnaissance ? 

A partir de ce moment, la moyenne bourgeoisie, fière 
du service qu’elle avait renduj prétendit aux honneurs 
de l’écbevinage, et les chefs des bannières se montrèrent 
plus empressés à briguer les emplois municipaux. Ainsi, 
un événement heureux, en apparence, devait conduire 
la cité à la perte de ses privilèges. 

Chapitre II. — Etat de la ville d'Amiens pendant la 
minorité de Charles VI. 

La plus turbulente des corporations était celle des 
tanneurs. Ses chefs étaient les instigateurs de tous les 
complots, les meneurs de toutes les cabales et les ac¬ 
teurs de toutes les séditions. Les choses en vinrent au 
point que leurs intrigues réussirent à faire nommer l’un 
des leurs, grand compteur de la ville. Cet homme était 
au-dessous de ses fonctions, car il savait à peine lire et 


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— 33 — 


écrire. Aussi le roi cassa l'élection. De là des troubles cp*i 

furent cause que, l’année suivante, les mairies de ban¬ 
nières furent supprimées, et le système électif des offi¬ 
ciers de la commune bouleversé de fond en comble. 

Cependant il faut remarquer que cette mesure violente 
ne fut point un acte isolé. Elle atteignit du même coup 
toutes les grandes villes où les corporations s’étaient 
montrées hostiles au pouvoir royal. Charles VI, vain¬ 
queur, à Rosebecques, des Flamands révoltés contre leur 
seigneur, voulut profiter de son succès pour punir ses 
sujets de la résistance qu’ils avaient opposée à son auto¬ 
rité. Il le fit en leur ôtant leurs privilèges et en les frap¬ 
pant de nouvelles contributions. Dans la distribution de 
de ses rigueurs il n’oublia pas sa bonne ville de Paris 
où il fit son entrée par la brèche, pour annoncer qu’il 
allait la traiter en ville prise d’assaut. 

Amiens ne fut pas non plus épargné. Les commissaires 
généraux des finances, investis de pleins pouvoirs, ne se 
bornèrent pas à y éteindre l’esprit séditieux des corpo¬ 
rations , ils y levèrent de nouvelles tailles plus exorbi¬ 
tantes que celles qui avaient été le prétexte de la révolte 
des maillotins et de leurs adhérens. 

A Amiens, les rébellions avaient une cause plausible , 
car nulle part peut-être on ne prit, pour la levée des 
impôts, des mesures plus acerbes et plus propres à exas¬ 
pérer les habitants. Les commissaires taxaient arbitraire¬ 
ment la commune, décrétaient des emprunts forcés sur 
les plus riches bourgeois, emprisonnaient les officiers du 
corps-de-ville dans le lieu même de leurs séances et les 
y retenaient jusqu’à ce qu’il eussent voté le contingent 

3. 


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qu’on exigeait d’eux. Cependant la ville, ses registres en 
font fin, avait ses finances tellement obérées qu’elle 
n’acquittait plus les arrérages de sa dette publique, pas 
même les rentes viagères dont la garantie affectait les 
biens personnels de chacun des membres de la commune. 
Celle-ci, pour l’allègement de ses propres charges, était 
obligée dfr solliciter des octrois nouveaux qui creusaient 
de plus en plus l’abime des misères du peuple. Aussi la cité 
se dépeuplait de ses principaux habitants qui émigraient 
dans les autres villes afin de soustraire les débris de leur 
fortune aux investigations d'une fiscalité impitoyable. 

Tout était alors matière imposable, les cens, les rentes 
foncières, les loyers des maisons, les marchandises, le 
vin, le sel, etc. On imposait les citoyens au 20.* de 
leur revenu, les taverniers au quart du produit de la 
vente du vin en détail. En 1386, sous prétexte d’une des¬ 
cente en Angleterre qui ne devait jamais s’effectuer, on 
leva deux aides successivement, savoir : l’aide pour le 
passage de la mer, et la demi-aide pour le même objet, 
qui rappèle notre impôt de 45 centimes. C’est qu’en effet, 
toutes les révolutions se ressemblent : & des impôts déjà 
trop pesants, elles font succéder des impôts plus onéreux 
encore. Il est donc vrai qu’il en est des plaies sociales 
comme dès blessures du corps humain, et que le méde¬ 
cin qui veut les guérir doit les traiter par l’épuisement 
et le repos forcé du malade. 

Loin de moi. Messieurs, la pensée de faire l’application 
du temps passé au temps présent. J’ai trouvé dans nos ar¬ 
chives des documents qui se rattachent à des circonstances 
analogues à celles que nous traversons. Je me suis laissé 


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entraîner au désir de les mettre en évidence. Je n’y join¬ 
drai pas de commentaire, parce que les faits parlent assez 
haut, assez clair pour que je me croie dispensé d’en 
donner l’explication. Personne ne se méprendra sur l’en¬ 
seignement qui ressortira de ces simples pages. Elles 
prouveront une fois de plus que le peuple amiénois a tou¬ 
jours combattu sous le drapeau de l’ordre et du devoir, 
et que le bon esprit des masses , fidèle à ses antiques 
traditions, ne s’est jamais laissé égarer par les.mauvais 
exemples^ de quelque part qu’ils lui vinssent. 


ADMIS. 

M. l’abbé DetLadoue, vicaire-général du diocèse d’Amiens, 
membre titulaire résidant. 

H. Bouchard , voyer de la ville de 

Beauvais. Titulaires 

11. Piette (Amédée), président du tri- non résidants. 

bunal de commerce de Vervins. 

U. Halliwel, de la Soc. des Antiq. de Londres, et membre 
correspondant. 

omr&Aoss oman a x.a société 

pendant le l. er trimestre de 1850. 
i,!^'Institut, n. 168, 169, 170, 171. —2.® Bulletin de là 
Soci^téde P Histoire de France, n. 11, 12 (1649), 1 (1850).— 
fc* Bbuetin dé la Société des Antiquaires de l’Ouest, 3. e -4. e tri— 
mestrc, 1849. —4.° Revue de la Numismatique belge, tom. y, 
liv. 3.— 5A Séances et travaux de l’Académie de Reims, n. 5,6, 
7. —6.° L’Investigateur, journal de l’Institut historique, n. 176, 
177,178,179, 180, 181.— 7.° Annales de TAdadémie d’Àr- 
chéologie de Belgique, tom. vu, l. Te liv.—.8.° Notice sur un 
cimetière romain découvert en Normandie en 1849, par M. l’abbé 
Cochet, in-8.°— 9.° Rapport sur une découverte il’objets gau¬ 
lois ou gallo-romains dans les jardins du fauboug de Lyzel, près 
de Saint-Omer, par M. L. Deschamps, in-8°. —10.° Mé¬ 
moires de la Société d’Archéologie et de Numismatique de Saint- 
Pétersbourg, tom. i et n, et liv. 7 et 8 de 1849, in-8. Q , pl.—11.° 


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— 36 — 


Catalogue général de manuscrits des bibliothèques publiques des 
départements, publié sous les auspices du ministre de 1 instruc¬ 
tion publique, tom. i, in-4°. —12.® Orderici Vitalis historiæ ec- 
clesiasticæ libri tredecim. (Publication de la Société de l Histoire 
de France), tom. 3.—13.° Journal historique et anecdotique 
du règne de Louis XV, par E. J. F. Barbier, publié pour la So¬ 
ciété de l’Histoire de France par A de la Villegille, tom. il. 

14.° Séances publiques de la Société d’amateurs des sciences et 
arts de la ville de Lille, 4.® et 5. cahier, 1811-49. 15.° Re¬ 

cueil des fravaux de la Société d’amateurs des sciences, de 1 a- 
griculture et des arts de Lille, 2 vol. in-8.°, 1819-24.16.° Re¬ 
cueil des travaux de la Société des sciences, de l’agriculture et 
des arts de Lille, 1825-26-27, 2 vol. in-8°. — 17.° Mémoires de 
la Société royale des sciences, de l’agriculture et des arts de 
Lille, 1827 à 39-42-43-47-48, 17 vol in-8°.—18.° Mémoires de 
l'Académie nationale de Metz, 1848-49, in-8°. — 19.° The nu- 
mismatic chronicle, n. 47. —20.° The journal of the British ar- 
chaeological association , n. 20. — 21.° Antiquités celto-germa- 
niques et gallo-romaines, trouvées sur le territoire de Renaix 
et dans les communes environnantes (Flandre orientale et Hai- 
naut), par E. Joly. in-8.°, —22.° Annales des sciences phy¬ 
siques et naturelles d’agriculture et d’industrie, publiées par la 
Société royale d’agriculture de Lyon, tom. x et xi, 2 vol. —- 
23.° The archaeological journal, published under lhe direction ot 
the central committee of the British archaeological associa¬ 
tion for encouragement and persécution of the researches into 
the arts and monuments pftheearly and middleages, vol. 1-2 et 
n. 13,14, 13 , 16, 17, 18,21, 22, 23. —24.° Proceedings at the 
annual meeting of the Archaeological Institute ofGreat Britain 
and Ireland at Winchester, september 1845,in-8°.—23.° Memoirs 
illustrative of the history and antiquities of the conty and City 
ofYork communicated to the annual meeting of the Archaeolo¬ 
gical Institute ofGreat Britain and Ireland held at Yorck, 1846, 
2 vol. — 26.° Bulletins des travaux de la Société libre d’émula¬ 
tion de Rouen, pour l’année 1847-48-49, 2 vol. — 27.° Journal 
du Lycée des arts, sciences , belles-lettres et industrie de Paris, 
tom. i, n. 1.—28.° Annales de la Société d’agriculture, sciences, 
arts et belles-lettres du département d’Indre-et-Loire, tom. xix, 
n. 1,3. _ 

OBJETS OFFERTS AU MUSÉE 

pendant le l. er trimestre de 1850. 

Par la succession Sujol, un ornement en cuivre emaille, pa¬ 
raissant provenir d’un ceinturon mérovingien. Trouvé à Albert. 


Amiens. -- lmp. de Duval et Herment, place Périgord , 1. 


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BULLETIN 

DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE, 



COMITE CENTRAL. 


Séance du 10 avril 1850. 

M. Dufour donne lecture de l’introduction de son Essai 
bibliographique sur la Picardie, travail dans lequel il 
s’est proposé de refondre la partie de la bibliothèque his¬ 
torique du P. Lelong concernant cette province, et de la 
compléter en y ajoutant les travaux qui ont paru depuis 
la publication de cet ouvrage jusqu’à nos jours. L’au¬ 
teur entre dans diverses considérations sur l’utilité de 
l’œuvre qu’il a entreprise, et fait connaître de plus la 
circonscription territoriale dans laquelle il a entendu ren¬ 
fermer la Picardie qui, à aucune époque de notre his¬ 
toire , n’a jamais été parfaitement limitée. — M. Dufour 
dépose ensuite sur le bureau les deux premiers chapitres 
de son travail qui sont consacrés l’un à la Picardie en gé¬ 
néral , l’autre au département de la Somme en général. 

— M. le docteur Rigollot lit un fragment d’un mémoire 
sur les monnaies des comtes deSt.-Pol. Le fragment 
choisi par l’auteur est celui dans lequel il cherche à éta¬ 
blir que le comté de St.-Pol faisait autrefois partie de la 
Picardie. 

4L 


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— 38 — 


— M. Dufour présente, à la suite de cette lecture, 
quelques observations tendant à prouver que le comté de 
St.-Pol, qui a appartenu à l’Artois, aurait toujours été en 
dehors de la Picardie. 

— M. de Roqucmont donne lecture d’un mémoire sur 
l’aveu en matière civile, dans la législation romaine, al¬ 
lemande et française. 

Séance du 8 mai 1850. — De nombreuses réclamations 
ayant été faites, par les membres étrangers, de bulletins 
qui leur manquaient, la Société décide que désormais il 
ne sera fait droit aux réclamations de numéros manquants 
que pour célui du trimestre précédent le dernier bulletin 
reçu. .. 

— La Société pensant qu’il conviendrait de distribuer 
dans la séance publique de cette année les médailles de 
Du Cange qu’elle a promises, décide qu’elle fixera ul¬ 
térieurement l’époque de cette séance, et aussitôt que. 
l’artiste aura indiqué d’une manière certaine le jour de 
l’achèvement de son travail. , 

—-Une commission composée de MM. Bouthors, Dufour 
et Garnier est chargée de dresser le programme des ques¬ 
tions qui pourront être traitées dans la séance générale. 

— M- Guerard lit un mémoire sur les cérémonies fu¬ 
nèbres comparées chez les anciens et dans le christianisme. 

Cette lecture sera continuée dans les séances suivantes. 

Séance du 15 mai 1850. — M. de Grattier entretient la 
Société des découvertes faites à Béthisy-St.-Picrre, près 
Verberie , par M. Seroux, de statues , bas-reliéfe et 
autres objets romains du plus haut intérêt. 

— M. Dufour, au nom de la commission, donne lecture 


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— 39 — 


du programme des questions à traiter dans la séance gé¬ 
nérale. Ce programme est arrêté ainsi qu’il suit : 

« l.° Quelles sont les découvertes gallo-romaines les 
» plus récentes faites en Picardie et qui intéressent da- 
» vantage l’archéologie ? 

» 2.° Faire connaître les monnaies les plus anciennes 
» qui aient été frappées par les évêques et les comrau- 
» nautés religieuses de Picardie. 

» 3.° Quelles sont les églises de Picardie où il existait 
» des labyrinthes? Quelles sont celles qui les ont conser- 
» vés? Quelle origine la tradition locale leur attribüe-t- 
» elle? 

» 4.° Tracer Historique des états-généraux tenus à 
» Compïègne le 4 mai 1358; citer les noms des princi- 
» paux personnages de Picardie qui y ont figuré comme 
» députés des villes, de la noblesse ou du clergé. 

» 5.° Quels sont les évènements historiques les plus 
» importants qui se sont accomplis dans le Beauvoisis 
» et qui mériteraient d'être rappelés par une inscription 
» commémorative? —Signaler ceux de ces évènements 
» qui se rattachent plus particulièrement à Histoire gé- 
» nérale de la France. » 

Séance du 12 juin 1850. — Le secrétaire perpétuel 
dépose sur le bureau un manuscrit envoyé au concours de 
1850, ayant pour titre : La béte Canteraine , légende pi¬ 
carde , et pour épigraphe: Il n'est pas si petite légende 
qui, lorsqu'on cherche bien, ne puisse se rattacher à de 
nombreux souvenirs . 

La Société renvoie l’examen de ce mémoire à une corn- 

4.* 


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— 40 — 

mission composée de MM. Bouthors, Breuil, Garnier, 
Guerard et Rigollot. 

— M. Guerard continue la lecture de son travail sur 

les cérémonies des funérailles chez les anciens et dans le 
christianisme. - 

Séance extraordinaire du 28 juin 1850. — M. Guerard 
reprend la lecture de son mémoire sur les cérémonies 
funèbres comparées. 

Séance ordinaire du 10 juillet 1850. — La Société in¬ 
formée par un des memhres de la Commission Du Cange 
que les coins de la médaille sont prêts à être remis à la 
Monnaie, arrête que la séance générale annuelle aura 
lieu le 18 août, et qu’il en sera donné connaissance immé¬ 
diatement aux étrangers par M. le Secrétaire-Perpétuel. 

— M. Guerard continue la lecture de son mémoire sur 
les cérémonies funèbres. 

Séance du 24 juillet 1850. —M. Guerard termine la 
lecture de son mémoire sur les cérémonies funèbres, par 
quelques considérations sur l’état actuel des droits per¬ 
çus par le clergé sur les funérailles, et sur les modifica¬ 
tions qu’il conviendrait d’y apporter. 

Séance du 14 août 1850. — Le Secrétaire-Perpétuel 
donne lecture d’un travail sur les proverbes historiques 
de Picardie, par M. l'abbé Gorblet. L’auteur est autorisé 
à en donner lecture en séance publique. 

— M. Bouthors lit un rapport sur les fêtes qui ont 
accompagné llnauguration de la statue de Du Cange. Le 
rapport est approuvé, et lecture en sera donnée en séance 
publique. 

— Le Secrétaire-Perpétuel termine cette série de lec- 


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— 41 — 


tures par celle de son rapport sur les travaux de l’année. 

— La Commission du concours est entendue dans son 
rapport. Elle pense que la Société doit se montrer d’au¬ 
tant plus sévère qu'elle avait abandonné le sujet au libre 
choix des concurrents, et que, vu le peu d'importance 
du sujet qui cependant présente plus d'une recherche 
intéressante, il n'y a point lieu de décerner la médaille. 
La Société adopte les conclusions de ce rapport. En con¬ 
séquence , le bulletin renfermant le nom de l’auteur est 
brûlé par M. le Secrétaire-Perpétuel qui fait constater 
auparavant que ce bulletin élait intact. 

Séance générale du 18 août 1850. —La séance est ou¬ 
verte à dix heures du matin, sous la présidence de M. 
Bisson de la Roque, président de la Société. 

Sont présents : 

MM. Dufour, l’abbé Jourdain, Leprince, Guerard, 
Rigollot, Lemerchier, Dorbis , Bouthors, Tillette— 
d’Acheux, Breuil et Garnier, membres titulaires rési¬ 
dants. 

MM. Ledicte-Duflos, directeur du comité de Clermont; 
Woillez (Eug.), Feret et Bellanger, membres du même 
comité. 

• MM. Danjou et Dumoulin, du comité de Beauvais ; — 
Jferdouin , Damiens, Cotelle et l'abbé Corblet, de Paris; 
«ntDe iBaecker , de Bergues ; —Descharops , de Saint- 
Omer ; — De Lin as, d’Arras. 

ibLa Soèrétalre-perpétud donne lecture dé la correspon¬ 
dance. 

- I .° M. le Président de la Société académique de l’Oise 
invite la Société à la séance solennelle qu’elle tiendra à 


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Beauvais, le 26 août, à 7 heures du soir, dans la grande 
salle de l’Hôtel-de-Ville, et à l'inauguration de son Musée 
qui aura lieu le 27 à 10 heures du matin. 

2.° M. le Recteur de l’Académie d’Amiens informé la 
Société qu’il ne pourra assister à la séance publique. Il 
aurait tenu, dit-dl, aujourd’hui plus que jamais, & témoi¬ 
gner publiquement à la Société tout l’intérêt qu’il porte à 
ses travaux si éminemment utiles. ‘ 

— M. le Président remercie les Membres étrangers qui 
ont bien voulu répondre à l’appel de la Société et témoi¬ 
gner de leur sympathie pour ses travaux en venant y 
prendre part; il félicite te ville de Beauvais de pouvoir, 
plus-heureuse que te ville d’Amiens, réunir,dans un local 
convenable les collections qu’elle a formées ; il ne douté 
pas que l’exemple des premiers donateurs ne trouve des 
imitateurs nombreux, et que les objets mieux appréciés né 
soient aussi recueillis avec plus de sein, et ne provoquent 
dans la jeunesse des écoles le goût des études historiques 
et archéologiques qui se développe tous les jours de plus 
en plus. 

M. Ledicte'’Duflos, directeur du Comité de Clermont, 
exprime, au nom du Comité, le regret que lui a fait 
éprouver le départ de 3 de ses membres lés plus actifs 
fil. Woillez (Emmanuel) qui préparait quelques travaui, 
M. Bazin et M. Billard qui s’était occupé de recherches 
sur l’église de Cambronne, à laquelle il laisse un registre 
dans lequel il a consigné l’histoire et la description de 
cette paroisse. Les autres membres n’ont pas été sanatra- 
vailler.—M. Bellanger a dressé les plan, coupe et éléva¬ 
tion de l’église d’Agnetz dont la construction remonte aux 


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13.® siècle, excepté le chœur qui appartient au xvi e .—M. 
Eugène Woillez a continué son ouvrage sur l’archéologie 
des monuments de Beauvaisis dont il vient d’achever 
l’impression. — M. Féret continue le dépouillement des 
archives de la ville et ses recherches biographiques sur 
les hommes qui ont illustré Clermont. — Quant à lui, il 
s’est occupé de la description des objets trouvés dans le 
camp de Catenoy, objets qu’il a offerts au Musée de 
Beauvais. 

M. le Président remercie M. Ledicte-Duflos de son rap¬ 
port et de l’habile direction qu’il donne aux travaux du 
Comité de Clermont. 

— M. Danjou regrette que M. le docteur Daniel n’ait 
pu se rendre à la réunion. Mieux que lui il eut fait 
connaître les travaux du Comité de Beauvais auquel il 
prend la part la plus active. Il rappelle les recherches de 
M. Daniel sur l’ancienne enceinte de Beauvais, celles de 
M. Dupont-Withe sur ses hommes de guerre, une notice 
sur l’iconographie religieuse et le soin que le Comité a 
apporté dans l’inauguration et le classement de son 
Musée. 

M. le Président félicite le Comité du succès qui a cou¬ 
ronné son zèle. La création d’un Musée ne peut qu’activer 
le développement qu’est appelé à prendre le Comité et la 
Société sera heureuse d’y participer autant qu’il sera en 
elle. 

— M. de Linas entretient la Société d’un MS. faisant 
partie de la bibliothèque si remarquable de M. Yan der 
Cruissc de Lille. Cette bibliothèque, dit-il, renferme un 
magnifique missel sur velin, in-folio, imprime h Rouen 


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— 44 — 


en 1506 chez Martin-Morin. Ce missel fait exprès pour 
l’usage de François de Halvin (sic), 64.° évêque d’Amiens, 
est augmenté de 54 feuillets manuscrits contenant les 
préfaces notées pour toute l’année et le canon de la 
messe. On y voit outre plusieurs lettres ornées, aux 
armes de la maison d’Halewyn, deux grandes grisailles 
dont l’une représente Ste.-Barbe et l’autre l’évêque de 
Halewyn à genoux devant un prie-Dieu, les yeux fixés 
sur St.-François son patron. On lit au bas de la page, 
en minuscule du xvn. e siècle : François de Halvin , 64. e 
évêque d’Amiens depuis saint Firmin , ce missel a été fait 
pour lui. Ses armes sont d’argent, à trois lionceaux de 
sable armés et couronnés d’or et lampassés de gueules 
deux et un, à l’écu en abime, d’azur à la fasce d’or ac¬ 
compagnée de six billettes de même, trois en chef, trois 
en pointes. 

M. le Président remercie M. de Linas de cette commu¬ 
nication. 

M. Garnier ajoute que la connaissance seule de ce nou¬ 
vel exemplaire sur velin du missel de 1506 n’eût point 
été sans intérêt, car celui de la bibliothèque d’Amiens 
était le seul connu. Le travail de M. Frère sur l’impri¬ 
merie à Rouen, et le catalogue des ouvrages sur velin 
de Van Praët n’en font point mention. 

—M. Bellanger fait hommage des plan, coupe et éléva¬ 
tion de l’église d’Agnetz, arrondissement de Clermont, et 
d’un exposé descriptif de l’état de cette église dont la nef re¬ 
monte au xm e siècle, tandis que le chœur date seulement du 
xvi e . Cette belle et grande église tomberai t bientôt en ruines 
si les réparations nécessaires n’étaient prochainement exé- 


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— 45 — 


cutées. L’importance des travaux et les faibles ressources 
de la commune lui donnent l’assurance, dit M. Bellanger, 
que le classement au nombre des monuments historiques 
peut seul en assurer la conservation. 

M. le Président remercie M. Bellanger de ses dessins 
dont tous les membres de la Société ont loué le fini et la 
précision, et propose à la Société d’émettre le vœu que le 
Conseil général de l’Oise veuille bien en solliciter le 
classement au nombre des monuments historiques. 

Cette proposition est mise aux voix et adoptée. En con¬ 
séquence M. le Président charge MM. Bouthors , Ledicte- 
Duflos et Hardouin de rédiger cette demande qui est vive¬ 
ment appuyée par les membres du Comité de Beauvais. 

—M. Cotelle présente l’analyse d’un mémoire sur cette 
question : A quelle époque la corvée des chemins fut-elle 
supprimée dans l’ancienne Picardie au profit du peuple 
des campagnes? —Cette mesure d’ordre et de justice 
a-t-elle été le fruit de la sollicitude personnelle de ses 
Intendants, comme cela eut lieu pour la généralité de 
Caen, en 1758, et pour le Limousin, en 1764? ou bien la 
Picardie n’en a-t-elle ressenti les effets qu’en vertu des 
célèbres édits du roi Louis xvi, de 1776 et 1787, concer¬ 
nant l’abolition des corvées? — Cette taxation arbitraire 
a-t-elle au moins procuré des résultats avantageux à la 
province et qui puissent faire absoudre l’ancienne admi¬ 
nistration ? 

M. le Président remercie M. Cotelle. L’analyse du 
travail, dit-il, a donné la mesure de l’intérêt du mémoire 
qui se rattache à une grande question de législation qui 
reste encore à résoudre. L’assiette de l’impôt, en ce qui 


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— 46 — 


concerne les chemins, donne aux recherches de M. Colelle 
un intérêt d’actualité qui en augmente encore le prix. 

— M. Férct lit une note ayant pour but de fixer le 
lieu de la naissance de Fernel. Il fait voir que Plantius, 
St.-Romuald, Moréri et Bayle l’ont, avec raison, fait 
naître à Clermont, et s’appuye d’un manuscrit de l'hos¬ 
pice civil de cette ville de 1532. C’est à l’hôtellerie du 
Cigne, située au faubourg d’Amiens, que naquit le célèbre 
médecin de Henri II. 

Nous aimons, dit M. le Président, en remerciant M. 
Féret de cette communication, à voir les localités se 
montrer jalouses des célébrités auxquelles elles ont donné 
naissance. Les hommages aux illustrations des temps 
passés témoignent des sentiments nobles et généreux de 
ceux qui les rendent. 

— M. Hardouin lit une notice sur Grotius, célèbre 
publiciste né à Delf en 1563, dont le livre sur le droit de 
la nature et des gens a rendu le nom immortel. Les détails 
biographiques et les aperçus nouveaux dans lesquels 
l’auteur est entré excitent au plus haut degré l’attention 
de la Société. 

M. le Président félicite M. Hardouin de ce remarquable 

travail et de Pheureux emploi qu’il a sufairedejses loisirs 
pour nous faire connaître un homme non moins célèbre 
comme historien que comme juriste. 

— M. le Président invite les membres de l’assemblée 
qui auraient à proposer des questions de prix pour 1852, 
à demander la parole. 

— M. le Secrétaire perpétuel présente la question sui¬ 
vante, au nom de M< Arthur Dioaux, lequel a exprimé son 


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— 47 — 


regret de n’avoir pu , comme il l’avait cxpéré, assister à 
la séance: 

Recherches sur la littérature poétique de la Picardie 
dans les xii. e , xm. e et xiv. e siècles. 

Il serait beau , écrit M. Arthur Dinaux , à une compa¬ 
gnie qui a déjà éclairé tant de parties importantes con¬ 
cernant les mœurs, les coutumes et les usages du moyen- 
âge, de provoquer et de diriger des recherches sur une 
littérature si riche en toutes choses. Faire sortir de la 
poussière des vieux codex les antiquités littéraires de la 
province, en même temps qu’on explore et qu’on explique 
ses antiquités archéologiques, c’est faire marcher de front 
deux suites d’explorations qui s’éclaireront les unes par 
les autres; car les trouvères du pays, toujours naïfs, 
toujours peintres vrais de ce qu’il voyaient, de ce qu’ils 
sentaient, sont les meilleurs et les plus surs cicérones de 
ceux qui veulent parcourir et sonder les profondeurs du 
moyen-âge. Ces fidèles et souvent indiscrets narrateurs 
des siècles passés dévoilent sans la moindre réserve les 
mystères de la vie intime, et leurs écrits sont à la fois des 
monuments du vieux langage et des documents irrécu¬ 
sables sur l’histoire privée de nos ancêtres. 

Il y aurait là bien des noms à faire revivre, et les 
modernes habitants de la Somme , de l’Aisne et de l’Oise 
ne se doutent peut-être pas du nombre des rimeurs de 
l’ancienne Picardie poétique; déjà l’abbé de la Rue a 
exhumé les trouvères normands; M. Paris s’occupe de 
ceux de la Champagne et de l’Ile de France; cet ensemble, 
si j’ose y joindre mes propres recherches sur les trouvères 
du Cambresis, de Flandre et du Hainaut, formerait une 


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— 48 — 


histoire presque complète des poètes de la langue d’OiL 

— M. Dufour propose pour sujet de prix : 

Dresser le catalogue général, analytique et raisonné 
des manuscrits conservés à la bibliothèque nationale qui 
intéressent Vhistoire de la Picardie. 

Il existe , dit-il, des fonds qui ont été signalés déjà, le 
fonds Dom Grenier et le fonds Du Cange; mais une multi¬ 
tude de travaux relatifs à la province de Picardie sont tout 
à faits inconnus, et le catalogue qu’il propose d’en dresser, 
en en faisant connaître l’existence, fournirait à ceux qui 
s’occupent de notre histoire de nouveaux matériaux et des 
plus importants. Il n’est pas probable que la bibliothèque 
nationale publie bientôt le catalogue de ses manuscrits. Ce 
serait donc rendre à l’histoire de la province un immense 
service que de découvrir ces sources qui sont destinées à 
rester enfouies si longtemps encore. 

—Aucune autre question n’étant présentée , M. le Pré¬ 
sident déclare la discussion ouverte. 

— M. Cotelle, sans contester ce que la science histori¬ 

que gagnerait à la publication de l’inventaire demandé, ne 
pense pas qu’un pareil travail puisse être mis au concours. 
La bibliographie est peu répandue, et la réponse à la ques¬ 
tion n’est possible que pour un petit nombre de personnes 
assez heureusement placées pour avoir accès aux manus¬ 
crits de la bibliothèque nationale. Il ajoute qu’une per¬ 
sonne entreprenant ce travail,aucune autre n’essayera de 
lutter contr’elle, puisque ces travaux, tout d’analyse et 
de patience, n’offriraient aucun caractère d’originalité, 
rien de propre qui les fit distinguer. 1 

— M. Breuil partage cette opinion. Il croit qu’il faudra 


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— .49 — 

un très long temps pour dresser cet inventaire, que le 
temps donné ne suffira point, et que d’ailleurs l’intérêt tou t 
spécial et la nature du mémoire n’appellent point les con¬ 
currents* Le but proposé ne peut donc être atteint que 
par une exception. 

—M. Garnier rappelle qu’il avait proposé pour question 
de prix dans la dernière assemblée générale : Etudes et 
recherches sur les poètes picards jusqu'au xvi. e siècle; 
que ce sujet n’avait été écarté que parce qu’une question 
littéraire proposée précédemment venait d’être couronnée. 
Il appuyé donc la question proposée par M. Dinaux, elle 
peut fournir matière à des recherches biographiques, lit¬ 
téraires et philologiques d’un haut intérêt, et démontrer 
que l’imagination des habitants du Nord ne fut pas tou¬ 
jours aussi froide qu’on se plait à le redire, et que le nom 
de nos trouvères peut lutter avec quelque gloire contre 
la réputation plus répandue des troubadours. Ce serait 
d’ailleurs le complément des recherches que la Société a 
commencées, il y a un an, sur la langue picarde. 

— M. Ledicte-Duflos appuyé celte proposition. Il croit 
ce sujet plus propre à un concours , l’imagination y a une 
plus grande part et il a l’avantage immense de pouvoir être 
traité en dehors de la bibliothèque nationale où l’autre 
question exige un séjour assidu. 

—M. Dufour insiste sur l’importance qu’il y a pour notre 
histoire locale à connaître les ressources si nombreuses et 
si variées que peut lui offrir la bibliothèque nationale. Il 
pense aussi que l’on se méprend sur l’étendue du travail 
qu’il propose. Le titre, la nature, la désignation du 
document, une analyse sommaire suffit pour en faire con- 


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naître la valeur. Les notices si curieuses de M. P. Paris 
sur les MS. français sont un modèle en ce genre que les 
concurrents pourraient suivre. Enfin ce travail peut être 
envisagé sous des rapports si différents , qu’une distinc¬ 
tion entre le mérite de plusieurs inventaires des mêmes 
manuscrits serait très-facile à établir. 

M. Dufour ne conteste point d’ailleurs l’intérêt de la ques¬ 
tion présentée par MM. Dinaux et Garnier; mais les œuvres 
de nos trouvères picards ne seront elles pas plus facilement 
étudiées, lorsque l’inventaire bibliographique qu’il sollicite 
révélera à la bibliothèque nationale une foule de maté¬ 
riaux qui échapperaient sans doute aux investigations 
des concurrents. Un catalogue peut paraître un travail 
aride ; mais aucun ouvrage ne serait d’un usage plus 
fréquent et plus général pour tous ceux qui se livrent à 
des recherches historiques sur la Picardie. 

— M. Ilardouin soutient la proposition de M. Dufour, 
mais il propose de substituer le mot : Histoire des manus¬ 
crits h celui de catalogue général, analytique et raisonné * 
La question ainsi formulée laisserait aux concurrents plus 
de latitude. Le catalogue est une œuvre de patience que 
l’on ne saurait guère mettre au concours. Une histoire 
au contraire permet d’envisager les manuscrits sous des 
points de vue différents et fournit des appréciations de na¬ 
ture à être discutées et pesées, plutôt qu’un inventaire 
qui n’examine que le document en soi et n’en fait con¬ 
naître que l’état matériel. 

—M. Bouthors, sans se prononcer en faveur de la ques¬ 
tion, croit que le mot: histoire des manuscrits donnerait à 

la proposition dé M. Dufour un tout autre aspect; que les 


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— 51 — 


concurrents envisageant les manuscrits au point de vue 
de leurs possesseurs successifs et des vicissitudes qu’ils 
ont éprouvées, s’égareraient loin du but, l’intention 
étant d’obtenir simplement un inventaire des sources de 
notre histoire* 

—M. Garnier demande, si la question de M. Dufour est 
admise , qu’elle soit restreinte ; que le mot général soit 
supprimé, et qu’il y soit ajouté que les manuscrits de Du 
Cange el de Dom Grenier ne seront point compris dans ce 
travail . 

M. Dufour déclare adhérer à cette proposition. 

Apres une discussion à laquelle plusieurs autres mem¬ 
bres prennent part pour appuyer l’une ou l’autre des deux 
propositions, M. le Président déclare la discussion fermée 
et le scrutin ouvert pour le choix de l’une des deux 
questions. 

Les voix se partagent ainsi : Onze voix pour les trou¬ 
vères et quinze pour le catalogue. 

En conséquence la question de prix pour 1852 sera la 
suivante : 

Présenter le catalogue analytique el raisonné des ma^ 
nuscrits conservés à la bibliothèque nationale qui inté¬ 
ressent Vhistoire de la Picardie . (Les manuscrits de Du 
Cange el de Dom Grenier ne seront point compris dans ce 
travail.) 

La séance est levée à une heure moins un quart* 

Séance publique du 18 août 1850. —A deux heures 
de relevée, la Société s’est réunie en séance publique dans 
la grande salle de rHôtel-dc-Villc, sous la présidence de 
M. Bisson de La Roque, son Président. 


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— 52 


Un* auditoire nombreux, au milieu duquel on remar¬ 
quait un grand nombre de dames, de magistrats et: de 

fonctionnaires, remplissait la salle. 

L’appariteur ayant annoncé la Société, M. le Président 
fait placer à sa droite M. le Préfet de la Somme, et 
M. Danjou , directeur du Comité de Beauvais; à sa droite 
M. le Maire d’Amiens, et M. Ledicte-Duflos, directeur 
du Comité de Clermont. M. le Secrétaire perpétuel , 
M. Bouthors, M. Breuil et M. l’abbé Corblet prennent 
place au bureau autour duquel sont rangés les membres 
de la Société. 

M. le Président ouvre la séance par un discours dans 
lequel il indique le but éminemment patriotique des tra¬ 
vaux de la Société. 

— M. le Secrétaire perpétuel lit un rapport sur les tra¬ 
vaux de la Société pendant l’année 1849-1850 

— M. l’abbé Corblet lit un travail ayant pour titre : 
Dictons historiques relatifs à la Picardie. 

— M. Breuil, après avoir rappelé l’histoire abrégée des 
travaux de Galland, le traducteur des Mille et une nuits , 
et annoncé que la Société s’est empressée de' souscrire,au 
monument que la commune de Bollot doit élever au con¬ 
teur, à l’orientaliste, à l’antiquaire et au numismate célèbre 
qu’elle a vu naître, donne lecture d’une pièce de vers qu’il 
a composés pour la cérémonie prochaine de l’inauguration^ 

— M. le Secrétaire perpétuel annonce que la Société 
décernera, dans sa séance annuelle et publique de 1851, 
une .médaille d’or de la valeur de 300 fr. à l’auteur du> 
meilleur mémoire sur cette question : 

Signaler et décrire les constructions civiles renfermées 


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dans la circonscription d'un ou de plusieurs arrondisse¬ 
ments de tancienne Picardie , depuis les temps les plus re¬ 
culés jusqu'à la fin du xvn. e siècle . 

Dans sa séance annuelle et publique de 1852 , elle dé¬ 
cernera une médaille d’or de la même valeur, et propose 
pour question de prix : 

Présenter le catalogue analytique et raisonné des ma¬ 
nuscrits conservés à la bibliothèque nationale qui intéres¬ 
sent Vhistoire de la Picardie, ( Les manuscrits de Du Cange 
et de Dom Grenier ne seront point compris dans ce tra¬ 
vail J. 

Les mémoires doivent être adressés , pour le concours 
de 1851, avant le l. er juin 1851, et pour le concours de 
1852, avant le l. er juin 1852, à M. J. Garnier, secré¬ 
taire-perpétuel, conservateur de la Bibliothèque publique 
d'Amiens. 

Les mémoires ne seront point signés et porteront une 
épigraphe qui sera répétée sur un billet cacheté renfer¬ 
mant le nom de l’auteur : ils devront être inédits et n’a¬ 
voir point été présentés à d’autres sociétés. 

Tout mémoire présenté au concours deviendra la pro¬ 
priété de la Société; l’auteur ne pourra le retirer : il aura 
la faculté d’en prendre copie. 

— M. Bouthors lit un rapport sur les fêtes qui ont ac¬ 
compagné, le 19 août 1849, l’inauguration delà statue de 
Du Cange. (Voir plus loin page 81.) 

L’assemblée a surtout vivement applaudi le passage de 
ce rapport où il est dit « que le trépas de Caudron n’a 
point éteint la dette de reconnaissance que la Société a 
contractée envers lui, et que Caudron fils la remerciera de 

5. 


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ne pas le frustrer du seul bien qui lui reste de la succession 
paternelle. » Et cet autre : « Si quelqu’un a des droits .in¬ 
contestables à la médaille de Du Cange, c’est assurément 
celui de nos collègues qui, pendant cinq ans, comme secré¬ 
taire de la commission du monument, ne s’est épargné ni 
peines, ni soins, ni voyages, ni démarches de toute nature 
et de tous les instants pour mener à fin une entreprise re¬ 
tardée par tant d’incidents et de difficultés. Grâce à lui tous 
les obstacles ont été surmontés, toutes les résistances 
vaincues. Pour prix de cette persévérance couronnée par 
un si heureux résultat, vous lui avez voté une médaille 
de vermeil dont l’inscription bien mieux que mes paroles 
dira ses titres à cette honorable distinction ; elle porte pour 
légende : La Société des Antiquaires de Picardie à 
M . Charles Dufour, témoignage de reconnaissance. » 

M. le Président remet la médaille à M. Dufour et lui 
donne l’accolade au milieu des applaudissements de l’as¬ 
semblée. 

Ces applaudissements se renouvellent non moins vive¬ 
ment quand le président appelle le jeune Caudrôn pour lui 
remettre la médaille eur laquelle est re^odiike l’oeuvre dé 
son père. 

— M. Dufour, secrétaire de la commission Du Cange y 
proclame ensuite les noms de eeux qui, dans les fêtes, ont 
mérité des médailles. 

La musique de la garde nationale à laquelle une de ces 
médailles est décernée, avait bien voulu contribuerii l’é¬ 
clat de la séance par divers morceaux d’harmonie de la 
plus heureuse exécution. 

Séance générale du 19 aout *1850. -r- Présidence de 


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— 55 — 

M. Bisson de Laroque, président. — La séance est ou¬ 
verte à dix heures. 

Sont présents MM. Dorbis; Rigollot ; Lcprince; Gué- 
rard; Bouthors; Tillettc d’Acheux ; Lemerchier; Gar¬ 
nier et Dufour, titulaires résidants. 

MM. Ledicte-Duflos ; Corblet; Darsy ; Cotelle; Da¬ 
miens; Deschamps ; de Baecker et de Linas, membres ti¬ 
tulaires non résidants. 

— Le Secrétaire perpétuel fait hommage à la Société, 
de la part de M. Féret, de Clermont, de deux pièces ma-, 
nuscrites ayant pour titre l’une : 

1. ° « Observations sur le nouveau mémoire desfabri- 
» cants d'Amiens, 4 pages in-folio, sans date. » 

2. ° L’autre : — « Recherches historiques sur la ville 
» de Clermont (Oise). Une fête au commencement du 
» xvii. e siècle pendant le séjour de Henri II, prince de 
» Condé, seigneur comte de Clermont (5 juillet 1G15). 

De la part de M. Deschamps, de S.M)mer : 

1. ° « Accord entre les abbés et couvent de S^-Sauvc 
» à Montreuil et Philippe de Créquy, seigneur de Vcrton, 
» au sujet du droit de tonlieu et autres sur les terres 
» dépendant du couvent audit lieu de Yerton (l. er juin 
« 1353). » 

2. ° « Convention entre les Maires et Echevins de Mon- 
» treuil-sur-mer et le couvent des Chartreux de Notre- 
» Dame-des-Près la Neuville, au sujet d’une maison 
» avec jardin qui leur a été donnée dans l’intérieur de la 
» ville après les dommages causés à eux par la guerre 
» (15 décembre 1371). » (Les originaux de ce3 chartes 

5/ 


by CjOO^Ic 

«À 



— 56 — 


appartiennent à la bibliothèque de la Société des Anti¬ 
quaires de la Morinie). 

— M. Bouthors, au nom de la commission nommée 
dans la séance générale de la veille, lit le projet' de délibé¬ 
ration suivant relatif à l’église d’Agnetz (arrondissement 
de Clermont, Oise). 

« M. Bellanger, membre titulaire non résidant, fait 
hommage à la Société des plans, coupe et élévation de l’é¬ 
glise d’Agnetz qu’il a dressés dans la vue d’appuyer la de- 
mande de secours que la commune a faite au gouverne¬ 
ment pour obtenir que cette église fût réparée aux frais 
de l’Etat et classée parmi les monuments historiques. 

» Il expose à rassemblée que le conseil de l’arrondisse¬ 
ment de Clermont a accueilli cette demande par un vote 
favorable, et il exprime le désir qu’un vœu émis par la so¬ 
ciété en séance générale, le recommande à la sanction du 
conseil général de l’Oise. 

» Apres avoir entendu les observations des membres des 
Comités de Clermont et de Beauvais présents à la séance ; 

» Vu les plans et l’exposé descriptif de l’église d’Àgnetz 
produits par M. Bellanger, architecte de l’arrondissement 
de Clermont ; 

» Considérant que cette église, par son ancienneté, le 
caractère bien marqué de son architecture et l’état de dé¬ 
gradation dans lequel elle se trouve, est digne de toute la 
sollicitude du gouvernement ; 

» Qü’eh effet tes fenêtres de la nefoü*da clocher, par leur 
disposition et leurs formes, ainsi que les corniches, par leurs 
festons en feuilles recourbées; tendent à établir que cette 
partie de l’édifice doit être rangée parmi les constructions 


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du xiii. e sièle, tandis que le chœur, par les pendentifs dont 
les voûtes sont ornées, par les hautes et étroites fenêtres 
géminées qui éclairent le sanctuaire, par ses contreforts 
massifs et par la balustrade à claire-voie qui couronne le 
chevet, accuse le xvi. e siècle ; qu’une partie des vitraux 
conservés accuse la date de 1540; 

» Considérant que l’Église d’Agnetz est en grande véné¬ 
ration dans le pays; qu’elle est le but d’un pèlerinage 
très-suivi, mais que la commune est trop pauvre pour 
pourvoir aux urgentes réparations que son état nécessite ; 

» La Société émet le vœu que l’église d’Agnetz soit 
classée parmi les monuments historiques ; 

» Charge le Comité de Clermont de transmettre l’ex¬ 
pression de ce vœu au Conseil général de l’Oise ; 

» Vote des remerciements à M. Bellanger, et ordonne le 
dépôt dans ses archives des plans dont il est fait hommage. » 

La Société adopte à l’unanimité le projet de délibération 
dont il vient d’ètre donné lecture. 

— M. Damiens a la parole. 

Il présente l’analyse des travaux auxquels il s’est livré 
pour l’ouvrage qu’il prépare sous le titre de Recherches 
sur les historiographes de la Picardie, indique le plan qu’il 
a suivi et les divisions qu’il a adoptées, et donne, à la fin de 
cet exposé, lecture d’un chapitre relatif à l’état de la Gaule 
Belgique vers l’an 420. 

M. le Président félicite M. Damiens qui ne se décourage 
point devant l’immensité du plan qu’il s’est tracé et dont 
il poursuit l’accomplissement avec autant de persévérance 
que de zèle. Ce nouveau travail deviendra, s’il veut bien 
le confier à la Société, l’objet d’un examen approfondi, car 


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— -58 — 


une simple analyse n’a pu qu’exciter l'attention ët Finies 
rêt de rassemblée, sans lui laisser le temps d-en saisir, 
comme elle le voudrait, tous les détails. La Société savait 
que M. Damiens continuait le cours de ses travaux et 
cette communication en est une preuve pleine d'intérêt. 

—M. Damiens demande à présenter quelques réflexions 
sur la 5.® question du programme, ainsi conçue : 

<( Quels sont les événements historiques Tes plus impor- 
» tants qui se sont accomplis dans le Bcauvoisis et qui 
» mériteraient d’être rappelés par une inscription com- 
» mémorative? Signaler ceux de ces évènements qui se 
» rattachent plus particulièrement à l’histoire 'générale 
» de la France. » 

Les Antiquaires, dit-il, n’ont pas seulement à conser¬ 
ver la mémoire des faits anciens, mais ils ont encore à 
la glorifier lorsque la vérité historique l’exige. Il y avait 
chez les anciens des autels aux dieux inconnus. Après ce 

que tous les enfants de la Picardie ont fait dans tous les 
temps pour le bien de la France, un jour viendra peut- 
être ou Ton sentira qu’il convient d'érigèr quelques sim¬ 
ples colonnes, de célébrer quelque commémoration so¬ 
lennelle sur les divers théâtres de leurs vertus , soit guer¬ 
rières, soit civiques, en Fhônneur de tous ceux de nos 
ancêtres qui ont partagé cette communauté d ? eflorts et de 
persévérance à toute épreuve dans l’intérêt de îàr fohda’- 
tion et du maintien de la nationalité française. Dans tous 
nos cantons, sur tous les points de notre ancienne pro¬ 
vince, combien, je ne dirai pas seulement de villes, mais 
de bourgs, de hameaux dont les titres à cet hommage 
commémoratif sont comme perdus. Rappelant ici lesprin- 


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—, 59 — 

cipaux , on aimerait à voir quelques-unes de ces colonnes 

l.°dans le Laonnois, en mémoire de la naissance de 
saint Remy, médiateur de la transaction politico-reli¬ 
gieuse entre la France et les Belgo-Romains. 

2. ° Dans les champs catalauniques, en l’honneur des 
guerriers belges qui se joignirent aux guerriers francs 
contre Attila. 

3. ° A Boulogne, en l’honneur de Gaudefroy de Bouil¬ 
lon et de ses compagnons d’armes. 

4. ° Sur les ruines de l’abbaye de la Victoire, près 
Senlis , en mémoire de la bataille de Bouvines. 

5. ° A Reims, en mémoire du siège de Reims et des 
Picards auxiliaires des Rémois. 

6. ° A Abbeville, en l’honneur de Ringois, martyr de 
notre nationalité. 

7. ° A Longueil, près Compiègne, en- l’honneur du 
grand Ferré et de ses compagnons. 

8. ° A Domrémy, et au Crotoy, en l’honneur de Jeanne 
d’Arc. 

9. ° A Beauvais, à Péronne, à Saint-Riquier , à Saint- 
Quentin , à Guise etc., en mémoire des sièges soutenus 
par les habitants de ces cités. 

— M. Bouthors croit être l’interprète de la Société en 
remerciant M. Damiens de la communication qu’il a faite 
des évènements importants auxquels la Picardie a pris 
part, mais il croit que l’auteur a donné à la question un 
développement trop large , qu’il ne s’agissait point de 
rappeler les faits historiques dans lesquels la Picardie 
avait joué un rôle glorieux, mais seulement les localités 
du Beauvaisis qui en avaient été le théâtre. 


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-T- 60 — 

—M. Dufour ajoute qu’il est l’auteur de cette question et 
qu’eu la proposant et la Société en l’acceptant, on avait, 
demandé seulement s’il existait dans le Beauvaisis des 
localités où des faits importants de notre histoire s’étaient 
accomplis et qu’une inscription gravée sur une colonne 
ou placée sur la façade d’une maison pût rappeler. 

-t-M. Ledicte-Duflos applaudit avec M. Bouthors aux' 
recherches générales de M. Damiens qui a résumé en quel¬ 
que sorte l’histoire de la province au milieu des faits de 
l’histoire générale, et fait ressortir les faits les plus sail¬ 
lants de son action dans la fondation de notre nationalité ; 
le Beauvaisis a aussi sa part dans ce mouvement, et s’il 
n’a pas joué un rôle isolé, il a été aussi en concours avec 
les autres parties. Il manque donc seulement au tra- 
vail de M. Damiens des conclusions qu’il n’a point for¬ 
mulées. 

— M. Éôtelïe, en félicitant M. Damiens <f un travail 
gne d’éloge et dans lequel l’histoire a été envisagée -lar¬ 
gement, ne doute pas que des faits dans .lesquels il y 
avait solidarité d'honneur pôur plusieurs localjtés. on ne 
puisse facilement .tirer les conclusions pour les résultats 
matériels auxquels tendait la question. Ainsi plusieurs 
localités -du Beauvaisis se trouvent implicitement com¬ 
prises dans-les indications fournies par M. Damiens. 

* — M. Dufoùr demande qu’il soit formulé une demande 
pour une inscription à placer dans l’Oise, semblable à 
celles qui" sont cofnmémdratives de la bataille d’Arques ^ 
de l'embarquement de Guillaume-le-Cenquérant à. Saint. 
Valèry-sur-Somme, du trait de charité de Saints-Martin 
à la porte d’Amiens, etc. 


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Aucune proposition notant faite, le Président déclare 
qu’il y a lieu de passer à une autre question. 

—M. le Secrétaire fait connaître que M. Hardouin, qui 
se proposait d entretenir la Société sur la 3. e question, a 
été obligé de repartir immédiatement. 

— M. l’abbé Corbbet, sans vouloir résoudre la question 
n.° 3 ainsi formulée : « Quelles sont les églises en Picardie 
où il existait des labyrinthes? » dit qu’il croit que l’église 
abbatiale seule de Saint-Quentin conserve le sien, et qu’ils 
ont disparu partout ailleurs, à Amiens, à Senlis, à 
Noyon. Il les regarde comme une image du voyage à la 
terre sainte. 

— M. Le Prince demande que la Société émette le vœu 
que,dans la restauration du pavage de la cathédrale 
d’Amiens le labyrinthe soit rétabli, et qu’une partie des 
sommes Votées pour la réparation de la cathédrale soit 
employée à cet effet. 

• — M. Tillette d’Achêux ajoute que cette restauration 
serait d’autant plus facile que des dessins exacts et à 
l’échelle ont été faits, que les inscriptions ont été conser¬ 
vées et que la pierre centrale a été déposée au Musée ar¬ 
chéologique. 

—M. Ledicte-Duflos ne pense pas que les fonds destinés 
à la réparation de l’édifice puissent être employés au pa¬ 
vage ; -c’est suivant lui un objet d’ornementation pour le¬ 
quel le gouvernement n’a point accordé ce fonds ; mais il 
regrette la disparition de cette décoration symbolique du 
pavage et s’associe au vœu de la voir rétablie. 

La Société-consultée adopte cette proposition et décide 


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— 62 — 


que ce vœu sera émis en temps opportun, lorsqu’il s’agira 
de refaire le pavage de la Cathédrale. 

—M. Ledicte-Duflos demande la parole sur la première 
question: « Quelles sont les découvertes gallo-romaines 
les plus récentes faites en Picardie. » 

Il ne pense pas qu’il en ait été faite de plus impor¬ 
tantes que celle de Catenoy. Les objets au nombre de 
plus de 160 qu’il a recueillis ont été par lui décrits et of¬ 
ferts au Musée de Beauvais. Ils peuvent être classés dans 
trois divisions l.° les armes, 2.° la céramique , 3.° les 
objets divers. 

1. ° Les armes se composent de 40 haches en silex, polies 
et ébauchées, entières ou mutilées, de couteaux , de lames 
fort étroites , de fers de flèches et d’environ 40 pierres de 
fronde ; mais l’objet le plus curieux est ce qu’il appelle un 
polissoir, c’est un morceau de granit concave, qui évi¬ 
demment a été destiné à user et polir les bâches en silex. 

2. ° La céramique comprend trois vases entiers et une 
grande quantité de débris de vases d’épaisseur et de gran¬ 
deur diverses, confectionnées à des époques plus ou moins 
anciennes , jusqu’à ceux de l’époque gallo-romaine. 

3. ° Les objets divers comprennent des objets en os, 
5 pointes plus ou moins longues, plus ou moins effilées , 
différentes des épingles que l’on appelle épingles de toi¬ 
lette / 3 flèches qui portent une empreinte permet¬ 
tant d’expliquer comment elles pouvaient être assujet¬ 
ties à un bâton par un lien , et enfin 2 poires en plomb 
dont la partie supérieure permet de supposer qu’elles 
ont été attachées à une lanière pour être employées 
comme la balle d’un fléau. 


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On a également trouvé 3 médailles d’Antonin-le-Pieux, 
de Constantin II et de Valentinien. 

M. le Président, après avoir remercié M. Ledicte-Duflos 
de cette communication, exprime le regret que plusieurs de 
ces objets ne soient point venus enrichir le Musée d’Amiens 
qui ne possède rien d'analogue à quelques-uns de ceux qui 
ont été décrits. 

— Personne ne demandant la parole sur les autres 
questions du programme, M. le Président, après avoir re¬ 
mercié les membres étrangers du concours qu’ils ont bien 
voulu prêter à la Société, déclare close la réunion géné¬ 
rale de 1850. 

La séance est levée à une heure. 


COMITÉ LOCAL DE BEAUVAIS. 

Séance du 28 mai 1850.— M. le Président annonce que 
la Société des Antiquaires de Picardie, qui a souscrit au 
monument de Jeanne Hachette pour la somme de 150 fr., 
autorise le Comité de Beauvais à retenir cette somme sur 
la cotisation des membres titulaires non-résidants de¬ 
meurant à Beauvais. 

— M. le docteur Daniel propose de relever, par une 
inscription, les points ou maisons de la ville de Beauvais 
où sont nés, ou bien où ont demeuré plusieurs person¬ 
nages célèbres soit par un mérite rare et reconnu, soit 
par les services éclatants par eux rendus à la ville ; il cite 
à cet égard la maison où est née Jeanne Hachette, celles 
où avaient demeuré Jacques de Quehengied , Jean de Li- 
gnières, Antoine Loyscl et autres : cette proposition est 


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prise en considération , et sera transmise au Conseil mu¬ 
nicipal comme l’expression du vœu de la Société. 

Séance du 22 avril 1850.—M. le Président rappelle 
que dès l’année dernière l’administration municipale a an¬ 
noncé l’intention de rétablir, pour le mois de juillet 1850, 
la procession de l'assaut en mémoire du siège de 1472, et 
d’environner cette fête politique d’une grande solennité ; 
il propose de fixer, pour la môme époque, l’ouverture du 
Musée et l’exposition des modèles de la statue de Jeanne 
Hachette, afin que ces fondations patriotiques se prêtent 
un mutuel secours. 

Une Commission est chargée des dispositions prépa¬ 
ratoires et des invitations qui comprendront les membres 
du Conseil général, du Conseil d’arrondissement et du 
Conseil municipal, les diverses autorités et les divers 
donateurs dont la générosité a en quelque sorte créé le 
Musée. MM. Bouchard et Martin fils sont chargés de la 
disposition du local. 

M. Bouchard indique, dans la disposition du Musée, 
plusieurs améliorations qui contribueraient à la conser¬ 
vation des collections. La Société décide qu’elle seront 
exécutés sous sa direction. 

Il est donné lecture d’un rapport du Président sur les 
offrandes toujours plus nombreuses qui continuent à 
témoigner de la générosité à enrichir le Musée et la Biblio¬ 
thèque. On remarque, entre autres objets intéressants, 
des bijoux romains trouvés récemment à une grande pro¬ 
fondeur dans des excavations que M. Degrasse a fait pra¬ 
tiquer sur remplacement de la maison rue Saint-Jean. 

La Société autorise l’acquisition par le bureau de trois 


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tableaux du xvi. e siècle représentant des sujets religieux. 
Plusieurs membres qui les ont examinés, ont pensé qu’il 
était utile de les conserver dans un dépôt public. 

— M. Duponl-White lit une notice sur le commandant 
de Saint-Germain, dont la mort sur la terre d’Afrique a 
trouvé tant de sympathie dans l’armée et parmi ses conci¬ 
toyens. Son nom, déjà célèbre malgré son jeune âge, vient 
clore jusqu’à ce jour la longue liste des illustrations mi¬ 
litaires de notre pays. 

L’auteur raconte les commencements de la carrière du 
jeune officier, obéissant, malgré de nombreux obstacles, 
à une de ces vocations fortes qui font le véritable homme 
de guerre ; il cite les nombreux témoignages que les meil¬ 
leurs juges se sont plu à rendre à ce jeune militaire qui, 
placé aux avant-postes de l’Afrique française , à l’entrée 
du désert, a su si bien réparer en peu de temps quelques 
désastres dus à la surprise et répandre si . vite et si loin le 
prestige du nom français. Il montre aussi l’administrateur 
habile organisant, avec un génie égal à son courage, le 
pays qu’il avait si rapidement soumis. 

—La séance s’est terminée par la lecture d’un compte 
relatif aux dépenses de l’artillerie avant, pendant et après 
le siège de 1472. Cette pièce, tirée des archives de la ville, 
outre sa valeur comme document historique, paraît offrir 
un intérêt plus grand encore quant à l'histoire du maté¬ 
riel des bouches à feu à l’époque où l’artillerie, qui doit 
tant de perfectionnement au génie français , était encore 
dans l’enfance; la Société ordonne qu’elle sera publiée 
sans retard dans ses mémoires. Elle ordonne aussi le 
dépôt aux archives des copies de divers monuments ju- 


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diciaires. intéressants -tirés des archives de l’ancien,bail¬ 
liage de Beauvais.. •. 

DES DICTONS IIISTOftIQBES . 

RELATIFS A LA PICARDIE, 

Par M. l’abbé Jules CORBLET. 

(lu dans la séance publique du 18 août 1850 . ) 

Les proverbes moraux sont en général des formules 
concise» et piquantes du bon. sens. Meisjon ne peut tou¬ 
jours en dire autant des djotoqs et des'sobriquets, relatifs 
aux nations, aux provinces et aux localités. Ces surnoms 
sont, imposés d’ordinaire par la-haine, l’envie» la raillerie, 
la malice et ce sont là, vous en conviendrez» de fort mau¬ 
vais parrains. Les proverbes moraux se produisent dans 
des temps de calmé, de réflexion, et d’union. Les sobri¬ 
quets, au contraire, naissent aux époques de guerre, de 
confusion ët de désordre. Le xm.' siècle fut d’une richesse 
exubérante en récifs, en respromim,.ea moralitez et ça 
adages, tandis que te x*v, e fut fécond en dictons injurieux 
et en surnoms mal sonnants. Le siècle de Louis XIV nous 
a laissé une foale d’excellents proverbes , où l’esprit le 
dispute au bomsenê.- Les révolutions modernes nous ont 
légué des sobriquets ! Du temps de la féodalité, certaines , 
provinces, certaines villes, certains hameaux se poursui¬ 
vaient d’une aversion réciproque. Quand les ehateaux forts 
n’étaient point armés en guerre, c'était l’épigramme qui 
remplaçait l’arbalète. Il ne faut donc point nous étonner 
du caractère injurieux de la plupart des sobriquets qui 
caractérisaient jadis nos villes et nos villages de Picardie, 


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puisqu’ils étaient inspirés et traditionnellement conservés 
par la rivalité des localités voisines. 

Ce ne sont certainement pas les habitants de Compiègne 
qui se sont décernés à eux-mêmes le sobriquet de dor¬ 
meurs; ce ne sont pas les Saint-Qucntinois qui se sont 
baptisés eux-mêmes du nom de beyeux (1). Les citoyens 
de l’antique Thérouane n’ont pas poussé l’excès de l’hu¬ 
milité jusqu’à se proclamer des égarés (2). Les Beauvai- 
siens n’ont pas trouvé eux-mêmes dans l’inspection de 
leur visage un motif suffisant pour se nommer les rougeots 
de Beauvais, et ce n’est pas à leur initiative qu’il faut at¬ 
tribuer la triple épithète de leur ville, mal-sentanle , mal- 
sonnanle , mal-disanlc. Ce n’est pas sans doute un poète 
boulonnais qui rima le distique : 

Qui va à Boloigne 
Prend la fièvre ou la roigne. 

Il est évident que toutes ces villes ont été affublées de 
ces surnoms peu gracieux par la malice de leur voisinage ; 
mais il est probable que les victimes avaient souvent re¬ 
cours à une vengeance logomachique. Si les Artésiens ont 
traité les Amiénois de Bacouais (3) , ceux-ci n’ont pas 
ménagé les hoguineurs d'Arras (4). Je suppose que ce sont 
les Noyonnais qui, traités de Friands par les Péronnais, 
auront riposté par le dicton des Ivrognes de Péronne. Ne 
serait-ce pas un habitant de Hesdin, lassé d’entendre 

(1) Curieux. 

(2) Fous'. 

(3) Niais. 

(I) Débauché. 


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dire que le cuisinier de Ilcsdins empoisonne le diable (1), 
qui aurait voulu faire partager cette triste réputation culi¬ 
naire à la ville de Bapaumc, en disant : CK est Vmode ed ’ 
Bapaume cKest Vpus sale qui fait Vcuisaine (2). Je soup¬ 
çonne fort mes compatriotes d’avoir inventé le dicton des 
promeneurs, des friands et des gourmets de Mondidier : 
car depuis trois siècles, il existe entre Roye et Montdidier 
une certaine rivalité d’amour-propre, dont il serait difficile 
d’assigner la cause. Mais chose étonnante! nos voisins 
n’ont pas exercé de représailles parémiologiques à notre 
egard. Il n’existe pas un seul dicton défavorable aux 
Royens! Est-ce généreuse magnanimité de la part des 
Montdidiériens? où serait-ce que malgré leur désir, ils 
n’auraient jamais pu rencontrer chez les Royens le moindre 
prétexte aux quolibets? Cette dernière hypothèse nous 
sourit d’avantage; nous ne voudrions point pourtant la 
trop approfondir. 

Nous nous garderons bien de classer parmi les dictons 
injurieux celui qui traitait Equihen de République. « On 
appelait ce hameau la République d*Equihen, dit M. Hen¬ 
ry, parce que les habitants en étaient si pauvres qu’on ne 
pouvait tirer d’eux aucune contribution, et qu’ils vivaient 
dans leurs chaumières dans une indépendance semblable à 
celle des castors et des loutres, auxquels on peut les assi¬ 
miler à cause de leur position. (3) » 

Cette explication nous semble peu satisfaisante ; car , 
pour l’admettre, il faudrait supposer qu’un véritable rc- 

(1) V. Oudin. Curiosités Françaises. 

(2) Hécart. Dict . Rouchi . 

(3) Essai historique sur Varrondissement de Boulogne , p. 132. 


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publicain ne doit pas pouvoir payer d’impôts, et qu’il doit 
reproduire dans ses mœurs l’aménité des loutres. 

Tandis que les villes s’affublaient réciproquement de 
sobriquets, les provinces se faisaient une guerre du même 
genre. On reprochait principalement aux Picards l’empor¬ 
tement et l’amour de la bonne chère, en disant : Tête 
et fête de Picard . 

Mais c’est surtout sur notre prédisposition à la colère 
qu’on insistait. Les Picards ont la tête chaude ; les Picards 
ont la tête près du bonnet^ etc. ; ces proverbes sont pré¬ 
cieusement consignés dans de vieux poètes normands. 
Nous ne pouvons plus dès-lors douter de leur origine, et 
c’est pour nous un nouveau motif d’en contester la véra¬ 
cité : 

Garde d'un Gascon ou Normand ; 

L'un hable trop, l’autre ment. 

Et d’ailleurs n’avons-nous pas pris largement notre re¬ 
vanche, si ce sont nos ancêtres qui ont baptisé les musards 
d'Avranches, les noirquins de Laferrière > les piaffeux d'E - 
vreuXj les jureurs de Bagneux , et les truands de Nor ¬ 
mandie? 

Mais aujourd’hui la meilleure intelligence et la plus cor¬ 
diale entente règne entre les deux pays. Nous croyons vo¬ 
lontiers que 

Si bonne n'était Normandie, 

Saint-Michel n’y seroit mie; 

et les Normands, en échange de courtoisie, conviennent 
que la franchise, née picarde , a le cœur à la main. Cette 
sincère réconciliation nous prouve que de même que tout 

6 . 


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bon Picard se ravise, ainsi Le Normand a son dit et son 
dédit. 

Il existe un vieux proverbe heureusement peu connu , 
dont nous ne saurions^accuser les Normands : c’est celui 
qui prétend que « pour retrouver leur maître les chiens 
normands regardent en haut et les chiens picards en bas. » 
Ce proverbe n’est élogieux que pour la race canine, puis¬ 
qu’il suppose assez d’intelligence aux chiens normands, 
pour comprendre que leurs maîtres méritent souvent d’être 
pendus, et assez de mémoire aux chiens picards, pour se 
rappeler que l’amour peu réglé dü cidre et du poiré force 
parfois leurs maîtres chancelants, à accepter pour lits, les 
rues et les grandes routes. Mais comme cet adage com¬ 
promet à la fois et les Picards et les Normands , nous ne 
saurions incriminer ces derniers. Quelle est donc la pro¬ 
vince qui a pu aiguiser ce proverbe à deux tranchants? 
Peu nous importerait si c’était un Manceau valant un Nor¬ 
mand et demi, car 

Du Mans le pays est bon, 

Mais aux gens ne se fie-t-on. 

Un Bourguignon pourrait bien avoir eu cette audace, 
puisque 

Quand on a passé par Bourgogne, 

On a perdu toute vergogne. 

Serait-ce la Bretagne qui nous aurait accusé d’un défaut 
dont elle n’est guère innocente ? Ce serait bien alors le cas 
de dire que 

. Les plus fols sont en Bretaignel 


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Je soupçonnerais plutôt les Lorrains de ces méchancetés 

Lorrain, vilain, 

Traître à Dieu et à son prochain, 

pour ne point mériter cette dernière épithète, je pardonne¬ 
rais au Poitou de nous avoir mal traités, et je me garde¬ 
rais bien de riposter en disant : Ne se faut esbahir s’il y a 
université de lois à Poicliers, veu qu’il y a tantd’asnes. 

Mais la charité a des bornes, et s’il m’était démontré que 
le proverbe en question nous arriva de Reims ou d’Eper- 
nay, je ne pourrais point me refuser l’innocente vengeance 
de refaire l’addition tant de fois vérifiée de quatre-vingt- 

dix-neuf moutons et d’un Champenois . 

Certaines appellations d’apparence injurieuse n’ont pas 
l’origine blessante qu’on pourrait leur supposer de prime 
abord. J’en citerai pour preuve trois exemples : Les sots 
de Ilam , les singes de Chauny, et les bobaus de Rue. 

Tout le monde sait qu’une célèbre compagnie de sots ou 
de fous était autrefois établie à Ham. La petite fille du der¬ 
nier prince vivait encore en 1735. C’est cette joyeuse as¬ 
sociation, plus renommée que celles d’Amiens, de Beau¬ 
vais, de Cambrai et des autres villes du nord de la France 
qui a donné lieu au dicton des sots de Ham. 

Une chronique fort suspecte raconte que la municipalité 
de Chauny voulant peupler de cygnes les eaux qui entou¬ 
rent cette petite localité, en fit la demande à la ville de 
Paris. Celui qui fut chargé d’écrire, soit par distraction, soit 
par ignorance, mit cynges au lieu de cyngnes. Or, comme 
on orthographiait autrefois le mot singe par un c et un y 
(cynge), les Parisiens envoyèrent à Chauny une collection 

6 .* 


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de sapajous. De là serait venu le dicton des singes de 
Chauny.Si non e vero,bene trovato. Mais il nous paraît 
heaucoup plus probable que ce surnom provient de ce que 
les arquebusiers de Chauny portaient la figure d’un singe 
Sur leur bannière ou bien encore, comme le croit M. Boi¬ 
leau de Maulaville (1)., de ce que les habitants de Chauny, 
avaient au moyen-âge un goût très-prononcé pour les jeux 
publics, les jongleries et lès singeries. 

Nous voudrions également innocenter les habitants de 
Rue delà maligne accusation qu’on porte contre eux, en 
les appelant bobaus, mot romano-picard qui signifie niats 
ou nigaud. On prétend que voulant faire reculer leur 
église, qui était trop près de la route, ils essayèrent de la 
pousser à force d’épaules. L’un des travailleurs, én glissant 
sur un terrain humide, crut avoir fait avancer l’église et 
s’écria : Elle marche 1 elle marche! Depuis ce temps, dit 
la légende orale, on traita les habitants de Rue de bobaus. 
Mais nous trouvons matière à une interprétation beaucoup 
plus judicieuse dans le nom de Beaubeau, donné à une 
image miraculeuse conservée dans l’église de Rue çt ainsi 
nommée à cause des présents dont l’enrichit Isabeau dé 
Bavière. 

On attribue la même folie aüx paroissiens de S.t-Ger- 
main, à Amiens, pour expliquer le dicton : 

' S.t-Germain coucou 

Ch’est le paroësse d’chés fous 
S.t-Iacqueâ 

■ Paroësse ed’chés braques. • 

(1) Notice sur un proverbe de Picardie, dans te tome VI.* des Mém. de 
l’Académie celtique. 


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D’autres prétendent que la fahrique aurait jadis refusé une 
fondation consistant en un fief sis à Mésières, lequel rap¬ 
portait un septier de blé par jour, et que leur refus unique¬ 
ment basé sur le trop bas prix du blé leur avait attiré la 
punition de ce dicton moqueur. Mais notre collègue, 
M. Guérard, a récemment vengé l’honneur de ses devan¬ 
ciers, en montrant que ce dicton chanté par les enfants, la 
veille de la Saint-Germain, était une simple réminiscence 
de la fête des fous, qu’on célébrait autrefois le l. er mai (1). 
C’est ainsi qu’en remontant à l’origine des choses, on voit 
beaucoup de proverbes se dépouiller de leur apparence 
malveillante, et nous sommes certains, qu’en faisant subir 
cette épreuve à tous nos dictons, on trouverait même 
dans plusieurs d’entr’eux une glorification d’autant plus 
précieuse qu’elle serait moins attendue. Nous espérons 
que le seul énoncé de cette proposition suffira pour con¬ 
soler les larrons de Vermand , les beudets de Flessel, les 
grands pieds de Naours , les ésons (2) d'Apilly, les cochons 
de Crépy, les hurons d'Argecourl, les salops de Coisy , les 
carimaros (3) de Berlangles, les ahuris (4) de Candase t 
de Vironchaux . 

Il y a des proverbes qui s’élèvent jusqu’à la dignité de 
l’histoire, en perpétuant le souvenir de quelque grand évé¬ 
nement* Je pourrais profiter ici de cette occasion pour vous 
présenter une série de dissertations sur les vilains de Beau - 
voisis , la bachellerie de Beauvais, les seigneurs de Laon , 

(1) Voir le dernier bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie. 

(2) Oisons. 

(3) Sorciers. 

(4) Hébétés. 


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les damoisels d'Amiens, sur Athies la désolée. Pérenne la 
pucelle, Tkérouane, l’oreiller du roi, etc., sur 

Jean d’Amiens 
Qui se tue et ne fait rien, 

sur le 

Ban du gras boulogoors 
Qui dure trente jours moins un mois, etc. 

Mais rassurez-vous, Messieurs, je ne veux pas épuiser la 
matière, et je me contenterai de vous interpréter trois pro¬ 
verbes historiques. 

4 - ■ 

Arnould était un notaire de la Ferté-Milon. Henri II, 
prince de Gondé, se rendit un jour chez lui incognito, pour 
lui faire dresser un bail. Mais le tabellion était en train de 
dîner : aussi sa femme dit àl’étranger : Arnould daine (1); 
asseyez-vous sus che ban. Quand Arnould daine', on ne li 
parle mie. Le prince y consentit. Son repas terminé à loi¬ 
sir, le notaire dressa l’acte et, reconnaissant sa méprise à 
la signature d’Henri de Bourbon, il se confondit en excuses. 
« Ne craignez rien, brave homme, lui dit le prince, il fal¬ 
lait bien que Arnould daine. » Cette anecdote fut bientôt 
connue dans tout le pays, et aujourd’hui encore, on dit pro¬ 
verbialement en Picardie : Arnould daine, en parlant 
d’uqe personne dont on a besoin, mais qu’on ne veut pour¬ 
tant point déranger. 

Un proverbe plus connu, surtout dans les environs d’A¬ 
miens, est celui par lequel on méprise une chose qui, mal- 

(1) Din*. 


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gré sa belle apparence , n’a aucune importance réelle, en 
disant : 

Ch’est comme le catiau de Boves, 

Belle monte, peu de cose (1). 

Est-ce parce que le château de Boves, situé sur une émi¬ 
nence, se voit de très-loin et paraît beaucoup plus considé¬ 
rable qu’il ne l’est en réalité? Ce proverbe fait-il allusion 
à la lâcheté de Robert, seigneur de Boves , qui, malgré 
ses serments, ne retourna point au camp des croisés? ou 
bien faut-il admettre la vieille chronique populaire qui ra¬ 
conte que le château de Boves aurait été assiégé, à une 
époque qu’on ne précise point, par de nombreux ennemis, 
alors qu’il n’était gardé que par quelques défenseurs. Mais 
ils employèrent une foule de ruses pour faire croire aux as¬ 
siégeants qu’ils étaient nombreux. Ces derniers se retirè¬ 
rent par prudence et n’apprirent que le lendemain que 
cette belle montre était peu de chose . Quoi qu’il en soit, c’est 
là un proverbe fertile en applications et qui pourra plus 
tard servir d’épitaphe à maintes renommées de nos jours. 

J’ai réservé pour mon troisième exemple un proverbe 
oublié et que je désire d’autant plus mettre en lumière, 
qu’il concerne notre excellente ville de Roye: Si le démon 
sortait de l'enfer pour se battre en duel , il se présenterait 
d'abord un Boucicault, un Renaud de Roye, un Champy 
pour accepter le défi. Ce fut le premier pas d’armes de 
Saint-Ydemard qui donna lieu à ce dicton, connu au 
moyen-âge même des nations étrangères. Les trois preux 
qui y sont désignés avaient fait annoncer dans toute la chré- 

(1*) Belle apparence, peu de chose. 


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tienté qu’ils soutiendraient enveFS et contre tous des com¬ 
bats à l’épée et à la lance, à l’occasion du sacre de Char¬ 
les VII. De nombreux chevaliers venus de tous les points 
de l’Europe et parmi lesquels nous citerons le frère du roi 
d’Angleterre, Jean de Hollande, le comte de Derby, les sire 
de Clifford et de Beaumont, se rendirent à Saint-Ydemard, 
situé entre Calais et Boulogne. Les trois chevaliers se me¬ 
surèrent avec quarante paladins étrangers et remportèrent 
constamment la victoire. Il aurait été heureux pour notre 
ville de compter souvent parmi ses défenseurs des Renaud 
de Roye : elle aurait pu subir quatorze sièges ; mais il est 
probable qu’elle ne les aurait pas tous perdus. 

J’ai passé sous silence les proverbes d’origine héral¬ 
dique et les dictons inspirés par une ancienne réputation 
commerciale. Du temps qu’Amiens portait le titre de 
noble-halle j on pouvait vanter le blou d'Abbeville, les 
saies d’Arras, les saucissons de Boulogne et les hauberts 
de Chambly . Ces antiques renommées du XIII. e siècle ont 
fait naufrage. On ne va plus chercher aujourd’hui du lin 
à Busiris, ni des coeffes à Compiègne. Les j)ois de Ver - 
mandois ont été supplantés par les haricots de Soissons , 
et les tartes de Doullens ont cédé la primauté de la répu¬ 
tation aux tartes à l’œillette de Nesles. - v - : 

. Parmi lès vieux proverbes tombés en désuétude , il en 
est un qui fait peu d’honneur à la science agronomique de 
nos pères : ; . . . r 

' Pitié de Lombard, 

„ Labour de Pioard, 

Humilité de Normand, 

Patienche d*Allemant, 


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Larghece de François, 

Loyauté d’Anglois, 

Dévotion de Bourguignon, 

Ces huit coses ne valent pas un bouchon (1). 

Il était juste que ce proverbe disparût en face des ra¬ 
pides progrès qu’a fait chez nous l’agriculture, et nous 
aimerions à croire que c’est la même cause, c’est-à-dire un 
progrès incontesté, qui a fait oublier ce quatrain du xv. e 
siècle : 

De plusieurs coses Dieu nous garde 
De toute femme qui se farde 
De la fumée des Picards 
Avec les boucons des Lombards (2). 

Vous le voyez, Messieurs, c’est toujours l’emportement 
et la colère que l’on nous reproche. Si cette insistance de¬ 
vait nous faire passer condamnation sur cet éternel grief, 
nous pourrions prendre une éclatante revanche en énumé¬ 
rant toutes les qualités du Picard, et nous trouverions la 
preuve évidente de ces qualités incontestables dans les 
maximes, les adages et les proverbes moraux en patois 
picard, qui ont cours dans nos campagnes. Car si les pro¬ 
verbes universels sont la sagesse des nations, il n’est pas 
moins vrai de dire que les proverbes particuliers à une pro¬ 
vince sont le thermomètre moral de ses idées, de ses 
croyances, de ses sentiments et de ses mœurs. Ainsi, par 
exemple, quand j’entends les Picards me dire : 

Des tèles et des tèlots 
Ch’est le ménage d’ein sot, 

(1) MS. 2566 de la Bibliothèque nationale. 

(2) Quatrains moraux. MS. du xv. p siècle. 




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j’en conclus que* dans la vie privée, ils méprisent la fri¬ 
volité pour viser au solide. Je devine leur intelligente:éco¬ 
nomie lorsqu’ils ajoutent : 

Dos vert, 

Pain ter, 

Soupe à Pognon, 

Flamique à pôijons, 

Ch’ést tout ruine moëson. 

Ne suis-je pas également en droit de les considérer comme 
des amis assidus au travail, qui dédaignent ceux qui chan¬ 
gent certains délassements en occupations permanentes, 
lorsqu’ils me disent : 

Caeheux, pécheux, teindeux (1), 

. Trois métiers de gueux. 

Lés picards (et sous ce titre je comprends aussi les pi¬ 
cardes) ne disent probablement jamais de mal de leur pro¬ 
chain, et ils ne connaissent la médisance que de réputa¬ 
tion. La preuve évidente , c’est qu’ils répètent souvent 
que: 

I veut mieux bailler un coup de deint 
Qu’eîn coup de lingue à éin prochain. 

Aussi je suis persuadé que l’union règne entre tous, 
que la plus cordiale intimité existe entre les villes et les 
villages. Si parfois l’habitant des petites villes dit du villa¬ 
geois : 

Un poysan et pis un leu 
Cha n’o qu’eine âme à deux, 


(1) Oiseleurs. 


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— 79 — 


et que ce dernier riposte : 

Moyenne ville, moyennes geins, 

Grand pot au fu, rien dedins. 

Je considère cet échange de plaisanteries comme un in¬ 
génieux moyen d’entretenir la gaîté, si favorable au main¬ 
tien de la santé : or, le Picard y tient beaucoup à la santé, 

Mieux vaut d’aller à ch’molin 
Qu’d’aller à ch’médecin. 

Au reste, le médecin en qui il a le plus de confiance, 
c’est la sobriété ; mais pour éviter tous les excès, il ne 
pousse point cette vertu jusqu’à l’ascétisme, et il pense 
que 

Del soupe à naviaus 
Pas de bure et beaucoup d’iau 
Ch’est le potage des Carmes décaus. 

Le Picard est patient et résigné, et il se dit, comme le 
savetier de Lafontaine, avec une légère variante : 

El jour de demain 
Amène sin pain. 

Il ne se laisse point éblouir par les premiers succès qu’il 
remporte, par les premières réussites qu’il obtient ; il sait 
que c’est la fin qui couronne l’œuvre : 

Gagner en prumier 
Ch’est du fumier, 

Gagner en second 
Ch’est du bon. 

Pour réussir dans ses entreprises, il invoque volontiers 
les conseils, mais il en fait un choix judicieux : 

Parmi chés cosseyeux 
Keusissez chés pus vieux. 


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— 80 — 


Les avis religieux de son bon curé trouvent surtout 
accès dans son cœur et il convient avec lui ique : 

Feut foère mardi gras aveuque s’femme 
Et pis Pâque aveu sin curé.. 

N’a-t-il pas mille fois plus de bon sens que les beaux 
esprits d’un certain monde littéraire, lorsqu’il exige que 
ohaque sexe conserve ses prérogatives et ses convenances, 
et qu’il exprime cette vérité par un distique si pittoresque : 

Ein fieu qui file, eine fille qu’elle, claqpe, 

Ch’est in ménage sins cotron ni casaque. 

Mais le Picard va plus loin , il veut pour constituér un 
parfait ménage que le mari soit toujours le maître, et 
que la femme obéisse toujours en silence !... 

Quand le co a canté, el glainea doit s’taire. 

Je m’arrête ici. Messieurs, je viens peut-être, par ce 
dernier trait, de compromettre, dans beaucoup d’esprits, 
cet éloge de Picard, que je voulais pourtant rendre flat¬ 
teur. Car si l’exigence de notre dernier dicton est ap¬ 
prouvée par une partie de cet auditoire, une autre partie 
dans cette enceinte la condamne peut-être. Permettez-moi 
de m’abstenir entre, ces deux opinions également inté¬ 
ressées. J’ai le droit de garder la neutralité et je trouve, 
pour terminer par un autre proverbe, qu’en certaines 
circonstances, on doit s’estimer heureux de n’ètre point 
obligé de se montrer franc comme un Picard . 


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P 


— 81 — 

RAPPORT sur les Fêles qui ont eu lieu à l’occasion de 
l’inauguration de la statue de Du Cange, à Amiens, 
les 19 et 20 août 1849 , par M. Bouthors. 

« Messieurs , 

» La journée du 19 août fera époque dans l'existence 
de la Société des Antiquaires de Picardie. L’an dernier, a 
pareil jour, elle tenait, dans cette même enceinte, la 
séance solennelle d’inauguration de la statue de Du 
Cange: aujourd’hui, elle s’y réunit de nouveau pour dis¬ 
tribuer la médaille commémorative de cet évènement. 

» Sans doute la pensée d’ériger le monument vous ap¬ 
partient, mais comment s'est-elle réalisée? Avec 1 aide de 
nombreux souscripteurs. Les offrandes recueillies dans la 
ville d’Amiens, par leur nombre et leur importance , ne 
prouvent-elles pas combien votre projet y a rencontré 
d’adhésions? Le conseil municipal, le conseil général du 
département, le Gouvernement, l’Institut, les Sociétés 
savantes de la France et de l’étranger ne s’y sont-ils pas 
associés ? Vous avez donc eu raison de décider qu’une 
médaille à l’effigie de Du Cange, serait frappée pour per¬ 
pétuer le souvenir de la journée du 19 août 1849 et 
qu’elle serait offerte , comme un témoignage de votre re¬ 
connaissance, aux personnes qui ont le plus contribue a 
l’éclat de cette journée. 

» Celles qui ont mérité la récompense ont dû s’étonner 
du retard que vous avez mis à la leur décerner. Il faut 
qu’elles sachent pourquoi vous n’avez pas acquitte votre 
dette, au jour de l’échéance. La confection des coins de 
la médaille, entravée par des accidents imprévus, a exigé 


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un temps considérable qui a dépassé toutes les prévisions 
du graveur. Vous ne pouvez pas lui en faire un reproche, 
car la lenteur dans l’exécution est une garantie de plus de 
la perfection des œuvres d’art. M. de Paulis a voulu que 
la médaille de Du Gange fût le digne pendant de la mé¬ 
daille de Corneille, et nous n’hésitons pas à dire qu’il s’est 
surpassé lui-même dans son dernier travail. 

» Par cela même que la médaille n’a pu être prête 
pour le jour de l’inauguration de la statue, il y a eu né¬ 
cessité pour vous d’en ajourner la distribution à un an, 
car la Société qui n’a qu’une fois l’an l’occasion de sé 
mettre en communication avec le public, est condamnée, 
par les prescriptions de ses statuts, à lui faire attendre, 
pendant douze mois, la rectification des erreurs ou des 
omissions qu’il signale dans les procès-verbaux de vos 
assemblées solennelles. 

» Nous venons donc , Messieurs , comme organe de la 
Commission des fêtes de Du Cange, remplir un devoir 
dont nous devrions être exonéré depuis un an et témoigner 
aux habitants de cette cité qui ont pris part à l’exécu¬ 
tion du programme du 6 août 1849 , le regret de n’avoir 
pas été plus tôt en mesure de leur offrir vos remer¬ 
ciements. 

» Aussitôt que le jour de l’inauguration a été connu, 
des citoyens appartenant à différentes corporations delà 
ville nous ont exprimé le désir d’élever, à l’entrée de la 
rue de Noyon, un arc de triomphe à la mémoire des 
grands hommes qui ont illustré la Picardie. Vous ne pou¬ 
viez qu’approuver cette idée, car elle avait pour but 
d’exposer, en regard du monument de Du Cange, les 


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— 83 — 


noms de tous les personnages qui ont conquis, comme lui, 
des droits à la reconnaissance de la postérité. 

» Des habitants des rues voisines de la place Saint- 
Denis qui voulaient illuminer les façades de leurs maisons, 
nous ont consultés sur le système de décoration qu’ils 
devaient y adapter, mais nous avons pensé qu’il convenait 
de laisser chacun libre de suivre ses inspirations. Seule¬ 
ment vous avez décidé que, conformément aux usages des 
villes du Nord, vous décerneriez une médaille d’argent et 
deux médailles en bronze aux personnes qui se seraient 
distinguées dans ce nouveau genre de concours. 

» La Société d’horticulture a voulu également saisir 
cette occasion de vous prouver sa sympathie, en célébrant 
la fête de Du Cange par une exposition de fleurs, de fruits 
et de légumes , sous le péristyle de la Bibliothèque com¬ 
munale. C’est pourquoi deux médailles en bronze et une 
en argent ont été destinées par la ville aux plus belles 
collections exposées. 

» Une autre Société, la Société philharmonique, avait 
songé à organiser un grand festival à la Hotoie, pour la 
matinée du 20 août, mais les musiques des villes voisines 
ayant trop tardé à répondre aux lettres d’invitation, il n’a 
pas été possible de donner suite à ce projet. Pour combler 
cette lacune du programme, M. Favas, lieutenant-colonel, 
aujourd’hui colonel du 4 e cuirassiers, et MM. les officiers de 
ce corps se sont concertés avec plusieurs amateurs afin de 
remplacer le festival par un carrousel. Nous pouvons dire 
que le spectacle de cette fête improvisée, en même temps 
qu’il avivement piqué la curiosité du public, a témoigné 


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le 

El 



— 84 — 


une fois de plus du bon accord qui existe entre les habi¬ 
tants et la garnison d’Amiens. 

» Vous parlerons-nous maintenant de la fête nautique : 
vous savez tous que le succès de cette fête est dû princi¬ 
palement à la participation active de MM. les amateurs 
composant la Société des Canotiers et pour beaucoup à l’ai¬ 
mable surprise que nous avait ménagée M. Germann lieu¬ 
tenant-colonel du 23.® léger. Il est juste aussi de recon¬ 
naître que l’Administration municipale avait pris toutes 
les mesures désirables. Des bateaux aux ordres des com¬ 
missaires de police, montés par d’excellents nageurs et 
pourvus de tous les moyens de sauvetage, n’ont cessé de 
circuler pour porter secours au premier signal d’alarme. 
Heureusement ces précautions ont été inutiles, car on n’a 
eu aucun accident à déplorer. 

» Il faut renoncer à décrire l’effet magique de cette fête 
nocturne. C’était vraiment quelque chose de fantastique 
que de voir ces trente et une barques ornées de lanternes de 
couleurs ou de décorations transparentes, défiler sur deux 
rangs dans le bassin du port d’amont qui réfléchissait 
comme un miroir, leurs formes élégantes et variées. Sur 
les unes sont des sonneurs de trompe en costume de ve¬ 
neurs ; sur les autres des musiciens de la garde nationale 
et des orphéonistes qui font entendre tour à tour des fan¬ 
fares de chasse, des symphonies militaires et des barca- 
roles. Dans l’intervalle de chaque morceau, 300 soldats 
du 23. e léger, rangés sur le chemin de hallage, exécutent 
des feux de file qui lancent dans les airs des milliers de 
fusées, de serpentaux et d’étoiles, tandis que les barques 
inscrites au concours , manœuvrant devant l’estrade du 


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— «5 — 


jury, font admirer l’ordre de leurtnarche, l’élégance èt le 
bon goût de leurs dispositions. 

». D’abord, c’èst la Coquette . Un système ingénieux 
imprimé à ses lanternes le mouvement de rotation des 
ailes d’un moulin. Un bruit .de tic-tac complète l’illusion. 
Ensuite parait lé Riqutqui dont la , couronne décorée de 
perles illuminées forme un dôme soutenu par quatre 
guirlandes de feux variés* Puis vient le Blitz qui se fait 
remarquer par le luxe et la profusion de ses lumières et, 
après lui, le Du Congé dont le transparent illuminé en 
flammes du Bengale représente la statue. 

» La Dorade attiré l’attention par l’éclat, le nombre 
et la variété de ses lanternes, ainsi qüe par le costume de 
ses rameurs ; mais -la disposition rectangulaire de son 
plan, lui ôte tout cachet d’originalité. 

» L'Aurore n’est pas exempte du même reproche, 
mais plus conséquente dans son mode d’éclairage, elle 
s’est appliquée à justifier son nom par la couleur de ses 
feux. 

» La Sorcière des eaux imite la forme d’une frégate 
avec ses trois mâts pavoisés. Beaucoup d’ordre, de symé¬ 
trie et de simplicité dans les décors sont les qualités qui 
distinguent cette embarcation. 

» L'Âriel est une jonque chinoise. Sa décoration con¬ 
siste en une tente qui, éclairée à l’intérieur, fait ressortir 
sur un fond blanc, une guirlande dé fleurs d’un très bel 
effet. Pourquoi .faut-il que le costume-de l’équipage ait 
détruit une partie de l’illusion qu’elle devait produire. 

'» La Rouldrmaise n\& pas commis cette faute, car tous 
ses hommes portent l’uniforme des marins. Sans doute la 

7. 




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— 86 — 


tente qui surmonte le bateau ne peut être comparée, sous 
le rapport de l’invention, à celle du précédent, mais la 
Boulonnaise a sur VAriel l’avantage d’ètre mue par une 
hélice. Sa lanterne rouge à l’arrière et son double jet 
d’eau à l’avant, sont des accessoires heureux qui ont fait 
pencher en sa faveur la balance du jury. 

» La palme du concours ne pouvait être disputée au 
bateau amiral le SathanieL Agrès, costumés, décors tout 
y est en parfaite harmonie. Ses deux mâts s’élancent 
majestueusement dans les airs. Celui de l’arrière est sur¬ 
monté d’un globe en cristal bleu où brûle je ne sais quelle 
flamme mystérieuse qui annonce la présence du génie in¬ 
fernal dont l’image est figurée à l’avant. Un enfant en 
costume arabe, mollement couché sur l’arrière, tient la 
barre du gouvernail, tandis que le chef, portant le mas¬ 
que et l’habit vénitien , transmet ses ordres à l’aide du 
porte-voix. 

» La médaille en vermeil a donc été décernée au pa¬ 
tron du Sathaniel. Ne l’eùt-il pas conquise à ce titre qu’il 
l’aurait encore méritée comme organisateur et directeur 
de la fête. Les trois médailles d’argent ont été pour la 
Boulonnaise , VAriel et la Sorcière des eaux, les quatre 
médailles de bronze doré pour le Riquiqui, VAurore , le 
Du Cange et le Blitz ; les deux médailles de bronze pour 
la Dorade et la Coquelle. 

» Cette fête, Messieurs, dont les brillants résultats 
ont dépassé toutes les prévisions, vous a déterminés à 
décerner onze médailles au lieu de cinq qui avaient été 
promises par le programme. Vous avez ajouté à la liste 
des récompenses une médaille en vermeil pour le 23.° lé- 


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— 87 — 

ger i en reconnaissance de sa coopération toute gracieuse 
et inattendue, cinq médailles en bronze pour les orphéo¬ 
nistes,. la grande musique de là garde nationale, la mu¬ 
sique des pompiers, les hortillons d’Amiens et de La 
Neuville , à titre, de remerciement de leur concours dé¬ 
sintéressé. . 

» Vous ne regretterez pas ce surcroît de dépense s’il 
peut servir.à encourager nos compatriotes à reprendre la 
tradition d’un délassement qui a été si longtemps celui de 
nos pères et dontl’origine remonte à une époque fort re¬ 
culée. La fête .nautique en effet rappelle la chasse aux 
cygnes, cette promenade aux flambeaux que les gondo¬ 
liers amiénois faisaient tous les ans, le 10. 6 jour d’août, 
sur les lagunes de la petite Venise de Louis XI. En cher¬ 
chant à ressusciter un usage qui caractérise si bien la 
topographie de cette cité, nous nous sommes efforcés de 
réveiller dans l’esprit de la génération qui s’élève-le goût 
d’un plaisirjdédaigné de la génération qui s’éteint. 

j» La Société des Canotiers enhardie par ce premier 
succès voudra donner plus de développement à son orga¬ 
nisation et tenter, sur une plus vaste échelle, un nouvel 
essâi de ses forces. Nous faisons des vœux pour que des 
encouragements en rapport avec les sacrifices qu’elle 
s’impose , la mettent à même de renouveler périodique¬ 
ment le délicieux spectacle qu’elle vous a offert l’an der¬ 
nier. Vous la seconderez , Messieurs, dans la mesure des 
ressources dont vous pouvez disposer ; mais ce n’est point 
çsgez. Votre protection sera inefficace si elle n’est point 
fortifiée par celle- de nos concitoyens , s’il ne se forme, pas 
des àsspeiations pour patronner les concurrents etrému- 

7*. 


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nérer les vainqueurs. De son côté l’administration muni¬ 
cipale doit comprendre qu'il y aura nécessité de déplacer 
et d’agrandir le théâtre des fêtes nautiques ; que le port 
d’amont présente un espace trop resserré pour les barques 
et des abords trop difficiles pour les spectateurs ; que ce 
bassin , à cause des exigences de la navigation, n’est 
rendu libre que pendant la durée fort restreinte du chô¬ 
mage. La ville qui possède , à côté de la Hotoie, de vastes 
marais improductifs, ne pourrait-elle pas les relier à la 
création de Le Nôtre , de manière à faire de cette prome¬ 
nade déjà si belle , l’une des plus magnifiques et des plus 
animées de l’Europe? Pour lui rendre la vie il ne manque 
que des pièces d’eau et des passages pour la libre circu¬ 
lation des nacelles. Les cygnes , en désertant les bords de 
la Somme, n’indiquent-ils pas que, si l’on veut renouveler 
les fêtes auquelles ils ont donné leur nom, il faudra suivre 
l’exemple et la trace de leur émigration ? 

» Ce n’est pas, Messieurs , au point de vue étroit de 
l’amusement de la jeunesse , des convenances ou des ha¬ 
bitudes d’une certaine classe de la population, que nous 
envisageons la question des embellissements de la cité. 
C’est à son avenir, à sa prospérité que nous les rappor¬ 
tons. Nous sommes convaincus que plus la ville déploiera 
de luxe dans ses monuments , dans ses promenades, dans 
ses fêtes publiques, plus elle aura de visiteurs et plus elle 
en recueillera de profit. C’est vers ce but que les efforts 
de nos administrateurs nous paraissent tendre et nous les 
en félicitons. La situation d’Amiens, à l’embranchement de 
deux lignes de fer , est on ne saurait plus favorable pour 
en faire un lieu d’étape sur le chemin des touristes. La 


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- 89 — 


cathédrale est déjà un appât qui les attire ; il en faut 
créer d’autres qui les retiennent et les excitent à prolon¬ 
ger leur séjour. 

» La Société des Antiquaires en entrant dans cette voie, 
dès son origine , ne s’est-elle pas recommandé comme ins¬ 
titution d’utilité publique? N’a-t-elle pas fondé un Musée 
qui renferme l’une des plus curieuses collections de la 
province ? N’a-t-elle pas provoqué Térection d’un monu¬ 
ment qui sert de décoration à la plus belle de nos places ? 
N’a-t-elle pas donné l’idée d’une fête qui a eu beaucoup de 
retentissement au dehors et qui, le jour où elle se renou¬ 
vellera , fera arriver dans nos murs une grande affluence 
d’étrangers ? Vous n’en resterez pas là ; nous en avons 
pour garant le patriotisme qui vous anime. Avec cet ai¬ 
guillon pour auxiliaire, vous êtes sûrs de réussir, si vous 
osez entreprendre. On ne manque jamais le but, quand 
on le poursuit avec résolution, désintéressement et persé¬ 
vérance. 

En vérité, Messieurs , vous avez accompli un grand 
miracle. Vous avez réhabilité dans l’opinion publique, 
votre titre d’Antiquaires : ce titre qui naguère encore 
excitait le sourire de la pitié sinon du dédain, vous 
en devez être fiers aujourd’hui, car il donne ce degré 
de puissance à vos efforts qu’en vous vouant au culte du 
passé, vous servez la cause de l’avenir , vous ouvrez de 
nouvelles sources de jouissance et de profit pour les géné¬ 
rations futures. 

» Tout ce que vous avez fait pour honorer la mémoire 
de Du Cange porte avec soi sa justification. Il n’est pas 
nécessaire que nous cherchions à expliquer vos intentions 


/ 


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— 90 — 


à cet égard. Personne ne s’y méprendra. Les fêtes qui ont 
accompagné l’inauguration de la statue, ont prouvé que 
nos concitoyens entraient dans votre pensée, car ils vous 
ont facilité les moyens d’arriver au résultat que vous 
vouliez obtenir. La médaille que vous avez fait frapper, 
pour marquer l’époque de cette solennité , vous allez l’of¬ 
frir comme un témoignage de votre gratitude aux per¬ 
sonnes qui y ont pris la part la plus active. Nous sommes 
donc bien convaincus qu’elles attacheront plus de prix à 
la signification qu’à la valeur réelle de la récompense. 

» L’artiste qui a gravé la médaille s’est inspiré de 
l’œuvre du sculpteur qui a conçu et exécuté le modèle de 
la statue. Cette médaille représente d’un côté le profil de 
la tête de Du Cange , et de l’autre la statue vue de face. 
Ainsi en supposant qu’un jour , dans un avenir bien éloi¬ 
gné, le monument subisse à son tour les outrages du 
temps ou les mutilations du vandalisme , ce malheur ne 
serait pas irréparable, car tant qu’il restera un exemplaire 
de la médaille, le bronze de Caudron pourra être rétabli 
avec la plus scrupuleuse fidélité. Mais hélas ! Caudron 
n’est pas ici î Pourquoi faut-il que la mort ne lui ait point 
permis de recevoir de vos mains cette médaille destinée à 
eonserver le dessin de son dernier ouvrage; cependant il 
ne sera pas dit que son trépas a éteint la dette de recon¬ 
naissance que vous avez contractée envers lui. Caudron 
fils vous remerciera de ne pas le frustrer du seul bien qui 
lui reste de la succession paternelle. 

» Si quelqu’un , Messieurs , a des droits incontestables 
à la médaille de Du Cange , c’est certainement celui de 
nos collègues qui, pendant sept ans , comme secrétaire de 


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— 91 — 

la Commission du monument, ne s’est épargné ni peines, 
ni soins , ni voyages , ni démarches de toute nature et de 
tous les instants, pour mener à fin une entreprise retardée 
par tant d’incidents et de difficultés. Grâce à lui toutes les 
résistances ont été vaincues, tous les obstacles surmon¬ 
tés. Pour prix de tant de persévérance couronnée par un si 
heureux résultat, vous lui avez voté une médaille en 
vermeil dont l’inscription bien mieux que nos paroles dira 
ses titres à cette honorable distinction. Elle porte pour lé¬ 
gende : La Société des Antiquaires de Picardie à M. Charles 
Dufour : témoignage de reconnaissance . 


Nous croyons devoir reproduire le rapport suivant fait 
au Conseil général du département de la Somme par un 
de ses membres, dans la séance du 29 août 1850 ; une part 
d’éloge revient à nos correspondants qui prennent à nos 
travaux une part si active et si utile. 

Subvention à la Société des Antiquaires de Picardie. 

Un membre fait, au nom de la 2, e Commission, le 
rapport suivant. 

« Messieurs , dans votre dernière session, vous avez 
reconnu les services que rend la Société des Antiquaires 
de Picardie, en lui accordant une subvention de 700 fr. 

» Cette année, la Société se recommande encore à vous 
par d’importants travaux. Elle a publié le 10. e volume de 
ses mémoires et le 3. e de ses bulletins trimestriels. Elle 
continue la publication de l’introduction à l’histoire de 
Picardie de dom Grenier et des coutumes locales du Bail- 


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— 92 — 


lage d’Amiens. Enfin, la Société s’impose de grands 
sacrifices pour augmenter la collection déjà si précieuse 
qui compose son Musée et pour assurer la conservation 
des monuments qui intéressent l’histoire de notre pays. 

» M. le Préfet, reconnaissant comme vous le zèle et 
l’activité que déploie, dans toutes les circonstances, la 
Société des Antiquaires, lui a demandé de publier, chaque 
année , un Annuaire du département de la Somme ; il a 
pensé, avec raison, que, par la nature de ses études, elle 
devait être appelée à doter le département d’un ouvrage 
qui lui manque , et dont le besoin se fait vivement sentir. 
La Société des Antiquaires, par l’organe de son Président, 
a pris l’engagement de faire , à ses frais, la publication 
qui lui était demandée. 

» Dans ces circonstances , pour reconnaître les services 
rendus par la Société , pour l’encourager à continuer ses 
utiles travaux, et pour alléger quelque peu les sacrifices 
qu’elle sera obligée d’ajouter à ceux qu’elle s’impose 
annuellement pour remplir la mission qu’elle s’est donnée, 
et à laquelle elle n’a jamais failli depuis sa création, votre 
2.® Commission , conformément à l’avis deM. le Préfet, 
consigné au projet de budjet, a l’honneur de vous pro¬ 
poser d’allouer à la Société des Antiquaires de Picardie 
une subvention de 1,000 fr. » 

Conclusions adoptées (1). 


(t) Procès-verbal des délibérations prises par le Conseil général du dé¬ 
partement de la Somme, pendant le cours de la session de 1850. Page-94. 


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MEMBRES ADMIS. 

MM. Achmet d'Hêricoürt , correspondant du comité his¬ 
torique , à Arras, membre titulaire non résidant. 
De Plemônt (Léon), licencié en droit, à Eu, id. 
Tremblay (Victor), vérificateur des poids et me¬ 
sures, à Beauvais, id. 

Bretagne, juge-de-paix, à Noyon, id. 

Joly, docteur en droit, à Renaix (Belgique), mem¬ 
bre correspondant. 

OUVEAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ 

peridant le 2.® et le 3.® trimestre de 1850. 
l.° Bulletin de la Société de l’Histoire de France, n. 2, 3, 4, 5, 
6. — 2.° Bulletin de l'Athenée du Beauvoisis, 2. e semestre, 1849, 
l. er semestre 1850. — 3.® Bulletin de la Société d’Archéologie 
d’Avranches. Séance publique du 24 mai 1849. — 4.° Bulletin de 
la Société historique de Tournay, tom. n, fasc. 1.— 5.° Bulletin 
de la Société des Antiquaires de l’Ouest, l. er -2.® trimestre 1850. 
— 6.° Bulletin de la Société archéologique de l’Orléanais, 1848- 

1849 f l. #r semestre , 1850.—7:° Bulletin des Comités histori¬ 
ques, 1849, avril, mai, juillet, août, novembre, décembre; 

1850 , janvier, février, mars, avril, mai. — 8.° Séances et 
travaux de i’Académie de Reims, n. 8 à 19. — 9.® L'Institut, 
n. 172 , 173, 175, 176. —10.° L'Investigateur, journal de l’Ins¬ 
titut historique, 182,184, 185, 186. 187, 188.—11.® Mémoires 
de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1848-1849, 2 vol.— 
12.® Mémoires de la Société des sciences, lettres et arts de 
Nancy, 1848. — 13.9 Mémoires de la Société de statistique des 
Deux-Sèvres, 2. e liv., 1847-48-49, tom. xm , liv. 1,2. —14.® 
Mémoires de la Société archéologique de Touraine , tom. ni. — 
15.® Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Châ- 
lon-sur-Saône r 1847-48-49, in-4®. — 16.® Mémoires dë la So¬ 
ciété nationale d’agriculture, etc., de Douai, 1848-49.—17.®Mé- 


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— 94 — 


moires de la Société des Antiquaires de Normandie , 17. e vol. — 
4 8.° Mémoires de la Société des Antiquaires de la Morinie, tom. 
vii et vm et atlas. —-19.° Mémoires de l’Académie d’Arras, t. i, 
liv. 1-2 ; tom. v n, liv. 1 à 9 ; tom. iii , liv. 1 à 6 ; tom. îv, liv. 1 
à 4. — Séances publiques de 1822-23-24-25-26-27-33-34-35- 
36-37-38-40-42-44-45-46, et tom. xxiv. — 20.° Annuaiie de 
l’Institut des provinces et des congrès scientifiques. 1850. 
Caen, Hardel, 1850, in-8°. — 21.° Mémoires de la Société 
des sciences naturelles et d'antiquités de la Creuse. Archéo¬ 
logie, 1849. — 22.° Mémoires de l’Académie des sciences, arts 
et belles-lettres de Dijon, 1849. — 23.° Mémoires et publi¬ 
cations de la Société des sciences, des arts et des lettres du Hai- 
naut , tom. i, n, ii , îv, v, vi, vii, vm, et l rr liv. du tom. ix. 
— Discours prononcé par le Président le 13 juin 1835, jour 
d’ouverture des séances de cette Société. — Règlement. — Pre¬ 
mier anniversaire de sa fondation , 1834. — Quatrième anniver¬ 
saire, 1837. — Sixième anniversaire, 4839. — Septième anniver¬ 
saire, 4840.—24.° Annuaire de la Société philotechnique, tom. v, 
année 1844. — 25.° Précis analytique des travaux de l’Académie 
des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, pendant l’année 
4 849.—26.° Annales des sciences physiques et naturelles,publiées 
par la Société nationale d’agriculture de Lyon, tom. ix. — 27.° 
Exploration scientifique de l’Algérie. Beaux-arts, liv. 22. — 28.° 
Inscription , article extrait de l’Encyclopédie moderne , par M. 
Léon Rénier, in-8°. — 29.° Notice historique sur la commune 
de Boury (Oise) et sur ses seigneurs, par Hersan. Beauvais, 
Moisand, 1848.—30.° Mélanges historiques, par E. Cartier. 
Tours (Marne), 1842, in-8°. — 31.° Monnaies frappées en Corse, 
par Théodore et Paoli, par E. Cartier. —32.° Observations sur 
les médailles du xi.® siècle trouvées en 1843 près de Rome, 
par E. Cartier, 1842. —33.° Règlement fait en 1354 par les ou¬ 
vriers et monnoyers des monnaies royales de France. Extrait 
d’un manuscrit de la Bibliothèque royale intitulé : Recueil d’or¬ 
donnances sur les monnaies. Supplément français, n. 1824, 
par E. Cartier. — 34.° Dernières Observations sur les monnaies 
au type chartrain, par E. Cartier.— 35.° Mémoires sur le registre 


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des dépêches de J.-fi. Colbert, concernant les po aussées 

pendant les années 1679-80-81-82, par M. Cotelle. (Extrait de la 
Revue française et étrangère de législation.) 36.° Mémoire sur 
les divisions territoriales du Maine avant le x. c siècle, par M. 
l'abbé Voisin, s. 1. n. d., in-8.°. — 37.° Raisonnons un peu s’il 
vous plaît, par Ch Des Moulins. Bordeaux , Dupuy et compa¬ 
gnie, 1850 , in-8°. — 38.° Réunions provinciales. — L’Institut 
des provinces à Bourges en octobre 1849, par M. de Kergorlay. 
Paris , Derache, 1849, in-8°.— 39.° De la réforme académique en 
France, par A. de Caumont. Caen, Delos, in-8°. — 40.° Mon opi¬ 
nion sur plusieurs questions qui doivent être soumises au Congrès 
des délégués des sociétés savantes des départements convoqués à 
Paris pour le 10 mars, par M. de Caumont, s. 1. n. d. (1850), 
in-8°. — 41.° Archéologie des monuments religieux de l’ancien 
Beauvoisis, par le docteur E. Woiilez, liv. 21 à 26. Ouvrage com¬ 
plet, in-fol. — 42.° Observations et réponse à quelques opinions 
de M. Duchalais , par A. Hermand. (Extrait de la Revue nu¬ 
mismatique (1850.) — 43.° Compte-rendu des travaux de la Com¬ 
mission des monuments historiques du département de la Gi¬ 
ronde pendant l'anuée 1846-47 , id. 1847-48, id. 1848-49.— 
Rapport au Préfet de la Gironde, par MM. Rabanis , Président, 
et Delamothe, Secrétaire. Bordeaux. Durand, 1847-48-49.— 
44.° Glossaire des livres de Jostice et de Plet, par P. Chabaille. 
Paris, A. Durand, 1850, in-4°. — 45.° Les Sièges d’Arras, his¬ 
toire des expéditions militaires dont cette ville et son territoire 
ont été le théâtre, par Achmet d’Héricourt. Arras ,*Topino, 
1844, in-8°. — 46.° Manuel de l'Histoire de France, par Achmet 
d’Héricourt. Paris, Roret, 1844-46, 2 vol. in-8°. — 47.° Ca- 
renci et ses seigneurs, par Achmet d’Héricourt. Saint-Pol, 
Warmé , 1849, in-8.°. — 48.° Notice sur le Cabinet monétaire de 
S. A. le prince de Ligne, d’Amblise et d’Epinoy, par C. P. Ser¬ 
rure. Gand , Annoot, 1847, in-8°. —49.° Messager des sciences 
historiques de Belgique , années 1843-44-46-47-48-49. — 50.° 
Annales de la Société d’agriculture, sciences, arts et commerce 
du Puy, tom. xiv. — 51.° Essai bibliographique sur la Picardie 
ou plan d’une bibliothèque spéciale composée d’imprimés cntiè- 


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rement relatifs a cette province, par M. Charles Dufour, l. re 

série. Amiens, Duval et Herment, 1850, in-8.°; exemplaire sur 
papier bleu. — 52.° Description des vitraux des deux grandes 
rosaces de la cathédrale de Beauvais (xvi. e siècle), par M. l’abbé 
Barraud. Beauvais , Desjardins, 1850 in-8.° — 53.° Les livres 
de Jostice et de Plet, publiés pour la première fois d’après le 
manuscrit unique de la Bibliothèque nationale, par Rappetti, 
avec un glossaire des mots hors d’usage, par P. Chabaille. Paris, 

F. Didot, 1850, in-4°. — 54.° Papiers d’état du cardinal Gran- 
velle, tom. vii. — 55.° Négociations de la France dans le Levant, 
etc., par Charrière, tom. n. — 56.° Correspondance administra¬ 
tive sous le règne de Louis XIV, recueillie et mise en ordre par 

G. B. Depping. Paris, imprimerie nationale, tom. l. er , in-4°.— 
57.° Statistique monumentale de Paris, liv. 24, 25, 26, 27. — 58.° 
Peintures de l’église de Saint-Savin. Atlas, liv. 4. — 59.° Collec- 
tanea antiqua, vol. 2, part. 2. par M. Roach Smith. —60.° The^ 
journal of the British archaeological association, n. 21, 22.—61.° 
Synopsis of the Muséum of the Society of Antiquaries of Scot- 
land. Edimburg, 1849.—62.° Discovery of early saxon remains at 
Barrow-furlong, in the parish of Marston Saint-Lawrence co. 
of Northampton. By sir Henry Dryden. Commuuicated to the 
Society of Antiquaries through C. Roach Smith in a letter adres- 
sed to John Yonge Akerman. London. Nichols , 1850 , in-4°. — 
63.° Antiquarian excavations on the site of the roman station 
at Lymne in Kent, parC. Roach Smith. London, 1850. — 64.° 
Proceedings of the Society of Antiquaries of London, n. 16.— 
65.° Société des Antiquaires de Normandie.— Appel aux Conseils 
généraux des cinq départements formés de l’ancienne Norman¬ 
die à propos de la publication des pièces normandes inédites re¬ 
cueillies à Londres par M. de Brequigny en 1764-65-66. Caen, 
Hardel, 1850. — 66.° Le Rat employé comme symbole dans la 
sculpture du moyen-âge, par Duchalais. —67.° Délibération et 
mémoire adressés à M. le Préfet du département de la Somme 
par le conseil municipal et le bureau de bienfaisance de Lucbeux, 
contre l’hospice de Doullens, pour la désunion des biens de 
l’ancienne maladrerie de Lucbeux, 10 mai 1850. Amiens, Alfred 


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Caron, 1850, in-4°. —68.° Histoire de la terre et baronnie de 
Chacenay, par L. Contant. Bar-sur-Seine, Saillard, 1850, in-8®. 

— 69.° Notice historique et généalogique snr Noé-les-Mallets, 
par L. Coûtant. —70.° Formulaire de prières h l’osage des fi¬ 
dèles qui observent saintement les devoirs religieux, par un 
prêtre du diocèse d’Amiens. Montdidier, Radenez, 1805, in-12. 

— 71.® Souvenirs de Saint-Àcheul ou vie de quelques jeunes 
étudiants. Amiens, Caron-Vitet, 1828, in-8°. (Ces deux ou- 
vrages offerts par M. Martin de Beauvais.) — 72.° Revue de la 
Numismatique belge, tom. v, 4.® liv., tom. vi, l. r ® liv.—73.® 
Géographie du moyen-âge, par Joachim Lelewell, 2.® livr.— 
74.° Acta et décréta concilii provinciæ remensis in suessionensi 
civitate anno Domini mdcccxlix pontificatus Pii papæ noni iv ce- 
lebrati a sancta sede approbata. Lutetiæ Parisiorum. Lecoffre, 
1850, in-8°. — 75.° Annales de l’Académie d’archéologie de 
Belgique, tom. vu, 2.® liv. — 76.° Nouvelle restitution et ex¬ 
plication d'une inscription gréco-latine du iv.« siècle, tracée sur 
un vase de terre cuite trouvée près de Bourges en 1848, par M. 
Eloi Johanneau. Paris, Techener, 1850. — 77.° Quelques mots 
sur la littérature nationale de la Belgique, par Achille Jubinal. 
(Extrait de l'Investigateur.) — 78.° La sorcière de Ribemont, 
épisode historique de 1579, par Ch. Gomart. Saint-Quentin, 
Deloy, 1850. —79*° Histoire de Grenoble et de ses environs, de¬ 
puis sa fondation sous le nom de Calaro jusqu’il nos jours, par 
Pilot. Grenoble, Baratiër, 1819, in-8°. —80.° Société archéolo¬ 
gique de Béziers. Séance publique du 9 mai 1850.—81.° Congrès 
agricole de la Haute-Saône. Session de 1849. — 82.° Précis d’ar¬ 
chéologie celtique, par l’abbé J. Corblet. (Extrait de l’Inves¬ 
tigateur, 1850.) — 83.® Le tombeau de Robert-le-Frison, comte 
de Flandre, par L. de Baecker. Paris, Didron, 1850. — 84.® 
Chronique du religieux de Saint-Denis, tom. iv —85.® Des 
dictons historiques èt populaires de Picardie, par l’abbé J. Cor- 
blet. Amiens, Alfred Caron, 1850.—86.® Annuaire de la Société 
de l'histoire de France pour 1850. Paris, Dumoulin, 1850.— 
87.® Mémoire sur les monnaies des comtes de Saint-Pol, parle 
docteur Rifirollot. (Extrait de la Revue Numismatique.) — 88.® 


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— 98 


Notice sur l’ancienne collégiale de Saint-Pierre de Lille dans ses 
rapports avec les institutions féodales et communales par M. 
Taillar. Lille, Danel, 1850, in-8°. — 89.° Institut national de 
France. — Rapport fait à l’Académie des inscriptions et belles- 
lettres au nom de la Commission des antiquités de la France, par 
M. Lenormand , lu dans la séance publique du 16 août 1850. 
Paris, F. Didot, in-4.° — 90.° Eglises, Châteaux, Beffrois et 
Hôtels-de-ville les plus remarquables de la Picardie et de l’Artois. 
Château d’Hénencourt, par Goze. Amiens, Alfred Caron, 1850, 
in-8°. — 9i.o Règlement et tarif de l’octroi de la commune d’A¬ 
miens , suivi du règlement de l’abattoir et d’autres documents. 
Amiens, Duval et Herment, 1850, in-8°. 


OBJETS OFFERTS AU MUSÉE 

pendant les 2.® et 3. e trimestres de 1850. 

l.° Par M. Dupuis, conseillera la Cour d’appel d’Orléans, une 
maille d’or de Beaugency, offerte à la nation picarde étudiant en 
l’université de cette ville, et une médaille en cuivre de Calvin. 
f 2.° Par la succession Sujol, neuf vases et fioles en verre de 
l’époque gallo-romaine trouvés à Amiens et à Etaples. 

3. ° Par la Chambre de commerce d’Amiens , deux jetons de 
présence à l’effigie de Colbert. 

4. ° Par M. Boistel de Belloy , un vase et un bassin en bronze 
trouvés à Saint-Acart, près de Belloy-sur-Somme.—Epoque 
gallo-romaine. 

5. ° ParM. Eug. Woillez, docteur en médecine a Clermont 
(Oise), un coin celtique en silex trouvé dans la forêt de la Neu- 
ville-en-Hez, et un certain nombre de fragments de coins et de 
couteaux celtiques, également en silex, recueillis dans le camp 
romain de Catenoy. 

6. ° Par la ville d’Amiens , un grand bassin en bronze et un 
mors de cheval en fer, trouvés à un mètre au-dessous du lit de 
la rivière , dans les travaux de reconstruction du pont du Bloc à 
Amiens ; une cuillère en bronze , trouvée dans les déblais de la 
rue de la Pâture, époque gallo-romaine; un anneau en or en- 


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chassé d’un saphir brut, recueilli dans des fondations, à l'é¬ 
vêché , xiv. e siècle ; une pièce de monnaie espagnole et un jeton 
à l’effigie d’Henri IV, trouvés dans les travaux de l’égout, au 
boulevard de Guyencourt; deux médailles en argent et deux mé¬ 
dailles en bronze à l’effigie de Du Gange. 

7. ° Par l’Académie des sciences et lettres d’Amiens , deux de 
ses jetons de présence. 

8. ° Par M. Ledicte-Duflos, président du tribunal civil de 
Clermont (Oise), et directeur du Comité archéologique de l’ar¬ 
rondissement, un coin celtique, trouvé à Montoire (Oise); un 
vase grec et une anse d’amphore gallo-romaine. 

9. ° Par M. Darsy, notaire à Gamaches , un cachet en argent 
au nom de Jacques Fouache, xvn. e siècle. 

10. ° Par M. Martin, grainetier à Beauvais, une empreinte en 
cire du grand scel et du petit scel aux causes de la vicomté de 
Gaillefontaine et diverses autres empreintes de sceaux. 

11. 0 Par M. Deflandre, propriétaire, un petit vase en bronze et 
un cercle de médaillon décoré de caractères gothiques, trouvés 
dans une tourbière à Cérisy-Gailly, xiv.® siècle. 

12. ° Par M. Auguste Hue , marchand forain, un moyen bronze 
de Néron. 

13. ° Par M. Warin, jardinier à Amiens, un petit bronze de 
Constantin , trouvé au faubourg Saint-Fuscien. 

14. ° Par M. Tattegrain-Delabartbe, entrepreneur à Amiens, 
une inscription sur marbre noir provenant de l’ancienne église 
Saint-Jacques et constatant la fondation par les époux Sur¬ 
homme , d’un obit à la date du 17 juillet 1743. 

15° ParM rae Y e Corbillon, un cippegeminé, trouvé dans la chaus¬ 
sée romaine de Longueau , et portant une inscription tumulaire. 

16. ° Par la Société des Antiquaires de France , deux jetons de 
présence, l'un en argent et l’autre en bronze , à l’effigie de Mont- 
faucon. 

17. ° Par M. Fred. Tillette-d’Acheux , propriétaire à Amiens, 
une porte de bahut, en bois de chêne sculpté, xvi. e siècle. 

18. ° Par M. Bazot, notaire à Amiens , neuf cachets en cuivre 


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- 100 


d'administration communale de la Somme sons l'empire et la 
restauration. (Préfecture de la Somme, communes de Fleury, 
Saint-Gratien, Thieulloy-la-Ville , Dreuil-lèsrAmiens, Blangy- 
sous-Poix, Liomer, Vadencourt et Fluy.) 

19. ° Par M. me de Frière, propriétaire à Tours (en Vimeu), deux 
vases en terre grise et une urne en terre rougeâtre, trouvés à 
Tours, époque gallo-romaine. 

20. ° Par M. l'abbé Duval, secrétaire de l'évêché d'Amiens, 
une inscription en caractères gothiques constatant une fondation 
dans la chapelle de Notre-Dame de Lorette, à Amiens,xv e siècle. 

21.o Par M. Viollet - Leduc , architecte de la cathédrale 
d'Amiens , une inscription tumulaire du vi.® siècle, trouvée dans 
les fondations du bâtiment que l’on élève dans la cour de 
l'Evêché. 

OBJETS ACHETÉS 

PAH LA COMMISSION DU MUSÉE. 

l.° Pièce en argent de Philippe-le-Bel. — 2.° Pièce en or de 
Philippe VI. — 3,° Pièce en or de Jean II. — 4.° Un buste en 
marbre blanc, acheté à la vente du mobilier de l'ancienne liste 
civile qui garnissait le château d'Albert. 

LISTE DES SOUSCRIPTEURS 

A la Médaille commémorative de l’inauguration du monument 
élevé en l’honneur 

DE DUFRESNE DU CANGE. 


La Société des Antiquaires de Picardie vient de mettre en 
distribution la médaille qu’elle a fait frapper pour consacrer le 
souvenir de l’inauguration du monument élevé par ses soins le 
19 aoütt 1849, à la mémoire de Dufresne Du Gange. Cette mé¬ 
daille, exécutée avec un merveilleux talent par l’un de nos plus 
habiles graveurs, M. Depaulis, n’a pas moins de 62 millimètres 
de module. Elle porte d’un côté la tète du célèbre Amiénois 


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101 — 


avec ces mots en exergue : C. Dufresne Du Gange né a Amiens 

LE 18 DÉC. 1610 MORT A PARIS LE 23 OCT. 1688. 

Sur le revers, l’artiste a reproduit dans ses moindres détails 
le monument au milieu de cette légende, gravée dans le champ : 


STATUE 

AVEC LE 

DE BRONZE 

CONCOURS 

ÉRIGÉE PAR 

DE LA VILLE 

LA SOCIÉTÉ 

d’amiens 

DES 

ET DES 

ANTIQUAIRES 

SOUSCRIPTEURS 

DE 

19 AOUT 

PICARDIE 

1849. 


La Société croit accomplir un devoir en publiant les noms 
de ceux qui ont bien voulu souscrire à cette médaille, que sa 
valeur artistique fera rechercher de tous les connaisseurs et 
dont la vente est destinée à faire face à quelques dépenses du 
monument qui restent à acquitter ; elle a donc lieu d’espérer 
que les personnes qui n’ont pas encore souscrit s’empresseront 
de le faire, afin de conserver à leur famille le témoignage de 
leur participation à l’érection de la statue de Du Cange. 

On pourra se procurer la médaille à Beauvais, chez M. le* 
docteur Daniel, directeur du Comité archéologique de l’arron¬ 
dissement; à Paris, chez M. Dumoulin, libraire, 13 , quai 
des Augustins; et à Amiens, chez M. Garnier, conservateur 
de la Bibliothèque , rue des Rabuissons. 

Le prix de la souscription est de 5 fr. par médaille. 

PREMIÈRE LISTE. 

La ville d’Amiens, 103 médailles, décernées en prix (1 vermeil, 8 ar¬ 
gent et 94 bronze). 

La Société des Antiquaires de Picardie , 32 médailles décernées en prix 
(3 vermeil, 7 argent, 8 bronze doré, 14 bronze). 

La Société des Amis des Arts de la Somme, 21 médailles (1 argent et 
20 bronze), tirées à la loterie annuelle d’objets d’art. 

8 . 


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— 102 


M. le baron de Fourment, représentant de la Somme, 10 médailles ; 

M. Dufresne de Beaumetz, à Beaumetz-lès-Loges (Pas-de-Calais), 4; 

M. Gaston Dufresne de Beaucourt, à Mesnil-sur-Blangy (Calvados), 4 ; 

M. Blin de Bourdon, auQuesnel, 4; de Wasservas, propriétaire, à 
Thiepval, 4 ; M. de Monclin, à Beaucourt, 3 ; M. Madaré, Jean-Bap¬ 
tiste (1), 3; M. Ch. Dufour, avoué près la Cour d’appel, 3. 

SOUSGBZPTBUH8 A DEUX MÉDAILLES. 

MM. Bazot, notaire; Bellenger, architecte à Clermont (Oise): Bisson 
de La Roque, juge au tribunal civil; M.lle El. Blin de Bourdon, au 
Quesnel ; Chabaille, homme de lettres, à Paris ; Chamont, receveur de la 
navigation ; d’Acy (Ernest), propriétaire à Villers-aux-Erables ; de Betz, 
propriétaire; de Beauvillé \Félix), membre du Conseil général de la 
Somme, à Montdidier; Breuil, juge-de-paix; Delabarthe, entrepre¬ 
neur de travaux publics ; de Rosny, ancien capitaine du génie, ù Lozem- 
brune (Pas-de-Calais) ; Dupuch , propriétaire ; Guerard, conseiller- 
auditeur à la Cour d’appel; Janvier, ancien jurisconsulte; Lallart de 
Lebucquière, membre du Conseil général de la Somme, à Gézaincourt ; 
Labourt, ancien procureur du Roi, à Doullens; Ledieu , président du 
tribunal de commerce; Ledicte-Duflos, président du tribunal civil de 
Clermont (Oise) ; Marion, licencié en droit, ancien notaire, à Paris ; 
Rigollot, docteur en médecine; Romain-Boulanger, ancien filatenr; 
de Roquemont, juge au tribunal civil ; Saint-Amand, avoué près le 
tribunal civil de la Seine ; l’abbé Santerre, vicaire-général, à Pamiers 
(Arriège) ; Tillette d’Acheux, propriétaire ; Vast, entrepreneur de tra¬ 
vaux publics. 

SOUSCRIPTEURS A UNE MÉDAILLE. 

MM. Ailhaud, conseiller à la Cour d’appel : Andrieu-Blot, fabricant ; 
Barni (Aristide), propriétaire; l’abbé Barraud, chanoine titulaire, à Beau¬ 
vais ; Barthélemy, homme de lettres, à Mantes; Bazin (Charles), substitut, 
à Senlis ; Belu, ancien' ingénieur en chef ; Billoré (Eugène), secrétaire 
de la Mairie; Boistel (Amédée), avocat à Arras ; Bor, pharmacien ; Bou¬ 
cher de Perthes, directeur des douanes, à Abbeville ; Boullet, premier 
président de la Cour d’appel ; Bourguet, ancien avoué ; Bourlon (Adolphe), 
vicaire, à Longjumeau; Bournel, capitaine de cavalerie en retraite; Bou¬ 
thors, propriétaire, à Noyon ; Bouthors, greffier en chef de la Cour * 

(i) Les souscripteurs dont le domicile n’est point indiqué sur la liste, habitent la 
ville d’Amiens. 


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103 — 


d’appel ; Bresseau, rentier, à Poil ; Breton (Ernest), homme de lettres, 
à Paris; Breuil (Edouard), juge suppléant; Bullot, ancien avoué, à 
Montdidier ; Carnegy de Balinhart, officier de cavalerie de S. M. britan¬ 
nique, à Samer (Pas-de-Calais); Cauet-Graa, propriétaire, à Saint-Sau¬ 
veur; Cheussey, ancien architecte; Codevelle-Delattre, propriétaire; 
Colson (Alexandre), docteur en médecine, à Noyon; l’abbé Corblet (Jules), 
prédicateur, à Paris; Cottu-Harlay, imprimeur-libraire, à Noyon; Cou- 
Ion (Paul), propriétaire ; Cousin (Louis), ancien magistrat, à Dunkerque; 
Crignon , filateur ; Daniel, docteur en médecine, à Beauvais ; Danjou, 
vice-président du tribunal civil, à Beauvais ; Danse, président du tribunal 
civil de Beauvais ; Darsy, notaire, à Gamaches ; Davost, substitut de M. le 
procureur-général; D’Authieulle, propriétaire; Dauzet, ancien secré¬ 
taire-général de la Préfecture de la Somme ; Deberly, adjoint ; Deblois, 
curé doyen de Clermont (Oise) ; de Boncourt (Olivier), propriétaire ; de 
Boury (Eugène), inspecteur des postes, à Beauvais ; Decaïeu, conseiller à 
la Cour d’appel ; Decaix de Saint-Àymour, membre du Conseil général 
de la Somme ; de Cayrol, ancien député, à Compiègne ; de Clermont- 
Tonnerre , membre du Conseil général de la Somme ; de Crouy, proprié¬ 
taire, à Compiègne; de Gestas, propriétaire; de Gorguetted'Argoeuves, 
propriétaire ; de Grattier, conseiller à la Cour d’appel ; de Guimicourt 
(Alban), propriétaire ; de Guyencourt, propriétaire; de Hauteclocque, 
ancien maire d’Arras; de Ladoue, vicaire-général du diocèse; de la 
Maison-Rouge, propriétaire ; de la Querière, négociant, à Rouen ; de 
la Saussaye, membre de l’Institut, à Paris ; de l’Eloge, propriétaire ; 
de l’Escalopier, conservateur honoraire de la Bibliothèque de l’Arsenal, à 
Paris; de Longpérier (Adrien), conservateur du Musée égyptien du Louvre 
à Paris ; de Louvencourt, propriétaire ; Demarsy, substitut, à Abbeville ; 
Deneux (Jules), président de la Société philharmonique ; de Puyraimond 
(Arthur), propaiétaire; deRoucy (Frédéric), ancien juge de paix, à Noyon; 
Deschamps de Pas, ingénieur des ponts-et-chaussées, à Saint-Omer; Desjar¬ 
dins, conseiller à la Cour d’appel; d’Estourmel, propriétaire, à Suzanne; de 
Thieulloy (Julien), propriétaire; de Valicourt, licencié en droit, àBécourt; 
Devimenx, avoué, à Beauvais ; d’Heilly (Charles), propriétaire ; Digeon, 
notaire ; Dorbis, décédé archiviste du département de la Somme ; Dordi- 
gny, propriétaire, à Noyon ; Douchet (Louis), chirurgien ; Dufétel, ban¬ 
quier; Duparc, notaire; Dupont, pharmacien; Dupont-White, procu¬ 
reur de la République, à Beauvais ; Dupuis, ancien président du tribunal 
civil d’Orléans; Dusevel, ancien avoué; Dusouich (Adéodat), percep¬ 
teur ; l’abbé Duval, secrétaire de l’Evéché ; Duval (Alexandre), imprimeur; 


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— 104 


Duvette (Isidore-Célestin), propriétaire; Fabignon , juge au tribunal civil 
de Beauvais; Fatou de Favernay, juge suppléantjJ’abbé Fauvel, maître de 
pension ; Féret(Ed.), suppléant déjugé de paix, à Clermont (Oise) ; Fevez, 
adjoint ; Floucaod, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées ; Forceville- 
Duvette, propriétaire ; Foucart, doyen de la Faculté de droit de Poitiers; 
Garnier, bibliothécaire; Geoffroy, avoué; Girard, conseiller à la Cour d’ap¬ 
pel ; Gooy, confiseur; Grimaux, banquier; Gnenard (Léon),pâtissier; Gué¬ 
rin, avoué ; Harbaville, conseiller de Préfecture, à Arras; Bardouin(Henri), 
avocat à la Cour de cassation ; Hareux, greffier; Herbet de Raincheval, pro¬ 
priétaire; Herment, imprimeur; Hesse (Ch.'vDenis). propriétaire ; Hullot, 
propriétaire ; l'abbé Jourdain (Ed.), chanoine honoraire; Laurent (Henri), 
ancien fabricant ; Laurent (Natalis), manufacturier; Lecubin, bibliothé¬ 
caire-adjoint ; Le Glay, directeur des archives générales du Nord, à Lille ; 
Legros (Auguste), décédé juge de paix à Auneuil (Oise); Lelewel, an¬ 
cien président de la Diète polonaise, à Bruxelles; Lemaitre, ingénieur 
des ponts-et-chaussées ; Lemerchier, ancien maire ; Leprince, proprié¬ 
taire; Le Sellyer, avocat; Lesur, avocat; Madaré père, propriétaire; 
Mallet (Fernand), négociant ; Mâlot, bâtonnier de l’Ordre des avocats, 
membre du Conseil général de la Somme ; Marest, architecte ; Martin, 
recteur honoraire ; Mathieu, propriétaire ; Méniolle de Cyzancourt, an¬ 
cien adjoint, à Noyon; Moillet, avoué, à Péronne; Moisset, négociant, 
à Beauvais ; Navarre, notaire ; Normand , artiste peintre ; Paillat, chef de 
bataillon de la garde nationale ; Paulet, membre du cercle lyrique, à 
Mons; Paringault, procureur de la République, à Vervins; Picart-De- 
flesselle (Alexandre), propriétaire ; Pilate-Prevost, secrétaire de la Mairie, 
à Douai; Pinsard, architecte; Pipaut, peintre; Possel, propriétaire; 
Renard-Dorville, négociant ; Riquier, notaire ; de Romanet (Adrien), pro¬ 
priétaire, à Bovelles ; l’abbé Roze, curé de Tilloy-iès-Conty ; M. mc Sau¬ 
tai, propriétaire; Siffait, conseiller de Préfecture; la Sociétéd’Emulation 
d’Abbeville; Sobier, propriétaire à Mantes; Soûlas (Edouard), proprié¬ 
taire , à Noyon ; Terrai (Abel), artiste peintre, à Paris ; Thuillier (Joseph- 
Augustin) , docteur en médecine ; Topin, notaire ; Yillain (Edmond), 
propriétaire; Voillemier, docteur en médecine, à Senlis; Wacquet, 

maître de pension. 

* 

La seconde liste sera prochainement publiée . 


Amiens. — lmp. de Duval et Herment, place Périgord , 3. 


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BULLETIN 

DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. 


-—T—■ 'm T— - 

COMITÉ CENTRAL. 


ERRATA. 

Page 46, au lieu de : Grotius, né à Delf en 1563, lises : né à Delft en 1583. 

8 Octobre 1850. — Obsèques de M. Dorbis, trésorier de la Société. 

L’an rail huit cent cinquante, le 8 octobre, à huit 
heures trente minutes du matin, la Société convoquée 
extraordinairement s’est rendue de la salle ordinaire de 
ses séances à la maison mortuaire de M. Victor-Théophile- 
Bénoni Galtat-Dorbis , décédé le 5 de ce mois, à l’âge 
de 46 ans, trésorier de la Société des Antiquaires de 
Picardie. Deux coins du poêle étaient tenus par M. le doc¬ 
teur Rigollot, ancien président, et M. Garnier, secré¬ 
taire- perpétuel. Deux officiers de la garde nationale por¬ 
taient les deux autres coins, et représentaient la légion 
d’Amiens à laquelle M. Dorbis était attaché en qualité de 
lieutenant d’armement. Après s’être concerté avec l’offi¬ 
cier le plus élevé en grade parmi ceux qui assistaient à 
la cérémonie, la Société a pris rang dans le cortège après 
la famille et avant les officiers de la garde nationale qui 
faisaient partie du convoi. 

Après le service qui a été célébré à l’église S.‘-Remi, 

9. 


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— 106 — 


et auqufel la Société a assisté, on s’est rendu au cimetière 
de la Madeleine, où M. l’abbé Duval, vice-président, en 
l’absence de M. Bisson de la Roque, président, a pro¬ 
noncé le discours suivant : 
a Messieurs , 

» La Société des Antiquaires de Picardie ne doit pas s’éloigner 
de cette tombe sans avoir donné à celui qui va y descendre une 
marque publique de l’estime , de l’affection et des regrets qu’il 
emporte. Après que dix années d’une confraternité étroite, d’un 
commerce scientifique assidu , nous ont rais à même d’apprécier 
si souvent les nobles qualités de son esprit et de son cœur, nous 
serait-il possible de ne pas mêler à nos pleurs quelques paroles 
sympathiques, de ne point chercher ensemble dans les souvenirs 
que laisse sa vie un adoucissement à la douleur que nous cause 
sa mort ? 

» Ces souvenirs, Messieurs, vous sont présents : ce sont les 
services que M. Dorbis vous a rendus , à vous, à l’administra¬ 
tion , à l’archéologie, à l’histoire de la province. Vous savez que 
l’entrée de la Société lui fut ouverte presque en même temps 
que celle des archives départementales ; c’était la même carrière. 
L’archiviste et l’antiquaire se confondirent en lui, et ces deux 
titres se prêtèrent une sorte d'appui réciproque pour l'accom¬ 
plissement de devoirs communs auxquels il ne faillit jamais. 
L’archiviste s’imposa la rude tache de débrouiller l’espèce de ca- 
hos où* malgré les travaux de ses devanciers et particulièrement 
de Lemoine, se trouvaient ensevelies les nombreuses pièces his¬ 
toriques que renfermait le dépôt confié à sa garde ; aurait-il ja¬ 
mais réussi, si sa vocation d’antiquaire n’avait inspiré son zèle et 
soutenu son patriotique courage? Vous avez vu, Messieurs, 
l’ordre qui règne aujourd’hui dans la salle des archives, vous avez 
feuilleté les catalogues et les inventaires dressés par ses soins, 
et vous avez compris que , dans l’accomplissement de cette œu¬ 
vre, l’homme de métier avait été puissamment aidé par le savant. 
Je ne ferai que traduire votre pensée, que répéter une parole 


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— 107 — 


qui m’est venue de vous, en proclamant ici que nous sommes en 
quelque sorte redevables à notre laborieux collègue de nos * 
belles archives départementales, et qu’il en a été le créateur. C’est 
un honneur qui lui restera. 

» Il en est un autre qu’il vous appartient surtout de reconnaî¬ 
tre. C’est d'avoir généreusement et avec une véritable abnégation 
fait part à tous de ces précieux trésors qui lui appartenaient 
pourtant, j'ose dise, par droit de conquête; c'est d’avoir mis 
dans la main de chacun de nous, dans la main de tous, le fil con¬ 
ducteur qui guide le paléographe dans ce labyrinthe si patiemment 
déblayé par ses efforts. Vous avez souvent mis à l’épreuve son 
obligeance. Je suis sûr, Messieurs, que vous ne l’avez jamais 
fatiguée. Il était heureux de vous mettre sur la trace du docu¬ 
ment que vous cherchiez, et il aimait à vous laisser la satisfac¬ 
tion de l’avoir trouvé : effet admirable de son amour vrai et sin¬ 
cère de la science autant que de sou caractère bienveillant et de 
sa rare modestie ! Aussi, Messieurs, si dans nos publications 
on trouve peu de travaux inscrits sous le nom de M. Dorbis, 
nous devons à sa mémoire de rappeler qu’il en est beaucoup aux¬ 
quels il a pris cette part modeste, et bien appréciée par les hom¬ 
mes d’études, que je viens d’indiquer. Il fut notre collaborateur 
à tous. 

» L’esprit d’ordre de M. Dorbis, son exactitude, sa patiente 
activité faisaient de lui un excellent trésorier de la Société. Vous 
avez témoigné, Messieurs, combien vous estimiez le zèle qu’il 
apportait dans l’exercice de ces délicates fonctions, en les lui 
continuant chaque année. 

» Hélas! nous ne nous attendions pas que nous serions privés 
si vite de vos services, bon et cher collègue ; que votre famille , 
vos camarades, vos amis auraient à pleurer si tôt l’époux affec¬ 
tueux , le père tendre, le fonctionnaire intègre , l’ami sincère et 
dévoué, le garde national courageux qui marchait naguère con¬ 
tre l'anarchie au premier rang dans l’armée de l’ordre. C'est pour 
cela, cher collègue, que nous sentons si vivement le malheur de 
vous perdre et que nous nous associons tout entier à la douleur 

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d’an* famille dont vous étiez l’ornement et la joie. Longtemps 
nous aurons le cœur serré en voyant votre place vide à nos séan¬ 
ces où vous ne manquiez jamais. 

» Adieu donc, Monsieur Dorbis , adieu ; reposez en paix ! 
Reposez à l'ombre de la croix que vous avez si souvent rencontrée 
sur la route de vos recherches archéologiques, et que vous avez 
toujours saluée avec respect et avec foi; reposez dans l'espoir de 
la résurrection future à laquelle vous avez cru, à laquelle ôn sent 
plus vivement encore le besoin de croire, quand on perd un col¬ 
lègue , un ami comme vous. » 

En rentrant du cimetière, les membres de la Société 
se sont rendus de nouveau à la maison mortuaire pour 
exprimer à madame Dorbis tous les regrets que causait 
à la Société la perte de l’un de ses membres les plus jus¬ 
tement estimés. 

Séance extraordinaire du 23 octobre 1850. — M. Gar¬ 
nier a la parole pour la lecture de la proposition suivante : 

« Messieurs, 

» Depuis plusieurs années, le gouvernement a prescrit 
des mesures pour la recherche et la conservation des mo¬ 
numents historiques ; et tout ce qui intéresse les diverses 
périodes de notre histoire politique, religieuse ou artistique, 
a été recommandé à une surveillance active et intelligente. 

» La Société, créée dans ce but, et dont plus d’une 
fois les efforts ont été couronnés de succès, grâce au con¬ 
cours sympathique des autorités, croirait manquer à sa 
mission, si elle n’appelait l’attention sur un édifice remar¬ 
quable qui est menacé d’une destruction prochaine. 

» La tour de Saint-Remi, commencée en 1517 et ache¬ 
vée vers 1560, doit avoir bientôt le sort de l’église dont 
la démolition est à peu près terminée. De tant d’églises et 


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de monastères dont notre- ville était peuplée, des mu¬ 
railles et des portes qui en défendaient l’enceinte, il ne 
reste rien aujourd’hui. Le dernier monument disparaitra- 
t-il encore ? 

» Si aucun souvenir historique ne s’y rattache, l'art 
réclame cette haute tour carrée , dont les angles sont ap¬ 
puyés de contreforts richement décorés, et dont les baies 
s’élancent si légères avec toute la coquetterie du style 
flamboyant, pur encore de cette exubérance d’ornemen¬ 
tation , dont le volume et la complication donnent aux 
constructions cette lourdeur qui établit le contraste si 
frappant entre le xvi.” siècle et l’élégante simplicité du 
xiv.” et de la première moitié du siècle suivant ; l’art, 
disons-nous, la réclame, comme l’unique spécimen que 
nous possédions de cette époque. 

» La façade de l’église, due aux libéralités du doyen 
Adrien de Hénencourt, a disparu avec celles de St.-Michel 
et de la chapelle du cimetière Saint-Denis, qu’il avait 
fait construire. Nous venons de voir tomber le cloître du 
Machabée qu’on avait si horriblement mutilé naguères, 
pour y faire le logement d’un ecclésiastique. 

» Nous nous rappelons tous la magnificence de l’église 
des Gélestins, que l’architecte Caristie avait à peine ache¬ 
vée, quand elle tombait sous le marteau des démolis¬ 
seurs. Serons-nous témoins de cette destruction nouvelle? 

» Les alignements et les besoins de la circulation ont 
Assurément une utilité incontestable^ mais les considéra¬ 
tions d’art et d’histoire ne doivent-elles point aussi être 
d’un certain poids. 

» En ajoutant à l’intérêt que présentent les villes, 


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les monuments ne concourent-ils point aussi à en aug¬ 
menter la prospérité, en excitant la curiosité des étran¬ 
gers qu’ils y conduisent. Que de ruines nous pourrions 
citer qui sont la sou rce unique des revenus de quelques 
localités, qui seraient sans elles condamnées à l’oubli le 
plus absolu. 

» Le monument sur lequel nous appelons l’attention, 
est une propriété privée, et il semble dès-lors qu’il doive 
rester en dehors de la sphère d’action dans laquelle notre 
attention doit s’exercer, en dehors aussi de l’action plus 
puissante de l’autorité administrative. La Société com¬ 
prendrait mal sa mission , à notre avis, si elle pensait 
qu’il dût en être ainsi. Le gouvernement, du reste , dans 
sa sollicitude pour les intérêts de l’histoire et de l’art, a 
cru ne point devoir s’arrêter aux seuls monuments pu¬ 
blics , puisqu’il a classé au nombre des monuments histo¬ 
riques diverses propriétés particulières, parmi lesquelles 
l’église Saint-Remi, qui nous occupe. Or, « classer un 
monument, n’est-ce point établir que ce monument, inté¬ 
ressant par son architecture ou les souvenirs qu’il rap¬ 
pelle, est placé sous la tutèle du gouvernement, des con¬ 
seils généraux et municipaux, des préfets, des maires et 
de tous les amis des arts, et que toute entreprise de des¬ 
truction devra être arrêtée par leurs efforts réunis. » Telle 
a été, et telle est, nous le pensons, la pensée des circulai¬ 
res ministérielles du 20 et du 29 décembre 1834 et du 25 
janvier 1838, et au^si du classement que nous trouvons 
rappelé dans le Mémorial administratif du département 
de la Somme, de l’année 1840. Cette pensée, d’ailleurs, 
se trouve plus nettement exprimée encore, la même an- 


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— 111 — 


née, dans la discussion du projet de loi relatif à l’ex¬ 
propriation, quand, sur les observations de MM. deMon- 
talembert, de Broglie et Mounier, M. le Garde-des-Sceaux 
reconnaît que le sacrifice de la propriété privée pourra 
être exigée pour cause d’utilité publique, dans le cas où 
un monument historique appartiendrait à un particulier. 
Nous ne pensons pas qu’il faille ici recourir à l’expro¬ 
priation, une transaction amiable pourrait conserver, 
nous le croyons, la tour de Saint-Remi, et assurer à la 
ville un monument de plus qui resterait là comme un té¬ 
moin de l’art et de la piété de nos pères. 

» En conséquence, nous vous proposons d’émettre le 
vœu que des mesures soient prises pour assurer la con¬ 
servation de la tour de Saint-Remi, et son acquisition par 
la ville ; et. nous sommes certains que notre vœu sera ici 
l’expression du désir de tous ceux de nos concitoyens qui 
attachent quelque prix à tout ce qui peut contribuer à la 
gloire et à l’ornement de notre cité. » 

Après plusieurs observations présentées par divers mem¬ 
bres , et qui tendent toutes à la prise en considération de 
la proposition qui vient d’être faite, la Société prend, à 
l’unanimité, la délibération suivante : 

« Considérant que la ville d’Amiens, justement célèbre 
autrefois par le grand nombre de ses édifices religieux> a 
perdu la plupart de ceux qui la recommandaient à l’at¬ 
tention des artistes *, 

» Qu’il importe de conserver le seul monument encore 
debout qui présente le plus intéressant spécimen de l’art 
ogival, dans les années qui ont précédé l’introduction en 
France du style de la renaissance ; que la tour Saint-Remi 


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est, après la Cathédrale d’Amiens et l’église Saint-Ger¬ 
main, le seul monument qui mérite de fixer les regards 
des étrangers dans cette ville ; 

» Considérant que , d’après les explications qui ont été 
données par M. le Garde-des-Sceaux lors de la discussion 
de la loi sur l’expropriation pour cause d'utilité publique, 
les principes d’intérêt général qui l’ont fait édicter, sont 
applicables aux monuments historiques parmi lesquels le 
gouvernement a classé la tour Saint-Remi ; — que dès- 
lors l’autorité municipale d’Amiens est armée de tous les 
moyens de droits suffisants pour prévenir la démolition 
de ce précieux monument, et vaincre au besoin la résis¬ 
tance du propriétaire qui refuserait d’entendre à ses pro¬ 
positions ; — la Société émet le vœu que le conseil muni¬ 
cipal d’Amiens prévienne la démolition de la tour de l’an¬ 
cienne église Saint-Remi, en assurant à la ville la pro¬ 
priété et la conservation de ce monument, soit en traitant 
de grè à gré, soit en recourant aux voies de l’expropria¬ 
tion.— Elle décide, en outre, qu’une expédition de la 
présente délibération sera transmise dans le plus bref délai 
A M. le Maire de la ville d’Amiens. » 

Séance extraordinaire du 13 Novembre 1850. — Cette 
séance est consacrée aux affaires intérieures de la Société. 

—Sur la demande de M- Le Bas, bibliothécaire de l’Uni¬ 
versité, la Société accorde ceux des volumes de ses mémoi¬ 
res qui manquent à la bibliothèque de cet établissement. 

Séance du 11 décembre 1850. — La Société décide 
quelle échangera ses publications avec la Société d’ar¬ 
chéologie de Namur (Belgique), qui lui a adressé la 
partie de ses travaux qu’elle a fait paraître. 


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— 113 — 

L’ordre du jour appelle le renouvellement du bureau 
pour l’année 1851, sont nommés : 

Président, M. l’abbé Duyâl. — Vice-Président, M. C. 
Dufour. — Secrétaire annuel , M. l’abbé Jourdain. — 
Trésorier , M. Bazot. 

—M. Dufour est continué dans ses fonctions de mem¬ 
bre de la Commission administrative du Musée. 

— M. Dufour, secrétaire de la Commission, présente 
l’état de la situation financière de la Commission Du 
Cange, au 1." décembre 1850. 

— Sur la proposition d’un membre, la Société décide 
qu’une médaille en bronze doré, à l’effigie de Du Cange, 
sera offerte : 

1. ° A M. Léon Masson, préfet de la Somme, pour le 
concours bienveillant qu’il a prêté à la Société lors des 
fêtes de l’inauguration de la statue de Du Cange. 

2. ® À M. Louis Porion, maire d'Amiens, pour le remer¬ 
cier de la participation de la ville aux frais d’érection du 
piédestal, et des nombreux témoignages de sympathie qu’il 
a donnés à la Société pour la seconder dans son entreprise. 

3. ® A M. Henri Antoine, architecte du monument, en 
reconnaissance du désintéressement qu’il a mis 4 offrir 
gratuitement son concours, et de l’habilité dont il a fait 
preuve dans la direction des travaux du piédestal, exé¬ 
cuté d’après ses plans. 

4. ® A M. Génin, chef de division au ministère de l'ins¬ 
truction publique, en souvenir de la mission qu’il a reçue 
de représenter à la cérémonie de l'inauguration, M. de 
Falloux, ministre de l’instruction publique, retenu & 
Paris par une indisposition. 


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— 114 — 


Le secrétaire de la Commission ajoute que la Société 
aurait encore à acquitter d’autres dettes sacrées de recon¬ 
naissance , mais que l’état financier lui fait un devoir im¬ 
périeux d’ajourner toute proposition à cet égard jusqu’au 
moment de la reddition définitive des comptes de la 
Commission. 

—M. Bouthors a la parole pour la lecture d’une notice 
sur la prévosté de Beauquesne , destinée à servir de pré¬ 
face aux coutumes de cette prévôté, actuellement sous 
presse. 

La prévôté de Beauquesne, dit-il, doit son origine à 
l'établissement du bailliage d’Amiens, et n’a été créée que 
peu d’années après que Philippe d’Alsace avait fait bâtir 
un château à Beauquesne, vers la fin du xm. e siècle, à 
l’époque où l’Artois, l’Amiénois et le Yermandois étaient 
sous sa domination. Quand Philippe-Auguste, en 1185 , 
réunit ces domaines à la couronne, il plaça à Beauquesne 
un officier qui rendit la justice sous le ressort du bailli 
d’Amiens, et en fit le siège d’un bailliage qui embrassait 
une vaste étendue de pays dans l’Amiénois, l’Artois et la 
Flandre, car Lille, Douai et Orchies étaient de son ressort. 
L’inventaire des coutumes, rédigé en 1559, constate 
150 procès-verbaux apportés en 1507, et dont 11 ont 
disparu aujourd’hui. L’auteur les classe en deux sec¬ 
tions : la première comprend les coutumes de l’Amiénois 
au nombre de 29,1a seconde , celles des villages et com¬ 
munes de l’Artois, de la Flandre et du Hainaut, au 
nombre de 128. Il les groupe ensuite selon l’ordre des 
châtellenies, quand les procès-verbaux indiquent les 
mouvances. Dans la première section il signale parmi les 


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— 115 — 


dispositions sur le droit civil, qu’il est rare d’y rencontrer, 
quatre dispositions qui méritent une mention particulière 
dans les coutumes d’Authie , de Toutencourt, de Flixe- 
court et de Beauquesne. Dans la deuxième section, il 
recherche surtout le but et le caractère qui distinguent 
les seigneuries et les échevinages, qui sont les deux princi¬ 
paux objets qu’embrassent les coutumes de cette section. 

COMITÉ LOCAL DE BEAUYAIS. 

Séance du 15 juillet 1850. — M. Fabignon fait hom¬ 
mage à la Société d’un dessin lithographié représentant 
un escalier perron du temps de la renaissance, situé dans 
la maison canoniale appartenant à M." Matte. 

— M. Danjou annonce que M. de Malinghuen a fait 
hommage au tribunal civil d’une partie importante de sa 
bibliothèque en exprimant le désir que les ouvrages pure¬ 
ment historiques fussent remis à la Société académique. 
Par suite du dépôt qui a été effectué, une vingtaine d’ou¬ 
vrages historiques, presque tous capitaux, deviennent la 
propriété de la Société. Nous citerons entre autres, le Dic¬ 
tionnaire de Moreri, les Mémoires de Sully, Strada de Bello 
Belgico, l’Histoire des rois Séleucides de notre compa¬ 
triote Vaillant, etc. 

Des remercîments seront adressés au nom de la Société 
au généreux donateur. 

—M. le Directeur offre à la Société une grande feuille 
d’impression chinoise d’un travail curieux que l’on sup¬ 
pose être un firman pour commercer, donné à quelque 
marchand européen. 

— M. l’adbé Barraud lit une notice sur saint Muroolin , 


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— 116 — 


l’un des plus illustres évêques qui ait occupé le siège 
de Noyon et dont la vie est cependant peu connue. Né à 
Constance en Souabe, d’une famille patricienne, une vo¬ 
cation décidée pour la vie monastique lui fit abandonner 
les avantages d’une belle position. 11 vient au pied des 
Vosges, dans le monastère de Luxen, se mettre sous la 
discipline de saint Colombat vers 630. Plus tard il alla 
fonder, près Tbérouanne, l’abbaye de Sithiu, où il se 
trouva avec saint Bertin et d’autres fondateurs des grands 
établissements religieux de l’Artois. Il en devint premier 
abbé; puis il fut appelé à l’évêché de Tournay. Il succéda 
à saint Eloi dans le siège de Noyon, où il a été inhumé 
dans l’oratoire de Saint-Georges. 

— M. Daniel termine la lecture de son travail sur la 
Cité bellovaque, il résume la description de son enceinte 
et revient sur le travail si remarquable de galeries qui 
régnaient dans l’intérieur de la cité ; il cherche à établir 
que cette construction est antérieure à l’invasion romaine, 
et qu’elle aurait eu pour but d’en faire un point d’appui 
qui pût résister à Jules César, qui n’est arrivé qu’après 
longues années dans la Belgique. — Plusieurs membres de 
la Société s’élèvent contre cette opinion en faisant remar¬ 
quer que certainement César, décrivant l’oppidum des 
Bellovaques, eût nécessairement parlé d’une construction 
aussi importante ; et y aurait établi garnison, au lieu de 
la laisser entre les mains d’une armée aussi puissante que 
celle que commandait Corœus. 

Séance du 12 août 1850.—M. le Directeur annonce que 
M. Ledicte Duflos, qui a donné au Musée du département 
de l’Oise une collection d’antiquités celtiques provenant du 


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— 117 — 


mont de Catenoy, se propose de communiquer à la Société 
le résultat de ses recherches et de son étude relativement 
à l’emplacement et à la destination de ce mont remar¬ 
quable par les investigations archéologiques auxquelles 
il a donné lieu. 

M. Duflos lit l’intéressante notice qu’il a composée sur 
le mont Catenoy, - et termine cette lecture par la des¬ 
cription analytique des antiquités formant la collection 
dont il fait hommage à la Société. 

Sur la proposition de M. le Président et par son organe, 
des remercîments sont adressés à M» Duflos. 

— Lecture est donnée d’une lettre adressée à M. le 
Directeur par M. Houbigant, membre de la Société des 
Antiquaires de Picardie, et maire de la commune de No- 
gent-lès-Vierges. Cette lettre renferme des observations 
relatives à une erreur involontaire commise parM.Ledicte 
Duflos dans sa notice sur les vitraux peints de l’arrondis¬ 
sement de Clermont et dans laquelle ce dernier reproche 
aux fabriciens de Nogent de n’avoir pas acheté les vitraux 
de la chapelle de Balagny, et de les avoir laissés tomber 
dans les mains d’un brocanteur de Paris. 

Pour établir que ce reproche est erroné, M. Houbigant 
rapporte des faits qui sont à sa connaissance personnelle, 
et qui lui ont donné la conviction qu'à l’époque de la 
vente de ces vitraux, il y avait eu, entre les démolisseurs 
du château et de la chapelle de Balagny et le brocanteur 
de Paris, un arrangement clandestin qui l’a empêché de 
les acquérir, ainsi qu’il en avait eu le projet. 

- II. Duflos répond aux observations écrites de M. Hou¬ 
bigant que c’est seulement aux fabriciens de Nogent-lès- 


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Vierges qu’il a adressé un reproche de négligence, et non à 
M. Houbigant. Il ajoute qu’il est prêt à rectifier le passage 
de la notice qui concerne les vitraux peints de Balagny, 
et que la déclaration qu'il fait en ce moment est déjà un 
commencement de rectification, puisqu’elle sera insérée 
dans le procès-verbal de la séance, et par suite, dans les 
Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. 

—M. le Directeur donne ensuite connaissance d’un pro¬ 
jet de règlement sur l'admission du public dans la salle 
du Musée, et par lequel sont fixés les jours et les heures 
d’entrée et de sortie, ainsi que les moyens de surveillance 
nécessaires dans un établissement de cette nature. Ce rè¬ 
glement est adopté à l’unanimité et M. le Directeur est 
autorisé à le faire imprimer et afficher partout où il le 
jugera convenable et nécessaire. 

Séance du 18 novembre 1850. — M. le Directeur, 
dans une longue notice, rappelle les dons nombreux 
dont la générosité de nos concitoyens continue à enrichir 
le Musée. 

— Le Secrétaire de la Société dépose sur le bureau le 
fac simile gravé d’une longueur de près de 10 mètres, 
d’un manuscrit hierogliphyque égyptien. On trouve au 
commencement et à la fin de véritables fragments de 
papyrus recouverts de caractères d’écriture égyptienne 
démotique. Les nombreuses enluminures du texte font 
présumer qu’il s’agit de quelque document sur l’ad¬ 
ministration financière et agricole du pays qui avait 
fait de notables progrès dans l’empire des Pharaons. Du 
reste , un travail de cette importance et de cette diffi¬ 
culté, et qui n’a pu être exécuté qu’avec le concours de 


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l’Etat, a dû donner lieu à quelques notices descriptives 
publiées qu’il importerait de rechercher à Paris ; il pro¬ 
vient de la bibliothèque d’un ingénieur attaché à la Com¬ 
mission d’Egypte. 

— M. Fabignon fait hommage aux archives de trois 
documents sur parchemin qui remontent aux années 1417 
et 1418, proviennent du château d’Hardivillers, et contien¬ 
nent d’intéressants renseignements sur une des familles 
notables de la province dont il n’est point fait mention dans 
Louvet, la châtelaine Jeanne de Beauvais , fille de Colin de 
Beauvais, dans laquelle cette famille s’est éteinte. 

— M. l’abbé Barraud donne quelques détails sur la 
découverte archéologique faite à Champlieu , commune 
de Béthisy-S*.-Pierre. 

Une chaussée Brunehaut sépare deux tertres dont le 
rapprochement forme une espèce d’amphitéâtre naturel 
Ou artificiel ; c’est sur ce point, connu sur le nom de 
Tournelles , qu’on a trouvé une très grande quantité de 
Statues, d’environ quatre pieds de hauteur, des bas- 
reliefs représentant des Bacchantes, des Tritons, des 
enfants sur des poissons, une femme plongeant dans l'eau 
un enfant qu’elle tient par le pied. Tous ces sujets se rat¬ 
tachent évidemment à la mythologie payenne et sont, par 
conséquent, antérieurs à l’établissement du christianisme 
dans nos contrées. Cependant les ornements des chapi¬ 
teaux mélangés, ne rappellent en rien l’architecture 
grecque ou romaine, ils se rapprochent beaucoup du style 
byzantin. L’auteur de ces renseignements qui suffisent 
pour indiquer tout ce que ces monuments offrent d’intérêt, 
«st invité à examiner aussi les caractères géologiques des 


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— 120 


roches employées, afin de reconnaître si ces monuments 
ont été apportés, ou Si Ton a employé à leur confection 
des matériaux du pays. 



Recherches historiques sur la Ville de Clermont (Oise). 


Une fête au commencement du xvn , e siècle (5 juillet 1615), 
pendant le séjour d'Henri II, prince de Condé, seigneur 
et comte de Clermont (Père du Grand-Condé). 



(Communication de M. Féret, membre titulaire non résidant.) 


Ainsi, comme il n’ya nation , ny ville, ny pays pour 
petit ou de peu d’étendüe puisse-il estre qui n’ait ses 
coustumes, ses loix, sa mode, et son parler différent; 
ainsi n’y a-il province qui n’ait quelque invention de 
jeux pour se resjouyr en laquelle elle excède en quelque 
façon et manière l’industrie et dextérité des autres. 

C’est pourquoy à ceste occasion les peuples et habitans 
du pays de Beauvoisis, conviez amoureusement par la 
beauté de la saison et douce tranquillité de l’air ; s’estant 
de toute ancienneté addonnez à l’exercice des armes, et 
principalement aux jouxtes de toutes sortes, et à tirer 
de l’arquebuze se treuvèrent allumez d’un beau désir de 
faire paroistre aux autres qu’ils étoient maitres et comme 
singuliers de cest exercice ; et pour ce envoyèrent sur 
le commencement du présent mois de iuillet (1615) le 


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cartel de deffy aux habitaots des villes qui leur estoieut 
plus proches et voisines. 

Le lieu choisi pour faire le susdit exercice fut le bourg 
de Creil, sis entre Beaumont et Clermont, pour la beauté 
de la place, digne certes d’une telle feste et resjouyssance. 

Le prix destiné aux vainqueurs et aux gaignans plus 
dextres et adroicts, furent deux enseignes de diamans et 
pierreries de la vdlleur et estime de cinq à six mille francs. 

Monsieur le prince de Condé qui pour lors estoit en sa 
ipaison et cbasteau de Clermont, fut invité tant par ceux 
de Creil que par les habitans de Clermont ses sujets de 
s’y trouver pour y recevoir du plaisir et du contentement, 
comme il fit, suivy et accompagné de plusieurs seigneurs 
et gentils-bommes de remarque et qualité. 

Les villes deffiées pour le gain du prix proposé furent 
Mantes, Pontoise, Senlis, Luzarche , Verbery , St.-Leu, 
Beaumont et Clermont. 

Le jour est prins, sçavoir le dimanche 5.' jour de 
iuillet. Le samedy jour de la vueille, chacun se trouve 
et se rend les uns à Beaumont, les autres à Clermont -, 
et les autres au dit lieu de Creil , pour loyer, attendans 
le lendemain que tous se devaient rendre au dit Creil. 

Ceux de Mante arriventdespremiers par batteau, remon- 
tans par la rivière d’Oise jusques à Beaumont, ils étaient 
de tireurs choisis environ 40, tous richement accoustrez 
et habillez, avec des panaches et escbarpes bleües. 

Us avaient en leur compagnie un porte enseigne, qui 
avait un pourpoint de satin blanc, et les chausses de 
velours ronge cramoisi à large passement d’or, avec le 
haut panache de plumes de heiron sur la teste, attaché 

10 . 


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avec une moyenne enseigne de petits diamants , l’enseigne 
bleüe de tafetas portait un St. -Nicolas avec force fleurs 
de lys d’or. Et outre ce, ils avaient trois trompettes 
marchans devant le capitaine armé de toutes pièces, sur 
un cheval grison dont la selle et les brides estoient en 
broderie d’or et d’argent. 

Ceux de Pontoise estoient en nombre de 53 hommes, 
portans l’escharpe et la livrée vert de mer : ils estoient 
conduits par quatre trompettes et un capitaine habillé 
de satin gris avec le hausse-col doré, monté sur on 
cheval hongre , paré d’une selle de velours vert, enrichie 
de broderies d’or et d’argent, et d’un porte-enseigne 
habillé de tafetas rouge, l’enseigne verte au milieu à 
laquelle estoit un St.-Louis, tenant en sa main un sceptre 
et en l’autre une main de justice. 

Ceux de Sentis estoient environ 56 hommes portans 
tous l’escharpe blanche les bandolières et garnitures de 
forchettes de mesme, ils estoient conduits de deux trom¬ 
pettes , d’un capitaine habillé de satin rouge cramoisi, 
chamarré de clinquant, le chapeau de castor embelly 
d’une aigrette attachée d’une riche rose de diamants; 
le porte-enseigne habillé de satin blanc, l’enseigne blanche 
où estait pourtraicte une Nostre-Dame et force estoiles 
d’or et d’argent. 

Ceux de Luzarehe en nombre de 25, au lieu dè trom¬ 
pettes, quatre hauts-bois; leur livrée estoit de roze 
seiche, leur enseigne de tafectas gingeollin avec les ar¬ 
moiries de sa majesté au milieu, leur capitaine estoit 
armé de toutes pièces, d’armes luisantes et dorées, et le 
perte enseigne de mesme. 


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— 123 — 

Ceux de Verbery estaient 18, conduits d’un capitaine 
et d’un lieutenant, avec phiffres et tambours, leur en¬ 
seigne jaune, rouge et blanche, et leurs livrées en cou¬ 
leurs colombines. 

Ceux de St.-Leu estaient 22, tous habillés de toile 
blanche avec les escharpes et bandolières orangées, leur 
enseigne bigarée <le noir, de blanc et de vert ; leur 
capitaine estait habillé de simple tafetas gris découpé à 
fond de tafetas rouge , et n’avoient qu’un tambour et un 
phiffre. 

Ceux de Beaumont choisis en nombre de 47 hommes 
tous mousquetaires, portants pour livrées et couleurs, 
le jaune, tant en leurs escharpes qu’en leurs bandolières 
et fourchettes : avoient pour conduitte un capitaine ha¬ 
billé de taille d’argent, pour le pourpoint, et les chausses 
de roze seiche de velours figuré, avec trois passemens 
d’or, le hausse-col d’argent doré, la picque dorée à la 
main : son lieutenant tout habillé de tafetas vert : le 
porte-enseigne de tafetas couleur de pensée, avec son 
enseigne de tafetas bleue, rouge et vert, portans en 
devise un St.-Maurice tenant sa croix. Au devant de la 
compagnie estoient deux tambours, avec deux flageollets 
et trois trompettes. 

Quant à ceux de la ville de Clermont , ils étaient en 
nombre de quelque 50, tous ayant le pourpoint blanc 
de toile de Hollande, et les chausses d’escarlatte rouge, 
avec l’escharpe par-dessus le pourpoint des couleurs de 
ventre de biche, comme celles de Monsieur le prince de 
Condé, seigneur et comte de la dite ville de Clermont en 
son comté : trois tambours estoient à la teste de la com- 


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— 124 — 


pagnie, six trompettes et deux hauts-bois : Le capitaine 
armé d’armes luisantes et dorées, le casque en teste, où 
estoit un haut panache blanc et rouge, son lieutenant de 
mesme, le porte-enseigne avec son hausse-col doré, 
habillé de satin vert-gay, portant une enseigne blanche 
et rouge, où estoient gravées les armes et devises de 
monditsieur le Prince, comte de Clermont. Cette compa¬ 
gnie arriva la dernière à Creil, pour ce que ce fut elle 
qui amena Monsieur le Prince avec une infinité de sei¬ 
gneurs et gentils-hommes en bon estât. 

Pour ceux de Creil qui ne sortirent point du bourg, 
sinon lorsqu’il fallut aller au devant de Monsieur le comte 
de Clermont, ils estoient assemblez en nombre de 44 
hommes, tous portant l’escharpe de couleur de pensée : 
leur capitaine avoit un habit de satin figuré tanné, son 
lieutenant de tafetas gris argenté : le porte-enseigne de 
tafetas de vert de mer, et son enseigne de tafetas jaune, 
au milieu de laquelle y avoit une grande croix blanche 
plus ils avoient deux tambours et six hauts-bois. 

Toutes les compagnies estans donc arrivées à Creil 
pour la cérémonie et sujet dit cy-dessus, adverties du 
parlement de Monsieur le prince de son chasteau de Cler¬ 
mont, choisissent de chaque compagnie dix hommes des 
plus braves et mieux équippez pour aller au devant de 
son excellence, et marchent jusques à une lieüe loing de 
là, où ils l’attendirent avec toutes les enseignes, trom¬ 
pettes, hauts-bois, phiffres, flageollets et tambours; luy 
venans avec tous les seigneurs et gentils-hommes de sa 
suitte, ensemble la compagnie portant au devant sa 
bannière et en enseigne: on tire chacun un coup pour le 


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saluer, et ainsi en bel ordre marchans , arrivent finale¬ 
ment à Creil, où les harquebusiers plantez en haye, 

déchargent leurs harquebuses et mousquets pour le saluer 
de rechef, et est conduict au logis à luy préparé pour 
prendre le contentement et le plaisir de la dextérité des 
tireurs. 

De tous costez ce n’estoient que théâtres en la rüe où 
se devoit faire l'exercice, il y avoit une multitude grande 
de peuple qui y accouroient de toutes parts, comme de 
Senlis , de Beauvais , de Beaumont , de Clermont , et des 
bourgs et autres villes voisines. 

Monsieur le Prince ayant prins son logis, on plante 
l’anneau dans lequel il falloit tirer pour gaigner le prix : 
on délibère à qui tireroit le premier et fut dit que Senlis 
cominenceroit, puis Clermont , Mante , Pontoise , Beaun 
mont , Luzarche, Creil , Verbery et St.-Leu. Et outre 
ce, ordonné que la compagnie qui donnerait trois fois en 
Vanneau, remporteroit et l’honneur et le prix destiné.— 
Ainsi après plusieurs coups tirez par toutes les compa¬ 
gnies , celle de Beaumont emporta le prix et la gloire du 
jeu, au grand contentement de Monsieur le Prince et 
des seigneurs de sa suitte, loüans l’expérience et la 
dextérité de tels tireurs, qui avoient donné par trois 
diverses fois dans l’anneau, bien que reculez et esloignez 
d’iceluy de plus de cent pas. A chaque fois que quelque 
tireur donnoit dedans, les trompettes estoient là qui ne 
manquoient point à faire leur devoir de sonner. Et Dieu 
sçait après le prix gaigné, combien il y eut de joye et de 
resjouyssance parmy les Beaumontois: Ce fut alors à 
faire la monstre générale partout le bourg avec les trom- 


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— 126 — 


pettes et les tambours , et au partir de là boire d’autant 
à la santé du Roy et de la Royne et de Monsieur le Prince, 
qui avec les siens rassemblez retourna en son chasteau 
de Clermont accompagné d’une grande foule de Clermon- 
tois accourus par ce divertissement. 

OUVRAGES OFFERTS A U SOCIÉTÉ 

pendant le 4.® trimestre de 1851. 

1.* Par la Société archéologique de Namur, l.° Protocole 
des délibérations de la municipalité de Namur, du 26 janvier au 
25 mars 1793. Namur, 1846, in-8.°; 2.° Annales de la Société 
archéologique de Namur, tom. i. er , liv. 1,2,. 3. — 2.° De l'ori¬ 
gine du système ogival, par l'abbé Jules Corblet, in-8.° , 1850, 
(extrait de l’Investigateur). — 3.° Annales de l’Académie d’ar¬ 
chéologie de Belgique . tom. vu , liv. 3®, 4.®. — 4.° Bulletin des 
Cdmités historiques, septembre, octobre 1850; janvier, fé¬ 
vrier, mars, juin, septembre , octobre , 1849. — 5*° Monogra¬ 
phie de Sainte-Marie d’Auch , histoire et description de cette 
cathédrale , par M. l’abbé Caneto. Auch , 1850 , in-8°. — 6.° 
Bulletin de la Société de l’histoire de France , n.° 7,8, 9,10. 
— 7.° Estatutos de la Academia spanôla de arqueologia socie- 
tad cientifica europea. Madrid , 1846 , in-18. — 8 0 Bulletin de 
la Société historique et littéraire de Tournay, tom. i, fol. 2. — 
9.° Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 3. e tri¬ 
mestre , 1850. — 10.° De la souveraineté indivise des évêques de 
Liège et des Etats-Généraux sur Maëstricht, par M. L. Polain. 
Liège, 1831, in-8°. —11.° La mutinerie des Rivageois, par 
Guillaume de Meeff, publié par M. L. Polain. Liège, 1835, 
in*8°. — 12.° Les derniers Grignoux ou le Règlement de 1684, 
par M. Polain. Liège , 1836, in-8°. — 13.° La Warde de steppes 
ou le triomphe de saint Lambert, par M. L. Polain. Liège, 
1838, in-8°. — 14.° La Violette (Hôtel-de-Ville de Liège), par 
M. L. Polain , in-8.°, s. 1. n. d. — 15.° Promenades historiques 
dans le pays de Liège, par le docteur Bovy. (Compte rendu par 


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— 127 — 


M. L. Polain , in-8.°, s. 1. n. d. — 16.° Les seize* Chambres de la 
cité de Liège. — Lear histoire. — Ce qu’elles devinrent è l’é¬ 
poque de la révolution liégeoise en 1790. — Remboursement des 
anciens composants , par M. L. Polain , in-8.°, s. 1. n. d.— 17.° 
Notice sur un fragment de manuscrit dé la fin du vi.® ou de la 
première moitié du vu.® siècle, par M. L. Polain. (Extrait du 
Bulletin de l’Académie royale de Belgique, tom. xvi), in-8°. — 
18.® Mélanges historiques et littéraires , par M. L. Polain. 
Liège , 1839, in-18. — 19.° A toutes les gloires de l’ancien pays 
de Liège. — Souvenir, par M. L. Polain , (Inauguration de la 
statue dé Grétry. Liège , 1842 , in-8°. — 20.° Henri de Dinant. 

— Histoire de la révolution communale de Liège , au xiii.® siée. 
1232-1257, par M. L. Polain. Liège , 1843, in-8®.— 21.° His¬ 
toire de l’ancien pays de Liège, par M. L. Pollain. Liège 1844- 
47 , tom. i et ii, 2 vol. in-8°. — 22.° L’Investigateur, n.° 189- 
190, 191-192-193.— 23.° Bulletin des travaux de la Société 
libre d’Emulation de Rouen , pendant les années 1844-45-46-49- 
50, 3 vol. in-8®.— 24.° Compte rendu des travaux de l’Académie 
du Gard en séance publique du Conseil général le 30 août 1850. 

— 25.° Rapport sur l’église paroissiale dé St.-Eloi, de Dun¬ 
kerque , par L. de Baecker. — 26.° Journal du Lycée des Arts, 
n.° 3.— Mémoire à consulter pour le Lycée des Arts.— 27.® Re¬ 
vue de la numismatique belge, tom. vi, liv. 3-4. — 28.® Recueil 
des travaux de la Société libre d’agriculture du département de 
l’Eure, in-8®. — 29.® Annuaire de l’Institut des provinces, pour 
1850. — 30.® Séances et travaux de l’Académie de Reims (1849, 
1850), n.® 20, 21,22, 23. — 31.® Société Académique de Saint- 
Quentin.— Annales agricoles, scientifiques et industrielles du 
département de l’Aisne, 2.® série, tom. vu.®, 1849. —32.® 
Châlon-sur-Marne. Coup-d’œil sur son histoire ancienne, ses 
églises et celles des alentours, par M. Moët de la Forte-Maison. 
—33.® Description historique de l’église et des ruines du château 
de Folleville, par M. C. Bazin. — 34.® Procès-verbal des délibé¬ 
rations prises par le Conseil général du département de la 
Somme, pendant le cours de la session de 1850. — 35.® The 
journal of the british arcbaeological association, n.® 23. — 36.® 


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— 128 — 


Collectanea antiqua , vpl. 2, part. 3. — 37,° Mémoires de la 
Société d’Emulation de Cambray, vol. 19, 2. e partie (1849). — 
vol. 22 (1850). — 2 vol. in-8°. — 38.° Extraits des procès-ver^ 
baux des séances du Comité historique des monuments écrits 
depuis son origine jusqu'à la réorganisation du 5 septembre 
1848, in-8°. — 2(9.° Collection des cartulaires de France, tpm. 
iv, v, vi, vu, (Cartulaire de l’église Notre-Dame de Paris, pu¬ 
blié par M. Guerard, 4 vol. in-4°. — 40.° Recueil de documents 
inédits de l'Histoire du Tiers-Etat, par Aug. Thierry, tom. 1 er . 

— 41.° Mémoires militaires relatifs à la succession d’Espagne 
spqs Louis XIV , tom. 8. — 42.° Papiers d’Etat du cardinal 
Granvelle, tom. 8. — 43.° Recueil des lettres - missives de 
Henri IV, tom. v, (1599-1603). — 44.»» Voyage archéologique 
en Grèce et en Asie mineure , par Ph. Le Bas , in-4.°, liv. 13 
à 25, in-folio, liv. 6, 7, 8, 9. — 45.° Mémoires de la Société 
académique d’archéologie , sciences et arts du département de 
l'Oise , tom. i. er , liv. 1, 2 , 3. — 46*° Mémoires de la Société 
d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres de Bayeux , tom. 
iv. — 47.° Monnaies suisses de la trouvaille de Saint-Paul, 
frappées à Zurich , Bâle , etc., an xi.« siècle, par Morel Fatio, 
in-8°. — 48.° Notice historique sur les tombeaux de la crypte de 
l'église Notre-Dame de Boulogne, par M. l’abbé Haignéré, 
in-8°. — 49.° Exploration scientifique de l’Algérie. Beaux-arts, 
liv. 23. — Archéologie, par M. Delamarre , liv. 1 à 25. — 50.° 
Découverte d’anciens tombeaux à Saint-Hyppolite-de-Caton, 
arrondisement d’Alais, par M. le baron d’Hombre Firmas, — 
51. p Mémoires de l’Académie nationale des* sciences, inscrip¬ 
tions et belles-lettres de Toulouse , 3.® série , tom. vi. — 52.° 
Nouvelle étude de jetons, par J. de Fontenay. (Pdblioation de la 
Société Eduenne), in-8°. — 53.° Annales de la Société d’agri¬ 
culture , sciences, arts et commerce du Puy, tom. xiv.% 1849. 

— 64.° Annales de la Société d’agriculture , sciences, arts et 
beUes4ettres du département d’Indre-et-Loire ' tom. xxix, n.» 4. 


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OBJETS OFFERTS AU MUSÉE 

• pendant le 4. e trimestre de 1850. 

1. ° Par M. Carpentier, propriétaire à St.-Riquier, des entraves 
en fer, trouvéesdans les démolitions du château de cette commune. 

2. ° Par M. Thuillier-Gellé, négociant à Amiens, cinq figures 
en bois sculptées sur des extrémités de sablière qui proviennent 
delà charpente de l’ancienne église de St.-Remi, actuellement 
en cours de démolition. 

3. ° Par M. Guilmeth, membre de plusieurs sociétés savantes à 
Rouen, cinqhâches celtiques en silex, trouvées à BouillenCourt- 
en-Séry et à Forceville; un fragment de poterie rouge, et une 
épingle en ivoire, trouvés à Airaines; un pommeau d’épée du 
xvi. c siècle, trouvé dans un tombeau à Aigneville ; deux sceaux 
en cuivre du xiv.« siècle, l’un de forme ronde, au nom de Luc le 
Barbier, l'autre de forme ovale, au nom de Mahaut de Cernai, 
trouvé sur l’emplacement de l’ancien château de Camps-en- 
Amiénois; l’empreinte en cire rouge du sceau de Katerine 
d’Auxy; un pavé enterre cuite vernissée, offrant une tête de 
femme gravée au trait et provenant de l’ancienne église parois¬ 
siale de St.-Nicolas de Gamaches, actuellement détruite; un 
cachet en plomb du Pape Innocent IV, trouvé à Airaines; deux 
médailles trouvées k Airaines, l’une celtique, en électrum, 
l’autre romaine, en petit bronze, au type de Gallien ; deux 
godets en fer, composés de trois morceaux libres et non soudés. 
On en a trouvé un assez grand nombre de pareils à Escarttotin- 
Friville; ils étaient remplis de monnaies du règne de Henri III, 
roi de France. 

4.° Par M. Fournier , agent-voyer en chef de la Somme , les 
pièces de monnaies qui suivent, et qui ont été trouvées à côté 
d’un squelette sur le chemin de Bernaville à Crécy, au terroir de 
Domléger : un Charles VI en or ; un Henri VI en argent ; un 
Charles, duc de Savoie, en argent; deux François I. er en argent; 
un Henri III en argent. Cette dernière pièce a été recueillie 
sur le chemin de Liercourt à FriviUe, dans la traversée de cette 
commune. 

11 . 


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LISTE UES SOUSCRIPTEURS 

A la Médaille commémorative de l’inauguration du monuuient 
élevé eu l’honneur 

DG DUFRESNE DU CANGE. 

Nous continuons de publier la liste des souscriptions à la 
médaille de Dufresne Du Cange. L’appel que nous avons fait 
dernièrement aux sympathies de nos collègues et des amateurs 
des beaux-arts, ne pouvait manquer d’être entendu. MM. Tail- 
liar,à Douai, Renier-Chalon, à Bruxelles, Daniel, à Beau¬ 
vais , de Linas, à Arras, Deschamps dfc Pas, à St.-Omer, ont 
bien voulu prêter à la Société des Antiquaires de Picardie le 
concours de leur zèle pour le placement des épreuves. 565 
médailles sont actuellement placées : 135 restent encore en 
dépôt ; nous avons la confiance que chacun fera ses efforts 
pour répandre une œuvre dont la valeur artistique vient encore 
relever l’hommage que la Picardie a dernièrement rendu à l’une 
de ses gloires les plus pures. 

MM. les Souscripteurs qui n’auraient point retiré leurs mé¬ 
dailles sont priés de les réclamer sans retard à M. Garnier , 
secrétaire perpétuel de la Société, à Amiens, ou à M. Dumoulin, 
libraire, 13 , quai des Augustins, à Paris, qui continueront de 
recevoir les souscriptions. 

DEUXIÈME LISTE (4). 

SOUSCRIPTEURS A PLUSIEURS MÉDAILLES. 

La ville d’Amiens*, 50 médailles: MM. le duc de Luynes, membre de 
l'Institut à Paris, 4; Antoine, architecte de la ville d’Amiens, 2 (2); 
Bisson de La Roque *, juge au tribunal civil, membre du Conseil géné¬ 
ral de la Somme. 2 (3) ; Damay , procureur général près la Cour d’appel 


{1 ) Voir la première liste dans le numéro 2 et 3 du Bulletin de 1850, page 100. 

( 2 ) Les souscripteurs dont le domicile n'est point indiqué sur la liste habitent la 
ville d’Amiens. 

(3) L’astérique indique les nouvelles souscriptions prises par quelques-uns de 
MM. les souscripteurs dont les noms ont été publiés dans la première liste. 


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— 131 


de Poitiers, 2 ; Dausse (Eugène), membre du conseil municipal, 2 ; de le 
Bidart de Thumaide, premier substitut du procureur du Roi, à Liège, 
2; Dufresne de Beaumetz*, propriétaire, à Beaumetz-lès-Loges (Pas-de- 
Calais), 2 ; Fouache d’Halloy , conseiller à la Cour d'appel, 2; Léraillé, 
curé de Saint-Remy, 2 ; de Nouyion, rédacteur en chef du Courrier de 
la Somme, 2 ; Mgr. de Salinis, évêque d'Amiens, 2 ; 

SOUSCRIPTEURS A UNE MÉDAILLE. 

MM. Achmet d'H éricoürt, propriétaire à Arras; Barbier, directeur de 
l’école secondaire de medecine; Bâtonnier, maître d’hôtel ; Beaucousin 
(Ed.) propriétaire ; Bénard, conseiller à la Cour d’appel; Bîgant, conseiller 
à la Cour d’appel de Douai; Bouchard, agent-voyen à Beauvais; Boucher 
de Perthes *, directeur des douanes, à Abbeville ; Bourgeois de Saint-Ri- 
quier, propriétaire; Garpentier-Nolent, serrurier ; Caron (Alfred), impri¬ 
meur; Chalon (Renier), président de la société de numismatique et de la 
société des bibliophiles, à Bruxelles; Cosserat, négociant; Cousture, avocat, 
â Beauvais ; Dancoisne. notaire, à Hénin-Liétard ; l’abbé de Brandt, au¬ 
mônier de l’Évéché d’Amiens ; Deeaïeu de Wadicourt, propriétaire à Ab¬ 
beville; Dècle, propriétaire; de Favernay (Charles), juge suppléant; 
Deforceville, banquier ; de Givenchy , secrétaire perpétuel de la Société 
des Antiquaires de la Morinie, à St.-Orner; Degove, banquier; de Jonghe 
(Théodore), membre du conseil héraldique, à Bruxelles; Delignièresde 
Saint-Amand , propriétaire , à Abbeville ; de Linas, membre de plusieurs 
sociétés savantes, à Arras; Demailly, juge d’instruction; Deneux-Buquet, 
propriétaire; de Piémont (Léon), propriétaire, à Eu ; le comte de Robiano, 
vice-président de la Société de numismatique belge, à Bruxelles; le baron 
de St.-Génois, bibliothécaire à Gand ; l’abbé Desnoyers, vicaire général, 
à Orléans ; de Staplande, propriétaire ; de Villesaison, sous-préfet à St.- 
Omer ; de Warenghien, ancien maire de Douai; Dieÿ, attaché au minis¬ 
tère de l’intérieur, à Paris; Douai (la ville de) pour le cabinet des mé¬ 
dailles établi à la Bibliothèque; Dubos, notaire; Dufour, ancien adjoint; 
Dufour-Berthe , propriétaire; Dumoulin, propriétaire, à Paillart (Oise) ; 
Dupont-Bacqueville, membre de la commission administrative des hos¬ 
pices ; Dupont (Alfred) avocat à la Cour d’appel de Douai; Dupuis*, an¬ 
cien président du tribunal civil d’Orléans; Farez, conseiller à la Cour 
d’appel de Douai ; Fournier, agent-voyer en chef de la Somme ; Gaflfet- 
Ficbeux, conseiller municipal ; Gastambide, procureur-général ; Gensse, 
receveur des hospices ; Gillet de Laumont, directeur de télégraphe; Ha¬ 
mel, juge à Beauvais; Herbault, architecte du département de la Somme ; 
Hermand (Alexandre), vice-président de la Société des Antiquaires de la 


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— 132 — 


Morinie, à St.-Omer ; Huvey , conseiller à la Cour d’appel ; Jarry , pro¬ 
priétaire, à Orléans ; Jolibois, avocat-général, à Rouen, membre du Con¬ 
seil général de la Somme ; Jouzeaux, restaurateur ; Lallier, contrôleur 
des contributions directes , à Orléans ; Leclercq-Poulain, propriétaire ; 
Lefebvre (Jules), numismate, à Abbeville; Leriche , vice-président du 
tribunal civil ; Leroy, médecin, à Beauvais; Le Serurier, chef de division 
au ministère des finances, à Paris ; Le Serurier , procureur-général près 
la Cour d'appel d’Orléans; Liot (Ed.), receveur des domaines, à St.- 
Orner; Lormier, entrepreneur de bâtiments; l'abbé Lucas, chanoine de 
la Cathédrale ; Madry-Chaussé, marchand de bois; Mallet, trésorier de 
la Société des Antiquaires de la Morinie, à St.-Omer ; Masse, architecte ; 
Massey, ancien député ; Mathon, greffier du tribunal civil ; Meynaerts, 
numismate à Louvain ; Minart, conseiller à la Cour d’appel de Douai ; 
Moisand, imprimeur, à Beauvais ; Paillart, avoué; Périn, juge au tribunal 
civil de Soissons; l’abbé Pinard , vicaire, à Beauvais ; Poirel, président de 
chambre à la Cour d’appel; Polain, archiviste de l'Etat, à Liège; Potiez 
(Valéry), propriétaire et numismate, à Douai ; Rafialli, inspecteur des 
écoles primaires de l’arrondissement d’Amiens; Rossignol, notaire à 
Péronne ; Senart (Ovide), propriétaire; Serrure, professeur à l’Université 
de Gand ; Tailliar, conseiller à la Cour d’appel de Douai ; Tattegrain , 
président du tribunal civil de Péronne; Tattegrain-Delabarlhe, entrepre¬ 
neur de travaux publics; Thelliez de Bullecourt, propriétaire ; Thelu, 
conseiller municipal, à Doullens ; Tondu, lieutenant-colonel de la garde 
nationale ; P. Van Duyse, archiviste à Gand ; Watrin fils, propriétaire, 
à Beauvais. 

La troisième liste sera publiée dans le prochain bulletin. 


Amiens. — lmp. de Duval et Hermbnt, place Périgord , 1. 


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BULLETIN 

DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. 


--n—---- 

COMITÉ CENTRAL. 


-———- 

Séance du 8 janvier 1851. 

L’ordre du jour appelle l’installation du bureau, qui 
se compose, pour 1851, de MM. l’abbé Duval, président, 
Ch, Dufour, vice-président; l’abbé Jourdain, secrétaire 
annuel ; Bazot , trésorier. 

M. de la Roque, président sortant, remercie la Société 
du concours qu’elle lui a prêté. Il regrette de n’avoir pu 
prendre à ses travaux une part plus active et de n’avoir 
secondé le zèle et les efforts de ses collègues que par des 
sympathies qui ne leur feront jamais défaut, non plus que 
sa reconnaissance pour le témoignage de haute confiance 
qu’ils lui avaient accordé en l’appelant à la présidence. 

— M. l’abbé Duval, en prenant possession du fauteuil, 
rappelle quelques-uns des travaux exécutés par les mem¬ 
bres de la Société, et signale les parties du programme 
qu’elle s’est tracé et qu’il importerait d’étudier. Il compte 
sur le zèle et l’activité de chacun , et promet de donner 
l’exemple en reprenant la suite des études qu’il avait em¬ 
brassées avec son collègue, sur la cathédrale d’Amieps, 
notamment sur les tombeaux qui la décorent. 


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— 134 — 


Cette promesse est accueillie par la Société avec le plus 
vif plaisir. 

— La Société, sur la proposition de son président, 
vote à l’unanimité des remerciements au bureau sortant. 

—M. Garnier, trésorier par intérim, présente le compte 
des recettes et dépenses pendant l’année 1850 dont il a 
été chargé depuis la mort de M. Dorbis. 

MM. de Ladoue, de Roquemont et de Grattier sont 
désignés pour composer la commission des comptes à exa¬ 
miner et du budget à proposer. 

— M. Peigné Delacour adresse les deux premières plan¬ 
ches d’une suite de dessins des morceaux de sculptures 
trouvés dans les fouilles faites au camp de Champlieu. 

Le Société, qui a déjà été entretenue de cette importante 
trouvaille, charge son secrétaire de prier M. Peigné d’ac¬ 
compagner d’une notice les beaux dessins qu’il a fait exé¬ 
cuter avec tant de soin. 

— La commission précédemment nommée pour l’étude 
des archives municipales est chargée de rechercher les 
documents relatifs à la tenue des états généraux du xiv.® 
siècle, jusqu’aux assemblées de 1614, pour satisfaire à 
la demande de M. le Ministre de l’instruction publique. 

— La Société accepte l’échange de ses publications avec 
la Société d’histoire et d’archéologie de Genève et l’Aca¬ 
démie espagnole d’archéologie de Madrid. 

— M. le Préfet du département de la Somme et'M. le 
Maire de la ville d’Amiens, remercient la Société de la 
médaille en bronze doré à l’effigie de Du Cange, qu’elle 
leur a remise, en reconnaissance du concours qu’ils lui 
ont prêté, lors de l’inauguration de la statue. 


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— 135 — 


Séance du 12 février. — La Société, en réponse à l’in¬ 
vitation qui lui est faite par M. de Caumont, d’envoyer 
quelques-uns de ses membres pour la représenter au 
congrès des délégués des sociétés savantes qui doit s’ou¬ 
vrir au Luxembourg le 20 février, décide que MM. Hur- 
douin et l’abbé Gorblet seront priés d’assister en son nom 
à cette réunion. 

—Lecture est donnée d’une circulaire de M. le Ministre 
de l’instruction publique, par laquelle il demande que 
des relations soient établies entre la Société et les Comités 
historiques établis près de son ministère, par l’envoi des 
procès-verbaux et de tout ce qui concerne les arts et 
l’archéologie. 

Le Secrétaire-Perpétuel est chargé de répondre à M. le 
Ministre que la Société continuera de satisfaire au désir 
qu’il exprime par l’envoi régulier du Bulletin contenant 
le compte-rendu de ses séances. 

— M. de Grattier, au nom de la commission des comp¬ 
tes, lit le rapport sur les comptes de 1850 et les proposi¬ 
tions de budget pour 1851. 

Après une courte discussion, le rapport et les proposi¬ 
tions sont adoptés. 

Nous citerons de ce rapport le passage suivant : 

« Les diverses commissions de finances qui ont été jus¬ 
qu’à ce jour appelées à vérifier les comptes de M. le tréso¬ 
rier n’ont eu constamment que des remerciements à vous 
demander pour le zèle et la régularité avec lesquels 
M. Dorbis s’est acquitté de ses délicates et minutieuses 
fonctions. Aujourd’hui votre commission des finances vien¬ 
drait encore vous exprimer la même demande, si elle n’é- 

12 .* 


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tait dominée par les regrets si vifs et si mérités que 
M. Dorbis a laissés dàns le sein de la Société. Savant mo¬ 
deste et consciencieux, travailleur infatigable, collègue 
bienveillant, ami dévoué, citoyen profondément attaché' 
aux intérêts de son pays , homme énergique au moment 
du danger, M. Dorbis avait des titres nombreux et solides 
à l’affection et à l’estime de tous ceux qui le connaissaient. 
Vous avez été à même, Messieurs, d’apprécier tous ces 
titres, et si la mort nous a ravi trop tôt un collègue qui 
nous était cher , le temps ne saura effacer le souvenir que 
chacun d’entre nous se plait à lui conserver. » 

— Sur la proposition de M. Bisson de la Roque, an¬ 
cien président, la:Société décide qu’une médaille à l’ef- 
fijgie de Du Cange sera offerte à chacun de MM. les mem¬ 
bres de l’Institut qui ont assisté à l’inauguration de la 
statue. 

— Dans un rapport qu’il présente sur les mémoires de 
la Société académique d’archéologie, sciences et arts du 
département de l’Oise, M. Ch. Dufour signale l’intérêt 
du 1." volume qui lui a été confié. Cette association dont 
la Société des Antiquaires de Picardie peut, sans trop de 
scrupule, les revendiquer avec honneur la maternité, 
partage ses travaux en deux classes : la première inté¬ 
resse l’bistoire et d’archéologie, la seconde les sciences 
naturelles, mais dans leur application restreinte à la 
localité. 

Le rapporteur signale dans la première partie la notice 
publiée par M. Dupont-White, sur les Antiquaires de 
Beauvais, depuis le moyen-âge jusqu’à M. de Cambry. 
C’est une esquisse biographique écrite avec autant de 


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— 137 — 


bonheur que de sage critique, et qui renferme l'apprécia* 
tion des principaux ouvrages publiés ou inédits sur le 
Beauvoisis, en même temps que de curieuses recherches 
sur la vie de leurs auteurs. M. Dupont-White a fourni 
encore au recueil que nous analysons un mémoire sur le 
siège de Beau vais. Ce sujet a déjà été plusieurs fois traité, 
mais de nouveaux documents mis à la disposition de notre 
savant collègue ne pouvaient manquer de lui conserver 
son puissant intérêt. 

M. de Cayrol» dans ses observations sur les points 
successivement occupés par l’armée de César depuis Du- 
rocortorum jusqu’à Braluspantium , place auprès de Bre- 
teuil cet oppidum dont l’emplacement a» déjà donné tant 
de labeur aux géographes qui ont étudié sa position. 

Le l. er volume des mémoires de la Société beauvai- 
sine renferme encore de curieux éclaircissements sur les 
cryptes de l’Oise qui lui ont été fournis par MM. Daniel et 
WeiL M. Danjou y a inséré un mémoire plein d’intérêt 
sur la procession de l’assaut qui a été supprimée à la fin 
du siècle dernier et dont il demande le rétablissement au 
nom de l’histoire, et de savantes considérations sur l’ori¬ 
gine des cryptes d’église qu’il fait remonter à cette époque 
de persécution où Lespremiers fidèles, pour célébrer les rites 
de leurs cultes, se cachaient dans les entrailles de la terre. 

Dans sa description des deux grandes rosaces de la 
cathédrale de Beauvais , M. l’abbé fiarraud signale à celle 
du Nord la présence de sybilles, dont le costume et les atr- 
tributs nous semblent avoir beaucoup de rapports* avec 
celles que MM.Duval et Jourdain nous : ont dernièrement 
fait connaître à la cathédrale d’Amiens, r-t- L’archéologie 


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— 138 — 


romaine doit à M. de Merlemont, dans le volume qui 
fait l’objet du rapport, un mémoire sur une voie ro¬ 
maine allant du gué de Bailleiil-sur-Thérain aux larris 
de Hez. Des documents retrouvés par l’auteur lui ont 
permis d’indiquer l’emplacement du camp des Bellova- 
ques, lorsque les légions de César étaient retranchées 
sur les hauteurs de Froidmont. 

Quelques documents inédits sur l’histoire beauvaisine 
et les travaux consacrés à l’histoire naturelle de l’Oise 
par MM. les abbés Questier, Maillard et Pinart et par M. 
Delacour, donnent à ce premier volume des mémoires de 
la Société académique de l'Oise un intérêt tout local qui 
permet de bien «augurer des publications qui ne tarde¬ 
ront sans doute point à le suivre. 

Séance du 12 mars 1851. — La Société archéologique 
de l’Orléanais rappelle que le congrès scientifique se tien¬ 
dra cette année, 1851, à Orléans, au mois de septembre, 
et exprime le désir que la Société des Antiquaires de Pi¬ 
cardie y soit représentée par une députation. C'est une 
occasion, ajoute le Secrétaire, dont nous profiterons pour 
resserrer les liens qui unissent déjà les deux Sociétés. 

Plusieurs membres annoncent l’intention de se ren¬ 
dre au congrès,et, si rien ne contrarie leurs projets, ils 
formeraient la députation qui sera désignée plus tard. 

— M. de la Querière appelle l’attention de la Société 
sur la confusion que peut occasionner l’emploi d’une même 
expression pour designer deux choses essentiellement dif¬ 
férentes. C’est ainsi, dit-il, que bon nombre d’archéolo¬ 
gues substituent le mot pendentif m terme technique cul- 
de-lampe. Ils oublient qu'un pendentif est la portion d’une 


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— 139 — 


voûte sphérique qui prend naissance au-dessus du pied 
droit angulaire commun à deux arcades en retour l’une de 
l’autre, et qu’un cul-de-lampe est un ornement en forme 
de pyramide renversée qui fait partie d’une voûte dont il 
est souvent la clé. Il appartient, ajoute-t-il, aux Sociétés 
archéologiques de rectifier et d’épurer la langue de la 
science, et, comme l’autorité de leur parole agirait puis¬ 
samment, il invite la Société à aider de tous ses efforts à 
l'emploi d’une technologie plus éxacte et plus vraie. 

— M. Hardouin et M. l’abbé Corblet rendent un compte 
sommaire de la part qu’ils ont prise aux travaux du 
congrès des délégués des Sociétés savantes auquel ils 
étaient chargés de représenter la Société. Le premier y a 
présenté un rapport sur son origine et ses travaux, le 
second un mémoire sur les écoles régionales d’architec¬ 
ture religieuse au xu.” siècle. 

M. Hardouin pense que la cause des études est appe¬ 
lée à tirer grand partie d’un congrès central et périodique 
à Paris et des congrès de circuit. Le premier assurant un 
contact et un échange régulier de communications sup¬ 
plée à ce qui manque à l’action des seconds, la durée et la 
cohésion des efforts.. 

— L’Académie espagnole d’archéologie de Madrid qui 
vient d’accorder le titre d’associés correspondants à MM. 
Bouthors, Duval, Garnier et Rigollot; désigne aux suf¬ 
frages de la Société, pour le .titre de correspondants, six 
de ses membres auxquels cette distinction est accordée. 

—M. E. Billoré, membre titulaire résidant nouvellement 
admis, remercie la Société et lui promet son concours le 
plus empressé. Chargé de la garde des archives munici- 


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— 140 — 


pâtes, il trouvera, il l’èspère, plus d’une occasion de 
fournir à la Société des documents intéressants pour l’his 1 - 
toire et les droits de la commune, au service de laquelle 
sont consacrés tout le zèle et tout le dévouement dont il e&t 
capable. —M. Billoré, rappelant ensuite que son titre dte 
secrétaire-général de la Mairie lë fait en quelque sorte, 
au sein de la compagnie , le remplaçant de M. La vernier, 
qui fut son prédécesseur et son ami «saisit ce rapport pour 
payer un tribut mérité d’éloge à ce collègue qu’un esprit 
orné, une instruction solide, un goût passionné pour les tra¬ 
vaux historiques avaient rendu un des travailleurs les plUs 
actifs et les plus distingués de la Société, en même temps 
qu’il fut, pendant de longues années, l’instrument intelli¬ 
gent et l’Une des lumières de l’administration municipale. 

— M. l’abbé Du val, président, répond au récipien¬ 
daire , que l’unanimité des suffrages qui l’ont appelé dans 
le sein de la Société, prouve qu’il n’était point étranger 
pour elle. Elle sait que dans l’exercice des fonctions qui 
lui sont confiées, il n’a rien de pins à cœur que de veiller 
sur te dépôt des archives municipales, l’un des plus ri¬ 
ches que possède la France, qu’il s’est trouvé nni à elle 
dans la commission chargée d’explorer ce trésor, et qu’elle 
à pu reconnaître en lui à la fois le goût dès études sérieu¬ 
ses et le zèle qui 'aime à en faire partager le fruit. Après 
avoir indiqué sommairement la part qu’il est appelé à 
prendre aux travaux de là Société, et rappelé ceux de 
MM'. Lavernîèr'êt DOrbik, M. Duval ajouté, vous trouve¬ 
rez près de Vous', Monsieur, des collaborateurs atissi dé¬ 
sintéressés que pleins de zèle. Je n’ai pas besoin d’ajouter 
qu’éh nous tous, VOüs rencontrerez sympathieèt'eneoufa- 


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— 141 — 


gerhént. La Société compte sur vous, vous pouvez compter 
sur elle. Dans cette compagnie, il y a échange de senti¬ 
ments fraternels autant que de communications scienti¬ 
fiques , vous entrerez dans ce commerce, car Vous avez 
au plus haüt point le sentiment qui l’a fait naître, et qüi 
le soutient, l’amour du pays. 

— M. Garnier lit, au nom de M. Tailliar, une notice 
sur là seigneurie d’Oisy. 

La seigneurie d’Oisy (canton de Marquion, arrondisse¬ 
ment d’Arras) , dont le titulaire fut en outre châtelain de 
Cambrai, étendait sa juridiction depuis les portes de 
Cambrai jusqu'aux environs de Bapaume et au fort et 
village d’Escapel au-delà de Douai, et enfermait plus de 
trente-sept villages à clochers, sans compter les hameaux, 
châteaux, maisons et fiefs nobles, parmi lesquels plu¬ 
sieurs dépendaient de la prévôté de Beauquesne au bail¬ 
liage d’Amiens. L’auteur fait connaître comment cette 
importante seigneurie fut liée à l’évêché de Cambrai, 
quelles furent les destinées des seigneurs et des familles 
qui la possédèrent, et dans quelles Circonstances intervin¬ 
rent les chartes et coutumes qu’il a fournies au recueil 
dont la publication est confiée à M. Bouthors.—Son travail 
est divisé en quatre périodes correspondant aux grandes 
familles des châtelains et seigneurs d’Oisy. La première 
comprend l’état de l’évêché de Cambrai du ix.* au xi.* 
siècle ; la seconde, la Suite des châtelains, la maison 
d’Oisy; la troisième, la maison de Montmirail dt de Coucy; 
la quatrième, la maison de Bar et de Luxembourg. 'Il ré¬ 
sume ensuite, en quelques mots, l’histoire de la seigneurie 
'depuis Marie de Luxembourg , morte en ISIS, jusqu’au 


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— 142 — 


dernier comte d’Oisy de la maison d’Âssignies, qui mou¬ 
rut en 1792; la populace pilla et ruina alors le château 
du dernier des descendants des châtelains d’Oisy. 

Dans cette esquisse historique, l'auteur donne des dé¬ 
tails pleins d’intérêt sur la féodalité, ses développements, 
son apogée, sa décadence et sa chute, puis il signale la 
coutume de la châtellenie d’Oisy comme résumant dans 
quelques dispositions substantielles les principes de l’an¬ 
cien droit féodal, et en étudie les quatre parties distinctes 
qui embrassent, la première, les fiefs ou biens nobles, 
leur transmission, les droits.du seigneur ; la seconde, les 
biens roturiers dans leurs rapports avec le puissance féo¬ 
dale ; la troisième, les règles communes aux biens nobles 
et aux biens roturiers ; la quatrième, les privilèges et les 
attributions du seigneur et de ses officiers. 

Cette notice, dans laquelle M. Tailliar apprécie les di¬ 
verses dispositions de cette coutume avec la sagacité et la 
hauteur de vue qui distingue tous ses travaux, est écou¬ 
tée avec le plus grand intérêt et vivement applaudie. 

M. Bouthors exprimant le regret que l’étendue de cette 
notice à laquelle il emprunte plusieurs notes ne lui 
permette point de l’insérer dans sa publication des Cou¬ 
tumes, la Société, après avoir voté des remerciements à M. 
Tailliar, émet le vœu qu’il soit invité à 1 ui laisser sa notice 
pour être insérée dans le prochain volume de.ses Mémoires. 

— M. Dufour donne lecture de la note suivante : 
PROPOSITION concernant la publication des princi¬ 
paux manuscrits de Du Cange , sur la Picardie. 

Messieurs, 

« La Société des Antiquaires de Picardie a entrepris, il 


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y a quelques années, de publier en dehors de ses Mé¬ 
moires in-8.% une collection de documents inédits sur 
l’histoire de la province. Cette publication ne pouvait 
être commencée d’une manière plus heureuse par le 
recueil des Coutumes locales du bailliage d’Amiens, qui 
a déjà valu à son savant éditeur, M. Bouthors, une men¬ 
tion très-honorable que l’Institut national de France a si 
justement rappelée au concoursde 1850. Le zèle que notre 
honorable collègue apporte dans la continuation de cet 
important ouvrage, nous permet d’espérer que l’impres¬ 
sion en sera complètement terminée sous quelques mois, 
car la seconde livraison du tome II ne doit point tarder 
à être mise en distribution. 

» Le tome III de notre collection in-4.® est consacré, 
vous le savez, Messieurs, à l’Introduction générale de 
l’Histoire de la Picardie, par Dom Grenier. C’est là une 
œuvre d’un mérite incontestable et dont l’impression sera 
reprise tout aussitôt que le tome II et dernier des Cou¬ 
tumes locales aura paru. 

» Ne serait-il point convenable de penser, dès à présent, 
au tome IV et pour conserver à notre recueil l’intérêt 
général que présentent les documents inédits qu’il ren¬ 
ferme, la Société ne pourrait-elle point faire rechercher 
à la Bibliothèque nationale, parmi les manuscrits de 
Du Cange , ceux qui n’ont point encore été publiés et qui 
se rattacheraient directement à l’histoire de la Picardie ? 

» Vous n’avez point oublié, Messieurs, qu’au moment 
de l’inauguration de la statue de Du Cange, M. le Mi¬ 
nistre de l’instruction publique, voulant associer le gou¬ 
vernement à l’œuvre de reconnaissance que vous avez si 


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— 144 — 


généreusement entreprise et dont l’achèvement a été en¬ 
touré d’un si grand éclat, vous a fait annoncer la publi¬ 
cation aux frais de l’Etat d’un manuscrit que notre com¬ 
patriote a consacré à l’histoire des familles d’outre-mer. 

» Mais à côté des travaux qui concernent l’histoire gé¬ 
nérale de France, le fonds Du €ange renferme à la 
Bibliothèque nationale une série de mémoires sur les 
annales de la Picardie. On y remarque notamment l’his- 
toiré des évêques d’Amiens, celle des comtes de PonLhieu, 
de savantes recherches sur le Bauvoisis, le Noyonnois, 
le Vermandois , le Laonnois et toutes les autres subdi¬ 
visions de notre province. Ce serait assurément honorer 
encore la mémoire si justement vénérée de Du Cange que 
de publier ceux de ses manuscrits qu’il avait préparés 
lui-même pour l’impression. Une semblable publication 
mettrait d’ailleurs un terme aux manœuvres de certains 
plagiaires qui exploitent habilement l’obscurité dans la¬ 
quelle sa science est Testée jusqu’alors enfouie. 

» M. Hardouin qui a déjà édité l’histoire des eomtes 
d’Amiens, et qui l’un des premiers nous a signalé les 
nombreux emprunts que subissaient les manuscrits de 
Du Gange, sans que les auteurs lui fissent même l’faoa- 
neur de le citer, pourrait d’autant mieux être chargé des 
recherches que je viens d’indiquer que déjà notre esti¬ 
mable collègue a donné en 1639 une fort intéressante 
notice sur la vie et sur les principaux ouvrages publiés 
-ou inédits du savant picard. Il nous apprend que Du¬ 
fresne â’Aubigny, petit neveu de Du Cange, a laissé .à 
la Bibliothèque nationale un 'manuscrit qui y est encore 
conservé et qui a pour titre : Ouvrages de Du 'Congé en 


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— 145 — 


état d’flre imprimés sam révision. Ce travail pourrait 
aider puissamment M. Hardouin dans ses investigations. 
L’attention de notre zélé collègue serait appelée surtout 
sur ceux de ces ouvrages qui intéressent l’histoire géné¬ 
rale de la Picardie ou l’histoire particulière de quelques 
subdivision de cette province ; car il importe que notre 
collection in-4.° de documents inédits embrasse de grandes 
circonscriptions du domaine scientifique que vous vous 
appliquez à explorer; nos mémoires in-8." resteront ainsi 
affectés à la publication des travaux qui sont présentés 
par des membres de la Société sur quelques points par¬ 
ticuliers d’histoire ou d’archéologie locale. 

» Sur le rapport que présenterait M. Hardouin pour nous 
signaler le résultat Je ses recherches, la Société ferait 
les démarches nécessaires auprès de M. le Ministre de 
l’instruction publique, afin d’obtenir une subvention qui 
lui permettrait de réaliser le projet de publication que 
j’ai l’honneur de vous soumettre. Cette demande serait 
d’autant plus favorablement accueillie qu’elle rentrerait 
parfaitement dans les généreuses intentions que M. Génin, 
chef de division, nous a exprimées au nom de M. le 
Ministre, en annonçant au pied du monument de Du 
Cange la publication de l’un de ses principaux manuscrits. 

» Ces considérations me déterminent à vous proposer, 
Messieurs, de vouloir bien inviter, dès à présent, notre 
honorable collègue, M. Hardouin, à faire dans les papiers 
de Du Cange qui sont conservés à la Bibliothèque natio¬ 
nale , la recherche de ceux qui, par leur intérêt . méri¬ 
teraient d’être publiés dans le tome IV de notre collection 
de documents inédits concernant l’histoire de la Picardie. » 


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Après quelques observations tendantes toutes à la prise 
en considération, la proposition de M. Dufour est adoptée; 
en conséquence, M. H. Hardouin, avocat à la Cour de 
cassation et membre non résidant de la Société, est délé¬ 
gué pour faire, à la Bibliothèque nationale, la recherche 
des manuscrits de Dufresne Du Cange sur la Picardie, 
qui pourraient être publiés aux frais de la Société. On 
arrête en outre que M. Hardouin sera invité à faire» dans 
la prochaine assemblée générale, un rapport sur le résul¬ 
tat de sa mission. 

NÉCROLOGIE. 

À peine le dernier Bulletin de Tannée 1850, qui contenait 
les regrets de la Société sur la perte d’un de ses membres les 
plus aimés, a-t-il paru, que la mort vient frapper encore dans 
nos rangs, et arracher à notre studieuse compagnie, Tun de 
ses membres les plus regrettables et les plus regrettés. 

M. Dupont-White, procureur de la République à Beauvais, 
est mort le 20 mars, dans sa 50.® année, après une longue et 
douloureuse maladie. Né à Paris, M. Dupont-White, qui avait 
rempli successivement les fonctions de chef du parquet à Mont- 
didier, à Seulis et à Beauvais, était devenu Picard, non seu¬ 
lement par ses liens de famille , mais par les nombreuses et 
vives affections que la noblesse de son cœur et la distinction 
de son esprit lui avaient conciliées. Aussi se plaisait-il à rele¬ 
ver toutes les gloires de son pays d’adoption, et l’histoire de 
ses antiquités, de ses grands hommes et de sa littérature n’a¬ 
vait point trouvé encore un esprit aussi délicat, aussi fécond 
en aperçus ingénieux, aussi judicieux dans ses jugements -, 
une plume aussi élégante pour les peindre et les formuler. 
M. Dupont-White avait été Tun des fondateurs du Comité de 
Beauvais dont il avait dirigé les travaux en qualité de direc- 


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~ 117 — 


leur avec autant de zèle que de distinction. C’est pour la Société 
qu’il avait composé la notice sur l’abbé Dubos, qui ouvrit la 
série de travaux du même ordre dans lesquels il révéla un ta¬ 
lent de critique, de penseur et d’écrivain qui lui valurent les 
plus honorables suffrages. La Société applaudit plus tard à ses 
recherches sur Foy-Vaillant et Vincent de Beauvais, et cou¬ 
ronna, en 1846, son travail le plus remarquable, la Ligue h 
Beauvais . Dans ce travail, disait le rapporteur, l’élégante sim¬ 
plicité du style qui reflète avec bonheur toutes les teintes, 
tontes les nuances du sujet, et conserve à chaque objet décrit 
son coloris local et vrai, a frappé moins vivement encore 
que l’usage habile et judicieux d’un grand nombre de docu¬ 
ments et de détails inédits qui jettent sur l’ensemble de l’his¬ 
toire de la Ligue les plus vives clartés. Ce jugement a été con¬ 
firmé lors de la publication de l’ouvrage, et l’accueil qu’il a 
reçu l’a placé au nombre de ces histoires locales si rares qui 
joignent, au mérite de l’érudition et du style, un intérêt et un 
art qui ne faiblissent point. 

Un tact exquis, une tournure d’esprit gracieuse et piquante 
caractérisent le volume dans lequel il a réuni, en 1847, diverses 
notices sous le titre de Mélanges historiques , littéraires et ar¬ 
chéologiques. Ceux qui ont apprécié ces travaux regretteront 
qu’il n’ait pu terminer l’ouvrage qu’il avait préparé sous le 
titre d 'Illustrations militaires de Beauvais , dont il avait lu 
quelques esquisses composées dans les rares instants de calme 
que lui laissaient ses fonctions et les souffrances aiguës qui ont 
abrégé son existence : ils regretteront plus vivement encore 
l’Histoire de Beauvais en 1848 qu’il voulait écrire; car nul 
autre ne pouvait traiter ce sujet avec plus d’indépendance et 
de justesse que le témoin courageux des faits, que le magistrat 
qui défendait avec tant d’énergie la cause de l’ordre contre 
l’anarchie et contre le despotisme insolent et stupide, que l’his¬ 
torien impartial d’un autre temps de désordre qui ne pouvait 




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— 148 — 


manquer d’offrir à son esprit plus d’un sujet de rapprochement 
et de comparaison- 

— Le lp mars la Société perdait encore un de ses membres 
correspondant, M. Félix Bogaert, professeur d’histoire à l’A- 
thenée d’Anvers. Ecrivain laborieux, professeur distingué, 
M. Bogaert, par son histoire de sainte Colombe, son Iconogra¬ 
phie chrétienne, son histoire des Saints envisagés comme élé- 
ipent social, ses Observations sur la marche des sciences , et 
son histoire des Arts en Belgique, avait pris rang parmi les 
savants et les littérateurs les plus distingués de ce pays. 

J. G. 

Deux lettres inédites de l’abbé Lenglet do Fresnoy (de 
Beanvais) et de firesset (d'Amiens). 

COMMUNICATION DE M. Ch. BARTHÉLEMY, M. T. N. 

Tout ce qui se rattache à l’étude de l’histoire de la Pi¬ 
cardie et à la vie des hommes célèbres qu’elle a produits, 
ne peut manquer d’intéresser une Société dont le but, si 
bien atteint par elle, est de consacrer ses volumes de 
chaque année à l’enregistrement de tout ce qui peut jeter 
un jour nouveau sur les objets de ses savantes études. 

Les deux lettres que je publie ici, sont tirées de la collec¬ 
tion d’un amateur distingué de la ville de Mantes, M. So- 
bier, connu par sa belle collection de livres et d’aytogra- 
phes, à la complaisance duquel j’en dois la communication. 

La première est une lettre écrite par l'abbé Lenglet du 
Fresnoy, l’un des auteurs les plus féconds et les plus la¬ 
borieux que la France ait produits. La seconde est du 
poète Gresset. 

Jamais les règlements de police pour la librairie ne 


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— 149 — 


contrarièrent personne plus que l’infatigable et l'indomp¬ 
table abbé Lenglet du Fresnoy. Perpétuellement en guerre 
avec les censeurs (la lettre suivante en est une preuve), 
il lui arrivait souvent de rétablir, à l’impression, ce que 
ceux-ci avaient rayé à la lecture. Aussi fut-il dix à douze 
fois enfermé à la Bastille, après avoir été déjà détenu six 
mois dans la citadelle de Strasbourg (1723) et quelque 
temps à Vincennes (1724). 11 était si accoutumé à ces 
fréquents voyages, qu’en voyant l’exempt Tapin , et sans 
lui donner le temps de s’expliquer : « Allons, vite, di¬ 
sait-il à sa gouvernante, mon petit paquet, du linge et 
du tabac. » 

Cette vie agitée fut terminée d’une manière bien triste ; 
S’étant èndormî en lisant auprès de sa cheminée, il tomba 
dans le. feu et fut étouffé. 

Né à Beauvais en 1674, mort en 1755, l’abbé Lenglet 
â donné au public quarante ouvrages, qui forment plus de 
300 volumes. La religion, la morale, la politique, l’his- 
toirè, la géographie, la chimie, tout a été de son ressort, 
et partout on y reconnaissait l’homme érudit et judicieux* 

Voici la lettre que nous avons promise. Elle forme deux 
page» in~4.° de 14 lignes, d f une écriture très-lisible, 
grande et espacée. 

1 « Monsieur , 

» j'ai l’honneur de vous envoyer quatre pièces que j'ai eu ce 
matin seulement. Vou#y remarquerez la vérité de ce que je vous 
ai marqué jeudi dernier. Je me flatte que la direction de cette 
affaire ne sortira pas de vos mains. Je vous say équitable et ins¬ 
truit : mais au cas qu'ôn voulut faire quelque chose à mon pré¬ 
judice, je prendrai la liberté de m'adresser à Monseigneur le duc 
d’Orléans, de qui je suis connu, et je luy marquerons qu'ott me 

13. 


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veut inquielter pour avoir fait l’apologie de feu Son Altesse 
Royale; j’en ferois même présenter un mémoire à S. A. R. 
Madame : et je me flatte que je serois écouté, d’autant plus 
qu’on n’a rien dit à ceux qui ont fait paroître les Mémoires de la 
Régence et la Vie du feu duc d’Orléans; qui déshonorent ce 
prince. 

» J’ai l’honneur d’être, avec respect, 

» Monsieur, 

» Votre très-humble et très-obéissant serviteur, 

» L’abbé Lenglet nu Fresnoy. 

» Paris , ce lundi 14 octob . 1748. » 

Dans la lettre de Gresset, écrite par lui cinq mois avant 
sa mort (1), il y a une touchante révélation de l’état plus 
que médiocre de fortune, dans lequel s’éteignirent ses 
dernières années; c’est l’écho d’un cœur chrétien, triste, 
mais résigné. 

Cette lettre forme une feuille petit in-4.° ou grand in-8°. 
de 15 lignes, d’une écriture très-lisible, petite et serrée. 

« Monsieur, 

» Je suis bien désolé d’être réduit à ce tribut des ennuis de la 
bonne année et que des vœux bien chers pour moi que je vou- 
drois pouvoir vous offrir plus souvent n’osent paroître qu’une 
fois l’an, et qui pis est, dans le tourbillon des tristes lettres 
qu’ôn ne lit guères jusqu’à la fin ; la juste crainte de vous impor¬ 
tuner m’empêche d’avoir l’honneur de vous écrire plus fréquem¬ 
ment et me prive, à mon grand regret, de ces réponses char¬ 
mantes que j’ai reçues et que je n’oublie assûrément pas; je n’ose 
vous parler, Monsieur, de mes pauvref petits intérêts; vous 
sçavez ma situation qui est encore au même triste point que j’ai 
déjà eu l’honneur de vous exposer ; la suspension qui a laissé en 
arrière plusieurs années de ma pension dans le département qui 
est sous vos ordres m’empêche encore de me libérer de plusieurs 

(1) Le 6 janvier 4777. 


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— 151 — 


dettes que cette interruption m’a fait contracter; tous sçavez. 
Monsieur, les années que je n’ai point reçeues, indépendamment 
de celle qui rient d’écheoir ; je me flatte que ma situation, peu 
tranquille, intéressera le sentiment de bonté dont vous m’hono¬ 
rez, et j’ose même espérer que votre crédit pourra m’obtenir de 
la bienfaisance de notre auguste maître que la totalité de ce qui 
me revient ou du moins la moitié me soit actuellement accordée; 
vous feriez mon bonheur, et ma reconnaissance en seroit im¬ 
mortelle. 

» Je suis avec un profond respect, 

» Monsieur, 

» Votre très-humble et très-obéissant serviteur, 

» Grbssbt. » 

Puissé-je ne pas m’être trop mépris sur l’importance 
historique et littéraire de ces deux pièces. Une lettre ré¬ 
vèle un homme, et sous ce précieux point de vue, j’ose 
espérer que la publication de celles qu’on vient de lire ne 
sera pas sans quelque utilité. Du moins, telle a été ma 
pensée en les transcrivant avec le soin le plus scrupuleux 
qui m’a lait conserver jusqu’à l’orthographe même de leurs 
auteurs. 

UMBBU ADMIS. 

M. E.Billoré, secrétaire-général delà mairie d’Amiens,, 
membre titulaire résidant. 

M. l’abbé jCaneto, supérieur du petit-séminaire (Auch), 
titulaire non résidant, ' 

Sont nommés membres correspondants : . 

M. Polain $fs, conservateur des archives de l’Etat, à. 
Liège, Belgique. 

M. de Witte, correspondant de l’Institut de France, à. 
Paris. 


J 


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— 152 — 


M. Maury (Alfred), sous bibliothécaire de l’Institut de 
France, à Paris. 

D. Fr. Bermudez de Soto Mayor, vice - président de 
l’Académie espagnole d’archéologie, conservateur de 
la Bibliothèque nationale, etc., à Madrid. 

D. Lorenzo Arrazola , président du conseil supérieur de 
Castille, ex-ministre de grâce et de justice, etc., à 
Madrid. 

D. José Cortinez y Espinosa, général du génie, lieute¬ 
nant-général des armées, etc., à Madrid. 

M. Tyran, secrétaire de l'ambassade de France en Es¬ 
pagne. 

M. Lorich (Gustave-Daniel), ministre de la cour de 
Suède, à Madrid. 

D. Bas. Seh. Castellanos de Lozada , membre du con¬ 
seil de la reine, conservateur de la Bibliothèque natio¬ 
nale, etc., à Madrid. 

OUVRAGES OFFERTS A I>A SOCIÉTÉ 

pendant le i f tT trimestre de 1851. 
l.° Annale» de la Société Linnéenne de Lyon, 1847-1849 , 
1 vol. io-rS*.— 2.® Mémoires de l'Académie des sciences, belles- 
lettres et arts de Lyon (classe des lettres) , tom. i-n, 1 vol. in-8°. 
— 3.° Annales de la Société archéologique de Namur, tom. i. OT , 
liv, 4. — 4.*Jïotice sa? un traité relatif à la peinture au moyen- 
âge , par Pierre de Saint-Omer, insérée dans le MS. n.°6741 de 
la Bibliothèque nationale, par L. Deschamps de Pas.—5.° L'Ins¬ 
titut, n. 03 179, 180 % 1$1> 182,183. — 6.° The numismate chro- 
nicle, n. 08 50, 51. — 7.° Collectanea antiqua by Ch. Roach 
Smith , b .* 8 1 , 2 , 3, 4 du tom. i. er et n,° 4 du tom, n. —8 ° So¬ 
ciété d’émulation de Liège. Procès-verbaux des séances publi¬ 
ques de 1812-1819-1821 1822-1825-1842-1850,7 vol. in-8,°, et 
Rapport sur les travaux de l’année 1850, par M. De le Bidart de 
Thutnaide.—9.° Aperçu sur les religions de l’antiquité dans leurs 


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153 — 


rapports avec l'art , par Àlf. Maury. —10.° Recherches sur la 
divinité mentionnée dans les inscriptions latines sous le nom de 
Camulus, par le même.—11.° Notes sur quelques villes romaines 
de l’Algérie, par le même. —12.° Examen de certains points de 
l’itinéraire que les Arabes et les Persans suivaient au ix. e siècle 
pour aller en Chine , par le même. — 13.° Nouvelles recherches 
sur l’époque à laquelle a été composé l’ouvrage connu sous le 
nom d’Evangile de Nicodème, par le même. —14.° Bulletin de 
la Société de l’Histoire de France, n.° 11. —1-2. —18. 0 Institut 
des provinces de France. — Bulletin bibliographique des sociétés 
savantes des départements, l. re année, n.° l. er —16.° Mémoires 
de l’Académie du Gard, 1849-1880,1 vol. in-8.°.—17.° Bulletin 
de la Société historique et archéologique de Soissons , tom. m , 
1 vol. in-8°. —18.° Publication de la Société archéologique de 
Montpellier, n.° 18. —19.° Séances et travaux de l’Académie de 
Reims, tom. xi, feuilles 21 à 27.—21.° Annales boulonnaises , 
l. Te année, n.° 1 er . —21.° Bulletin de la Société archéologique 
de l’Orléannais, 2.® sem. 1880. — 22.° Société d'archéologie , de 
littérature, sciences et arts d’Avranches. Séance annuelle du 6 
juin 1850. — 23.° Bulletin des Comités historiques, juillet, août, 
novembre, décembre 1850.—24.° La Chanson de Roland, poème 
de Theroulde. Texte critique accompagné d’une traduction , 
d’une introduction et de notes, par F. Génin, 1 vol in-8°. ^-25.® 
Description de l’Eglise collégiale, aujourd’hui paroissiale de 
Lilliers, par M. C. de Linas , in-4.°, 2 pL — 26.° Mémoires de 
la Société des Antiquaires de France , tom. xx. •— 27.° Société 
des beaux-arts et de littérature de Gand. Rapport sur les travaux 
lu à la séance du 8 décembre 1880, par M. de Busscher, broch. 
in-8®. — 28.° Mémoires et documents publiés par la Société 
d’histoire et d’archéologie de Genève, 1841-1849, 7 vol. in-8°.— 
29.® On the use of bronze celts in military operations by James 
Yates, 1849, br. in-8°. — 30.° L’Investigateur, n. os 194, 195. — 
31.® Biografia del célébré* diplomatico y distinguido literato es- 
panol el eximo senor, D. José Nicolas de Azara y Perera, pu- 
blicada por D. Bas. Castellanos de Lozada. Madrid , 1850, br. 
inr8.°, port. — 32.® Notes historiques sur la vie de Molière, par 
A. Bazin. Paris, Techener, 1841, 2.® édition. Offert par l’éditeur, 
M. Paulin Paris, membre de l’Institut.—33.® Mémoires de la So¬ 
ciété d'archéologie et de numismatique de Saint-Pétersbourg, 
n. 08 9,10,11 , et supplément. — 34*® Bulletin de la Société des 
Antiquaires de l’Ouest, 4.® trim. , 1880. — 35.® Recueil agrono- 


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— 154 — 


inique, industriel et scientifique , publié par la Société d'agricul¬ 
ture de la Haute-Saône, tom. y , n.° 7. — 36.° Mémoires de la 
Société des sciences, lettres et arts de Metz, 3.®, 4.®, 5.®, 6.® , 
9. e , 10.®, 11.®, 12.®, 13.®, 14.®, 13.®, 17. e années. 42 vol. in-8®. 
—37.® De l’Architecture au moyen-âge, par M. l’abbé J. Corblet, 
br. in-8°. — 38.® Annales des sciences physiques, naturelles, 
d'agriculture et d’industrie, publiées par la Société nationale 
d'agriculture de Lyon. 2.® série, tom. i.« r et ii. — 39.® The jour¬ 
nal of the British archaeological association , n.® 24. — 40.® An¬ 
nales du Conseil de salubrité publique de la ville de Liège, tom. 
i, ii, iv. Liège, Oudart, 1844-1830 , 3 vol. in-8®. — 41.® André 
Grétry, poésie, par Busschmann. Anvers, Jacob, 1842, br. 
in-8®. — 42.® Revue de la Numismatique belge. 2.® série, tom. 
i.® r , l.® r livr. — 43.® Séance publique de la Société d'agricul¬ 
ture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, 
tenue à Châlons, le 4 septembre 1830. Châlons, Boniez-Lambert, 
1830, in-8°. — 44.® Le Mystère des Actes des Apôtres, par Ar- 
noul et Symon G reban, retouché par Pierre Curet. 13.., volume 
incomplet, in-4®. —43.® Le Mystère de la Passion Nostre Sei¬ 
gneur Jesu-Crist, avec les additions et corrections faites par 
Jean Michel, 13.., volume incomplet, in-4®. — 46.® L'Epistre 
du Roy à Hector deTroye, et aucunes autres œuvres assez di¬ 
gnes à veoir. Paris, Marnef et Pierre Viart, 1319, in-4.® (Cette 
épître, de Jean le Maire de Belges, est ajoutée ordinairement à 
la suite de son illustration des Gaules}. — 47.® Le Traicté de la 
différence des scismes et des concilies de l’église et de la préé¬ 
minence et utilité des concilies de la sainte église gallicane, com¬ 
posée par Jean le Maire de Belges. —Avec lequel sont com¬ 
prises plusieurs autres choses curieuses et nouvelles et dignes 
de scavoir. — Si comme de l'entretenement de l'union des 
princes. — La vraye histoyre et non fabuleuse du prince Syach 
Ysmael dit Sophy. — Et le sauf-conduit que le souldan baille aux 
François pour fréquenter en la terre sainte. — Avec le blason 
des armes de9 Véniciens. Paria, François Régnault, 1323, in-4®. 
(Ce traité se trouve également à la suite de l’illustration des 
Gaules, du même auteur.)—Ces quatre ouvrages ont été offert par 
M. Isid. Debrie, membre titulaire non résidant, à Breteuil (Oise). 

OBJETS OFFERTS AU MUSÉE 

pendant le l.® r trimestre de 1831. 

1.® Par M. Guilmeth, propriétaire à Rouen, une amphore 


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~ 155 — 


d'une très-belle conservation, de l’espèce dite Diota, trouvée à 
Saint-Mard-lès-R oye. 

2. ® Par M. Isid. Debrie, de Breteuil, un coin celtique en 
silex-, trouvé sur le terroir de cette commune, au lieu dit le 
Moulin des Moines , et un jeton en argent de la chambre des 
huissiers de Clermont (Oise). 

3. ° Par M. Tillette d’Acheux , cinq bas-reliefs en bois du 
xvi. 6 et xvn. 6 siècle, provenant de son cabinet, et représentant 
des sujets religieux. 

4. ® Par M. Pipaut, peintre à Amiens, un biscayen, trouvé 
dans la tour de l’ancienne église Saint-Remy, en cours de démo¬ 
lition , et provenant sans doute du siège de la ville par Henri IV. 

5. ® Par M. Mancel, adjoint, une médaille P. B. de Constantin, 
trouvée dans les déblais de la rue de la Pâture, à Henri-Ville. 

6. ® Par M. Pansiot, employé aux écritures du Comice, une 
médaille, en cuivre doré , de la fédération de Paris en 1790. 

LISTE DES SOLSCBIPTELBS 

A la Médaille commémorative de l’inauguration du monument 
élevé en l’honneur 

DE DUFRESNE DU CANtiE. 

La médaille frappée en l’honneur de Du Cange n’a pas eu 
moins de succès en Angleterre qu’en France et en Belgique. 
C’est au zèle de M. Roach Smith, si justement estimé dans le 
monde savant par ses importantes publications sur l’archéolo¬ 
gie générale et sur la numismatique, que la Société des Anti¬ 
quaires de Picardie doit les nombreuses adhésions qu’elle a 
reçues des diverses associations scientifiques de la Grande- 
Bretagne. Aussi se fait-elle un devoir de renouveler ici à 
l’honorable correspondant tous ses remerciements pour les 
marques de sympathie qu’iPlui a assurées par son bienveillant 
concours. 

TROISIÈME LISTE. 

SOUSCRIPTIONS ANGLAISES 

Recueillies par M. Ch. Roâch Smith , membre correspondant dé la 
Société des Antiquaires de Picardie , à Londres . 

The British archaeological association ( Association archéologique Bri¬ 
tannique ), 1 ; the Society of Antiquaries of the North (Copenhagen) 
(la Société des Antiquaires du Nord, à Copenhague), 1 ; the Society of 


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— 156 — 


Antiqnaries of Newcastle upon Tyue ( la Société des Antiquaires de 
Newcastle sur le Tyne ), 1 ; the Society of Antiquaries of Scotland 
(la Société des Antiquaires d’Ecosse), 1; the Susses archaeological 
Society ( la Société archéologique de Susses ) 1 ; the historié Society 
of Lancashire and Gheshire ( la Société historique de Lancastre et de 
Chester), 1 ; M. Ch. Roach Smith, F. S. A., Hon. Sec. Nurn. Soc. London 
( membre de la Société des Antiquaires, secrétaire honoraire delà Société 
de numismatique de Londres), 2 ; M. W." 1 Debonaire Haggard, F. S. A. 
( membre de la Société des Antiquaires de Londres), 1 ; M. James Co?e 
Jones, F. S. A. Hon., Sec. Numis. Soc. London (membre de la Société 
des Antiquaires, secrétaire honoraire de la Société de Numismatique de 
Londres), 1 ; M. W.“ Henry Rolfe, à Sandwich, 1 ; M. W. m Chaffers 
jun. F. S. A. (membre de la Société des Antiquaires de Londres), 1; 
M. James Yates, M. A., F. R. L. and G. S., Highgate, 1 ; M. Joseph 
Mayer. F. S. A., Liverpool, 2; M. William Edwards, member of the 
British archaeological association , London , 2 ; the lord Londesborough, 
F. S. A., late (ancien) président of the British archaeological association, 
1 ; M. John Bruce, treasurer (trésorier) of the Society of Antiquaries of 
London, 1 ; the Ghelmsford philosophical Society ( la Société philosophi¬ 
que de Chelmsford), t ; M. Thomas Clarkson Neale, secretary of the 
Chelmsford philosophical Society, 1; M. George Meggy, Chelmsford 
chronicle office (directeur de la chronique de Chelmsford), 1 ; the Rev. d 
George Burder Hamilton, à Springfield, comté d’Essex, 1 ; D. r S. Miller, 
M. D. (docteur en médecine), à Chelmsford, 1 ; M. John Yonge Aker- 
man, secretary of the Society of Antiquaries of London, 1 ; M. John Ma- 
ther, Liverpool, 1 ; M. Jos. Mayer, à Dale Hall, comté de SlrafTord, 1 ; 
M. T. J. Peltigrew, F. S. A., treasurer of the British archaeological as¬ 
sociation , London, 1 ; the Literary and philosophical Society (rf Leices- 
ter, 1; M. William Harvey, member of the Sussex archaeological Society, 
Lewes, 1 ; M. Joseph Curt, numismatiste à Londres, 1. 

SOUSGHXPTBU&S A UNE MÉDAIXXB. 

MM. Bretagne, juge-de-paix, à Noyon ; le Musée de la ville de Calais ; 
T.-D. Codevelle, numismate à Sainte-Mariekerque (Pas-de-Calais) ; Cré- 
mery, propriétaire, à Noyon; le docteur Daniel, directeur du Comité 
archéologique de Beauvais (pour trois anonymes) ; Decaudaveine, notaire 
à Airaines ; Demotier, libraire, à Calais ; A. Durand, administrateur du 
Musé de Calais; Lecorreur, capitaine d’artillerie de la garde nationale 
d'Ataiens ; M.“ c veuve Ledieu, propriétaire, à Amiens ; Lendormy, 
vérificateur de l’enregistrement, à Amiens ; Marcotte, horloger à Calais ; 
la Société des Antiquaires de Normandie; Sézille de Biarre, chef d’es¬ 
cadron d’état-mqjor, à Noyon. 


Amiens. — lmp. de Duval et Herment, place Périgord, 3. 


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BULLETIN 

DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. 


Tg’ Ifr^Q-rST-'T^i- 

COMITÉ CENTRAL. 


Séance du 9 avril 1851. 

M. le Préfet écrit qu’il a transmis et recommandé à 
M. le Ministre de l’Instruction publique la demande de la 
Société, à l’effet d’obtenir un décret qui lui confère le 
titre d’établissement d’utilité publique. 

— M. le Ministre de l’Intérieur informe qu’il vient d’al¬ 
louer, sur le crédit de son budget, une somme de six 
cents francs, pour concourir à l’acquittement des frais 
d’érection du monument de Du Cange, à Amiens, et qu’il 
accepte l’offre que lui a faite la Société de lui livrer un 
certain nombre des médailles en bronze qu’elle a fait frap¬ 
per en commémoration de l’érection de la statue. 

— M. le Ministre de l’Instruction publique informe que, 
par arrêté du 8 avril, il a accordé à la Société, à titre 
d’encouragement, une subvention de500fr. « J’ai été as¬ 
sez heureux, ajoute-t-il, de pouvoir répondre ainsi au vœu 
que vous m’aviez exprimé dans votre lettre du 30 mars, 
et de donner à une compagnie dont j’apprécie le zèle éclairé, 
une preuve de l’intérêt que je porte à ses travaux. » 

La Société vote des remerciements à MM. les Ministres 

14. 




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de l’Intérieur et de l’Instruction publique, ainsi qu’à 
M. le Préfet et à M. Porion, maire de la ville et repré¬ 
sentant , pour les nouveaux témoignages de sympathie 
qu’ils viennent de lui donner. 

— On entend ensuite la lecture d’une note deM. de Ca- 
gny sur une découverte de monnaies du xy.' siècle faite à 
Falvy, canton de Nesle, lieu célèbre par un château que 
l’on trouve cité dans divers monuments du xu.° siècle, et 
qui fit partie de l’apanage de la reine Blanche, mère de 
Saint-Louis. 

A ce sujet, M. Rigollot émet le vœu que les membres 
correspondants soient invités, quand ils ne peuvent deve- 
vir possesseurs de pareilles découvertes, à prendre des 
empreintes en cire des monnaies. Ce procédé fort simple 
permettra d’apprécier la valeur et l’intérêt de la trou¬ 
vaille. 

— M. Bouthors fait un rapport sur diverses brochures 
offertes à la Société par M. Polain, archiviste de la pro¬ 
vince de Liège. Il signale surtout un récit sous le titre de la 
Warde des Steppes , dans lequel l’auteur prouve comment 
le comte Henri I. er de Louvain expia, à la Warde des 
Steppes, dès l’année suivante, le sac de Liège en 1212, 
et un morceau relatif à l’histoire de la révolution de 
Liège, ayant pour titre : Henri de Dînant. 

— M. le Président rappelle qu’il est d’usage de publier 
quelque temps avant l’assemblée générale un programme 
des questions qui devront y être discutées. Il propose 
de les publier dans le bulletin qui va paraître et de 
charger de ce soin une commission. 

Cette proposition est adoptée et la commission se com- 


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— 159 — 

posera du bureau auquel sont adjoints MM. Bouthors et 
Rigollot. 

—La Commission a publié depuis le programme suivant 
des questions à traiter dans la séance générale de 1851 : 

l.° Quels caractères distinguent d'une manière positive les 
sépultures de l’époque celtique, de l’époque gallo-romaine , de 
l’époque mérovingienne et du moyen-âge jusques au xiv.® siècle? 

%° Connaît-on en Picardie des bâtiments civils de la période 
romane, vulgairement appelée byzantine ? 

3. ° Quels sont, dans cette province, les principaux pèlerinages? 
Quelle origine et quelles vertus la tradition locale leur attribue- 
t-elle ? 

4. ° Quels sont les manuscrits conservés dans les bibliothèques 
publiques ou privées du département de l’Oise, qui mériteraient 
d’être publiés par la Société des Antiquaires de Picardie, dans sa 
Collection in-4.° de documents inédits concernant la province ? 

Les comités de Beauvais, de Noyon, de Compiègne et de 
Clermont sont tout particulièrement invités à signaler ceux de 
ces manuscrits qui se rattacheraient à l’histoire locale de leur cir¬ 
conscription ou d’une manière générale à la partie de l’ancienne 
Picardie dont on a formé depuis le département de l’Oise. 

— M* le Président rappelant la perte que la Société 
vient de faire de l’un de ses membres les plus distingués, 
M. Dupont White, dont elle a couronné le beau travail 
ayant pour titre : la Ligue à Beauvais , et applaudi plu¬ 
sieurs notices pleines d’intérêt, exprime le vœu qu’une 
courte notice insérée au Bulletin témoigne des regrets 
que cette perte a fait éprouver à la Société. 

La Société s’associe unanimement à ce vœu et charge le 
secrétaire-perpétuel de la rédaction de la notice qui devra 

14/ 


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160 — 


être insérée au Bulletin actuellement sous presse (1). 

— La Société désirant s’associer à toutes les manifes¬ 
tations qui ont pour but d’honorer les sciences et les arts, 
et aux honneurs rendus aux grands hommes qui ont fait 
la gloire de la Picardie, vote pour la statue de Jacques 
Sarrazin, peintre et sculpteur, premier recteur de l’Aca¬ 
démie des beaux-arts, né à Noyon en 1592, une somme 
de 100 fr. , et elle exprime le regret que ses ressources 
ne lui permettent point de prendre une part plus large à 
cette œuvre de patriotisme. 

— Un membre rappelle la proposition qui a été faite 
l’année dernière relativement à une médaille d’argent à 
l’effigie de Du Cange, qui serait décernée chaque année 
par la Société des Antiquaires de Picardie, au premier 
prix d’histoire dans la classe la plus élevée du Lycée 
d’Amiens, où cette faculté est enseignée. Il lui parait 
convenable de témoigner ainsi à M. le Ministre de 
l’Instruction publique la reconnaissance de la compagnie 
pour les marques d’intérêt qu’elle vient d’en recevoir. 

Le conseil municipal d’Amiens s’est associé avec le 
plus généreux empressement à la pensée d’honorer la 
mémoire de Du Cange ; le Conseil général de la Somme 
n’a point voulu rester indifférent à un projet qui a ren¬ 
contré partout les sympathies les plus éclairées. Le bien¬ 
veillant appui qui de toutes parts est venu seconder l’ac¬ 
tion de la Société, lui a fait contracter une dette de recon¬ 
naissance, et elle ne pourrait mieux faire pour l’acquitter 
que de distribuer chaque année, dans l’établissement prin- 


(Voir la notice page 146). 


X 


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— 161 — 


cipal d’instruction publique du département, la médaille 
même sur laquelle le monument est gravé. 

A ces considérations toutes de convenance, le même 
membre en ajoute d’autres qui lui paraissent non moins 
puissantes. 

La Société se consacre à l’étude de l’histoire et à la 
conservation des monuments ; il ne peut lui suffire d’ex¬ 
citer le zèle du moment pour le culte du passé; elle doit 
encore songer à l’avenir et disposer les générations fu¬ 
tures à continuer l’œuvre qu’elle a si laborieusement 
entreprise : répandre le goût des études historiques, c’est 
préparer à l’homme de douces jouissances et le rattacher 
à sa patrie par le culte des souvenirs qui en font la gloire. 
Une récompense spéciale peut contribuer beaucoup à 
entretenir l’émulation parmi la jeunesse qui étudie l’his¬ 
toire, et si cette fondation ne suffit point pour assurer 
un successeur à Du Cange, du moins elle témoignera 
des efforts de la Société pour conserver dans sa patrie 
l’amour des travaux sérieux qui en ont fait le genie 
même de l’érudition. 

L’auteur de la proposition demande qu’il soit pris une 
délibération à ce sujet., afin qu’elle puisse recevoir son 
exécution à la prochaine distribution des prix. 

Cette proposition, vivement appuyée, est immédiate¬ 
ment prise en considération et, à l’unanimité, la résolu¬ 
tion suivante est adoptée : 

La Société, désirant encourager l’étude de l’histoire 
dans la patrie de Dufresne Du Cange et reconnaître, autant 
qu’il est en son pouvoir, ce qu’elle doit aux sympathies 
du Gouvernement, du Conseil général de la Somme et 


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* 



— 162 — 


notamment du Conseil municipal d’Amiens qui se sont 
associés vivement à la pensée de lui élever une statue. 

Arrête : 

« Art. 1 er . — Une médaille en argent, & l’effigie de 
Dufresne Du Cange, sera décernée annuellement à chaque 
distribution de prix du lycée d’Amiens, à l’élève qui aura 
remporté le 1." prix d’histoire dans la classe la plus 
élevée où cette faculté sera enseignée. 

» Art. 2. — Cette médaille portera sur la tranche 
l’inscription suivante pour 1851. — Lycée d’Amiens .— 
Classe de Rhétorique. Au l.' r prix d? histoire. La Société 
des Antiquaires de Picardie, 1851. » 

» Art. 3. — La présente délibération sera soumise à 
l’approbation de M. le Ministre de l’instruction publique.» 

Séance du 14 mai 1851. — Un membre rappelle, au 
sujet du prix d’histoire qui a été proposé dans la der¬ 
nière séance, la promesse faite par M. Génin, délégué 
de M. le Ministre de l’instruction publique, lors de l’inau¬ 
guration de la statue de Du Cange, de donner au Lycée 
d’Amiens le nom de l’illustre savant, et demande s’il ne 
conviendrait point de solliciter cette dénomination qui sem¬ 
ble avoir été l’objet d’un arrêté pris par M. le Ministre, 
d’après ces paroles de M. Génin : « au Lycée Corneille de 
Rouen; au Lycée Descartes de Tours, Amiens dès aujour¬ 
d’hui peut opposer sans désavantage son Lycée Du Cange. » 
Un membre répond qu’il a pris à cet égard quelques 
informations desquelles il résulte que, l’arrêté qui était en 
projet n’ayant point reçu d’exécution, le changement 
ne pourrait avoir lieu sans une demande du conseil mu¬ 
nicipal de la ville d’Amiens dont le Lycée porte le nom. 


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— 163 — 


Il ajoute qu’aujourd’hui le Conseil académique du dépar¬ 
tement devrait aussi être saisi de cette question et donner 
son ayis. 

Aucune proposition formelle n’étant faite à ce sujet, la 
Société passe à l’ordre du jour, après avoir toutefois in¬ 
vité M. le Président à s’entretenir avec M. le Recteur de 
la marche à suivre pour arriver à ce changement de dé¬ 
nomination. 

— M. le Président propose à la Société de voter des 
remerciements à M. Leprince pour le don qu’il vient de 
faire à la ville de sa propriété du faubourg de Noyon, 
située au lieu dit la Fotse-Ferneuse, à la condition d’af¬ 
fecter l’étage supérieur de la Halle aux grains à l’établis¬ 
sement d’un Musée d’antiquités, de beaux-arts et d’histoire 
naturelle, jusqu’au moment où l’administration pourra 
consacrer le reste de l’édifice à la même destination. 

Il ne doute pas que le don ne soit accepté avec empres¬ 
sement par l’administration qui depuis longtemps avait 
conçu le projet de doter la ville d’un Musée et qui, plus 
d’une fois , avait exprimé à la Société le désir de pouvoir 
placerplusconvenablement la collection d’antiquités qu’elle 
a formée. 

Cette proposition est accueillie par d’unanimes applau¬ 
dissements. 

M. Leprince remercie la Société , il sait combien elle 
desire la réalisation de ce projet, et s’estimera heureux 
d’avoir pu loi venir en aide pour la création d’un établis¬ 
sement qu’elle appelle depuis longtemps de tous ses vœux. 

Un membre demande quelle part a prise la Société 
dans la commission d’organisation du Musée qui vient de 


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— 164 — 


se former et dont le manifeste a paru dans les journaux. 
Il pense qu’elle aurait pu être consultée utilement, et 
qu’elle eût introduit dans la commission des éléments qui 
paraissent lui manquer. 

Un membre répond que le comité d’organisation du 
musée est une création toute spontanée provoquée par 
M. Leprince; que l’intervention de la Société d’une ma¬ 
nière officielle ne pouvait être demandée, qu’il n’y a rien 
encore de certain, et qu’il convient que la Société réserve 
toute son action pour l'époque où la pensée de M. Leprince 
sera réalisée ; qu’alors seulement elle pourra réclamer 
sa part dans l’organisation, pour la partie qui concerne 
plus spécialement ses attributions et ses études. 

— M. Guerard a la parole pour une lecture sur les 
fondations faites en faveur de l’église paroissiale de Saint- 
Germain d’Amiens. L’examen des registres aux comptes 
et des titres de cette paroisse ne lui a fourni aucune fon¬ 
dation qui remontât au-delà du xiv. a siècle. Il n’en existe 
qu’une de ce temps, les autres sont du xv.*, xvi.*, xvn.* 
et xvm.® siècle et c’est vers le xvn.“ siècle que ces actes 
sont les plus nombreux. Les testaments dans lesquels les 
mourants règlent leurs funérailles en déclarant préalable¬ 
ment qu’ils ne veulent point mourir intestats, sont du 
xvii.* et du xviii.* siècle ; un seul remonte au xvi*. 

La fondation du xiv* siècle est celle de Jacques Petit, 
chanoine, pour up obit qui ne se disait plus dès le xvi.* 
siècle, quoique fondé à perpétuité. — Au xv.* siècle Mi¬ 
chel Acatelle, bourgeois, fonde deux services solennels 
en la chapelle St.-Nicaise, et en règle toute l’ordonnance. 
— En 1441 Pierre Harlu déclare vouloir être enterré 


V 


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— 165 — 


dans l’église et règle aussi ses funérailles. —En 1450 
Henri Lemaistre et Jacqueline de Fontaine, sa femme, 
donnent à l’église un fief sis à Mézières-en-Santerre. C’est 
cette donation qui aurait valu, suivant la tradition, le nom 
de fous donné aux paroissiens de St.-Germain. M. Gue- 
rard entre ici dans de plus longs détails. Un fait assez 
curieux c’est que les exécuteurs testamentaires s’étant 
pourvus devant le roi à l’effet d’obtenir des lettres d’a¬ 
mortissement , le roi les leur accorda au mois de janvier 
1450, et les droits à payer furent fixés à 400 livres tour¬ 
nois lesquelles furent affectées au rachat de la terre et 
seigneurie de Dun-le-Roy, qui avait été donnée en gage 
par Charles YII à un chevalier gascon, nommé Robert 
Soignac, pour 380 réaux d’or. 

La suite de la lecture de ce travail qui est écouté avec 
le plus vif intérêt, est remise à quinzaine. 

Séance du 28 mai 1851. — M. Bouthors a la parole 
pour la lecture de quelques notes qui doivent servir de 
développement au texte des coutumes locales du bailliage 
d’Amiens. Dans une note sur la Waide, Guède ou Pastel 
(Isatis tmctoria) qui se cultivait en grand dans les environs 
d’Amiens pour l’extraction du bleu, avant l’introduction de 
l’indigo dont l’usage ne fut libre qu’en 1737, il fait voir, 
d’après le rôle de l'aide à Amiens, que cette marchandise 
a, de 1386à 1389, produit annuellement environ 1130 
livresparisis, qui représenteraient aujourd’hui 67,800 fr.; 
ce qui donne, en supposant l’impôt du dixième du prix 
de la marchandise, un capital engagé de 678,000 fr. qui 
se répartit sur 32 maisons, et attribue à chacune d’elles 
un peu moins de 22,000 fr. par année. — M. Bouthors 




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fait voir que la convocation des habitans de Chelers dans 
le cimetière, pour le renouvellement du corps de ville, 
n’est pas sans précédent historique; qu’elle est en rap¬ 
port avec la tradition primitive, et que, jusqu’à la fin 
du 13.* siècle, les parvis des églises et les cimetières 
furent souvent choisis pour la tenue des assises. — Un 
article de la coutume de Pernes relative à l’administration 
des biens des enfants mineurs lui donne occasion de mon¬ 
trer que les communes du moyen-âge ne se bornaient pas 
seulement à prendre l’administration des biens des en¬ 
fants mineurs, mais qu’elles veillaient au gouvernement 
de leur personne, fixaient les conditions de la durée de 
leur apprentissage, et embrassaient en un mot toutes les 
phases de la vie de l’orphelin , depuis le jour où il était 
placé sous sa protection , jusqu’à celui où il pouvait se 
suffire à lui-mème.—La coutume de Fouquevillers fournit 
une note sur l’usage de terminer les plaids par des repas 
que les seigneurs offraient aux échevins qui leur avaient 
prêté concours et assistance. L’auteur fait voir que cet 
usage est une tradition des mœurs germaniques, et qu’on 
ne peut douter qu’il n’ait été emprunté à l’Allemagne par 
la France du Nord , quand on compare les coutumes des 
deux pays.—M. Bouthors explique la coutume de Lens, 
qui permettait aux bourgeois d’avoir une pièce de vin à 
trois, par la coutume d’Amiens et le mode de la levée de 
l’aide sur le vin, qui faisait préférer aux bourgeois de 
laisser chez les taverniers une pièce de vin portant le nom 
de leur famille, pour s’épargner les visites du fisc. 

— M. Guerard continue la lecture de ses recherches 
sur les fondations faites en faveur de l’église de St.-Ger- 


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— 167 — 


main : Ce sont celles de Jean de Bertangles, Colay Va- 
lente, femme de Mathieu Brescot, Jeanne de Beaupigné, 
Marie Lecouvreur. Les donations de ces deux dernières 
servirent en partie pour l’agrandissement de l’église. — 
La liste des fondations du xvi. e siècle est ouverte par 
Nicolas Delattre et Claire Dupoat, sa femme, qui donne 
sa maison pour agrandir l’église, à condition d’être en¬ 
terrée à la place où elle avait coutume de s’asseoir. — 
Jean Revelois, dont la famille fournit à l’église plusieurs 
bienfaiteurs, fonde une messe solennelle des Cinq-Plaies 
qui sera chantée chaque vendredi avec orgue, diacre, 
sous-diacre et choriste. — Jean Lestren, Augustin de 
Maucourt, Jean Leclerc , Jean Lebel, la veuve Delavier, 
Jean Geech, Isabeau Crossette, Antoine Morel, Claude 
Lecaron, Jacqueline Magnier, enrichissent encore l’église 
par des fondations d’obits et de messes dont les conditions 
sont réglées par eux. 

— M. Breuil lit la première partie d’un rapport sur le 
travail de M. l’abbé Santerre relatif au culte des eaux 
et des fontaines. 

Séance du 11 juin 1851. — Le secrétaire perpétuel 
dépose un mémoire envoyé pour le concours , ayant pour 
titre : 

« Dissertation sur les principales constructions civiles 
» du département de l’Oise, considérées sous le rapport 
» de l’histoire de l’art, depuis les temps les plus reculés 
» jusqu’à la fin du xvn.” siècle. » — Avec celte épi¬ 
graphe : 

La génération présente doit conserver avec soin les monuments 
du passé... le temps se charge trop tôt de les détruire, c’est à 
elle d’en perpétuer le souvenir. 

LE DUC DE LUYNES. 


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Un billet cacheté portant la même épigraphe est joint 
au mémoire. 

Le mémoire est envoyé à l’examen d’une commission 
composée de MM. Rigollot, Garnier, Guerard, Jourdain 
et Dufour. 

— Lecture est donnée de la lettre suivante de M. le 
Ministre de l’instruction publique, en date du 30 mai 
1851 : 

« Monsieur le Président, 

» Vous m’avez fait l’honneur de solliciter, au nom de la Société 
des Antiquaires de Picardie, l’autorisation de donner annuelle¬ 
ment au prejnier prix d’histoire de la classe la plus élevée du 
Lycée d’Amiens, une médaille en argent à l’effigie de Dufresne 
Du Gange. 

» Je m’empresse de vous annoncer que , d’après l’avis de la 
section permanente du Conseil supérieur de l’instruction pu¬ 
blique , j’ai approuvé la fondation proposée par la Société des 
Antiquaires de Picardie. 

» Je vous prie de vouloir bien remercier, en mon nom, la So¬ 
ciété de sa généreuse manifestation qui témoigne à un haut degré 
de l’intérêt qu’elle porte aux études historiques du Lycée d’A¬ 
miens. » 

» Recevez, etc. 

» DE CnOUSElLHES. » 

— Sur l’invilation faite par la Commission du monu¬ 
ment à élever à Galland, dans le bourg de Rollot, la 
Société délègue pour la représenter MM. Rigollot, Breuil 
qui y lira une pièce de vers dont il a donné lecture à la 
séance générale de 1850, Garnier et Dufour, et engage 
les membres qui le pourraient, à s’adjoindre à leurs col¬ 
lègues. 

— M. Rigollot fait un rapport verbal sur la première 


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— 169 — 


livraison d’une publication ayant pour titre : Annales 
Boulonnaises , et rédigé par M. Morand et M. l’abbé Yan 
Drivai. Il signale comme d’un haut intérêt un travail sur 
les éphémérides de l’histoire de Boulogne pour le mois de 
janvier, et dans lequel les faits ne sont point seulement 
rapportés, mais éclaircis par des notes. — Un travail 
bibliographique fait avec beaucoup de soin lui paraît mé¬ 
riter une mention spéciale. Il s’agit de Matheolus, l’au¬ 
teur d’un poème latin sur le mariage, traduit en vers 
français au xiv.* siècle par Jean Lefebvre, et que M. Mo¬ 
rand revendique comme une illustration boulonnaise. 
Jean Lefebvre, né à Ressons, département de l’Oise, ap¬ 
partient aussi à la Picardie. M. Morand a donc, en 
détruisant l’opinion accréditée au sujet de l’individualité 
de Matheolus et de son traducteur, non-seulement élucidé 
un pqint de l’histoire littéraire de la France, mais surtout 
donné un bon chapitre à l’histoire littéraire encore à faire 
de la Picardie. — L’étude sur le monument funéraire de 
la galerie égyptienne du musée de Boulogne par M. Van 
Drivai, a pour but de démontrer l’importance de ce mo¬ 
nument qui représente une des scènes principales du 
jugement de l’âme. M. le rapporteur se déclare incompé¬ 
tent à formuler un jugement sur ce travail, et ne peut 
qu’exprimer le plaisir que lui a procuré cette lecture. 

—M. Guerard fait un rapport verbal sur trois notices 
de M. l’abbé Decorde contenant la description historique 
et archéologique des cantons de Neufchâtel, Blangy et 
Londinières. L’auteur, dit-il, ne se borne point à une 
simple nomenclature, à un froid inventaire des églises, 
des monuments divers de chaque commune ; il raconte les 


y 


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faits, les légendes, les croyances et recherche l’origine 
des pélérinages et des cérémonies particulières aux di¬ 
verses localités. Les détails sur les familles ont surtout 
un intérêt réel pour la Société, car plusieurs des familles 
nobles des verriers du pays de Bray, appartiennent à la 
Picardie. En résumé il félicite M. l’abbé Decorde de ses 
travaux et ne doute pas que la Société ne trouve dans son 
zèle et son talent un collaborateur distingué. 

— M. Dufour donne lecture d’une lettre de M. le doc¬ 
teur Daniel de Beauvais, auquel il avait demandé une 
liste des saints du Beauvaisis. M. Daniel ajoute à la liste 
des saints des détails curieux sur le culte dont ils sont 
l’objet, sur les usages locaux, les pélérinages, la fête de 
Ste.-Angadrême et la procession de l'assaut. 

M. Dufour ajoute qu’il s'occupe activement avec M. 
Garnier de la rédaction de l’Annuaire, qui a été demandé 
par le Conseil général de la Somme, sur la proposition de 
M. le Préfet, et que déjà il a terminé le calendrier picard 
de 1852, dans lequel il n’a admis que des saints nés ou 
honorés, morts ou martyrisés en Picardie, en indiquant 
quelques événements relatifs à l’histoire ecclésiastique et 
hagiologique de cette province. 

Séance du 9 juillet 1851. — Lecture est donnée de la 
lettre suivaifte de M. Hardouin : 

« Mon cher Collègue et Président, 

» J’ai la, dans le dernier bulletin, la proposition deM. Dufour 
et la délibération de notre Société au sujet de ceux des MSS. de 
Du Gange qui paraîtraient de nature à être publiés comme docu¬ 
ments inédits de l’histoire de Picardie. 

» Accepter avec empressement la mission que mes collègues 
ont bien voulu me confier, et travailler promptement et de mon 


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— 171 — 


mieux à son accomplissement, c’est le seul tribut de gratitude 
qu’il me soit permis d’offrir en échange du nouveau témoignage 
de bienveillance que je viens de recevoir. 

» Sans adresser, dès aujourd’hui, un rapport circonstancié 
que je ne manquerai pas de faire parvenir au Comité central pour 
l’époque de la plus prochaine assemblée générale, je crois devoir 
consigner ici la substance de ce rapport. 

» Le manuscrit de VHistoire des Comtes de Montreuil et de 
Ponthieu , et diverses notices isolées qui se rattachent à des faits 
ou à des titres d’un haut intérêt pour l’histoire des parties mari¬ 
times de la Picardie, ont dû fixer tout particulièrement mon 
attention. 

» Dans un chapitre préliminaire écrit avec une remarquable 
vigueur, notre célèbre érudit annonce qu’il s’est proposé de 
substituer aux fables et aux romans (il faisait surtout allusion ici 
aux divagations de Malbrancq), le dépouillement des textes pu¬ 
bliés ouinédits dont l’authenticité ne lui paraîtrait pas douteuse. 
Il a tenu parole, bien entendu, et son ouvrage me paraît de plus 
en plus digne de la publicité donnée aux Comtes d'Amiens. Il 
rentre d’ailleurs incontestablement dans la catégorie de ceux 
qui embrassent ce que j’appellerai les faits généraux de l’histoire 
de Picardie, et sur l’utilité des quels ont insisté avec tant de raison 
MM. les Membres du Comité central et l’auteur de la proposition. 
Une division par chapitres, quelques légers compléments de 
rédaction, des annotations enfin qui ne feraient que se juxtà-poser 
au texte sans en altérer en rien la sincérité, seraient, désormais, 
en ajoutant quelques titres ou fragments également inédits, le 
seul travail à faire pour transformer l'histoire des Comtes de 
Montreuil et de Ponthieu avec ses annexes, en une publication 
pleine d’intérêt. Son étendue ne dépasserait pas, même avec une 
introduction et les notes, 200 à 250 pages du format des Coutumes 
locales du bailliage d’Amiens dont notre très-savant collègue 
M. Bouthors poursuit si heureusement l’édition. 

« Dans le cas où le Comité central jugerait devoir procurer, 
dès maintenant, à sa bibliothèque une copie collationnée, indis- 


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172 — 


pensable du reste pour l’édition, si elle venait à être résolue, je 
me ferais un plaisir de traiter ici aux conditions les . moins oné¬ 
reuses que possible pour ce travail, et de procéder moi-même à 
la collation. 

» Agréez, mon cher Collègue et Président, mes compliments 
bien affectneux. 

» H. Hardouin. » 

La Société, en remerciant M. Hardouin de cette pre¬ 
mière communication, renvoyé à son bureau l’apprécia¬ 
tion des mesures à prendre pour obtenir la copie du MS. 
de Du Gange. M.’ Hardouin sera invité à vouloir bien en 
préparer l’édition. 

—M. Dufour, au nom de la commission chargée de 
l’examen du mémoire envoyé au concours, fait un rap¬ 
port verbal sur ce travail dans lequel il signale le talent 
avec lequel on a présenté des aperçus généraux sur la 
marche de l’art ; mais il signale ensuite le peu de dévelop¬ 
pement donné par l’auteur à la description des monu¬ 
ments , alors que le programme de la Société demandait 
surtout une monographie abrégée de chaque construction 
civile qui.méritait d’être décrite. En conséquence, la 
commission regrettant de ne pouvoir accorder le prix pro¬ 
posé , mais reconnaissant que l’auteur, qui s’est montré 
■ en plus d’un point un archéologue distingué, pourrait 
compléter son travail, y ajouter les dessins indispensa¬ 
bles en pareille matière, et en faire une œuvre réelle¬ 
ment remarquable, émet le vœu que le même sujet soit 
remis au concours pour l’année 1853. 

Les conclusions de la commission sont mises aux voix 
et adoptées. En conséquence il sera proposé à l’assemblée 
générale qui , suivant l’art. 34 du réglement, fixe les 


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— 173 — 


sujets de prix, de proroger celui-ci pour l’année 1853. 

— La Société fixe ensuite au dimanche 20 juillet, à 
neuf heures du matin , son assemblée générale annuelle. 
Cette époque coïncidera avec l’inauguration de la statue 
de Gresset, et permettra ainsi aux membres étrangers 
d’assister aux fêtes qui sont annoncées comme devant 
être fort brillantes. Mais , par suite du programme, 
la Société ne pourra tenir de séance publique ; ses statuts 
d’ailleurs l’en dispensent , lorsqu’il n’y a point de prix à 
décerner. 

— M. Dufour rend un compte verbal de l’inauguration 
du monument élevé à Galland, le 29 juin dernier, dans 
le bourg de Rollot, à laquelle assistait une députation 
de la Société composée de MM. Antoine, Bouthors, Breuil, 
Dufour et Garnier. Cette cérémonie à laquelle s’étaient 
rendus M. le Sous-Préfet de Montdidier, MM. les repré¬ 
sentants De Lagrenée et Labordère, des gardes nationaux 
de toutes les communes voisines, s’est faite avec la plus 
grande dignité et tout l’éclat que comportent les lieux. 
Plusieurs discours ont été prononcés , l’un par M. le 
docteur Debourge, président de la commission , qui a 
raconté la vie de Galland ; l’autre par M. Galoppe- 
d’Onquaire qui a retracé l’histoire du monument dû au 
talent deM. Destremont, de Rollot. M. Garnier , au nom 
de la Société, a indiqué la part de Galland dans le dé¬ 
veloppement qu’a pris l’étude des langues orientales. 
M. Breuil a lu une pièce de vers en l’honneur de Galland; 
et M. Labordère a terminé par une courte allocution. — 
Cette cérémonie a été suivie li’un banquet auquel la dé¬ 
putation de la Société a été invitée. 

15. 


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— Un membre rappelle que, lors du don que M. de 
Lagrenée a fait à la Société, à l’occasion de l’inaugura¬ 
tion de la statue de Dufresne Du Cange, du magnifique 
cabinet d’antiquités grecques qu’il s’était formé pendant 
son ambassade à Athènes, et auquel il attachait tant de 
prix, on avait regretté que la médaille de Du Cange ne 
fût point encore terminée, ce retard privant la Société 
d’un moyen d’exprimer, d’une manière durable, sa re¬ 
connaissance à l’honorable représentant. Mais cette mé¬ 
daille est aujourd’hui frappée, et rien ne s’oppose plus à 
ce que la Société réalise sa première pensée. 

Par suite de cette communication, il est arrêté qu’une 
médaille en broqze doré, à l’effigie de Dufresne Du Cange , 
sera offerte à M. de Lagrenée, comme un témoignage de 
profonde reconnaissance, et qu’elle portera sur la tranche 
cette inscription : Musée d’Amiens. Antiquités grecques. 
A M. T. de Lagrenée, donateur, la Soc. des Anliq. de 
Picardie, reconnaissante. Août 1849. 

Séance générale annuelle du 20 juillet 1851. — La 
séance est ouverte à 9 heures du matin, dans la grande 
salle des Feuillants, sous la présidence de M. l’abbé 
Duval, président. 

Sont présents : 

MM. Dufour , Bisson de la Roque , Cheussey , Lemer- 

CH1ER , LePRINCE , GUERARD , RlGOLLOT , FORCEVILLE , BOU- 

thors et Garnier , membres titulaires résidants. 

MM. Fabignon , de Beauvais ; de Septenville, de Li- 
gnières-Chàtelain ; Labourt , de Doullens ; Cotelle , de 
Paris » membres titulaires non-résidants (1). 

(1) MM. de Baecker, de Dunkerque ;Feret, de Clermont ; Hardouin, de 


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— 175 — 

M. Fournier, de Henri-Ville , membre correspondant. 

M. le Président ouvre la séance par l'allocution sui¬ 
vante : 

« Messieurs, 

» Je ne serais pas l'organe de la Société des Antiquaires de 
Picardie, si en ouvrant cette séance je manquais d'exprimer toute 
la satisfaction qu'elle éprouve du retour de cette solennité an¬ 
nuelle. Le bonheur qu'elle a en formant avec des membres étran¬ 
gers à cette cité des liens que le goût des mêmes études sérieuses 
a préparés d'abord et qu'une confraternité amicale ne tarde pas 
à resserrer plus étroitement, ce bonheur se trouve aujourd'hui 
doublé par la présence de ces collègues qui viennent nous ap¬ 
porter, avec leurs travaux, leur parole, et nous tendent géné¬ 
reusement la main, en même temps qu'ils nous font part de 
leurs richesses. 

» J'ai bien le droit, du reste, Messieurs, de nous féliciter, au 
nom de la Société, de l'union de tous ses membres, à quelque 
titre qu’ils lui appartienneut, union rendue visible pour ainsi dire 
dans cette enceinte. La Société est née de l'union de quelques 
hommes amis de l'étude autant que de leurs pays : le tronc pri¬ 
mitif n'est qu'un faisceau, son développement est dû aux 
branches qui sont venues se greffer sur ce tronc, et si toutes ses 
branches, aujourd'hui si nombreuses, ont produit quelque fruit, 
on peut dire que c'est le fruit de l'arbre tout entier. L’émulation 
qui excite le travail en commun, le profit qui revient à chacun 
des travaux de tous, le choc des opinions, le contrôle des obser¬ 
vations personnelles par les observations de tous, la facilité des 
publications faites sous un titre commun qui va si bien au talent 
modeste ,* voilà la sève qui fait vivre et qui féconde les Sociétés. 
Quand on envisage dans le passé les grands travaux historiques 
ou archéologiques qui ont le plus illustré notre pays et qui ont 

Paris ; Woillez , de Saint-Quentin , qui se sont rendus à Amiens , pour 
cette réunion, n’ont pu assister à la séance par suite de l’arrivée tardive 
du convoi. 

15/ 


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i 


— 176 — 


pris leur plaoe dans les annales de l'esprit humain sous des noms 
à jamais célèbres, on ne peut pas ne pas voir la part qu'ont prise 
à un même travail plusieurs mains modestes , mais laborieuses ; 
et,dans le présent, quand ce n'est plus la religion qui, après des 
sacrifices dont nous ne sommes plus capables, enrôle l'armée des 
pacifiques travailleurs et dirige leurs patientes études , il faut 
que l’association revive sous une autre forme, et qu'une religion, 
née de la réligion du patriotisme, couvre le sol de communautés 
d’un nouveau genre , passez-moi ce mot, dont chaque membre, 
apportant sa pierre, reprenne l’édifice élevé par nos pères, 
l’achève, le reconstruise quelquefois, et souvent le répare. 

» Il ne nous appartient pas de nous vanter nous-mêmes, Mes¬ 
sieurs, mais on me perraetlera sans doute de constater ce fait : 
Pensez-vous quesâns la Société des Antiquaires, sans son comité 
central, sans ses comités locaux, sans ses correspondants , sans 
les sociétés associées, les travaux que renferment onze volumes 
de mémoires, et d’autres publications annexes, existeraient pour 
la plupart? ils n’existeraiçnt pas, Messieurs, et ceux qui n'au¬ 
raient pas eu besoin du sol oh ils ont cru, pour naître et grandir, 
seraient à coup âûr moins complets. A qui étudie un monument, 
une charte, une médaille, une image, un mot, un trait, un 
linéament est souvent une révélation , cet éclair révélateur vient 
d'une discussion ou d'une lecture, d’un voisin ou d'un corres¬ 
pondant, d’un compatriote ou d’un étranger; de quelque paTt 
qu'il vienne, c’est de la communauté. 

» Donc, Messieurs , restons unis dans cette noble et profitable 
fraternité. De l'union naîtra le zèle , du zèle j des travaux qui 
honoreront le pays plus encore que leurs auteurs. Si tous les 
comités travaillent, si les correspondants écrivent, si les sociétés 
associées nous enrichissent de leurs travaux , si les assemblées 
particulières et générales sont suivies, il ne nous manquera rien 
de ce qu'il faut pour vivre et pour être utile. Beaucoup lire, beau, 
coup voir, beaucoup entendre, c'est la vie de l'archéologue. Il la 
rouvera parmi vous, Messieurs, et la Société des Antiquaires sera 
digne de la haute faveur qu’elle est sur le point de recueillir. » 


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— 177 — 


— M. le Secrétaire perpétuel fait un rapport verbal sur 
les travaux de la Société pendant l’année qui vient de 
s’écouler. Il fait voir comment les relations de la Société 
se sont étendues, et comment elle a établi de nouveaux 
échanges avec les Sociétés de Genève, de Lausanne, de 
Goettingue, de Berlin, de Luxembourg, de Liège, etc. Les 
encouragements que la Société était habituée à recevoir ne 
lui ont point manqué. Le conseil municipal a continué l’al¬ 
location en faveur du musée archéologique qu’elle a créé et 
dont elle conserve l’administration. M. le Ministre de l’ins¬ 
truction publique lui a accordé, à titre d’encouragement, 
une allocation de 500 fr. et M. le Ministre de l’intérieur 
une somme de 600 fr. pour l’aider à solder les dépenses 
du monument élevé à Du Cange. Le Conseil général a porté 
son allocation à1,000 fr. en la chargeant de la rédaction d’un 
annuaire du département actuellement sous presse. — La 
Société n’est point restée indifférente à ces encouragements; 
elle a proposé de fonder au Lycée d’Amiens un prix an¬ 
nuel d’histoire en faveur de l’élève qui aurait remporté 
le premier prix dans la classe la plus élevée où cette fa¬ 
culté est enseignée. Cette proposition, soumise par M. le 
Ministre de l’instruction publique au Conseil supérieur, a 
été approuvée. La Société aura donc le plaisir de donner 
cette année une médaille d’argent à l’effigie de Du Cange 
au premier prix d’histoire du Lycée d’Amiens. 

Enfin, ajoute-t-il, nous avons pensé que si la Société 
était reconnue comme établissement d’utilité publique, il 
lui serait plus facile de remplir la mission qu’elle s’est 
imposée. Cette demande a été faite , et nous recevons à 
l’instant de M. le Ministre de l’instruction publique la 


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— 178 — 


lettre suivante qui nous apprend qu’elle sera prochaine¬ 
ment accueillie : 

Paris, U juillet 1351. 

« Monsieur le Président, 

» J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire 
le 30 juin dernier, pour me prier de vous faire connaître le ré¬ 
sultat de la demande qui a été formée par la Société des Anti¬ 
quaires de Picardie à l’effet d’étre reconnue par l'État comme 
établissement d'utilité publique. 

» Je m'empresse de vous informer, Monsieur, que le Conseil 
d'Etat a émis un avis favorable sur cette demande. Un décret 
portant que la Société des Antiquaires de Picardie est reconnue 
comme établissement d'utilité publique a été immédiatement 
préparé. Ce décret est à la signature de M. le Président de la 
République, et j’aurai l'bonneur de vous en adresser une am¬ 
pliation lorsqu'il m'aura été renvoyé. 

» Recevez, Monsieur le Président, l'assurance de itia consi¬ 
dération distinguée. 

» Le Ministre de VInstruction publique et des Cultes , 

» DE CR0U8E1LHE8. » 

— M. le Secrétaire transmet les excuses je MM. de 
Betz et Bazot que leurs fonctions de Commissaires des fêtes 
inaugurales de Gresset empêchent d’assister à la séance; il 
exprime les regrets de MM. Daniel et Danjou, de Beauvais ; 
de Linas et A. d’Héricourt, d’Arras ; Féret, Bellanger et 
Ledict-Duflos, de Clermont, de ne pouvoir se rendre à la 
réunion. 

— M. le Directeur de l’Académie des sciences, agri¬ 
culture , commerce, belles-lettres et arts du département, 
de la Somme, écrit pour inviter la Société à assister à la 
séance qu’elle tiendra le 21 à midi, dans la grande salle 
de l’Hôtel-de-Ville, et à l’inauguration de la statue de 


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Gresset qui aura lieu à l'issue de la séance, dans le jardin 
de la Bibliothèque. 

La Société décide qu’elle se rendra en corps à cette 
double cérémonie. 

— M. Dufour fait le rapport suivant sur le mémoire 
envoyé au concours : 

« Messieurs, 

» Le concours de 1851 procédait d'une double nature ; le pro¬ 
gramme que vous en avez arrêté en 1849 était tout à la fois libre 
et déterminé, en ce sens que tout en désignant le sujet d'archéolo¬ 
gie à traiter, vous avez laissé au choix des concurrents la cir¬ 
conscription de l’ancienne Picardie qu’il leur conviendrait le 
mieux d’explorer. 

» Vous vous rappelez en effet que le sujet du concours fut 
proclamé en ces termes : 

» Signaler et décrire les constructions civiles renfermées dans 
un ou plusieurs arrondissements de Vancienne Picardie depuis 
les tems les plus reculés jusqu*à la fin du xvii .® siècle. 

» Ce programme qui semblait faire appel au zèle studieux de 
plusieurs de nos collègues, et les inviter à dresser Ai statistique 
monumentale des divers arrondissements qu'ils habitent, n’a 
cependant produit qu'un seul mémoire ; mais le cadre que l'au¬ 
teur s’est tracé nous dédommage par son étendue de la déception 
que nous avons éprouvée à ne voir qu’un seul concurrent entrer 
dans la lice. Il a entrepris, en effet, de nous donner une disser¬ 
tation sur les principales constructions civiles de tout le départe¬ 
ment de l'Oise, considérées sous le rapport de l’histoire de l’art. 

» L’auteur entre tout d’abord en matière par l’étude de l’archi¬ 
tecture militaire antérieurement au xvi.® siècle; il présente dans 
ce premier chapitre le tableau des principales constructions qui, 
destinées à servir d’habitation civile, n’en constituaient pas 
moins tout un système de défense qui permit de repousser parla 
force des armes les attaques si fréquentes à cette époque. C'est 
après avoir exposé ainsi ce qui reste dans le département d’en- 


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ceintes de villes et de constructions fortifiées, qu’il aborde l’his¬ 
toire de l’architecture civile en la divisant en plusieurs chapitres 
correspondants aux diverses transformations que l’art a subies. 

» Ce mémoire se termine par une indication chronologique, par 
arrondissement, des constructions civiles ou des restes d’édifices 
remarquables qui existent encore dans l’étendue du département 
de l’Oise ; c’est en quelque sorte un tableau synoptique des mo¬ 
numents publics ou privés qui recommandent si vivement cette 
partie sud de l’ancienne Picardie à l’attention des antiquaires et 
des touristes. 

» Telle est l’esquisse rapide que nous avions à donner du qié- 
moire avant de faire connaître le jugement qu’en a porté la com¬ 
mission chargée de Tapprécier. 

» Au temps où vivait Bergeron , le Valois renfermait 117 ch⬠
teaux de gentilshommes de race et 156 seigneurs fieffés possédant 
aussi dés châteaux. LeNoyonnais et leBeauvaisis, pour n’être pas 
aussi riches, comptaient cependant un grand nombre d’habita¬ 
tions seigneuriales d’une grande importance. Ce simple aperçu 
peut faire juger de l’étendue des engagements que l’auteur 
contractait en se proposant d’étudier l’architecture civile dans 
les arrondis|pments du département de l’Oise. C’était là un plan 
peut-être trop vaste pour le bien remplir; il ne devait point 
suffire, en effet, de signaler tout ce que l’art roman et ogival, 
et après lui la renaissance ont élevé d’édifices remarquables dans 
cette partie de l’ancienne Picardie, il fallait surtout en faire lnde&r 
cription et révéler, par des détails historiques et archéologiques, 
la valeur de chacune de ces constructions. Mais l’auteur paraît 
avoir reculé devant les développements dans lesquels l’examen 
d’un monument devait nécessairement l’entraîner; carson travail 
est plutôt une analyse qu’une description ; il indique, mais décrit 
peu. Pour se maintenir cependant dans les conditions du pro¬ 
gramme , il avait à faire une monographie abrégée de chaque 
construction civile qui méritait d’être signalée. Ce que demandait 
la Société, c’était un mémoire dont la précision ne laissât rien k 
désirer. 


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» Voici un passage que oobs croyons devoir citer, pour justifier 
le reproche que nous adressons au laconisme de l’auteur : — 
Page 23. 

« Le château de Thiers (arrondissement de Senlis), dont on 
» peut encore étudier les principaux détails, est un des édifices 
» curieux que nous ait légués le xrv.« siècle ; on reconnaît qu’il 
» était entouré de fossés et de boulevards. Ses murailles, d’une 
» grande solidité , ont plus de deux mètres d’épaisseur et sont en 
» grès. En plan il forme un carré à angles droits, délimité par 
» des murs flanqués de tours très-larges ; ce château, dont la 
» position au milieu de la forêt de Senlis , favorisait les entre- 
» prises des factions au moyen-âge , fut un de ceux dont on 
» ordonna la démolition au xv. e siècle. 

» Les restes du château de Goulancourt (arrondissement de 
» Beauvais), prouvent qu’à cette époque on construisait au de- 
» vant du corps principal des forteresses, des ouvrages avancés ; 
» les fortifications étaient ensuite entourées d’un double fossé ; 
» enfin, des tours nombreuses consolidaient et servent de dé- 
» fense aux portes et à ce corps principal. » 

» Comme vous le voyez, Messieurs , quelques lignes ont suffi 
pour acquitter cette dette de souvenirs que l’archéologue avait 
à remplir envers deux monuments curieux du xiv. e siècle ; il 
importait, d’autant plus cependant de faire connaître leur état 
actuel, que tous deux sont en ruines et que le jour n’est peut- 
être pas éloigné où il ne restera plus de leur ancienne splendeur 
que le passage qui vient d’être cité. Assurément, c’est trop peu ; 
une pareille mention est évidemment insuffisante pour satisfaire 
aux conditions de votre programme. La commission devait être 
d'autant plus frappée de cette forme abrégée d’appréciation, que 
dans quelques endroits le mémoire révèle le talent d’un archéo¬ 
logue distingué. Ses observations générales sur la marche de l’art 
ne laissent aucune place à la critique, et la science leur donnera 
sa complète adhésion ; mais elles ont reçu un développement 
qui a pu nuire à la direction du travail, et qui devait faire perdre 
de vue le sujet principal qu’il convenait de traiter. 


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» Un autre point qui doit être relevé, c'est la division du mé¬ 
moire en deux parties, l'une se référant à l'architecture militaire, 
et l'autre à l'architecture civile. Depuis le vi. e jusqu'au xvi.® 
8iècle,les forteresses renfermaient les principales habitations, 
et, comme l'auteur l’observe lui-même, c’est dans ces lieux qu'il 
est seulement possible aujourd’hui de retrouver les traces de l’art 
de bâtir dans le cours du moyen-âge. On s'est ici évidemment 
mépris sur le sens du programme; si la Société a restreint aux 
constructions civiles l’étude des monuments situés dans un ou 
plusieurs arrondissements, c'est par opposition, aux édifices re¬ 
ligieux, aux églises, aux abbayes qui déjà ont fait l'objet d'un 
concours. Vouloir séparer pendant le moyen-âge l’architecture 
militaire de l'architecture civile , c’est scinder l’histoire de l'art 
qui, tout en embellissant les demeures des puissants barons, se 
plaisait en même temps à hérisser leurs donjons de créneaux et 
à entourer leurs murailles de fossés pour les protéger contre les 
attaques du dehors. 

» En isolant ainsi l’architecture militaire de l’architecture ci¬ 
vile, l’auteur est tombé dans un inconvénient qu’il ne pouvait 
plus éviter. Plus d’un château encore debout aujourd’hui appar¬ 
tient tout à la fois par son système de défense à l’art militaire et 
par la disposition intérieure de l’habitation à ce que nous appelle¬ 
rons, par opposition, l’art civil. Il est arrivé de là qu’après avoir 
parlé d’un monument au point de vue militaire, l’auteur a été 
obligé de revenir sur le même sujet en le considérant sous le 
rapport domestique. Celle observation s’applique en particulier 
au château de Pierrefonds , qui est étudié sous ce double aspect 
dans les deux grandes divisions du manuscrit, d’abord à la page 
22, comme construction militaire, et ensuite à la page 48, comme 
monument civil. On aurait évité cette répétition en confon¬ 
dant avec raison les châteaux fortifiés et ceux qui ne l’étaient 
pas, dans une seule et même appréciation chronologique. 

» Cest pour faire la part égale entre l’architecture civile et 
l’architecture religieuse, c'est pour que la première n'ait rien à 
envier à la seconde qui a donné lieu à un excellent mémoire que 



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la Société des Antiquaires de Picardie couronna en 1845, que 
votre commission vous propose. Messieurs, de proroger le con¬ 
cours jusqu’en 1853. 

» L'auteur du manuscrit aura ainsi la facilité non-seulement 
de revoir son travail et d'y faire les modifications qui viennent 
d'être proposées, mais même de le compléter, en y ajoutant une 
suite de dessins qui sont indispensables pour bien saisir l’intérêt 
d’un monument. 

» En mettant moins de précipitation peut-être dans la rédaction 
de son mémoire, en donnant plus de développement et de préci¬ 
sion à ses observations sur les monuments qu’il étudie, en limitant 
même ses investigations à deux arrondissements seulement du 
département de l'Oise, l'auteur s’assurera une distinction qu'il 
nous tarde de lui décerner et pour laquelle tous nos vœux lui au¬ 
raient assigné rendez-vous à la réunion générale de l’an prochain, 
si déjà le programme du concours de 1852 n’était arrêté depuis 
l’année dernière. 

» Cette circonstance fait un devoir à votre commission de vous 
demander la prorogation du concours de 1851 à l’année 1853. » 

— M. le Président, rappelant l’art. 34 du réglement 
qui attribue à l’assemblée générale la- fixation des sujets 
de prix à mettre au concours, ouvre la discussion sur 
les conclusions de la commission. 

— M- Bisson de la Roque fait ressortir l’importance 
du travail présenté, l’intérêt de la question, et ne doute 
pas, si elle est remise au concours, que l’auteur ne com¬ 
plète son œuvre et ne la rende digne duprix, d’autant plus 
que le rapport a en quelque sorte développé le pro¬ 
gramme, et fait mieux connaître le point de vue sous le¬ 
quel la Société veut le faire envisager. 

Les mêmes considérations sont développées par plu¬ 
sieurs membres et les propositions de la commission, mises 
aux voix et adoptées. 


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184 — 


En conséquence, le programme du concours de 1851 
est prorogé à 1853. 

— M. Dufour fait ensuite la proposition suivante : 

« La Société décernera, dans sa séance générale de 1853, 
une médaille en or de cent francs à l’auteur de la meilleure 
collection de dessins, cartes et plans inédits, concernant 
les monuments de l’ancienne Picardie. » 

L’auteur fait valoir à l’appui les considérations qui lui 
paraissent recommander sa proposition à l’attention de la 
Société. Elle aurait l’avantage, dit-il , non seulement 
d’enrichir les archives de la Société d’une suite de dessins 
qui se rattacheraient à l’histoire monumentale de la Pi¬ 
cardie , mais aussi d’exercer le talent de jeunes artistes 
qui méritent d’être encouragés. D’ailleurs un monument 
qui est destiné à périr survit à sa ruine lorsqu’un dessin 
exact en reproduit le plan graphique, l’élévation et la coupe. 

— M. Labourt appuie la proposition; il l’envisage surtout 
au point de vue des gravures anciennes qui sont devenues 
excessivement rares et qu’il importe cependant de réunir 
pour étudier la configuration des villes dont on entreprend 
l’histoire. Il cite notamment les vues des châteaux par 
Chastillon, et une collection de gravures allemandes où 
sont figurés les principaux sièges de la Picardie. Mais la 
valeur du prix proposé lui parait insuffisante pour donner 
à ce concours l’importance et l’intérêt qu’il mérite. 

—M. Dufour répond que s’il n’a proposé qu’un prix de 
100 fr., c’est que les ressources modiques dont dispose la 
Société ne permettent point de faire plus quant à présent. 
C’est d’ailleurs un essai qu’il faut faire, et si l’expérience 
détermine à persévérer dans cette voie, il n’est pas clou- 


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teux que la Société ne donne plus d’attrait au concours 
en doublant la valeur du prix. 

— M. Labourt considère ce concours comme pouvant 
réaliser de sérieux avantages pour la Société et la cause 
de l’art qu’elle soutient avec tant d’ardeur ; mais les con¬ 
sidérations financières qui viennent d’ètre présentées lui 
semblent devoir être facilement surmontées, et l'honorable 
membre prie la Société de vouloir bien accepter une somme 
de 100 francs qui est immédiatement déposée sur le bu¬ 
reau au milieu des applaudissements de l’assemblée. 

—M. le Président remercie M. Labourt du témoignage 
de généreuse sympathie qu’il vient de donner à la Société, 
et il pense que ses collègues ne pourraient exprimer leur 
reconnaissance d’une manière plus convenable qu’en atta¬ 
chant le nom de l’honorable donateur au prix qui doit 
être fondé. 

Cette proposition est accueillie avec le plus vif empres¬ 
sement , malgré les protestations pleines de convenance 
du bienfaiteur, et la Société après avoir entendu plusieurs 
observations de MM. de La Roque, Rigollot, Garnier, 
Fabignon et Bouthors , sur les conditions du programme, 
arrête en ces termes le sujet du concours : 

Prix Labourt. 

« La Société décernera en 1853 une médaille en or de 
» la valeur de 200 francs à celui qui lui remettra la 
» meilleure collection de dessins , cartes et plans, tant 
» publiés qu’inédits, concernant les monuments de l’an- 
» cienne Picardie. 

» La collection qui sera couronnée deviendra la pro- 
» priété de la Société. » 


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— 186 — 


— La parole est ensuite donnée à M. de Septenville. 
L’honorable membre dans une notice dont la lecture est 
entendue avec les marques de la plus vive sympathie , 
présente un tableau aussi vrai que touchant des qualités 
publiques et privées de M. Dupont-Withe, décédé mem¬ 
bre non résidant de la Société. L’éloge qu’il fait de ses 
travaux distingués renouvelle dans le sein de l’assemblée 
les regrets qu’a produits à Amiens, comme à Beauvais, la 
mort de cet excellent collègue. 

La Société remercie M. de Septenville de son intéres¬ 
sante communication et arrête que sa notice sera immé¬ 
diatement publiée dans le bulletin. (Voir page 204.) 

— M. Forceville fait hommage à la Société de la mé¬ 
daille en bronze sur laquelle se trouve reproduite la statue 
de Gresset qu’il a exécutée en marbre, et dont l’inaugu¬ 
ration doit avoir lieu demain. 

M. le Président lui exprime les remerciements de la 
Société. 

—Plusieurs questions avaient été mises à l’ordre du jour 
et leur discussion devait amener diverses communica¬ 
tions qui avaient été annoncées au Comité central ; mais 
les dispositions prises pour la fête obligent à s’éloigner 
quelques membres qui ont accepté les fonctions dé com¬ 
missaires , et l’impossibilité, par suite du programme de 
l’administration, de réunir demain la Société, fait pronon¬ 
cer le renvoi de la discussion des questions historiques et 
archéologiques à la première assemblée générale. 

Séance ordinaire du 13 août. — M. le Président an¬ 
nonce à l’ouverture de la séance que la demande de la 
Société afin d’être reconnue par l’Etat comme établisse- 


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— 187 — 


ment d’utilité publique, vient d’être enfin accueillie. Il 
donne lecture de la lettre d’avis qu’il a reçue de M. le 
Ministre de l’instruction publique sous la date du 29 
juillet 1851. 

« Monsieur le Président, 

» J’ai l’hunneur de vous informer que par un décret rendu sur 
ma proposition par M. le Président de la République, à la date 
du 18 juillet 1851, la Société des Antiquaires de Picardie a été 
reconnue comme établissement d’utilité publique. M. le Préfet 
de la Somme est chargé de vous transmettre l’ampliation de ce 
décret. 

» Je suis heureux, Monsieur le Président, de pouvoir donner 
par cette décision, à la Société que vous présidez, une nouvelle 
prepve de l’intérêt qu’inspirent ses savants et utiles travaux. 

» Recevez, Monsieur le Président, etc., 

» Le Ministre de VInstruction publique et des Cultes, 

» De Crouseilhes. » 

M. le Président annonce que depuis il a reçu de M. le 
Préfet de la Somme une ampliation de ce décret, dont 
suit la teneur : 

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. 

AU HOM DU PEUPLE FRANÇAIS 

» Le Président de la République , 

» Sur le rapport du Ministre de l’instruction publique et des 
cultes ; 

» Vu la demande formée par la Société des Antiquaires de 
Picardie et tendant à être reconnue comme établissement d’uti¬ 
lité publique ; 

» Vu les statuts de la Société, ensemble les autres pièces 
jointes au dossier ; 

» Le Conseil d’Etat entendu, 

» DÉCRÈTE : 

» Art. l. er — La Société des Antiquaires de Picardie est re¬ 
connue comme établissement d’utilité publique. 


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» Art. 2. Les statuts de cette Société annexés au présent dé¬ 
cret sont et demeurent approuvés. 

» Art. 3. — Le Ministre de l’instruction publique et des 
cultes est chargé de l’exécution du présent décret. 

» Fait à VElysée national le 18 juillet 1851. 

» Signé: L.-N. BONAPARTE. 

» Le Ministre de l’Instruction publique et des cultes, 
» Signé : de Crouseilhes. 

» Pour copie conforme : 

» Le conseiller de préfecture, secrétaire-général, 

» Marotte. » 

Cette communication est entendue au milieu des mar¬ 
ques de la plus vive satisfaction ; et la Société invite son 
président à remercier M. le Ministre de l’Instruction pu¬ 
blique du nouveau témoignage de bienveillance qu’il vient 
de lui donner et surtout des termes flatteurs dans lesquels 
il lui a notifié la signature du décret. 

—M. le Secrétaire perpétuel donne communication d’une 
lettre par laquelle le comité de souscription de la statue 
de Sarrazin, invite la Société à l’inauguration de ce mo¬ 
nument , qui doit avoir lieu à Noyon, dans le courant de 
septembre. 

La Société décide qu’une députation la représentera à 
cette solennité, et elle désigne pour en faire partie MM. 
Duval, Dufour, Garnier, Rigollot, de Roquemont, de 
Grattier et Antoine. 

— L’ordre du jour appelle le rapport de la Commission 
qui a été chargée , dans la dernière séance, de présenter 
un projet de demande à M. le Ministre de l’instruction pu¬ 
blique, pour solliciter la fondation d’un concours annuel 


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— 189 — 


entre toutes les Sociétés savantes de la France départe¬ 
mentale. 

Cette commission composée de MM. Bouthors, Garnier 
et Dufour, donne lecture du mémoire qu’elle a préparé, 
et l’assemblée adopte le projet en ces termes : 

MÉMOIRE 

PRÉSENTÉ A M. LE MINISTRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE. 

Ah nom des Sociétés savantes de la France départementale, 

Par la Société des Antiquaires de Picabdie. 


DEMANDE D’UN CONCOURS ANNUEL. 


Monsieur le Ministre, 

La Société des Antiquaires de Picardie vient avec une 
respectueuse confiance appeler votre attention sur la po¬ 
sition précaire dans laquelle se trouvent les associations 
littéraires de la France départementale. Les témoignages 
de haute bienveillance que votre département se plaît ce¬ 
pendant à leur donner nous encouragent à vous proposer 
une mesure qui, en secondant mieux leur action com¬ 
mune, comblera une laoune dans les dispositions législa¬ 
tives qui se rattachent à leur organisation. 

Antérieurement à 1850, il était ouvert au budget, en 
faveur des Sociétés savantes, un crédit de 50,000 fr. qui 
se trouve actuellement réduit à 35,000 , et cette réduc¬ 
tion est d’autant plus regrettable qu’elle n’atteint que les 
départements où le- développement des études sérieuses a 
le plus besoin d’être encouragé. La seule part que les 

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Sociétés départementales puissent obtenir sur ce fonds 
consiste dans une subvention qui varie de 200 à 300 fr. 
Mais, pour obtenir cette faible allocation, elles ont à publier 
un volume dont les frais d’impression et la gravure des 
planches sont rarement inférieurs à 1,500 fr. L’insuffi¬ 
sance d’un pareil secours est tellement incontestable, que 
les Sociétés savantes de la capitale obtiennent en dehors 
une autre subvention, soit sur le crédit de 213,900 fr. 
affecté à l’achat de livres pour les bibliothèques publiques 
(art. 26 du budget de l'instruction publique pour 1851), 
soit sur un autre crédit de 120,000 francs d’une nature 
identique, mais qui est inscrit au budget sous le titre de 
souscriptions (art. 30). Ces deux crédits, qui se ratta- 
chent à la même nature de dépense , n’en font véritable¬ 
ment qu’un de 333,900 fr., sur lequel il n’est fait au¬ 
cune part aux Sociétés départementales. 

Les publications historiques et archéologiques entraî¬ 
nent cependant en province, pour leurs auteurs, des sa¬ 
crifices de temps et d’argent que les membres des Sociétés 
savantes de Paris n’ont pas à supporter. Quel ouvrage 
sérieux peut-on entreprendre sur l’histoire d’une ville ou 
d’un monumeht sans avoir à consulter, à la Bibliothèque 
nationale, les documents historiques qui se rattachent 
au sujet que l’on se propose de traiter. De semblables re¬ 
cherches au milieu de manuscrits qui, avant 1789, ap¬ 
partenaient à nos abbayes de province ou aux chartriers 
de nos communes, occasionnent des déplacements dispen¬ 
dieux que n’ont pas à faire les écrivains de la capitale. 
Je ne veux point m’étendre sur la différence de condition 
des sociétés départementales par rapport à celles dont le 


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— 191 — 


siège est au centre même des lumières et des matériaux 
historiques de toute nature. Ce que je tiens seulement à 
constater, c’est qu’en province les publications historiques 
et archéologiques ne sont inspirées que par le plus pur 
patriotisme et le désintéressement le plus absolu. De sem¬ 
blables études, si nobles dans leur principe, si attrayantes 
par leur résultat, n’y sont pas encore devenues l’objet 
d’une spéculation ; elles n’assurent aux travailleurs des 
départements aucun emploi rétribué dans les bibliothè¬ 
ques publiques de Paris, aucune mission scientifique aux 
frais du Gouvernement, et le peu de gloire qu’elles rap¬ 
portent à leurs auteurs ou à la Société qui a édité le fruit 
de leurs veilles, ne dépasse point le rayon académique qui 
l’a vu naître. 

Un pareil état de choses a éveillé l’attention du Gou¬ 
vernement. En 1845, M. de Salvandy, alors ministre de 
l’instruction publique, frappé de la position secondaire 
qui est faite aux associations départementales, avait cher¬ 
ché à relier leurs généreux efforts, et à donner à leurs 
travaux une plus grande publicité ; il tenait à faire valoir 
tout ce qu’il y a d’esprits sérieux et actifs dans les dé¬ 
partements , en mettant en relief ce qu’ils produisent 
d’œuvres distinguées et utiles. 

C’est pour réaliser cette heureuse pensée qu’à la suite 
de son rapport au Boi, il fut rendu, le 27 juillet 1845, 
une ordonnance qui porte : 

« Art. 6.—Tous les ans, à l’époque du 1." mai, 
» notre Minière Secrétaire d’Etat au département de l’ins- 
» tructioh publique, mettra sous nos yeux un rapport 
» sur les travaux de toute nature émanés des diverses 

16.* 


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— 192 — 


» Sociétés savantes du royaume et de leurs membres. Ce 
» rapport sera publié au Moniteur . » 

Mais cette ordonnance n’a jamais reçu la moindre ap¬ 
parence d’exécution, et cependant l’esprit qui l’avait fait 
édicter ne devait-il pas nécessairement conduire au con¬ 
cours que la Société des Antiquaires de Picardie sollicite 
aujourd’hui. Ce rapport aurait fait ressortir les services les 
plus signalés que quelques-unes des Sociétés savantes au¬ 
raient rendus à la science en général, et de là à la pensée 
de récompenser leur zèle et leur activité, il n’y avait 
qu’un pas que la bienveillance du Pouvoir aurait fran¬ 
chi tôt ou tard ; car dans la circulaire que M. le Ministre 
de l’instruction publique adressa aux présidents des So¬ 
ciétés savantes, sous la date du 23 juillet 1845, je re¬ 
marque ce passage : 

« Je désire également connaître, toujours au moment 
» où le programme est arrêté, l’époque des séances pu- 
» bliques, et être informé par l’envoi même du pro- 
» gramme, pour avoir le temps, toutes les fois où ce 
» serait convenable et utile, de faire intervenir d’une 
» façon opportune les témoignages de la sollicitude de 
» l’administration et de la haute bienveillance du Roi. » 

Quand la pensée d’un concours n’aurait point été dé¬ 
posée en germe dans les documents administratifs que je 
viens d’invoquer, cette mesure n’en serait pas moins 
d’une incontestable opportunité et de nature à exciter 
l’émulation la plus vive et la mieux soutenue parmi les 
diverses compagnies qui se sont donné, datfe les départe¬ 
ments, la noble mission de conserver le précieux dépôt 
des traditions historiques. 


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— 193 


€e concours ne peut avoir de programme déterminé; 
il faut laisser aux Sociétés la faculté d’entreprendre les 
travaux qui répondent le mieux aux besoins des localités. 
Chaque province n’est point également favorisée sous le 
rapport des souvenirs ou des monuments. Au Midi de la 
France, qui est si riche en antiquités gallo-romaines, le 
centre peut opposer avec avantage ses magnifiques cons¬ 
tructions féodales, et le Nord, les précieux vestiges de 
ses institutions communales. Le mieux à faire est donc 
d’abandonner chaque compagnie à sa propre impulsion et 
de soutenir son zèle par l’attrait d’une récompense assez 
élevée qui, en augmentant ses ressources, lui permette 
de donner plus d’extension à ses travaux. 

Les publications ne forment qu’une partie de la dépense 
que les Sociétés savantes prennent à leur charge dans les 
départements. Vous n’ignorez pas, Monsieur le Ministre, 
que plusieurs d’entre elles entreprennent des fouilles , 
achètent pour leur collection des objets d’art ou d’anti¬ 
quités, contribuent, dans la sphère très-restreinte de leurs 
moyens, à la réparation d’un monument en ruine , et 
prennent part aux souscriptions ouvertes pour l’érection 
des statues qui s’élèvent, dans leur circonscription scienti¬ 
fique , aux grands hommes dont la province a été le ber¬ 
ceau. Ce sont là autant de causes de dépenses qui ont un 
caractère évident d’utilité publique, et qui ne peuvent 
être acquittées cependant qu’avec le produit des cotisations 
personnelles des membres attachés à chaque compagnie. 

Cette diversité de charges qui ne pèsent que sur les 
sociétés départementales,' vous déterminera, Monsieur le 
Ministre, à leur venir en aide d’une manière plus effi- 


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— 194 — 


cace que par la répartition égale entre tant de parties 
prenantes, d’un crédit évidemment insuffisant. Ce résul¬ 
tat ne serait-il pas atteint si le Gouvernement fondait un 
prix annuel de 5,000 fr. qui serait décerné, au rapport 
de l’Académie des inscriptions et belles-lettres , à celle 
des sociétés historiques et archéologiques de la France 
départementale qui, dans l’intervalle d’une année, se 
serait le plus distinguée par l’érudition et l’utilité de ses 
travaux. 

La valeur du prix demandé ne saurait paraître exagérée; 
des récompenses bien autrement élevées sont décernées par 
l’Institut de France, en vertu de fondations il est vrai, 
à un seul lauréat ; et dans l’hypothèse que je pose, le prix 
de 5,000 fr. serait attribué à une réunion d’hommes stu¬ 
dieux , à une association composée d’un grand nombre de 
membres titulaires et correspondants. D’ailleurs, comme 
la récompense serait destinée aux dépenses communes de 
la Société, son élévation tournerait toujours à l’avantage 
de la science sans profiter à aucun de ses membres en 
particulier. Les personnes dont les travaux auraient valu 
cette rémunération à la Société dont elles font partie, ne 
trouveraient-elles pas, dans les motifs du rapport, la plus 
honorable distinction qu’elles puissent désirer : nommer 
l’auteur dont l’ouvrage est la cause du prix, c’est exac¬ 
tement la même chose que si on le décernait à lui-même. 

L’Académie des inscriptions et belles-lettres peut seule 
être juge d’un pareil concours. La haute considération 
qui l’entoure aussi bien que la profonde >érudition des 
membres qui la composent, la désigne comme le seul 
arbitre compétent en pareille matière. 


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t95 — 


Déjà elle apprécie, chaque année, les ouvrages qui lui 
sont adressés sur les antiquités nationales de la France ; 
ne serait-ce pas une sage mesure que de lui confier éga¬ 
lement l’appréciation des œuvres collectives des sociétés 
départementales? Elle ne peut assurément que s’associer 
à une proposition qui ajouterait à son importance en l'in¬ 
vestissant d’une sorte de suzeraineté sur les associations 
dont elle serait instituée juge et aux travaux desquelles 
elle imprimerait une direction plus efficace. 

Si le concours que sollicite la Société des Antiquaires 
de Picardie, de concert avec ses sœurs de la province, se 
trouve restreint aux sociétés savantes de la France dépar¬ 
tementale seules, c’est pour mieux reconnaître la supé¬ 
riorité des compagnies littéraires et scientifiques de la 
capitale. Celles-ci ont d’ailleurs la faculté de trouver 
dans les bibliothèques publiques de Paris le sujet dedeurs 
intéressantes publications. Placées comme elles le sont au 
foyer des lumières, elles ne laisseraient point les sociétés 
des départements lutter contre elles avec le moindre 
avantage. 

Pour qu’un concours soit sérieux , il importe que les 
chances des concurrents soient égales et elles cesseraient 
de l’être, si les sociétés de Paris , qui ont l’honneur de 
compter dans leur sein des membres de l’Institut, c’est- 
à-dire ce qu’il y a de plus élevé, en Europe, dans le mofide 
savant , étaient admises à concourir avec les associations 
de la province, qui n’ont pas les mêmes titres de recom T 
mandation. 

Les sociétés qui ne sont point sédentaires se trouver 
raient, pan» une raison analogue , en dehors du concours; 


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— 196 — 

elles se composent en grande partie des intelligences d’é¬ 
lite de la province, et cette considération assurerait à 
leurs travaux une prédominance contre laquelle vien¬ 
draient se briser les plus courageux efforts des autres as¬ 
sociations départementales. Mais les services signalés que 
rendent sans cesse le Congrès scientifique de France et la 
Société française pour la conservation des monuments 
historiques , n’ont pu échapper à la sollicitude du Gou¬ 
vernement , qui leur accordera sur les fonds du départe¬ 
ment de l’instruction publique, une subvention propor¬ 
tionnée à la grandeur de leurs efforts et aux charges 
qu’elles ont à supporter pour se maintenir à la hauteur 
de leur mission. 

En dehors des sociétés qui s’adonnent exclusivement à 
l’étude de l’histoire et de l’archéologie, il en est d’autres 
dans-les départements qui ne méritent pas moins d’être 
encouragées. Ge sont les académies qui embrassent dans 
leurs travaux toutes les branches des connaissances hu¬ 
maines ou seulement une spécialité, comme la littéra- 
- ture, l’histoire naturelle , la médecine ou la science du 
droit. Vous apprécierez dans votre sagesse, Monsieur le 
Ministre, s’il ne conviendrait pas de récompenser et de 
stimuler tout à la fois leur dévouement aux études sé¬ 
rieuses par la fondation d’un concours spécial. 

Pour rendre sous une forme plus saisissante l’expression 
du vœu que j’ai l’honneur de vous transmettre, Mon¬ 
sieur le Ministre, je crois devoir le résumer en ces termes : 

« Art. 1." — Un concours serait ouvert, chaque an¬ 
née , entre les diverses Sociétés historiques et archéolo¬ 
giques de la France départementale. * 


v 


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— 197 — 


» Art. 2.— Un prix de 5,000 fr. serait décerné par 
M. le Ministre de l’instruction publique, à celle de ces 
Sociétés qui se serait le plus distinguée par le mérite de 
ses travaux dans le courant de l’année. 

» Art. 3. — L’Académie des inscriptions et belles- 
lettres serait instituée juge du concours. 

» Art. 4.r—Chaque année, avant le 1." avril, les 
Sociétés départementales qui voudraient concourir, adres¬ 
seraient au secrétariat de l’Institut, un double exemplaire 
de toutes les publications par elles faites depuis le der¬ 
nier concours. 

» Elles y joindraient un aperçu sommaire des travaux 
qu’elles auraient faits ou des mesures d’utilité publique 
qu’elles auraient prises dans l’intérêt des études histo¬ 
riques ou pour la conservation des monuments. 

» Art. 5. — Dans la séance publique annuelle de 
l’Académie des inscriptions et belles-lettres, un rapport 
serait présenté sur le résultat du concours, et le prix 
décerné à celle des Sociétés qui l’aurait mérité. 

» Art. 6.—L’Académie des inscriptions, si elle le 
jugeait convenable, pourrait décerner, en dehors du prix, 
une ou plusieurs mentions honorables. 

» Art. 7. — La Société qui aurait mérité le prix, ne 
pourrait le recevoir de nouveau qu’après un intervalle 
de trois ans , et jusqu’à l’expiration de ce délai, elle ne 
pourrait obtenir qu’un rappel du prix qui lui aurait été 
accordé précédemment. 

Disposition transitoire. 

» Art. 8; — Pour la première année du concours, le 
mémoire fourni en exécution du deuxième paragraphe de 


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— 198 — 


l’art. 4, contiendrait un aperçu de tous les travaux ac¬ 
complis depuis dix ans ou depuis la fondation de la Société, 
si elle n’a pas dix ans d’existence. » 

Telles sont, Monsieur le Ministre, les dispositions que 
je prends la liberté de soumettre au nom de la Société des 
Antiquaires de Picardie , à votre haute appréciation. Vous 
reconnaîtrez qu’il importe dans l’intérêt des études histo¬ 
riques , de compléter la pensée de l’ordonnance royale du 
27 juillet 1845, et de créer entre les diverses associations 
des départements, une cause d’émulation qui maintienne 
leur zèle, récompense leur patriotisme éclairé, et leur 
offre les moyens d’augmenter leurs ressources en s’assurant 
par la distinction de leurs travaux , une part plus large à 
la répartition du crédit que le budget met annuellement 
à votre disposition. 

Pour la réalisation d’un projet dont la convenance ne 
peut être méconnue, quels moyens d’exécution n’offrirait 
donc pas le budget du ministère de l’Instruction publique? 
Ne peut-on pas d’abord prélever sur l’article 33 de ce 
budget, une somme de 5,000 fr. qui formerait l’impor¬ 
tance du prix ? et ce ne serait assurément pas la détour¬ 
ner de sa destination, car les 35,000 fr. inscrits sous cet 
article, sont affectés aux sociétés savantes à titre d’en¬ 
couragement. 

Mais d’ailleurs l’Assemblée nationale accueillerait avec 
empressement toutes les demandes qui lui seraient faites 
dans ce but. Les sommes considérables qu’elle vote an¬ 
nuellement pour des travaux historiques qui ne profitent 
que d’une manière fort indirecte à la province, la déter¬ 
mineraient à accorder avec une vive satisfaction les fonds 


V 


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— 199 — 


nécessaires pour l’ouverture d’un concours, auquel les 
départements seraient seuls appelés à se présenter. 

Le puissant patronage que vous exercez à si juste titre, 
Monsieur le Ministre, sur les sociétés savantes, sera tou¬ 
jours pour elles la meilleure garantie du succès des di¬ 
verses propositions que vous croirez devoir faire, lors de la 
prochaine discussion du budget de l’exercice 1852. 

Veuillez agréer, etc. 

—La Société invite son bureau à faire recommander cette 
demande à la sollicitude de M. le Ministre de l’instruction 
publique, par la représentation de la Sommç ; elle dé¬ 
cide que le mémoire sera imprimé et adressé à toutes les 
Sociétés savantes des départements avec lesquelles elle 
est en relation, en les priant de vouloir bien adresser im¬ 
médiatement leurs adhésions au ministère. 

—M. Dufour appelle l’attention de la Société sur les 
travaux remarquables de restauration qui s’exécutent 
actuellement aux tours du grand portail de la cathédrale 
d’Amiens, sous la dire'ction de M. Viollet-Leduc. Plusieurs 
personnes ont été frappées de l’habileté avec laquelle de 
simples tailleurs de pierre transforment leurs matériaux 
en gargouilles, en figures grimaçantes, en rosaces, et 
font en définitive des œuvres qui sembleraient rentrer 
uniquement dans le domaine de la sculpture. M. Du¬ 
four rappelle que déjà, à l’occasion des travaux qui ont été 
exécutés, il y a dix à douze ans, à Saint-Denis, un arti¬ 
cle publié dans l’un des meilleurs journaux de Paris, 
avait fait l’éloge de l’atelier de M. Vast, alors que M. 
Cheussey dirigeait, comme architecte du département, 
la restauration de Notre-Dame d’Amieqs. Il demande si 


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la Société ne jugerait point convenable d’encourager ces 
ouvriers en leur décernant des médailles auxquelles ils 
attacheraient plus de prix qu’à une récompense en argent. 
L’un d’eux est employé depuis plus de trente ans 4 la 
restauration des édifices religieux dans le département de 
la Somme ; il a travaillé à Saint-Riquier, à Saint-Esprit 
de Rue, et depuis 1832 à la cathédrale d’Amiens. Les 
comices agricoles ne manquent point de récompenser les 
journaliers qui, pendant de longues années, ont été attachés 
à la même ferme ; comment n’entrerait-il pas dans les 
attribution? et mieux dans les devoirs de la Société, de 
récompenser un homme qui, pour consolider les magni¬ 
fiques monuments que nous a légués l’art ogival, a passé 
une partie de son existence sur des échafaudages dans 
des travaux difficiles et souvent dangereux. 

Cetle proposition, vivement appuyée, est accueillie 
avec empressement ; il est décidé en conséquence que des 
médailles seront décernées aux ouvriers du pays qui se 
distinguent le plus dans les chantiers de la Cathédrale 
par leur aptitude à tailler la pierre, comme à celui 
qui depuis le plus grand nombre d’années aura été em¬ 
ployé à la restauration des édifices religieux dans le dio¬ 
cèse d’Amiens. 

Une commission composée du bureau et de MM. Ri- 
gollot, de Ladoue, Forceville, Antoine, est chargée de 
visiter les chantiers et les travaux de la Cathédrale, et de 
faire son rapport à la prochaine réunion. Elle devra s’en¬ 
tendre avec MM. Viollet-Leduc, architecte, et Vast, 
entrepreneur, sur les droits des tailleurs de pierre à la 
distinction propqpée. 


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— 201 — 

COMITÉ LOCAL DE BEAUVAIS, 

Séance du 16 décembre 1850. — M. le Président dé¬ 
pose sur le bureau plusieurs lithographies offertes par 
M. Peigné Delacourt, d’Ourscamps , représentant les 
fragments de sculptures qui décoraient le monument de 
Champlieu. Ces dessins font désirer vivement que des 
fouilles bien dirigées complètent une collection déjà si 
intéressante et en fassent révéler la véritable destination. 

—M. Barraud entretient la Société des diverses espèces 
de poteries antiques qui ont été rencontrées dans le dé¬ 
partement de l’Oise. Ce sont d’abord des poteries celti¬ 
ques faciles à reconnaître à la grossièreté de la matière ; 
des poteries gallo-romaines qui leur sont bien supérieures 
sous tous les rapports, et des poteries dite de fabrique 
grecque que le commerce répandait dans les Gaules. Ces 
dernières se distinguent par la pureté des formes, le bon 
goût des ornements en relief qui les décorent et qui pa¬ 
raissent avoir été moulées, et enfin par la finesse de la 
matière et une couverte brillante se rapprochant du rouge 
antique et intimement unie à la pâte. 

Séance du 20 janvier .— M. Tremblay lit une ode qu’il 
a composée à la mémoire de Jeanne Hachette. 

Séance du VI février .— Lecture est donnée d’un rapport 
de M. le Président sur les dons faits au Musée et parmi 
lesquels figure une intéressante collection de raretés 
bibliographiques dues à la libéralité de M. de Grièges, 
conseiller de préfecture ; elle consiste en une série de ré¬ 
impressions faites avec un luxe tout particulier de pièces 
fort rares sur l’histoire ancienne et moderne de la cité de 


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Lyon et les expéditions de Charles VIII et Louis XII en 
Italie. 

— M. l’abbé Barraud rend compte d’une excursion 
qu’il a faite avec plusieurs membres de la Société à Pierre- 
Fitte, où , depuis une trentaine d’années, la découverte 
d’un grand nombre de sarcophages appelle l’attention des 
antiquaires. Une fouille pratiquée n’a point donné les 
résultats que l’on espérait. Le tombeau découvert est en 
calcaire grossier, semblable à la pierre de Mello, beau¬ 
coup plus large vers la tête ; le couvercle bombé est orné 
de moulures qui le divisent en trois parties autour des¬ 
quelles régnent d’autres moulures. Les côtés sont ornés 
de cercles tracés au compas, enlacés les uns dans les au¬ 
tres, et qui portent encore quelques restes des couleurs 
employées pour leur décoration ; l’intérieur n’a rien offert 
de caractéristique. 

•—M. Damiens offre un aperçu de l’ensemble et des 
principales divisions d’un ouvrage dont la composition l’a 
occupé de 1847 à 1850, et qui doit avoir pour titre : Re¬ 
cherches sur la vie et les travaux des historiographes de la 
Picardie et particulièrement sur la vie et les ouvrages de 
Dom Grenier. Ces recherches sont précédées d’une in¬ 
troduction accompagnée d’une notice sur la formation des 
bibliothèques communales de notre ancienne province, 
et terminées par un relevé général de tous les manus¬ 
crits de Dom Grenier et des historiographes ses devan¬ 
ciers , ses contemporains et ses successseurs. 

Séance du 17 mars. — M. Hamel appelle l’attention de 
la Société sur un pistolet dont le bois offre des mascarons 
sculptés d’un travail remarquable , dont le style paraît 


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— 203 — 


remonter au plus beau temps de la renaissance, et qui 
peut, sous ce rapport, figurer avec distinction dans un 
Musée. Cette arme faisait partie des pièces de conviction 
dont le greffe a opéré là vente et M. Hamel, qui l’avait 
remarqué, a bien voulu en assurer la conservation. 

Séance du 23 avril 1851. — M. Tremblay fait hom¬ 
mage de cinq médaillons en verre peint provenant de 
l’ancienne collégiale de saint Barthélemy. 

— Le secrétaire donne lecture d’une notice sur M. 
Dupont-White dont la perte récente laisse dans la Société, 
comme parmi ses amis, un vide qui sera bien difficilement 
rempli. 

— M. Damiens esquisse à grands traits l’histoire de la 
Gaule-Belgique picarde, depuis les premiers temps con¬ 
nus jusqu’au commencement du vi. e siècle de notre ère. 
Il montre que dès cette époque reculée, depuis la conquête 
des Gaules par Jules César, de même qu’auparavant, 
comme auxiliaires aussi bien que comme adversaires des 
Romains, les Belges Picards ont toujours été semblables 
à eux-mêmes et dignes de leur antique renommée de va¬ 
leur militaire. 11 signale les principaux évènements aux¬ 
quels ils ont pris part, depuis l’époque romaine jusqu’à 
la fin du moyen-âge et au-delà. Il fait remarquer aussi 
que la Picardie a encore la gloire d’avoir vu naître et 
s’établir dans son sein les premières communes. 


- O ^ r 

« 


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— 204 — 

NOTICE 

Sor H. John-Théodore DUPONT-WflITE, 

Lue à la Société des Antiquaires de Picardie , dans sa séance 
générale du 20 juillet 1851, 

Par M. Léon de SEPTENVILLE. 

Tu cornes anliquus, tu primis juoctus ab annis. 

OviDU. 


Messieurs , 

Le sincère et invariable attachement, qui m’unit, dès Pen- 
fance, à John-Théodore Dupont-White % a pu seul me donner 
la hardiesse et l’inspiration nécessaires pour oser retracer, 
devant cette solennelle et savante assemblée , les rares qua¬ 
lités de cœur, les ressources si variées de l’esprit et la sé¬ 
rieuse ténacité de travail, qui surent concilier au collègue 
éminent que nous pleurons, la double considération dont il 
jouissait, et comme magistrat, et comme archéologue. 

Malgré les préventions si entraînantes de notre longue inti¬ 
mité et de mon amitié posthume, je ferai tout devant vous, 
Messieurs, pour me renfermer, à son égard, dans les strictes 
limites de la justice et de la vérité. Mais, si par hasard et mal¬ 
gré moi, le mérite réel de ce laborieux ami, doué à un si haut 
point de la passion des lois et des antiquités , tendait à me 
donner à vos yeux les apparences d’un involontaire flatteur, 
n’en trouverai-je pas facilement mon excuse dans nos sympa¬ 
thiques regrets pour une perte si sensible et si prématurée. 


v 


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— 205 — 


Né à Rouen, le 21 mars 1801, d'un père français et d'une 
mère anglaise, M. Dupont-White vint à Paris, avec ses pa¬ 
rents , vers l’anuée 1811, pour y faire ses études. 

Je laisserai de côté pour ne pas abuser de vos moments, 
Messieurs, nos années d’études au collège Charlemagne, ce 
temps de luttes généreuses et de lointains souvenirs, et je 
commencerai par vous montrer le jeune Dupont, avocat à Paris 
de 1822 à 1830. Dès ses débuts au barreau, il s’y fit remar¬ 
quer par une sagacité au-dessus de son âge et par un esprit 
observateur et droit. Si l’activité de son imagination en fit 
bientôt un des plus rudes athlètes de nos joutes judiciaires et 
littéraires, combien aussi il aimait à oublier avec nous les tra¬ 
vaux et les fatigues de ses plaidoyers en nous communiquant 
quelques unes de ces poésies fugitives, qui firent tant de fois 
le charme de nos réunions. Ce qu’il était déjà, au milieu de 
nous, présageait assez ce qu : il serait un jour. Cette double étude, 
pour ainsi dire instinctive chez lui, du droit et des lettres qu’il 
savait si bien mener de front dès sa jeunesse, ne semblait-elle 
pas en effet annoncer, pour son âge mûr, l'alliance plus sé¬ 
rieuse encore et plus importante des lois et des antiquités. 

Combattant de juillet en 1830, avec l’entraînement de la 
jeunesse, il fut nommé lieutenant dans la 11.* légion de la 
garde nationale de Paris. Quelques mois après il dut décliner 
cet honneur pour venir remplir à Montdidier (Somme) la place 
de procureur du roi. Cette nomination exceptionnelle et con¬ 
traire à toute hiérarchie judiciaire, il la dut à son mérite et à 
la sage fermeté de ses opinions politiques, que l’honorable 
M. Vivien, son confrère, devenu son procureur général, avait 
été à même d’apprécier au barreau de Paris. 

17. 


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Une fois chef de parquet, et comprenant toute l’importance 
de ses nouvelles fonctions, M. Dupont-White sut de suite s’é¬ 
lever à leur hauteur, et se montrer d’abord à Montdidier, à 
Senlis, puis à Beauvais, ce magistrat éclairé et impartial, sé¬ 
vère avec bienveillance, intègre jusqu’à la délicatesse, dont 
le souvenir vivra à jamais dans les cœurs Beauvaisins. 

C’est ici que vient tout naturellement se placer, Messieurs, 
le récit des actes les plus saillants de la carrière judiciaire de 
M. Dupont-White. 

En mars 1841, des incendies répétés avaient consterné et 
exaspéré la population de Troissereux, commune de 600 ha¬ 
bitants, à 6 kilomètres au-dessus de Beauvais, sur la grande 
route de Paris à Calais. M. Dupont-White, oubliant les dou¬ 
leurs physiques qui commençaient à l’attaquer, se transporte 
sur ce théâtre de deuil et de désolation. A peine arrivé, des 
cris tumultueux se font entendre, il se jette au milieu de cette 
masse compacte et furieuse où un jeune homme .se débattait 
seul contre tous. Chacun parlait à la fois et vociférait contre cet 
étranger qu’on prétendait être l’auteur de ces feux. Les uns le 
frappaient, d’autres déchiraient ses vêtements, tous le pous¬ 
saient vers le puits pour l’y précipiter. Mais bientôt cette exas¬ 
pération sauvage dut céder à la prompte et énergique inter¬ 
vention du chef du parquet de Beauvais. Arrachant à la foule 
ce malheureux qu’il déclare son protégé, ce magistrat s’écrie: 
la loi seule , mes amis, doit le frapper et le frappera , je vous le 
promets , s'il est coupable et comme les clameurs et les flots popu¬ 
laires continuaient, eh bien , dit-il, en prenant le jeune homme 
dans ses bras, vous me tuerez avec lui, et comme lui, sans juge¬ 
ment, nous ne sommes peut-être pas plus coupables l'un que l’autre . 


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— 207 — 


Ces derniers mots calmèrent, comme par enchantement, la 
foule égarée qui ne s’opposa plus au départ du Procureur du 
Roi avec son prisonnier. 

Dès les premières explications, Messieurs, l’innocence de 
ce malheureux était reconnue et pleinement confirmée deux 
jours après, par les meilleurs renseignements reçus de Chau¬ 
mont , son pays. La croix d’honneur fut la juste récompense 
que M. le Ministre de la justice s’empressa de décerner au ma¬ 
gistrat courageux, qui avait si noblement exposé ses jours 
pour assurer le triomphe de la loi sur les passions brutales 
d’une masse exaltée et inintelligente. 

Je ferai tous mes efforts, Messieurs, pour éviter, dans le 
récit suivant, de faire vibrer à vos oreilles la corde politique, 
bien que je la sache moins tendue et moins discordante ici que 
partout ailleurs. 

En avril 1848, le chef-lieu du département de l’Oise, eut à 
subir, comme tous les autres, sa part d’agitations révolution¬ 
naires. Heureusement pour notre pays, (dont il ne faut jamais 
désespérer) on put dire, de cette époque néfaste : Sapientia Dei 
et stultitia hominum gubernare mundum videbantur. Car à Beau¬ 
vais, comme partout, sans concert ni préméditation, le senti¬ 
ment national un instant froissé, se releva tout-à-coup unanime, 
et comme électrisé par un besoin général de tranquillité et 
d’ordre. C*est alors que des administrateurs peu capables et 
impolitiques pour la plupart, se trompèrent, comme les patrons 
qui les avaient choisis, sur cette profonde stupeur qui suivit l’é¬ 
croulement inattendu de la monarchie. Ils prirent pour peur 
personnelle, nos craintes trop fondées hélas ! pour la chose 
publique. 

17*. 


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— 208 — 


Ce fut dans cette périlleuse occasion, Messieurs, que nous 
retrouvons M. Dupont-White, citoyen courageux et magistrat 
indépendant. 

Amovible, il se refusa hardiment à tenir compte de (a sus¬ 
pension prononcée par d’ombrageux commissaires contre le 
président de son tribunal, M. Danse, si justement aimé et 
considéré de tous. Il prouva une fois de plus qu’aucun intérêt 
personnel n’était capable d’étouffer le cri de sa conscience. 

Invalide de sa personne on le vit lutter contre ses souffrances 
pour se maintenir à la tête de la garde nationale, s’appliquant 
avec elle à modérer l’effervescence unanime de la population , 
impatiente de briser cette espèce de joug étranger qui lui pe¬ 
sait. Il sut ainsi , grâce à son influence sur les masses et à la 
sagesse connue de ses opinions politiques, leur communiquer 
ce sang froid, celte réserve sévère et digne, qu’exigeait si 
impérieusement la gravité des événements d’alors. 

Quel sublime et patriotique tableau, Messieurs, d’un peuple 
entier escortant ces envoyés du gouvernement provisoire jus- 
ques aux portes de sa ville, avec le calme de la force, de la 
raison et la majesté de sa silencieuse antipathie? Que sa voix 
fut bien réellement ce jour-là, celle de Dieu, cette voix toute 
puissante et protectrice qui a détourné et détournera encore, 
de notre patrie, les plus imminentes catastrophes. 

Vous avez dû remarquer, Messieurs, que c’est surtout dans 
la magistrature que se développe le goût de scruter les secrets 
du passé; les magistrats ne recherchent avec tant d’ardeur cet 
agréable et utile cumul scientifique que pour se dédommager 
sans doute par les jouissances si étendues et si intéressantes 
qu’il procure, de l’interdiction absolue et nécessaire qui leur 


X 


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- 209 — 


en est prescrite dans l’application des lois. L’étude n’est-elle 
pas aujourd’hui le seul port assuré contre ces orages politiques 
qui grondent partout, et menaçeût vainement, il faut l’espérer, 
le vaisseau de l’Etat* 

Je quitte M. Dupont-White, magistrat de cœur et de cons¬ 
cience pour vous le montrer, Messieurs, sous sa deuxième face, 
comme un de nos collègues les plus laborieux et les plus éclai¬ 
rés. 

Je ne vous dirai que quelques mots de son premier et principal 
ouvrage: la ligue à Béarnais , vous le connaissez tous. Mes¬ 
sieurs , puisque noire Société lui a décerné la médaille d’or en 
184G. 

L’auteur par l’éclat de son style, l’intérêt soutenu de ses 
personnages, l’habileté de sa mise en scène et les plus scrupu¬ 
leuses recherches scientifiques, est parvenu à nationaliser cette 
histoire spéciale, à faire ressortir, pour ainsi dire de leur petit 
cadre Beauvaisin, les portraits si vigoureusement tracés du 
maire Godin, du chanoine Luquin, des évêques de tfeauvais 
Odet de Chatillon et Fumée, du brave, du loyal capitaine 
de Saisseval et du farouche Demouy. Cette lecture vous cause 
une subite illusion, vous vous croyez leur contemporain et 
regardez comme un acte de toute justice de placer ces nobles 
figures locales parmi les illustrations de la France, près de 
cette héroïne Picarde, Jeanne Hachette, à laquelle la ville de 
Beauvais vient d’ériger une statue, si bien méritée. 

Son deuxième ouvrage est le siège de Beauvais ; vous le voyez 
pat ces titres seuls , Messieurs, avec quelle entraînante prédi¬ 
lection mon studieux ami consacrait ses loisirs et ses veilles à 
recueillir les.événements historiques les plus instructifs ou les 


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— 210 — 

plus glorieux pour sa ville adoptive. Je ne puis toieux vous 
faire connaître ce livre qu’en vous citant un extrait de l’auteur 
lui-mâme sur ce siège mémorable : 

a Le 9 juillet 147$, au plus chaud de l’attaque, la chasse 
» de Ste.-Angadréme, ce palladium de Beauvais, qui avait 
» jadis fait fuir les Normands et les Anglais, parut sur les rem- 
» parts porté par les femmes : Déjà un soldat bourguignon, 

» saisissant les créneaux, y avait planté son guidon, quand 
» on vit une jeune fille, Jeanne Hachette, s’élancer sur lui, 

» lui arracher son drapeau et le précipiter du haut des rem- 
» parts. Ce trait d’intrépidité met le comble à l’exaspération 
» et au courage des assiégés. Deux autres étendards sont en- 
» levés, la mêlée devient générale, point de trait qui ne porte, 
» de coup qui ne tue , la défense est enfin si meurtrière pour 
» les assiégeans que Charles le téméraire, reculant devant 
» l’inutile boucherie de ses soldats, fit sonner la retraite après 
P une heure et demie de combat. » (1) 

La Société académique de l’Oise plus heureuse que nous, 
Messieurs, en ce qu’elle était plus à portée de l’auteur, a pu 
entendre de sa propre bouche plusieurs notices biographiques 
réunies sous le titre des Grands-Hommes du Beauvaisis et quel¬ 
ques fragmens d’une histoire presqu’achevée du Château et de 
la ville de Milly. 

La biographie de l’abbé Dubos lui valut une lettre de félici¬ 
tation et d’encouragement de M. Villemain. Le haut prix d’un^ 
pareil éloge lui inspira plus de gratitude que de vanité. 

Un des membres les plus distingués de la société acadé*?. 
mique de l’Oise, son collègue en magistrature et en archéo- 

(1) Le siège de Beauvais par M. Dupont-White, pages 20 et 30. 




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logie, fat chargé par cette assemblée reconnaissante, de lui 
rappeler la personne et les ouvrages de son regrettable fon¬ 
dateur. Nommer M. Danjou, c’est vous dire assez que notre 
commun ami ne pouvait trouver de plus éloquent ni de plus 
digne appréciateur. 

Je ne vous parlerai. Messieurs, des autres écrits commencés 
par M. DuponWWhite que pour vous montrer que sa tête, son 
esprit et son coeur ne se ressentaient en rien de l’affaissement 
successif de son corps, et combien sa maladie même, qui le 
tint souvent des mois alité, lui avait fait prendre le travail en 
amour et en consolation. 

Permettez-moi de vous citer les titres des principaux ou¬ 
vrages , qu’il a laissés sur le chantier, au moment où la mort 
est venue le ravir aux affections de tous. 

Les Illustrations Militaires deVOise, qui devaient faire le 
pendant de ses Grands Hommes du Beauvaisis ; la Pairie des 
évêques de Beauvais; les Vieilles Maisons de Beauvais; et enfin 
Beauvais en 1848, espèce de réserve historique et littéraire. Il 
voulait laisser refroidir par le temps, les cendres encore fu¬ 
mantes de ce volcan politique et ne traiter cet irritable sujet 
que quand l’amortissement des passions populaires lui permet¬ 
trait d’aborder ces graves événemens avec toute l’impartialité, 
tout le sang froid du juge et de l’historien. 

Ne désespérons pas, Messieurs, de voir quelquè jour mettre 
la dernière main aux nombreuses ébauches de M. Dupont et 
tirer parti de ses intéressantes notes, non comme il l’eût fait 
lui-même, mais de manière à ce que les trésors de ses inces¬ 
santes recherches ne soient pas perdus pour la science et pour 
l’histoire. Car quel homme sut mieux que lui interroger les 


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— 212 — 

bibliothèques publiques ou privées, qu’on s’empressait de lui 
ouvrir, compulser les vieux manuscrits, faire pour ainsi dire 
l’autopsie archéologique de nos anciennes chroniques, et, grâce 
à sa patiente application , en exhumer des faits curieux, des 
étymologies nouvelles ou des habitudes locales échappées même 
à ceux qui les avaient feuilletées avant lui. 

A toutes les qualités de l’homme public, mon ajni joignait in¬ 
contestablement, Messieurs, celles bien plus rares de l’homme du 
monde. La distinction de ses manières, l’aménité invariable de 
son caractère, sa constante égalité d’àme le faisaient rechercher 
partout. Bien qu’il fréquentât avec plaisir les sociétés nom¬ 
breuses, il leur préféra toujours ces réunions restreintes du 
coin du feu. C’est là qu’il aimait le soir à se délasser, au sein 
de sa famille et de quelques amis intimes, de ses enquêtes et 
de ses réquisitoires, en improvisant quelque histoire, tantôt 
effrayante, tantôt gaie, toujours instructive et morale. Ses 
enfans, malgré leur si tendre jeunesse, l’écoutaient muets et 
immobiles. Une promesse de conte était le présage assuré d’une 
journée de sagesse et d’assiduité au travail. Il savait se mettre 
à la portée de toutes les intelligences. Que de fois cet aimable 
conteur sut trouver chez ses visiteurs du jour ou dans ses ex¬ 
cursions judiciaires, quelques idées nouvelles, quelque sujet 
original pour ses récits du lendemain. Que de fois, grâce à son 
entrain naturel, n’ai-je pas vu l’ignorance malicieuse ou les 
expressions naïves d’un simple villageois (Jevenir une source 
de lumière pour lui et de folle gaieté pour son avide auditoire. 

Son cœur d’honnête homme ne craignit jamais la mort pour 
lui. Epoux affectueux et père dévoué, il la redouta pour sa 
femme, qu’il avait tant raison de chérir, et pour ses six enfans 


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— 213 — 


dont l’aiué avait neuf ans et le dernier quatre mois à peine. Il 
regretta souvent que sa fin prématurée ne lui ait pas laissé le 
temps de tracer à ses fils le fidèle tableau de ses observations 
et de son expérience. Car il projetait, Messieurs, sous ce mo¬ 
deste titre de* pierres d’achoppement de leur mettre en main 
(comme un père seul peut, le faire) ce fil salutaire qui pût 
guider plus tard leur fragile jeunesse dans notre labyrinthe 
social, et lui éviter les écueils et les séductions de ce monde, 
dont ils connaissait si bien les détours. 

Que j’aurais eu besoin, vous le voyez sans peine, Messieurs, 
de l’assistance et des inspirations de cet ami de 40 ans, qui 
n’est plus, pour légitimer à vos yeux l’audace de mon amitié 
et rendre cette faible esquisse plus digne de vous et du col¬ 
lègue, qui laisse un si grand vide dans nos rangs. Au moins, 
ce qui me rassure un peu, c’est que vous aurez la bienveil¬ 
lance de vous rappeler qu’ici la plume est peu de chose et que 
le coeur est tout. 

M. Dupont-White portait, je puis le dire, à chacun de vous/ 
Messieurs, une reconnaissante affection, il aimait à se rappeler 
souvent avec quelle honorable bienveillance vous aviefc ap¬ 
plaudi à ses premiers essais dans la carrière historique. Il re¬ 
gardait vos suffrages , comme des encouragemens à redoubler 
de zèle et d’application dans ses travaux et de persévérance 
dans ses recherches. Aussi combien devons nous regretter 
qu’il ne lui ait pas été donné de vivre quelques années 
encore alors que son passé nous est garant qu’il eût employé 
cette prolongation d’existence à jeter uh nouvel éclat sur son 
nom et sur notre Société. 

Oui, Messieurs, je vous connais assez pour être intimement 


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convaincu qu’il y aura de l’écho dans cette enceinte (si heureu¬ 
sement composée aujourd’hui de tous les membres épars de 
notre ressort archéologique) quand je vous dirai en terminant, 
que la mort, avant le temps , d’un homme aussi généralement 
utile que l’était M. Dupont-White est un double deuil pour la 
science et pour l’histoire> comme elle sera une blessure toujours 
saignante pour le cœur de ses nombreux amis. 


MEMBRES ADMIS. 

Sont nommés membres correspondants : 

MM. Génin =&, chef de division au ministère de l’Ins¬ 
truction publique. 

l’abbé Desnoyers, vicaire-gén. 1 du diocèse, 
l’abbé de Torquat, vicaire de S.‘-Aignan, 

Nouel de Buzonnière, antiquaire, 

Mentellier, conseiller à la Cour d’appel, 
de Vassal, archiviste du département, 

Dupuis, ancien magistrat, 

Dewàilly, huissier à Corbie (Somme). 

TITULAIRES NON RÉSIDANTS. 

MM. T. De Lagrénée, membre de l’Assemblée nationale. 
Prarond (Ernest), membre de la Société d’Emula- 
tion, Abbeville. 

DuMaisniel (Anatole), vicomte, à Liercourt (Somme). 
Hébert, propriétaire à Lignières-Chàteiain (Somme). 


à Orléans. 


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OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ 

pendant le 2.® trimestre de 185L 

l.° L'Investigateur, n. 08 195, 196,197, 198,199.— 2.° Essai 
historique et archéologique sur le canton de Neufchâtel,—sur le 
canton de Blangy,—sur le canton de Londinières, par M. l'abbé 
Decorde, 1848-50-51,3 vol. in-8°. — 3.° Alain Chartier, étude 
bibliographique, par M. Mancel. Bayeux, 1849, brochure in-8°.— 
4.° Journal d'un bourgeois de Caen , 1652-1733, publié pour la 
première fois d'après un manuscrit de la bibliothèque de Caen, 
par M. Mancel. Caen, Voiney, 1848,1 vol. in-8°.—5.° Mémoires 
de l'Académie royale du Gard, 1835 à 1844,4 vol. in-8°. <— 6.° 
Bulletin de l'Athénée de Beauvais , 2.® sem., 1850. —7.° Itiné¬ 
raire général de Londres et Paris à Rome et Naples, par Joseph 
Bard. Première partie, Londres [à Marseille, 1851, iri-12.— 
8.° Annales de l’Académie d'archéologie de Belgique, tom. viii, 
liv. 1, 2, et 3.—9.° La Thiérache, recueil de documents concer¬ 
nant l'histoire, les beaux-arts, les sciences naturelles et l'indus¬ 
trie de cette ancienne subdivision de la Picardie. Yervins, Pa¬ 
pillon , 1849 , in-4.°, l. r ® livraison.—10.° Mémoires de la Société 
des Sciences, de l’Agriculture et des Arts de Lille. Année 1849, 
1 vol. in-8.° avec planches. — 11.° Les Flamands de France. 
Etudes sur leur langue, leur littérature et leurs monuments, par 
L. de Baecker. Gand , 1851,1 vol. in-8°. —12.° Congrès scien¬ 
tifique de France, 17. m ® session tenue à Nancy , en septembre 
1850. Nancy, 1851, 2 vol. in-8°. — 13.° Bulletin de la Société 
des Antiquaires de l’Ouest, l.« r et 2.® trim., 1851.—14.°Pouillés 
du diocèse de Lisieux, recueillis et annotés par Aug. Le Prévost. 
Caen, Hardel, 1844, in-4°. —15° L’Erudition, bibliothèque 
universelle, revue mensuelle. Directeur, M. Ch. Barthélémy, de 
Paiis (liv. 1 à 9), novembre 1850 à juillet 1851, in-8°.—16.° The 
numismatic chronicle and journal of the numismatic Society, 
april 1851, n.° 52. —17.° Proceedings of the Society of Anti- 
quaries of London , vol. 2, n. 08 18 à 25. —18.° Observations on 
some of the early inscribed and carved stones in Wales, by J. B. 
Westwood, 1851, in-8°. —19.° Collectanea antiqua, vol. 2, part 


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— 216 — 


V.—20.® British archaeologieal association. Sixth annual mee¬ 
ting. Chester 1849.— A catalogne of the Muséum of Antjquities 
exhibited at the*King’s-School, Chester. — Printed for the use 
of the Tisitor and members attending the congres, in-8°.— 21.° 
The Journal of the Bristish archaeologieal association, n.° 25.— 

22. ° Proceedings of the Numismatic Society* session 1849-50.— 

23. ° Bulletin de la Société de l'histoire de France, n. 08 S-4-5-6. 
—24.° Bulletin de la Société historique et littéraire de Tournai , 
tom. ii , n.° 3. — 25.° Hommes et Choses , alphabet des passions 
et des sensations, esquisses de mœurs ? faisant suite au petit 
glossaire, par Boucher de Perthes. Paris, Treuttel et Wurtz, 
1851, tom. i, n, m. — 26.° Antiquités celto-germaniques, 
gallo-romaines et gallo-franques, trouvées sur le territoire de 
Renais, par M. Joly, br. in-8°. — 27.° Notes historiques sur la 
maîtrise de Saint-Quentin et sur les célébrités musicales de cette 
ville, par Ch. Gomart. — 28.° The castle of Love a poem by 
Robert Grosseteste, bishop of Lincoln now first printed from 
inedited nianuscripts of the fourteenth century. Edited by James 
Orchard-Halliwell. Brixton-Hill. For private circulation only, 
1851, in-4°. —- 29.° Notice sur les rues d’Abbeville et sur les 
faubourgs , par M. Ernest Prarond. Abbeville , Jeunet, 1850, 
in-18.—30.° Bulletin de la Société archéologique de l’Orléanais, 
n.° 4. — 31.° Société archéologique de Namur. —* Rapport sur la 
situation de la Société pendant les années 1848, 1849, 1850, 
présenté par le président, br. in-8°. — 32.° Les Maires et les 
Mayeurs d’Abbeville, 1184-1848, par Louandre, br. in-8°. — 
33*°Lettre à M. Paulin Paris , membre de l’Institut, par M. F. 
Genin, 20 mai 1851. — 34.° Lettre à un ami sur l'article de 
M. P. Paris, inséré dans la Bibliothèque de l’Ecole des chartes 
(tom. ii, p. 297 , 1851), par M.,Genin, 30 mai 1851. (Ces deux 
lettres appartiennent au grand débat philologique qu'a fait naître 
la publication, par M. Genin, de la chanson de Roland). — 35.° 
Notice historique sur la ville de Beauvais et ses environs, extraits 
du dictionnaire statistique, historique , administratif et commu¬ 
nal des villes, bourgs et communes du département de l'Oise^ 


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— 217 — 


per Vietor Tremblay , in-8.° s. d. —36. Un beau Souvenir de 
1790 , par le même. (Notice sur Cl.-Den.-Alex. Mareschal, cul¬ 
tivateur à Mauregard.) —37.® Améliorations proposées pour 
assurer d’une manière efficace le service de la vérification des 
poids et mesures. —Notice historique sur l’établissement du 
système métrique des poids et mesures eu France, par le même. 

— 38»° Note sur quelques poids remarquables provenant de 
l’ancien château du vidaraé de Gerberoy, par le même (en vers). 

— 39.® Sur l'inspection des poids et tnesures, quatrains dialo- 
gués, par le même. — 40.° Mémoires de 1*Académie de Metz, 
18.% 19. e , 20.®, 21.®, 22.®, 23.® , 25.®, 26.®, 31.® années , 9 vol. 
in-8®. — 41. 0 Monographie de l’hôtel de la mairie d’Orléans. — 
De l’institution dés maires et de la justice de la police de la ville, 
par M« Eug. Bimbenet. Orléans, Jacob, 1851, br. in-8°. — 42.° 
Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de 
Dijon, 1850, in-8®. —43.® Congrès des délégués des Sociétés 
savantes des départements , 2. e session , 1851, br. in-12. — 44.® 
Bulletin des Comités historiques. Juin 1850, janvier, Février 1851. 

— 45.® Bulletin de la Société d’émulation du département de 
l’Ailier. Mai 1851, — 46.® Annales scientifiques, littéraires et in¬ 
dustrielles de l’Auvergne , publiées par l’Académie des sciences, 
belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand. Janvier, février 1851. 

— 47.® Recherches sur quelques médailles historiques du xvi.® 
siècle, lettre de M, Etienne Cartier fils à M. Cartier père, direc¬ 
teur de la Revue numismatique, br, in-8.® ; pi. —48.® Médaille 
des monnoyers de Rouen, par M. Mantellier, br. in-8®. —49.® 
Eglise de Sainte-Clotiide sur le terrain de Bellechasse, par Gil¬ 
bert. Paris, Leleux, 1851, br. in-8°. — 50.® Notice historique et 
descriptive de l’église collégiale de Saint-Hildevert de Gournay- 
en-Bray, par M. l’abbé Cochet. Rouen, Peron, 1851, in-8.°; pl. 

— 51.® Recueil de documents et de mémoires relatifs à l’étude 
spéciale des sceaux du moyen-âge et des autres époques, pu¬ 
bliés par la Société dé Sphragistique. Paris, Forgeais, 1851, 
1.*® année, bulletin mensuel, n.®» 1-2.— 52.® Voyage archéo¬ 
logique en Grèce et en Asie mineure, par M. Philippe Le Bas, 


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— 218 — 


liv. 26 , 27, 28, in-4°. —53.° Notice sur quelques anciens coins 
monétaires qui existaient à l'échevinage d'Abbeville, suivie de 
l'indication des principales monnaies de Pontbieu, par M. E. 
Demarsy. Abbeville, Jeunet 1851, br. in-8.° pl.—54.® Antiquités 
romaines.—Etude sur les découvertes de Champlieu, par M. E. 
Caillette de l'Hervillier. Paris, Leleux , 1851, br. in-8.° pl. — 
55.° Bataille de Crécy , marche et position des armées française 
et anglaise rectifiée , par M. le baron Seymour de Constant, 3.® 
édit. Abbeville, Jeunet, 1851, in-8.°, carte. — 56.° Guillaume- 
le-Conquérant à Saint-Valery-sur-Somme, chœur à trois voix, 
paroles et musique par Seymour de Constant. Paris, Lemoine , 
in-f°. — 57.° Ballade chantée sous les murs de la prison de 
Jeanne d’Arc, au Crotoy, paroles et musique par Seymour de 
Constant. Paris , Lemoine , in-f°. — 58.° Essai historique et ar¬ 
chéologique sur les cantons de Neufchâtel, Blangy et Londi- 
nières, par M. l'abbé Decorde, compte-rendu par M. l'abbé 
Cochet. Neufchâtel, Duval, 1851, br. in-8°. — 59.° Histoire lit¬ 
téraire de la France, compte-rendu des tomes xx et xxi, par 
Polain. (Extrait du journal de Liège.)—60.° Bulletin de laSociété 
archéologique et historique du Limousin, tom. ni, 2.® liv.— 
61.° Notice historique sur la milice amiénoise, milice commu¬ 
nale , garde bourgeoise et compagnies privilégiées, par A. Jan¬ 
vier. Amiens, Duval et Herment, 1851, in-8°. — 62.° Liste al¬ 
phabétique des saints dont les noms figurent sur les monnaies et 
les méreaux du moyen-âge, par Ad. de Longperrier. Paris, 
Crapelet, 1851, in-8°. — 63.° Voyage agronomique, descriptif 
et archéologique dans le centre et l’est de la France, par Castel. 
Bayeux, Duvant, 1851, in-8°. — 64.° Mémoire de la Société 
d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres de Bayeux, tom. 
i et n. — 65.° Mémoire de la Société de statistique des Deux- 
Sèvres , 3. e liv., 1849-1850. — 66.° Notice sur les fortifications 
de Beauvais, extrait d'un MS-. moderne, intitulé la Ville de 
Beauvais avant 1789 ,*par M. f Daniel. Beauvais, Desjardin, 1851, 
in-18. — 67.° Revue numismatique belge ^tom. i et n , 2.® série. 
— 68.° Notice biographique sur Gresset, suivie du programme 


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— 219 — 


des fêtes qui seront célébrées à Amiens, les 20 et 21 juillet 1851, 
pour Pinauguration de sa statue. Amiens, Alfred Caron, 1851, 
in-8°. —69.° L’Institut, avril, mai 1851. —70.° Institut archéo¬ 
logique liégeois , lettres à mes amis et à mes collègues, par A. 
d’Otreppe de Bonvette. Namur, Legros, 1851. — Recherches 
et fouilles dans le but de former un Musée provincial à Liège , 
par le même. Liège , Garmaune ,1851,2 vol. in-18. —71.° His¬ 
toire et'archéologie locales, par M. l'abbé Decorde. Neufchâtel, 
Du val, 1851, br. in-8°. 

OBJETS OFFERTS AU MUSÉE 

pendant le 2.® trimestre de 1851. 

l.o Par M. le Ministre de l’agriculture et du commerce, les 
statuettes en pâte de biscuit, de Racine et de la Fontaine, pro¬ 
venant de la fabrique de Sèvres. 

2. ° Par M. Herhault, architecte à Amiens, un vitrail repré¬ 
sentant les armes de Feydeau de Brou et portant la date de 1696. 

3. ° Par MM. Félix et Victor de Beauvillé, anciens magistrats 
à Montdidier, deux médailles en bronze à l’effigie de Parmentier. 

4. ° Par M. Maillard, receveur à la halle, deux médailles des 
forts de la halle au blé d’Amiens. 

5. °_Par M. Gamot pharmacien à Montdidier, deux coins cel¬ 
tiques en silex gris, trouvés dans le défriché du bois de Villers- 
Tournelle. 

6. ° Par M. Seignette, proviseur du Lycée d’Amiens, la pierre 

tumulaire de Marguerite Dufresne , veuve de Nicolas de Villiers 
de Rousseville, l’auteur d’un nobiliaire de Picardie, morte le 17 
août 1748. * 

7. ° Par M. Legros, médecin à Marquais, un lot de monnaies 
Picardes, un vase en terre noire, plusieurs grains de collier en 
pâte vitreuse, des boucles et des agrafes mérovingiennes et autres 
objets provenant de la découverte de Longavesne,quise trouvent 
décrits dans le tome x des Mémoires de la Société des Anti¬ 
quaires de Picardie, p. 179. 


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— 220 — 


8. ° Par M. Guilmeth, homme de lettres à Rouen, une agrafe 
de ceinturon mérovingien, trouvée à Gontay (Somme). 

9. ° Par M. Opigez, artiste à Paris, une réduction en plâtre , 
par son nouveau procédé, du bas-reliet'de l’hôtel Bourgthéroulde 
à Rouen, représentant le Camp du drap d’or. 

10. ° Par M. l’abbé Roze, curé à Tilloy-lés-Conty, une mé¬ 
daille en or, trouvée dans les environs de cette commune à l’effigie 
de Placidia, femme de Constance III. 

11. 0 Par M. Eugène Woillez, docteur en médecine, àParis t 
plusieurs fragments de mosaïque provenant de l’ancienne abbaye 
St.-Bertin à St.-Omer; des débris de poterie et d’armes trouvés 
dans le camp mérovingien de Précy-sur-Oise ; une partie de 
boucle d’oreille, un stylet et une pince épilatoire recueillis dans 
le même cimetière. 

12. ° Par M. Forceviile-Duvette, propriétaire à Amiens, la 
médaille en bronze gravée d’après la statue en marbre qu’il vient 
d’exécuter en l’honneur de Gresset. 

13. ° Par M. Xavier Crapier, propriétaire à Vermand, une 
coupe en terre rouge trouvée près de Saint-Quentin. Epo¬ 
que gallo-romaine. 

OBJETS ACHETÉS 

PAR LA COMMISSION DU MUSÉE. 

l.o Une médaille en bronze de fabrique hollandaise, frappée 
à l’occasion de la paix d’Amiens. 

2. ° Les médailles en bronze de Calvin, Fernel, Racine et La¬ 
fontaine. 

3. ° La médaille de trois modules différents de la Société agri¬ 
cole et industrielle de l’Oise. 

4. ° La médaille commémorative de l’ouverture du bassin à flot 
de Calais en 1842. 




Amiens. — lmp. de Durai et Herment, place Périgord, 3. 


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BULLETIN 

DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. 

- M-S » QfrlBl,«g-T ^. -- 

COMITE CENTRAL. 

-«g-*—- 

Séance du 11 novembre 1851. 

M. le président appelle l’attention de la Société sur 
l’accroissement considérable que prend la bibliothèque. 
Depuis la dernière séance, 76 numéros ont été inscrits 
sur le catalogue. La Compagnie ne doit pas seulement 
ces nombreux témoignages de sympathie à l’estime que 
l’on veut bien faire de ses publications, mais, il faut le 
dire, au zèle soutenu et intelligent de M. le Secrétaire- 
Perpétuel , qui, par ses demandes aux ministères et aux 
sociétés savantes, s’efforce de faire prendre au dépôt 
littéraire de la Société une importance dont il convient 
de le remercier. M. le président sollicite en conséquence 
un vote de remerciements en faveur de M. Garnier, et 
l’Assemblée adhère à cette proposition par une salve 
d’applaudissements. 

— M. le Secrétaire-Perpétuel dépose sur le bureau 
len.°202du Bulletin des Lois, partie supplémentaire, 
dans lequel se trouve publié le décret du 18 juillet 1851, 
qui reconnaît la Société comme établissement d’utilité 
publique. Il explique quels sont les droits civils que . 

18. 


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confère cette nouvelle institution ; ils rendent la Société 
apte à recevoir des dons et legs, soit pour fondation de 
prix, soit pour tout autre mode d’encouragement de ses 
travaux. 

— M. Peigné-Delacourt, membre non résidant à 
Ourscamp, présent à la séance, fait sentir la nécessité 
de réunir et de coordonner tous les faits historiques, 
quelle qu’en soit l’importance, qui se trouvent dissémi¬ 
nés dans les cartulaires ou monuments civils de toute 
nature qui passent sous les yeux de l’homme d’études. 
« Les faits, dit-il, qui intéressent notre ville natale ou 
» d’adoption, notre bourgade ou notre hameau, se trou- 
» vent dans une masse telle de titres, actes, chroniques, 
» histoires générales et particulières, manuscrites ou 
» imprimées, collections ou monuments, qu’on peut assu- 
» rer que les points omis l’emportent de beaucoup sur ceux 
» non omis, quelque longues et sérieuses qu’aient pu être 
» nos recherches. Les forces de l’homme isolé n’onl-elles 
» pas leurs bornes, et ne serait-il pas bien que la So- 
» ciété des Antiquaires de Picardie, prenant en ceci l’ini- 
» tiative, réglementât à ce titre la forme d’un travail 
» méthodique et d’ordre, consistant à tracer sur des fi- 
» ches ou cartes de grandeur uniforme l.° le nom et la 
» situation des lieux; 2.° le sommaire de l’acte ou de l’é- 
» vénement; 3.° la date; 4.° la nature du document. Ces 
» matériaux classés par ordre alphabétique au chef-lieu 
» de chaque département, par les soins des archivistes, 
» conservés et communiqués par eux, formeraient succès- 
» sivement un ensemble d’un immense service pour les 
» recherches historiques ultérieures. Le travail de chacun 


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» fût-il borné à quelques points, servira toujours à tous. 
» Une communication fraternelle de département à dépar- 
» tement, de pays à pays, s'établira forcément à l’avan- 
» tage général. Plus l’œuvre avancera, plus l’œuvre inté- 
» ressera. Pour les détails d’exécution, pour les mesures 
» à prendre, afin d’indiquer les champs moissonnés ou à 
» moissonner, c’est à vous, Messieurs, à les citer et à 
» les prescrire. » 

M. Peigné-Delacourt développe ensuite sa pensée en 
entrant dans quelques détails sur la forme à donner à 
ces cartes, comme sur la manière de les remplir; il an¬ 
nonce .qu’en dépouillant plusieurs cartulaires, il a déjà 
composé plus de 1,500 cartes qu’il s’empressera d’offrir 
à la Société, si son idée vient à être admise. 

M. Bouthors appuie vivement cette proposition ; elle 
lui paraît de nature à faciliter les recherches des hom¬ 
mes studieux qui entreprennent souvent l’histoire d’une 
église ou d’une commune sans savoir à quelle source 
ils devront en puiser les matériaux isolés. 

M. Breuil considère la proposition sous un autre point 
de vue, et comme de nature à faire dresser un diction¬ 
naire géographique de tous les documents déjà connus 
sur les divers points d’une province. 

M; Garnier signale les difficultés d’exécution ; il n’y 
aura peint de contrôle , dit-il , pour s’assurer que les 
cartes seront remplies d’une manière méthodique, comme 
pour en obtenir L’envoi au chef-lieu chargé de les classer. 

M. Dufour distingue le principe en lui-même de l’ap¬ 
plication que l’on en demande. Quant au principe, il le 
trouve excellent ; et de nature à conserver au moins la 

18 .* 


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trace de documents pleins d’intérêt et dont l’existence 
pour la plupart est ignorée; mais il demande que l’appli¬ 
cation en soit restreinte à la Picardie, sous l’action de 
la Société, qui manque de moyens pour prescrire utile¬ 
ment l’usagé de ces cartes dans toutes les provinces : 
ce qu’elle ferait pour la Picardie, trouverait certainement 
des imitateurs sur les autres points de la France. 

La Société renvoie l’examen de la proposition de 
M. Peigné-Delacourt à une commission composée de 
MM. Garnier, Rigollot, Bouthors, Guerard et de Grattier. 

— M. Peigné-Delacourt signale ensuite un point du dé¬ 
partement dé l’Oise où des fouilles ne seraient point sté¬ 
riles, si la Société se décidait à les entreprendre. Des dé¬ 
couvertes considérables de tuiles ou de pierres sculptées 
ont déjà été faites à Quierzy, sur un monticule édifié 
autrefois d’un palais mérovingien. Il se chargerait vo¬ 
lontiers de diriger les ouvriers dans la recherche à 
entreprendre des fondations de l’ancien château, et de 
veiller ensuite à ce qu’aucun objet ne fût égaré. Un 
crédit de 100 à 150 fr. lui paraîtrait suffisant pour 
fouiller le terrain, et les travaux profiteraient nécessai¬ 
rement au Musée de la Société. 

Cette proposition étant appuyée par plusieurs mem¬ 
bres, la Société décide en principe que des fouilles se¬ 
ront faites à Quierzy, sous la direction de M. Peigné- 
Delacourt, et avec le concours de M. Petit, membre 
non résidant. Quant au chiffre de la dépense, la fixation 
en est ajournée à la discussion du budget de 1852. 

— Par dérogation à son réglement, la Société décide 
que ses séances ordinaires se tiendront désormais le se- 


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— 225 — 


cond mardi au lieu du second mercredi de chaque mois. 

— M. le Secrétaire-Perpétuel dépose sur le bureau 
trois lettres écrites à M. le duc de Luynes, sur le ch⬠
teau de Lucheux, par M. Labourt. M. Ch. Dufour est 
chargé de faire un rapport sur ce travail fort étendu , 
dans lequel l’auteur, tout en traitant la question étymo¬ 
logique , l’a appuyée de faits historiques et de curieux 
rapprochements topographiques avec d’autres points de 
la France. 

— La séance est terminée par la lecture d’une notice 
deM. Gilbert, conservateur des tours de Notre-Dame de 
Paris, concernant la découverte de deux statues dans un 
jardin dépendant de l’ancienne collégiale de S.‘-Frambourg, 
à Senlis. Voir plus bas, page 248. 

Séance du 9 décembre. — Communication est donnée 
d’une lettre de M. Chabaille, qui terminera sa notice sur 
les Trouvères picards, aussitôt qu’il aura achevé la 
publication du Brunet Latin dont M. le Ministre de 
l’instruction publique l’a chargé, en collaboration avec 
M. Desnoyers. 

— En réponse à la demande que lui avait faite M. le 
Président de la Société des Antiquaires de Picardie, 
M. le Président de la Société de Genève écrit qu’il ne 
pourrait procurer au Musée d’Antiquités d’Amiens les 
médailles de Calvin, né à Noyon, en 1509, qui se trou¬ 
vent décrites dans le tom. vu des Mémoires de la Société 
genévoise. Plusieurs ont été décrites d’après Haller et 
n’existent même pas au médaillier de Genève. M. le pré¬ 
sident offre un cliché du n.° G3 et propose de procurer au 
prix d’édition la grande médaille gravée par M. Rouy en 


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— 226 


1833, en souvenir du Jubilé, et une autre plus petite, 
frappée à la même époque, et à l'effigie de Calvin. —• 
Ces propositions sont renvoyées à la Commission du Musée. 

— L’ordre du jour appelle la réception de M. Jan¬ 
vier, nommé membre titulaire résidant dans la der¬ 
nière séance. 

Le récipiendaire, sur l’invitation de M. le Président, 
prend place au bureau, et remereie la Société du témoi¬ 
gnage d’estime qu’elle vient de lui conférer. L’allocu¬ 
tion qu’il prononce à ce sujet, et dans laquelle il fait 
valoir le puissant intérêt des études historiques, estécou- 
tée avec les marques de la plus vive sympathie. 

M. le Président, en lui répondant , rappelle les nom¬ 
breux services rendus à la ville d’Amiens par l’aïeul et 
l’oncle de M. Janvier, qui tous deux ont rempli les fonc¬ 
tions de secrétaires de la mairie et de conservateurs des 
archives communales. Ils ont laissé de nombreux docu¬ 
ments sur l’histoire du pays, et de semblables matériaux 
ne peuvent qu’être habilement mis en œuvre par le 
nouveau collègue qui déjà s’est fait connaître par son 
histoire de la Milice bourgeoise d’Amiens. 

— La Société procède ensuite au renouvellement de son 
bureau pour l’année 1852. Sont nommés : président, 
M. Güerard , vice-président, M. DoroüR,et secrétaire 
annuel, M. Janvier. 

— M. Forceville-Duvette, dont la statue de GreSset 
a été inaugurée il y a quelques mois, entretient la So¬ 
ciété d’un projet de monument à élever à la ménioire du 
premier prédicateur des Croisades , de Pierre l’Ermite, 
né à Amiens en 1053. Il a entrepris des études artisti- 


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- 227 — 

ques sur ce sujet; il eu fait hommage à la Société, et 
réclame son concours pour le monument qu’il se pro¬ 
pose d’exécuter en l’honneur de l'illustre Amiénois. 11 
entre dans quelques détails sur les moyens d’exécution 
qui lui sembleraient assurer le succès de cette entreprise. 

Plusieurs membres prennent successivement la parole 
pour adhérer à la proposition de M. Forceville. Il leur 
parait convenable que la Société prenne sous son patro¬ 
nage l’élévation d’un monument historique en l’honneur 
des Croisades, dont les conséquences ont été si favorables 
au développement de la science et aux progrès delà ci¬ 
vilisation. C’est d’Amiens que le cri de guerre Dieu le 
veult a retenti pour la première fois dans toute la chré¬ 
tienté ; n’est-ce pas sur le sol de cette cité que doivent 
être jetées les fondations d’un monument à élever à la 
gloire d’un de ses enfants. 

D’autres membres , tout en reconnaissaht qu’il y 
aurait justice à honorer la mémoire de Pierre l’Ermite, 
se préoccupent des difficultés pécuniaires de cette entre¬ 
prise. Ils estiment qu’il ne faudrait s’engager dans 
cette opération qu’avec la certitude qu’une souscription 
dans les divers diocèses de France serait assez produc¬ 
tive pour en couvrir les frais. — La Société, tout en 
prenant en considération, et à l’unanimité, la proposition 
de M. Forceville, en renvoie l'examen à une commission 
chargée d’examiner le modèle et d’étudier les voies et 
moyens d’exécution, sans engager en rien les ressour¬ 
ces déjà si restreintes de la Société. Cette commission 
est composée de MM. Rigollot, de Betz, Guerard, Bou¬ 
thors et Bisson de la Roque. 


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— M. le Secrétaire-Perpétuel donne lecture d’une 
notice de M. Léon Paulet, membre non résidant, de Mons 
(Belgique), et dans laquelle il établit que le château de 
Ham a dû être construit non point en 1470, comme l’ont 
écrit plusieurs auteurs, mais antérieurement à cette 
époque, soit par Jeanne de Bar, avant son mariage avec le 
connétable de Sajnt-Pol, soit par ce dernier, du vivant 
de sa première femme. Voir plus bas, page 258. 

— M. le Président communique le rapport qui a été 
présenté à la dernière session du Conseil général, sur les 
travaux de la Société. Le Comité central, heureux de 
l’appréciation qui a été faite du zèle de l’association, se 
fait un devoir de renvoyer aux membres résidants et 
correspondants qui secondent si puissamment son action, 
les éloges que renferme ce rapport, dont l’assemblée vote 
la reproduction dans le Bulletin. Voir plus bas, page 246. 

— Sur l’interpellation d’un membre, la Commission 
de l’annuaire annonce que cet ouvrage aurait été publié 
pour le 1." janvier 1852, si l’administration n’avait 
point apporté tant de retards à fournir les renseigne¬ 
ments qui lui ont été démandés. Quatre lettres ont été 
écrites à M. le Préfet de la Somme, les 1." août, 10 
septembre, 24 octobre et 23 novembre 1851 ; la der¬ 
nière seule a amené la communication que l’on désirait. 
Le délai de quatre mois, que la Société a perdu à atten¬ 
dre des matériaux que l’on avait sous la main, ne per¬ 
mettra point de faire paraître Y Annuaire avant le 15 fé¬ 
vrier 1852. La première partie de ce travail a été 
présentée au Conseil général dans sa dernière session ; 
elle renferme un calendrier picard à la préparation du- 


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— 229 — 


quel M. le docteur Daniel a bien voulu concourir par 
d’excellentes notes sur les saints et les pélérinages du 
Beauvoisis. 

. COMITÉ LOCAL DE BEAUVAIS. 

Séance du 19 mat 1851. — M. le Directeur rend 
compte des négociations entamées avec M. Séroux re¬ 
lativement aux antiquités de Champlieu. Les proposi¬ 
tions faites par le propriétaire du terrain paraissent 
exagérées au Comité, qui invite MM. Danjou et Bar- 
raud à solliciter des conditions plus avantageuses, lors¬ 
qu’ils se rendront sur les lieux. 

— Le Comité regrette de ne pouvoir, à cause de ses fi¬ 
nances, prendre part à la souscription qui est ouverte pour 
l’érection d’un monument à Jacques Sarrazin, àNoyon. 

— M. Auxcousteaux offre plusieurs médailles trou¬ 
vées lors des fouilles qui ont eu lieu pour la construc¬ 
tion du piédestal de la statue de Jeanne Hachette.—Quel¬ 
ques médailles sont également offertes par M. Tremblay. 
— Lecture est donnée d’un rapport de M. Danjou sur les 
dons qui continuent d’enrichir le Musée. 

— M. Tremblay entretient le Comité d’un travail sur 
les médecins célèbres nés dans le Beauvoisis ou qui l’ont 
habité, et parmi lesquels l’auteur compte Fernel et 
Guy-Patin. La lecture est entendue de la notice qui a 
trait à ce dernier médecin, dont la correspondance, 
réimprimée récemment par les soins d’un habitant de 
Beauvais, renferme tant de détails intéressants sur une 
époque remarquable par son mouvement intellectuel. 
Guy-Patin, né à La Place, commune de Hodenq en Bray, 


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— 230 — 


en 1601, fût d’abord correcteur d’imprimerie à Paris, 
où il se lia d’une manière intime avec Rioland, célèbre 
médecin. Cette amitié le porta à embrasser la même 
carrière. Il devint professeur au collège de France en 
1654, et se fit remarquer par la guerre pleine de verve 
qu’il fit à l’antimoine. Il mourut en 1672. 

Séance du 16 juin 1851. — Mi Delaherche rend 
compte d’un voyage qu’il a fait en Angleterre, et de 
l’impression qu’ont produite .sur lui les tapis de la ma¬ 
nufacture nationale de Beauvais, qui figurent avec dio- 
tinction à l’Exposition universelle. 

— M. Daudin, de Pouilly, fait hommage au Musée 
d’une vue gravée de l’ancienne porte de Paris et d’un 
portrait d’Oudry, peintre distingué, directeur de la ma¬ 
nufacture de tapisseries de Beauvais. 

— M. Damiens continue, à titre d’essai, de donner 
communication de ses recherches sur les évènements 
mémorables de l’histoire de l’ancienne proviûce de Pi¬ 
cardie. Les particularités si intéressantes et si glorieuses 
de cette histoire, à la fin du Moyen-Age, en Beauvoi- 
sis, notamment le siège de Beauvais, en 1472, font 
oette fois l’objet de sa communication. 

— Le Comité , à l’occasion de la solennité prochaine 
et de la fête de l’anniversaire du siège de Beauvais, 
exprime le vœu que M. Daniel, prenant pour base un 
plan topographique de la ville de Beauvais, vers 1472, 
entreprenne de rédiger à l’usage des étrangers et des 
visiteurs, sous forme de résumé, une description à la 
fois complète et succincte des particularités les plus re¬ 
marquables que pouvaient offrir, au xv.* siècle, l’an- 


X 


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— 231 — 


cienne enceinte marée de la ville et ses principaux édi¬ 
fices publiés. 

—M. le Directeur, rappelant à la Société le travail fait 
par M. Barraud sur les cloches, présente d’intéressantes 
observations sur celles des beffrois des anciennes cités 
communales ; il pense que ce$ cloches avaient un tim¬ 
bre d’un caractère particulier, analogue à l’usage auquel 
on les destinait- 

Séance du 21 juillet 1851.—A l’occasion du travail 
de M. le docteur Daniel sur l’enceinte fortifiée de la 
ville de Beauvais, plusieurs membres font remarquer 
combien il serait intéressant d’avoir un plan figuratif 
qui permettrait à l’œil d’en suivre le développement. Les 
anciens plans de la ville rendraient ce travail facile. M. 
Bouchard est prié de se concerter avec M. Daniel pour 
l’exécution de ce plan. 

-— M. Michel Lefebvre communique une partie de ses 
recherches sur la vieille église de St.-Etienne, un des 
types les plus intéressants du style 'roman. Il décrit 
avec un soin remarquable la façadé du portail, et si¬ 
gnale à l’intérieur plusieurs pierres tombales et inscrip¬ 
tions qui peuvent éclairer l’histoire locale, notamment 
celle de Foulques, seigneur de Vandampierre, Pouil- 
ly, etc., dont le nom a eu un certain retentissement 
dans le Beauvoisis, au temps de la ligue. Sa femme a 
été inhumée à St.-Etienne en 1594. 

— Dans une notice sur la statue de Jeanne Hachette, 
nouvellement inaugurée, M. Danjou s’attache à âppré* 
cier le travail de M. Vital Dubray, sous le rapport ar¬ 
tistique et monumental. 


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— 232 — 


Séance du 16 août 1851. — Le Comité, reconnaissant 
tout l’avantage que présenterait la publication du cata¬ 
logue du Musée, charge une commission de ce travail. 
MM. Hamel, Maillard, Barraud, Duparc, Delaberche, 
Bouchard et Tremblay, sont désignés pour en faire 
partie. 

—- M. Michel Lefebvre appelle l’attention des Anti¬ 
quaires sur les divers blasons qui se trouvent au Mu¬ 
sée, et dont l’étude jetterait une vive clarté sur l’histoire 
de la province. Il annonce que plusieurs d’entre eux 
ont déjà été, de sa part, l’objet d’un examen attentif. 
Parmi les pierres tombales qu’il a déjà étudiées, il si¬ 
gnale celle du nommé Tourillon, maçon de la cathé¬ 
drale, né le 16 avril 1637, mort en 1719; celles du 
sieur Villain, chanoine , décédé le 30 décembre 1649 ; 
d’un sieur Bazin, marchand , à Beauvais , portant fon¬ 
dation d’un De profundis, et de Berard de Chezelles, 
chanoine régulier de la cathédrale de Beauvais, décédé 
le 30 décembre 1632, à l’âge de dix-neuf ans. 

— M. Daniel appelle l’attention du Comité sur plu¬ 
sieurs souvenirs de la ligue dans notre province, no¬ 
tamment sur le drapeau conquis à Mouchy par Mayenne, 
le 29 mars 1591. Ce trophée, déposé dans la cathédrale, 
a disparu pendant la révolution. Il ne serait pas sans 
intérêt de rechercher ce qu’il a pu devenir. 

Séance du 17 novembre 1851.—-M. Sagnier expose 
que dans les travaux de nivellement pour l’établissement 
au franc-marché, d’une arène pour le Carrousel qui a 
été donné à l’occasion des fêtes de Jeanne Hachette, il a 
été trouvé plusieurs antiquités gallo-romaines : un vase 


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— 233 — 


renfermant des médailles, une petite colonne en pierre 
et des épingles antiques. 

— M. Danjou présente son rapport sur les dons faits 
au Musée et à la Bibliothèque depuis la dernière réunion. 

— M. Victor Tremblay donne lecture d’une notice 
qu’il a rédigée sur les princes Je la maison de Condé, 
dont le dernier descendant avait fixé sa résidence à Chan¬ 
tilly. 

— Le Comité, tout en rendant justice aux réparations 
intelligentes que la ville fait exécuter à l’église de Saint- 
Etienne, sous l’habile direction de M. Verdier, charge 
M. Barraud de lui faire un rapport sur ces travaux, 
qui ne pourront être définitivement appréciés que lors¬ 
que le nivellement qui abaissera le cimetière de près 
d’un mètre aura rendu leurs véritables proportions aux 
parties réparées. 

— M. Barraud appelle l’attention de la Société sur les 
souterrains de Troissereux, qui ont été, il y a plusieurs 
années, l’objet d’un examen attentif auquel s’est livré 
M. Hamel. Il exprime le désir que la publicité vienne 
en conserver le souvenir. 


Inangnration des Monuments élevés en l'honnenr de 
l’orientaliste Galland, à Rollot, et dn sculpteur Jacques 
Sarrazin, à Noyon. 

Dans un intervalle de moins de trois mois, la Société 
des Antiquaires de Picardie a eu la satisfaction de voir 
inaugurer deux nouveaux monuments érigés à la mé- 


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maire d’illustres enfants du pays, et dont elle avait 
encouragé par sa souscription la généreuse pensé. Mais 
avant de rendre compte de la brillante cérémonie* qui 
vient de populariser la mémoire de Jacques Sarrazip, 
nous avons à compléter le compte-rendu de la fête de 
Rollot, en faisant connaître le discours de M. J. Garnier et 
la pièce de vers de M. Breuil que l’abondance des matières 
n’avait point permis d’insérer dans le dernier Bulletin. 

Yoici tout d’abord les paroles^ prononcées par M. le 
Secrétaire-Perpétuel : 

« Messieurs, 

» Quand la Société des Antiquaires de Picardie élevait un 
monument à Du Cange, elle était loin de s'attendre qu’un hom¬ 
mage dût être si tôt rendu à la mémoire d’un autre érudit. 

» C’est qu’en effet la gloire des hommes laborieux qui n'ont 
d’autre mérite que de donner à nos connaissances plus d’étendue 
et de certitude, frappe moins vivement la multitude que les ex¬ 
ploits des guerriers, les accents des orateurs ou les chants har¬ 
monieux des poètes. Ceux-ci n’ont qu’à se montrer ou à se faire 
entendre pour être salués d’unanimes applaudissements; pour les 
autres, ils ne sont qu’utiles , et l’on jouit seulement du fruit de 
leurs travaux. 

» Le nom de Galland est une preuve encore que l’imagination 
l’emporte toujours sur la science; on connaît ses contes, et l’on 
ignore la plupart et les plus importants de ses travaux. 11 ne faut 
point se le dissimuler, les MilU et une Nuits , qui ont tant de 
oh&iraæ pour l’enfance avide de nouveautés, de poésie, d’im¬ 
possible, et qui délassent et reposent encore si agréablement l’âge 
mûr, ont surtout valu à Galland la popularité dont il jouit. Et 
pourtant, le moindre mérite de ces contes, dont Galland n’est 
que le traducteur, est d’amuser. 

yy Cette publication eut une portée bien plus hante et plus sé¬ 
rieuse, c’est d’avoir révélé la poésie des Arabes, d’avoir appelé 


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— 235 — 


1’aitention sur une littérature longtemps inconnue, et d’avoir 
donné naissance à des études auxquelles semble s’attacher le 
charme qui nous attire vers les écrivains d’Athènes et de Rome. 
C’est de eette époque, on peut le dire, que date l’étude des 
langues et des civilisations orientales, trésors inépuisables, 
qu’avaient entrevus les voyageons du xni,® siècle, et que les 
Croisés, occupés d’autres intérêts, paraissent n’avoir pas même 
soupçonnés. C’est depuis lors que les monuments de poésie si 
nombreux et si riches qui brillent dans l’Orient furent décou¬ 
verts, que la magnificence de ses orateurs, l’exactitude de ses 
géographes, la certitude de ses historiens furent mis en évidence, 
en même temps que les sciences et les arts y trouvaient d’excel¬ 
lents préceptes, d’utiles observations, des expériences sûres. 

» La gloire de Galland est surtout d’avoir ouvert cette ère 
nouvelle, et d’avoir indiqué ces richesses historiques et littéraires 
auxquelles les langues orientales permettent seules d’avoir accès. 

» Ajoutons que nul autre n’était plus propre à cette grande 
mission dont sa modestie n’a point deviné toute l’importance. 
Galland, dans ses nombreux voyages, dans ses longs séjours chez 
les peuples orientaux, avait vu de près leurs institutions reli¬ 
gieuses, politiques et civiles, il s’était, sur les lieux, initié à 
leurs usages, à leurs mœurs, à leurs études; il avait pu, en de¬ 
hors des livres, recueillir des savants avec lesquels il s’était en¬ 
tretenu, la pratique et le développement de leurs théories. Ses 
connaissances philologiques s’étaient donc fortifiées et agran¬ 
dies par l’observation même des faits, et aux investigations histo¬ 
riques, il avait ajouté la comparaison des monuments, qui les 
complète et les rectifie. Aussi ses travaux ont-ils répandu un 
jour nouveau sur les faits relatifs à l’histoire orientale, et en 
même temps qu’il nous enrichissait de documents pnisés aux 
sources mêmes, il amassait, sans songer aux conquêtes qu’il fai¬ 
sait, des matériaux qui devaient être exploités plus tard, et se 
préparait les plus illustres héritiers (1). 

(1) Les deux Capperonnier, Bosquillon, Gaussin de Perceval, nés il 
Montdidier; DeSacy, devenu picard par alliance. 


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— 236 — 


» Qu’on ne croie pas cependant que les langues orientales oc¬ 
cupaient exclusivement Galland ; une activité soutenue, un tra¬ 
vail opiniâtre lui avait encore conquis une des premières places 
parmi les antiquaires et les numismates, et ses dissertations sont 
autant de monuments de la critique la plus judicieuse et d’une 
sagacité remarquable. Moins ingénieux que quelques-uns de ses 
contemporains dans l’explication des médailles et des inscrip¬ 
tions , moins avide de trouver un sens quelconque qu’une expli¬ 
cation rationnelle et plausible, il eût préféré, comme il le disait 
iui-méme, répondre qu’il ne comprenait point, que d’expliquer 
au hasard. 

» Aussi les règles qu’il a tracées pour la lecture sont-elles les 
seules qu’admettent la raison et l’expérience. Pour lui, les mé¬ 
dailles sont les pièces justificatives de l’histoire, des documents 
authentiques de l’état des arts, des usages, des mœurs, qui doi¬ 
vent confirmer ou contrôler ce qu’elle apprend. On comprend 
dès lors qu’il exige, pour les étudier, la connaissance parfaite 
des faits et des époques, et qu’établissant la numismatique sur des 
bases réelles et solides, il ait combattu la science conjecturale 
qui, aujourd’hui encore, ne s’instruit point, mais juge; qui 
n’apprend point, mais qui décide. L’exemple, chez lui, appuyait 
le précepte; la variété et la profondeur de son savoir en avaient 
fait, dans cette matière difficile, une des autorités les plus res¬ 
pectées, et l’une des lumières de la science, à laquelle il ouvrait, 
avec Vaillant, un autre picard, son ami, la route nouvelle où 
l’on fait tous les jours tant et de si utiles découvertes. 

» Au milieu de ces travaux, Galland n’avait point oublié son 
pays, et l’étude de nos vieux poètes avait également appelé son 
attention. Une intelligente appréciation, un jugement historique 
ferme et plein de goût, prouve qu’il avait médité, discuté les 
textes, et combien était grand le prix qu’il attachait à ces poèmes 
ou romans si recherchés de nos jours, et que les travaux moder¬ 
nes ont ressuscités avec tant de bonheur pour l’histoire et pour 
la philologie. 

» Et cependant Galland, avec ses trésors d’érudition si appré- 


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237 — 


ciés même de son temps, refusait la garde des médailles du Roi 
qai lai était offerte comme an plus digue, pour n’être point ex¬ 
posé au grand monde et distrait de ses travaux. Détaché de tout 
intérêt personnel, il était riche de la médiocrité de ses désirs, et 
n'avait d’ambition que pour la science., 

» Vous avez donc raison, Messieurs, d’être fiers d’avoir vu 
naître l’enfant pauvre et Obscur qui s’éleva si haut par son travail 
et son intelligence, et de rendre à sa mémoire l’hommage auquel 
nous venons applaudir. 

» Pour nous, qui représentons ici une société vouée au culte 
du passé, et qui consacrons nos loisirs à la recherche des titres 
et des traditions de notre vieille Picardie, nous sommes heu¬ 
reux d’avoir été associés à cet acte de justice et de patriotisme 
éclairé. 

» Nous avons foi dans la puissance des souvenirs, et nous 
croyons que les monuments élevés aux grands hommes sont un 
enseignement pour les générations, et que, comme des titres de 
famille pour les enfants de race antique, ils établissent entre 
elles et le passé un lien moral qui anoblit et qui oblige. » 

M. Breuil a rendu un hommage justement mérité à la 
mémoire du savant orientaliste, en lisant les vers sui¬ 
vants : 

GAUAVD. 

Il est bien d’honorer, en dressant leurs images, 

Les artistes fameux, les savants et les sages: 

Qu’ils sont touchants surtout les honneurs décernés 
k ces hommes au sein de la misère nés, 

Qui, de l’aveugle sort refusant d’être esclaves, 
S’ouvrirent un chemin en brisant mille entraves, 

£t qui, grâce au courage, au talent, leurs seuls biens, 
Surent donner la gloire à leurs noms plébéiens ! 

Nous aimons Palissy, cherchant, infatigable, 

Le secret si voilé de son art admirable ; 

De l’extrême misère il subit tous les maux, 

Et lorsque un jour le bois manque dans ses fourneaux, 

19. 


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238 — 


Il brûle le plancher de sa triste demeure; 

Mais pour lui du succès le temps amène l'heure , 

Et maître d'un secret pendant dix ans rêvé. 

Il dit comme Archimède : enfin je l'ai trouvé!.. 

— Nous aimons Amyot qui, pauvre domestique, 
D'Homère et de Plutarque apprend la langue antique, 
Et médite la nuit ses livres bien-aimés. 

Aux douteuses lueurs de charbons enflammés. 

Pour prix de la science en ses veilles acquise. 

Il deviendra plus tard un prince de l’église. 

Et celui qui vécut dans le servile emploi. 

Enseignera l'Histoire aux enfants de son roi!! 

— Pauvre berceau, combat contre la destinée, 

Long travail, patience à la fin couronnée, 

N'est-ce point, dites-moi, l'histoire du savant 
Que vous ressuscitez dans ce bronze vivant? 

Par les livres séduit, de la science avide. 

L'enfant de Rollot cède à l'instinct qui le guide. 
Abandonnant le bourg où son esprit captif 
Sous le joug d'un métier languissait inactif. 

Il arrive à Paris. Dans l’ardeur juvénile, 

Que d'hommes pour théâtre adoptent cette ville ! 
Combien aussi, perdus en son immensité, 

Regrettent leur pays imprudemment quitté ! 

Abordant à quinze ans la Corinthe nouvelle, 

Galland fut plus heureux , et Dieu bénit son zèle. 
L’opiniâtre étude enseigne à Partisan 
La langue de la Bible et celle du Coran ; 

Son nom se fait connaître, et bientôt à Byzance 
Il suit, jeune érudit, l'ambassadeur de France; 

Il entreprend trois fois ce voyage lointain, 

Visite tour-à-tour l'Euphrate, le Jourdain, 

Et sur leurs bords foulés par les races antiques 
Recueille du passé les nombreuses reliques, 

Marbres, inscriptions, médailles, manuscrits; 

Enfin, hazard heureux, découverte sans prix, 


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— 239 — 

Galland pour notre France a conquis le beau livre, 

Le roman merveilleux par qui son nom doit vivre!... 

— Des Mille et une Nuits quand naïf traducteur, 
L’antiquaire picard enchantait son lecteur. 

Les profanes écrits des peuples de l’aurore 
D’un voile pour la France étaient couverts encore. 
Vattier, qui traduisait au temps de Mazarin 
D’historiques récits de l’arabe El-Macin, 

S'excusait en chrétien, au seuil de sa préface, 

De narrer les exploits d’une infidèle race. 

Galland, moins scrupuleux pour des contes charmants, 
Au public, sans rougir, offrit ses Musulmans. 

Un succès éclatant, un succès populaire 
Accueillit aussitôt son œuvre littéraire. 

Elle n’eut pas le sort des livres trop vantés 
Qiti, pendant quelque temps par la mode adoptés. 
Vont, comme un favori tombé dans la disgrâce, 
Gagner l’asile obscur où l’oubli les efface : 

Toujours nouveaux après deux siècles révolus, 

Les contes de Galland partout sont encor lus, . 

Et ces fleurs d’Orient, de leur fraîcheur parées, 

Chez nos derniéft neveux brilleront admirées. 

Où donc est le secret d’un si rare bonheur? 

Il est dans ce talent, dans cet art du conteur 
Qui, varié, fécond ainsi que la nature, 

D’un imprévu piquant dote chaque aventure; 

Il réside surtout dans ce fond merveilleux 
Qui captive, éblouit nos esprits curieux, 

Et nous fait oublier, en déroulant ses fables, 

Les trop réels ennuis de nos jours misérables. 

Des Mille et une Nuits parcourons les tableaux : 

Us passent en éclat nos rêves les plus beaux. 

Auprès des palais d’or, de perles diaphanes, 

Tous les palais de rois ne sont que des cabanes; 
Rassemblons les trésors épars dans l’univers. 
Entassons les joyaux à la beauté si chers, 

19/ 


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— 240 — 


Puis avec le Régent (1), le Kohinour (2) splendide, 
Couronnons le sommet de notre pyramide, 

Elle ne vaudra pas la lampe qu’Àladin 
Va découvrir au fond du magique jardin. 

L’aérostât volant dans la libre atmosphère, 

Et le wagon, roulant ainsi que le tonnerre, 

Ne sont-ils'pas vaincus dans leur célérité, 

Alors que le tapis par Houssain acheté, 

Sans gaz et sans vapeur, peut, jusqu’au bout du monde. 
Porter le voyageur en moins d’une seconde ? 

— Les Houris du Prophète ont-elles plus d’attraits 
Que de notre roman les féminins portraits ? 

Combien j’aime surtout Gulnare, Zobéide, 

Pari-Banou la fée, aussi belle qu'Àrmide, 

Badoure au longs cheveux, et Parizade enfin, 

Au milieu des dangers obtenant pour butin 
L’oiseau qui sait parler et l’eau jaune qui chante, 
Parizade en valeur surpassant Bradamante!... 

Ah ! laissons des esprits tristement sérieux 
Regarder eu pitié ces contes merveilleux. 

Et les placer au rang des niaises ch^pères 
Qu’à des enfants peureux débitent les grand’mères! 
Répondons seulement à ces graves docteurs 
Que, maître de la lyre et prince des conteurs, 
Lafontaine jugeait dans un autre langage 
Les féériques récits, délices du jeune âge. 

Celui que d’Arioste enchantait le talent, 

N’aurait pas dédaigné les tableaux de Galland, 

Celui qui désirait qu’on lui contât Peau-d’Âne , 

Aurait, comme Schahriar, fait grâce à la Sultane! 

Du grand siècle français intéressant acteur, 

Galland sut y remplir un rôle novateur. 

(1) Diamant de la couronne de France. 

(2) Le plus gros des diamants connus, appartenant aujourd’hui à 
l’Angleterre. 


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— 2*1 — 

Galland, lorsque Du Cange écrivait le Glouaire, 

De l’Orientalisme ouvrit la nouvelle ère, 

Et prépara de loin les travaux éclatants 
Dont Sacy, Perceval ont doté notre temps; 

Aussi, quand de Galland vous érigez l’image. 

Le Du Cange d’airain sourit à cet hommage, 

Et, tressaillant de joie, il salue aujourd’hui 
Le buste d’un Picard, immortel comme lui!! 

Le 14 septembre dernier, la Société s’est rendue avec 
empressement à l'appel que lui avait fait la ville de 
Noyon. Une députation composée de MM. Ch. Düfour, 
vice-président; Garnier, secrétaire-perpétuel ; Guerard; 
Félix et Victor de Beau ville, membres de la Société, a 
été chargée de la représenter à l’inauguration delà statue 
de Jacques Sarrazin, œuvre aussi remarquable que dé¬ 
sintéressée de M. Malknecbt. 

La présence de l’Institut national de France a répandu 
sur cette cérémonie un grand éclat, et la Société s’est 
vivement applaudie de rencontrer en Picardie, parmi les 
députés de l’Académie des beaux-arts, des noms aussi 
justement célèbres que ceux de MM. Auguste Dumont, 
statuaire, président ; — Lemaire, statuaire ; — Horace 
Vernet, Robert Fleury et Schnetz, peintres ; — Huvé 
et Lesueur, architectes ; — Henriquel Dupont, graveur et 
Ambroise Thomas, compositeur, portant tous le costume 
officiel et la poitrine couverte de décorations noblement 
acquises par des travaux qui font la gloire de la France. 

Le défaut de place ne nous permet point de reproduire 
les remarquables discours qui ont été prononcés au pied 
du monument par MM. Randoing, préfet de l’Oise ; Au- 


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— 242 — 


debert, maire de Noyon ; Obré, vicaire-général, qui, 
au nom de la religion, a répandu les bénédictions du 
ciel sur l’image de l’artiste noyonnais qui avait puisé 
dans la capitale du monde chrétien le goût des beaux- 
arts et dont Rome avait fécondé et développé le génie. 
Nous regrettons également de ne pouvoir reproduire les 
paroles si chaleureusement senties que M. Auguste Du¬ 
mont a prononcées au nom de la députation de l’Institut 
qu’il présidait et qui ont été couvertes d’applaudissements. 

Nous nous bornerons à transcrire ici le discours de 
M. J. Garnier, dans lequel la Société des Antiquaires 
de Picardie a rendu un juste tribut d’éloge et d’admi¬ 
ration à l’artiste picard qui a eu la gloire de fonder 
l'Académie de peinture. 

« Messieurs , 

» A voir Pempressement avec lequel la province élève des 
monuments aux grands hommes qu’elle a vus naître, ne semble- 
t-il point qu’elle veuille protester contre l’esprit de dédain qu’on 
a si longtemps affecté pour elle. C’est ainsi, du reste, qu’à la vue 
des grands fleuves, on oublie souvent les ruisseaux féconds qui 
leur apportent le tribut de leurs eaux et sans lesquels ils ne pré¬ 
senteraient qu’un lit aride et desséché. Aussi ces solennités où 
se consacre en quelque sorte l’importance de la province, où se 
retrempe cette force morale dont elle a su et saura encore au 
besoin donner la preuve énergique, attirent-elles une foule 
immense, avide de constater son droit de dire, en présence de ces 
monuments : nous aussi nous sommes quelque chose pour la 
patrie, nous avons à sa couronne de gloire attaché plus d’un 
fleuron, et notre épée a plus d’une fois pesé dans les destinées 
de la France. 

» Nous avons compris cette pensée, Messieurs, et la Société 
des Antiquaires de Picardie, qui s’est vouée à l’étude de l’histoire 


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— 243 — 


de notre vieille province, est heureuse de s’y associer et de glo¬ 
rifier avec vous aujourd’hui un de ses plus illustres enfants. 

» Ne pouvons-nous pas être fiers de notre Picardie, et lever 
haut sa bannière, quand ces statues la feront connaître et appré¬ 
cier plus vivement encore. À moins de deux années de distance, 
en effet, de glorieuses fêtes ont célébré le savant dont le génie 
investigateur et fécond a créé pour ainsi dire en la rendant 
possible, l'histoire du moyen-âge, et que l’on a proclamé le génie 
de l’érudition ; le philologue qui ouvrit la voie aux études des 
langues orientales et charme nos loisirs par les contes merveil¬ 
leux qu’il ravit aux Arabes; l’héroïne dont le mâle courage sauva 
des Bourguignons l’un des boulevards de la France; le poète 
gracieux et délicat qui mérita d’être cité comme un modèle d’élé¬ 
gante facilité, de bon goût et de bon langage ; ici l’artiste dont le 
ciseau énergique ou gracieux enfanta des merveilles et bientôt, 
pour compléter cette pleïade d’illustrations picardes, nous salue¬ 
rons l’image de l’un des grands maîtres dans l’art enchanteur 
de l'harmonie. 

Nous n’essaierons point, Messieurs, de dérouler la liste des 
travaux qui ont valu à Jacques Sarrasin le grand nom dont il 
jouit, ni de vous montrer quels caractères distinguent les œuvres 
si variées que le temps et les révolutions plus barbares encore 
ont rendues si rares aujourd’hui; disons seulement que Sarrasin, 
préparé par un maître habile, sut, au milieu des chefs-d’œuvre 
dont l’Italie abonde, voir, apprécier, choisir, et que son goût, 
éclairé par de profondes études, cherchant en toutes choses des 
rapports utiles et vrais, lui fit trouver cette juste imitation de la 
nature qui donne à ses ouvrages la convenance, la simplicité 
parfaite, la vérité enfin dont le charme est toujours nouveau. Si 
l’habileté de l’artiste consiste à unir la fermeté avec la souplesse, 
l’ampleur avec la légéreté/la méthode avec la grâce, Jacques 
Sarrasin n’a-t-il pas des droits incontestables au titre glorieux 
d’artiste, car la précision, la fermeté, la grâce et la sévérité des 
formes caractérisent ses travaux. Ce n’est pas une imitation va¬ 
gue, c’est la chose même que vous y retrouvez, car l’étude sévère 


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— 244 — 


et consciencieuse de la nature et des maîtres a cela de précieux 
que l’art d'imiter conduit à l’art de créer et que la simplicité et la 
beauté que l’on cherche d’abord avec tant d’efforts et de peine, 
viennent ensuite s’offrir et se présenter d’elles-mêmes, traduction 
admirable du beau dont l’antiquité nous a légué d’inimitables 
modèles, dont Jean Goujon et Germain Pillon ont retrouvé le 
secret en France, et que Sarrasin, dernière lumière de cette 
brillante école, avait su aussi nous conserver. Enfin, Messieurs, 
ce qui n’est pas le moins glorieux pour Sarrasin, c’est que l’Italie, 
dont nous avons emprunté si souvent la palette et le ciseau, 
l’Italie, que tant de siècles ont enrichie de leurs chefs-d’œuvre, 
montre encore avec orgueil les travaux si remarquables à divers 
titres du disciple et de l’ami du Dominiquin. 

» Pour vous. Messieurs, dont les pères ont élevé cette basi¬ 
lique, témoin admirable de leur charité, de leur religion, et de 
leur amour pour les arts qu’elle vivifie, vous avez voulu montrer 
dans ce monument que vous avez hérité de ces nobles passions. 
Vousavez eu raison, Messieurs, car il y a entre l’esprit public, 
les arts et les mœurs une influence réciproque que l’on ne peut 
répudier. Et quand l’histoire s'unit aux monuments pour offrir 
des exemples de courage , de talent, de génie ou de vertu, l’ins¬ 
truction devient plus frappante ; il semble que l’on grandit avec 
le cnlte que l’on rend aux grands hommes, et qu’en leur présence 
on ne saurait faillir, car leurs images sont à la fois un sujet 
d’enseignement et d’orgueil. » 

Un splendide banquet préparé par l’hospitalité noyon- 
naise a réuni le soir tous les invités dans les salons de 
l’hôtel-de-ville, qui avaient été magnifiquement décorés. 
Au dessert, divers toast furent portés ; l’un des com*- 
missaires du monument, M. H. Bouthors, a dit : 

« Messieurs , 

» Je propose un toast à la Société des Antiquaires de Pi¬ 
cardie qui déjà par ses travaux constants a retracé une partie 
de l’histoire et des monuments de notre pays ; à la Société de& 


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— 245 


Antiquaires de Picardie qui n’a jamais cessé de seconder cette 
partie de la province et qui l’a si bien montré en s’associant 
à l’œuvre que nous avons inaugurée aujourd’hui. » 

M. Ch. Dufour, vice-président de la Société, a répondu : 

« Laissez-moi vous remercier, Messieurs, de l’accueil bienveil¬ 
lant que la Société des Antiquaires de Picardie reçoit dans cette 
cité hospitalière et de l’honneur que vous lui avez fait en l’invi¬ 
tant à s’associer à la solennité du jour. 

» Gardienne fidèle des traditions historiques de cette antique 
province, dépositaire pour ainsi dire des souvenirs de gloire que 
lui ont légués les siècles passés, notre compagnie a été heureuse 
de vous voir tirer de l’oubli le nom de Jacques Sarrazin et de pou¬ 
voir concourir dans la sphère de ses modiques ressources à po¬ 
pulariser sa mémoire. 

» Votre ville. Messieurs, qui possède l’un des monuments les 
plus intéressants de la chrétienté, a raison de compter aussi 
parmi ses titres de gloire celui d'avoir donné le jour à ce sculp¬ 
teur distingné qui devint plus tard le fondateur de l’illustre Aca¬ 
démie devant laquelle j’ai l’honneur de parler. Les annales de 
Noyon offrent ce précieux rapprochement qu’on y voit le ber¬ 
ceau de la monarchie s’élevant en quelque sorte auprès du ber¬ 
ceau de l’art. C’est dans vos murs que Charlemagne et Hugues 
Capet ont reçu la couronne royale, et c’est parmi vos aïeux que 
l’histoire de l’orfèvrerie et de la sculpture en France doit re¬ 
chercher ses deux noms les plus chers. 

» Un passé aussi glorieux, que la reconnaissance pour votre 
gracieuse hospitalité me faisait un devoir d’évoquer ici, promet 
à votre cité un avenir non moins brillant, et quelque chose de 
son ancienne splendeur survivra toujours dans les esprits, tant 
que les noms de Saint-Eloi et de Sarrazin rayonneront sous sa 
couronne murale. » 

▲ LA VILLE DE NOTON 

ET AUX BEAUX-ARTS QU’ELLE SAIT SI BIEN HONORER î 

Le lendemain un bal brillant a terminé les fêtes de 


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— 246 — 


l’inauguration, qui, pour les étrangers, ont été marquées 
par une splendide hospitalité. Aussi la députation de la 
Société est-elle rentrée pénétrée de reconnaissance pour 
le cordial accueil qu’elle a reçu de l’administration mu¬ 
nicipale et des collègues distingués qui composent le 
Comité archéologique de Noyon. 

Rapport fait au Conseil général de la Somme, par la î. e Commission, 
sur les travaux de la Société des Antiquaires de Picardie, dans la 
séance du 30 août 1851. 

« Messieurs , 

x> Celui de vos collègues qui est chargé de vous présenter le 
rapport sur le crédit proposé à titre de subvention , en faveur de 
la Société des Antiquaires de Picardie, ne remplirait pas la 
mission que votre 2.° Commission lui a fait l’honneur de lui 
confier, s’il ne signalait à votre bienveillance et à vos sympa¬ 
thies cet utile établissement, et s’il n’appelait votre attention, 
d’une manière toute spéciale , sur les progrès incessants qu’il 
réalise et les services signalés qu’il reod à notre département. 

» La Société des Antiquaires de Picardie, depuis sa création, 
n’a cessé de témoigner, d’une façon éclatante, son zèle et son 
activité ; elle a entrepris avec résolution et exécuté, toujours 
avec succès, les travaux les plus divers. Elle a popularisé son 
nom en popularisant celui du savant illustre dont la belle statue 
orne l’une des places publiques du chef-lieu du département. 

» Elle contiuue de publier les Coutumes locales do Bailliage 
d’Amiens, qui lui ont conquis la haute approbation de l’une des 
sections de l’Institut de France. Ses mémoires, livrés exacte¬ 
ment , chaque année, à la publicité, et ses bulletins trimes¬ 
triels sont recherchés et appréciés. L’histoire de notre pays, 
si riche en souvenirs du passé, vient y puiser d'utiles et indis¬ 
pensables renseignements. Elle a fondé, à perpétuité, avec l’au¬ 
torisation du Ministre de l’instruction publique et l’approbation 
du conseil académique, un prix d’une valeur de 80 fr. à décer- 


V 


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— 247 — 


ner, chaque année, à l’élève du Lycée d’Amiens qui obtient 
le premier prix d’histoire dans la classe la plus élevée où cette 
faculté est enseignée. Elle rend encore d’éminents services au 
département en veillant avec un zèle infatigable et désintéressé 
à la conservation de nos monuments historiques. 

» Tant de travaux utiles, tant de bien réalisé ont fait à la 
.Société des Antiquaires de Picardie une réputation qui devait 
dépasser les limites de l’ancienne province dont elle a pris le 
nom. Le 18 juillet dernier, une distinction d’autant plus flatteuse 
qu'elle est plus rarement accordée, lui a été décernée par le gou¬ 
vernement; un décret du Président de la République l’a élevée 
au rang d'établissement d'utilité publique. 

» Vous vous rappelez, Messieurs, la promesse que vous a faite 
la Société des Antiquaires, lorsque, dans votre dernière session, 
vous lui avez accordé une subvention de 1,000 fr. Elle a pris 
1’engagement de publier annuellement un annuaire du dépar¬ 
tement de la Somnje, et aujourd’hui elle vous a mis à même 
d'apprécier et de reconnaître qu’elle a dignement entrepris la 
tâche difficile Qu’elle s’imposait. Une partie volumineuse, quoi¬ 
qu’elle ne soit que la plus petite de l’annuaire du département, 
a été déposée sur votre bureau. Votre 2.® Commission en a pris 
une connaissance complète, et elle est heureuse d’adresser pu¬ 
bliquement des félicitations à la Société pour la manière dont 
l’œuvre est conçue, pour l’ordre et la méthode qui ont été 
adoptés. Dans cet ouvrage, qui manquait au département, il 
sera désormais facile de trouver, sans peine et sans travail, 
des renseignements qu'il est utile de se procurer chaque jour, 
et qui nécessitaient auparavant des recherches longues, diffi¬ 
ciles, et souvent infructueuses. 

» L’époque avancée de l’année où il vous a été permis de 
voter une augmentation de subvention , l’impossibilité de se 
procurer, pendant le temps qui sépare votre session de la fin 
de l’année, les renseignements innombrables qu’il faut puiser 
à des sources différentes et éloignées, ne pouvaient permettre 
à la Société de faire paraître l'annuaire an l.« r janvier 1851; 


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son budget, d’ailleurs, ne s’établit qu’au commencement de 
l’année, et elle ne pouvait, par anticipation, faire régulière¬ 
ment une dépense qui ne s’élèvera pas à moins de 900 fr. Nous 
avons reçu l’assurance, et la production qui nous en a été faite 
doit vous donner la certitude que l’annuaire sera livré à la pu¬ 
blicité le l. er janvier 1852, et que, chaque année, à pareille 
époque , cette indispensable publication se produira. 

» A l’ouverture de votre session, la première partie de l’an¬ 
nuaire n’était pas encore imprimée, et, conséquemment, M. le 
Préfet n’ayant pu avoir la preuve de ce que la Société avait fait 
pour remplir l’engagement qu’elle avait pris vis-à-vis du Conseil 
général, et qui lui avait valu une augmentation de subvention de 
300 fr., a suspendu le mandatement de cette somme qu’il n’y a 
plus aujourd’hui de molif de retarder. 

» En conséquence , votre 2.* Commission a l’honneur de vous 
proposer de donner à M. le Préfet l’autorisation de mettre à la 
disposition de la Société l’intégralité du crédit voté au budget 
de 1851, et, en second lieu, de maintenir, sur votre budget 
de 1852, la subvention de 1,000 fr., en autorisant M. le Préfet 
à ne pas faire de distinction dans le mandatement de cette 
somme. » 

Les conclusions de la Commission sont adoptées. 


MÉMOIRE 

SUR LA DÉCOUVERTE DE QUATRE STATUES, FAITE DANS LE TERRAIN 

qu’occupait l’ancienne église collégiale de saint-rieul, 

A SENLIS, EN OCTOBRE 1845, 

8UIVI PB QUELQUES DETAILS SUR LA CATHÈDRALB DE CETTE VILLE, 

PAR M. r GILBERT, Membre correspondant 

Le 20 octobre 1845, M. Dulac, propriétaire à Senlis, 
faisait faire des fouilles dans le terrain sur lequel était 
érigée anciennement l’église collégiale de Saint-Rieul, 
actuellement occupée par sa maison et son jardin. Les 


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— 249 — 


ouvriers, en creusant, découvrirent à environ trois mètres 
de profondeur, quatre statues en pierre, dont trois d’un 
mètre quarante-huit centimètres de proportion et la 
quatrième d’un mètre soixante-quatre centimètres. Ces 
statues représentent d’abord deux évêques revêtus de 
leurs habits épiscopaux ; la troisième, un prince portant 
une couronne ; la quatrième, sainte Agnès ou sainte 
Anastasie, toutes deux vierges et martyres et portant 
les mêmes attributs. Aux signes caractéristiques qui 
accompagnent l’un des deux prélats, on reconnaît saint 
Rieul, premier évêque de Senlis, et apôtre de cette 
contrée qui vint y apporter la lumière de l’Evangile vers 
le milieu du troisième siècle. La seconde statue paraît 
être celle de saint Leuvain, neuvième évêque de cette 
ville. Quant à saint Rieul, il est ordinairement accom¬ 
pagné, dans les statues et tableaux (fui le représentent, 
d’un cerf et d’une biche qui rappellent la grande ferveur 
dont les populations entouraient sa mémoire et la pré¬ 
sence de ses reliques au moyen-âge, dont l’exposition 
publique avait lieu dans la collégiale érigée sous son 
invocation, le 23 avril de chaque année ; personne 
n’ignore l’immense concours de fidèles qui s’y por¬ 
taient. Ecoutons l’auteur de la vie du saint Thauma¬ 
turge, M. Jaulnay, dans toute la bonhomie et la naï¬ 
veté de son langage (1). 

({) Le parfaict prélat ou la vie et miracles de sainct Rieule, second 
euesque (TArles, depuis second euesque de Paris , et ensuite premier 
euesque , apostre et patron de la ville et diocèse de Senlis , etc., par 
M. Charles Jaulnay , chanoine de Sainct-Rfeule. Paris, 1648, pages 
71 et 75. 


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— 250 — 


« La première merveille que je trouve estre arrivée 
» depuis son inhumation (saint Rieul), c’est que tous 
» les ans au jour que l’on célébrait la solennité de 
» son entrée au Ciel, et la déclaration de sa saincté, 
» comme d’un très grand confesseur, ainsi que l’on en 
» fait encore de présent le 23 avril, mais non avec 
» tant et si fervente déuotion que pour lors à nostre 
» grande confusion, non seulement le peuple de Senlis, 
» mais aussi des lieux circonvoisins de plusieurs villes 
» et citez s’y trouvaient en si grande affluence, qu’à 
» peine pouvait on approcher de l’Eglise, et à ce sujet 
» pour faciliter l’entrée et la commodité du peuple, 
» lorsqu’elle fut rebastie la seconde fois par le roy 
» Robert I.® r , fils de Hvgues Capet en 1030, outre ses 
» deux grands portaux, l’on fist encore deux moyennes 
» portes et deux • petites, desquelles restent à présent 
» seulement, les deux grands portaux, les quatre au- 
» très estant bouchés en signe de refroidissement : mais 
» bien dauantage, Dieu vovlant montrer combien il 
» auait cette dévotion agréable et pour d’autant plus 
» l’augmenter, il permettait qu’en ce jour de solemnité 
» seulement, plusieurs cerfs, biches et chevreuils, par 
» chacun un sortaient de la forest, non pour lors de 
» beaucoup éloignée de Senlis, et suivaient le peuple 
» venant en procession, où estans (merveilles des mer- 
» veilles ), ces animaux comme s’ils eussent eu l’usage 
» de raison, se plaçaient proche de la sépulture de 
» sainct Rieule et y demeurant le long du service diuin 
» et de la messe, laquelle finie, ils s’en retournaient 
» paisiblement en leur séjour ordinaire. Ce qu’ils con- 


■V 


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— 251 — 


» tinuèrent plusieurs années, jusqu’à ce qu’un nommé 
» Gobert (comme l’on tient par tradition) voulant un jour 
» les empêcher d’entrer dans l’église selon leur cous- 
» tume ; nonobstant ses efforts, ils le pressèrent et con- 
» traignirent à se retirer, et eux entrèrent et jouysent 
» encore cette fois du contentement tel qu’ils le pou*- 
» vaient avoir , les années précédentes , et des de- 
» puis on ne les a plus veuz. De là vient que l’on met 
» un cerf et une biche proche l’image de sainct Rieule 
» pour le distinguer des autres saincts Euesques, et en 
» mémoire d’un tel signalé miracle, duquel Je Légen* 
» dier fait mention le jour que l’on fait solemnité de 
» ses miracles. 

» Sainct Léuain , neuviesme Euesque de Senlis , 
» estant en la ville de Reims , pour assister au sacre 
» du roy Clovis premier , depuis peu entré au giron de 
» l’Eglise, et qui a mérité d’être favorisé du ciel lors 
» de son sacre faict par les mains de sainct Remy, ar- 
» cheuesque de la mcsme ville de Rheims, ne manqua 
» pas d’être rendu certain des miracles qui s’opéraient 
» au tombeau de sainct Rieule, et lui en donna avis, 
» au roy qui prit incontinent résolution de venir hono- 
» rer de sa présence la sépulture du sainct, et de fait 
» aussitôt après les cérémonies de son sacre, il s’ache- 
» mina à Senlis avec toute sa cour, en délibration de 
» faire enlever de terre ses précieuses reliques qui y 
» étaient, il y avait 339 ans, étant décédé comme nous 
» l’avons dit l’an 161 (1), et cette translation fut faite 

(t) Toutes les chronologies des évéques de France, à cette époque, sont 
généralement fautives ; c’est pourquoi la date du décès de saint Rieul est 


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- 252 — 


» l’an 500 (lisez 493), pour le mettre en lieu plus ho- 
» norable. Ce qui fut fait sans beaucoup de difficulté, 
» car à la première ouverture de la terre, chacun sentit 
» une odeur la plus suave du monde, ce qui fist cognois- 
» tre que ces saintes reliques n’étaient pas loing; et 
» de fait elles furent trouuêes et retirées de terre auec 
» réuérance et déuotion d’autant plus grande que 
» plusieurs infirmes et malades les ayant approchées 
» reçurent guarison de leurs infirmités et maladies, à 
» la plus grande gloire de Dieu, et honneur de sainct 
» Bieule.*Les chairs étaient totalement dissoutes, on 
» ne trouva plus que des ossements. 

» L’Euesque Leuain ci-dessus nommé et qui, après 
» sa mort a été mis au nombre des saincts, et les osse- 
» ments duquel sont encore de présent en une châsse 
» posée sur le contre-table du maistre-autel de l’église 
» de Sainct-Rieule, et dont la solemnité s’en fait le 9 
» octobre, par l’advis des autres prélats et pour satis- 
» faire à l’instante prière du roy et prind des petites 
» tenailles et auec une saincte appréhension arrache 
» une dent de la mâchoire de sainct Rieule, laquelle il 
» bailla au roy qui ne la reçeut pas avec le respect 

complètement erronée, car cetévéque mourut, d’après le Gàllia Chris - 
ttana, vers la fin du troisième siècle, et fut enseveli dans la petite chapelle 
consacrée par ses mains à saint Pierre et saint Paul et édifiée par ses 
soins snr le terrain destiné à la sépulture des chrétiens, où son corps 
resta jusque vers l’an 495, époque à laquelle saint Lévain, huitième évé- 
quede Senlis, après saint Rieul, ouvrit son tombeau, pour exposer ses reli¬ 
ques à la vénération des fidèles, à la prière de Clovis, qui s’était fait un 
devoir de visiter les églises de son royaume, recommandables par la sain¬ 
teté de leurs fondateurs. 




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^ 253 — 

» qu’il deuait; ce qu’il recognoistra bientôt en voulant 
» rentrer dans la cité de Senlis, de laquelle il était 
» sorti peu auparauant pour venir au sépulchre qui 
» estait alors hors de la ville, selon l’ancienne cous- 
» tume des Romains qui enterraient leurs morts hors 
» des villes. Les Euesques présents à cette circons- 
» tance providentielle, l’interprétèrent en faveur du 
» sainct, en disant que Dieu faisait paraître par cet 
» acte miraculeux, combien il lui déplaisait de ce 
» que l’on avait retiré une dent des ossements de sainct 
» Rieule, son fidèle amy. Ce qu’entendu par le roy 
» avec l’aduis des Euesques, il retourna au sépnlehre 
» où estant, il fit de rechef ses humbles prières, les- 
» quelles finies, il rendit la dent qui fut remise à sa 
»» place. Et pour une reconnoissance et perpétuelle 
» mémoire de tels miracles, le roy Clouis commanda 
» que cette église fut rebastie plus grande qu’elle n’a- 
» vait été faicte par sainct Rieul, ce qui fut exécuté 
» aux dépens du roy, et duquel bastiment reste encore 
.» de présent une travée. Le roy Robert ayant aduis 
» par Robert, trente-septième Euesque de Senlis, après 
» sainct Rieule, qu’elle avait été bruslée par accident, 
» la fist rebastir encore plus grande et plus magnifique 
» que n’auoit fait Clouis, et l’an 1030, dernier de son 
» règne, la mort l’ayant empècbé d’achever son ou- 
» vrage. » C’est cette même église qui fut achevée 
par la suite, et qui a subsisté.jusqu’à l’époque des évé¬ 
nements de la révolution de 1789. « Pour revenir à 
» Clouis (continue le narrateur de la vie de saint Rieule, 
» laulnay, ) il ordonna que les ossements de sainct 

20 . 


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— 254 — 

» Rieule. fussent déposés dans une châsse d’or qu’il fit 
» foire, et cette châsse a existé jusqu’en 1484, laquelle 
» estant toute rompue par son antiquité et vétusté, 
» les doyen et chanoines de Sainct-Rieule, la firent 
» refaire tout à neuf comme on la voyait encore en 
» 1647, époque à laquelle écrivoit Jaulnay, doyen de 
» cette collégiale. Outre ladicte châsse, le roy Clouis 
» donna plusieurs revenus pour la dotation de l’église 
» et nourriture des ecclésiastiques , particulièrement la 
» seigneurie de Bucy-sur-Mame, auec toutes ses dé- 
» pendances. Outre ce , il donna plusieurs vases sacrés 
» en or et en argent, et ornements pour la décoration 
» de l’église et commanda à un docte et pieux person- 
» nage nommé Célestin, hybernois de nation, d’extraire 
» la vie de sainct Rieule, qu’il trouuerait écrite en 
» deux grandes pierres placées sur le sépulchre du 
» sainct, et de la mettre en bon ordre pour l’exposer et 
» donner à cognoitre au peuple.' Ce passage est inséré 
» dans l’ancien Légendaire d’Arles en Provence, ou 
» saint Rieul avait été Evesque avant de venir appor- 
» ter la lumière de l’Evangile à Senlis. » 

L’exécution des quatre statues trouvées dans le terrain 
qu’occupait l’ancienne église de Saint-Rieul, apparr 
tient à la fin du xv.’ et au commencement du xvi.f 
siècles, elle n’offre rien de remarquable. Ces statues 
ont été données par M. Dulac, leur propriétaire, à 
l’église de Notre-Dame de .Senlis. 

Notice sur l’ancienne cathédrale de Sentis. 

L’ancienne église cathédrale de Senlis n’a point été 


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— 255 — 


comprise dans la circonscription des évêchés et ar¬ 
chevêchés de France, fixés par les concordats de 1801 
et de 1817 ; elle est restée simple paroisse dépendante du 
diocèse de Beauvais, dont l’évêque prend le titre d’évê¬ 
que de Beauvais et de Senlis. Cette église est sous l’invo¬ 
cation de la Sainte-Vierge et des saints martyrs Ger- 
vais et Prothais, qu’elle honore comme ses seconds pa¬ 
trons titulaires. Elle reconnaît pour son premier évêque, 
comme nous l’avons dit, saint Bieul, disciple de saint 
Denis, premier évêque de Paris. 

Cette église, telle que nous la voyons aujourd’hui, fut 
commencée sur la fin du règne de Louis VI dit le Gros, 
vers le commencement du xii.® siècle, et achevée sous 
celui de Louis VII dit le Jeune, son fils, des bien¬ 
faits de ces deux monarques, à l’exception de plusieurs 
parties de l’édifice, postérieures de plusieurs siècles et 
que l’on reconnaît à la différence de style. La façade 
principale, les grands arcs de la nef et du chœur, et 
une partie des bas-côtés ont été construits en 1154, et 
partié des chapelles au xm. e siècle. 

L’église cathédrale fut détruite en grande partie par le 
feu du ciel et rétablie d’après le don d’un denier obole que 
Louis XII accorda au Chapitre en 1505, à prendre sur 
toutes les mesures de sel vendu dans toute l’étendue du 
royaume: bienfaitque François I er prorogea jusqu’en 1544. 

On admire l’un des deux clochers, ainsi que le portail 
du côté du sud, à cause des ornements qui sont répan¬ 
dus avec profusion sur toute cette façade. Près de la 
porte qui est de ce côté à gauche en entrant dans l’é¬ 
glise, on voyait avant les désastres de la révolution de 

20 .* 


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— 256 — 


1789, la statue de Louis XII, à titre d’hommage rendu 
au père du peuple, bienfaiteur de cette église, et vis-à- 
vis ce prince, celle d’Anne de Bretagne, son épouse. 

Le plus élevé des deux clochers a 211 pieds de hau¬ 
teur, depuis le sol jusqu'à l’extrémité de la croix qui 
le surmonte. Ce clocher surpasse en hauteur les 
céteaux les plus élevés d’alentour ; on l’aperçoit à sept 
lieues de distance. On a fait observer avec raison que 
ce clocher, ainsi que le reste de la façade, était trop 
étroit, ce qui nuit à sa perfection réelle et laisse trop 
peu d’espace au mouvement des cloches qu’il renferme, 
inconvénient qui a causé deux fois la rupture de celles 
que la piété des habitants y avait fait replacer de¬ 
puis peu d’années. La flèche est d’une admirable cons¬ 
truction , tous les arêtiers du cône pyramidal sont ornés 
de crochets découpés très-délicatement et dont la saillie 
ajoute un caractère d’élégance et de légèreté lorsqu’on 
en considère la silhouette des différents points de la 
ville. Ce clocher, ainsi que le reste de la façade, a été 
soigneusement réparé en 1835, comme le témoigne 
l’inscription peinte au-dessus du portail central. 

M. Pierre Robinet, statuaire de Paris, a restauré en 
1845, par l’ordre du ministre de l’intérieur, toutes les 
sculptures de ce portail qui avaient subi d’assez graves 
mutilations , à la suite des événements de la révolution de 
1789. Les têtes des huit statues qui en décorent les faces 
latérales, ainsi que leurs dais, avaient été cassées; elles 
ont été parfaitement restaurées et avec infiniment de soin. 
Avec une légère notion de l’Ecriture, on y reconnaît lés 
prophètes qui ont figuré par leurs actions ou annoncé 




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— 257 — 


par leurs prédictions quelques circonstances de la nais¬ 
sance, de la vie et de la mort de Jésus-Christ. Isaïe 
tient dans ses bras l’enfant Jésus, dont il prédit la nais¬ 
sance ; saint Jean donne à un juif le baptême, parce 
que l’eau doit désormais sauver les hommes, comme le 
sang de l’Agneau préserva autrefois les Hébreux. Le 
prophète qui tient cet agneau symbolique est à côté de 
Moïse qui porte la colonne ou était le serpent d’airain, 
autre symbole du Christ. Puis on voit Abraham qui va 
sacrifier Isaac, puis les trois prophètes qui ont prédit 
le couronnement d’épines, le percement des pieds et 
des mains, le crucifiement ; ces derniers prophètes por¬ 
tent la couronne d’épinesles clous et la croix. 

Dans le tympan au-dessus de la porte principale de 
la façade, on voit à gauche les apôtres ensevelissant 
la Sainte-Vierge et à droite les anges qui enlèvent le 
corps de Marie ressuscité du sépulcre dans lequel il 
avait été enseveli. Il faut se garder de confondre ces 
deux scènes très-distinctes et qui sont surmontées par 
le couronnement de Marie que son fils fait asseoir à sa 
droite. On doit distinguer également l’Assomption de 
l’âme et celle du corps. Après l’ensevelissement , le 
corps restant au tombeau, l’àme s’en échappe et vole 
entre les bras de Jésus-Christ qui la reçoit dans le ciel ; 
trois jours après, c’est le corps lui-même qui, ressuscité, 
est emporté dans le paradis au milieu des acclamations 
des anges et des saints. L’âme se, réunit au çorps 
comme une flamme qui rallume une bougie ; c’est alors 
que Jésus-Christ couronne sa mère. Toute la voussure 
du portail se compose de quatre archivoltes garnies de 


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— 258 — 


quarante-quatre statuettes représentant les anges, les 
archanges, les trônes et les dominations du ciel. 

Dès qu’pn a franchi le seuil de la porte pour péné¬ 
trer dans l’intérieur, on est saisi d’admiration, en con¬ 
sidérant les longues files de colonnes qui supportent 
les murs latéraux de la nef et du chœur; on dis¬ 
tingue principalement les six colonnes de l’abside dont 
la structure est d’une hardiesse et d’une élégance re¬ 
marquables. D’autres détails ne se font pas moins ad¬ 
mirer, mais les bornes prescrites par le cadre de ce 
Mémoire, ne nous permettent pas de nous étendre davan¬ 
tage sur les autres parties de cet édifice qui ne méritent 
pas moins l’attention des amateurs de l’architecture du 
moyen-âge. 

QUELQUES DÉTAILS SUR LE CHATEAU DE HAH, 

Par H. Léon Poulet, membre titulaire non-réiidant. 

Tous les historiens qui se sont occupés du château de 
Ham assignent à la Tour du Connétable, la date de 
1470. Ils se basent sur les mots gothiques Jtton Jïlieulï 
qui se remarquent sur la porte d’entrée et au-dessus d’une 
des fenêtres extérieures et qui, suivant eux, signifient que 
le connétable regardait cette tour comme son meilleur ou¬ 
vrage, comme un boulevard capable de le défendre contre 
les attaques de Vautorité royale ; de là le mot mon mieulx. 

Les mêmes historiens invoquent à l’appui de ce qu’ils 
avancent la tradition locale. 

La tradition locale attribue, il est vrai, la bâtisse de 
cette tour au connétable de Saint-PoL mais ne lui assi¬ 
gne pas de date. Ceux qui le disent se trompent. La 


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— 259 — 


tradition est toujours trop poétique pour se conduire 
d’une manière aussi mathématique. 

Les mots Mon Jtlteulï qui décorent la grosse tour 
du château de Ham, ne furent pas spécialement affectés 
à ce monument. Dès longtemps avant ils faisaient partie 
des armes du connétable ; ils lui servaient même de cri 
dè guerre et signifiaient : « Je ferai de mon mieux , » 
devise qui est bien dans l’esprit du moyen-âge. 

Nous trouvons ces mots brodés sur son étendard à la 
bataille de Montlhéri en 1465 : 

« L’estandart du comte de Sainct-P61 my-parti de 
» soye grise et rouge, à une licorne d’argent au bout 
» dé dessus envers la lance, à toute la corne et le bout 
» des pieds d’or, et si avoit escript de grandes lettres 
» d’or : Mon Mieux. »» (1) 

Quant aux houppes répandues sur tout le monument 
et que certains historiens prétendent être des houppes 
pendantes au bout du cordon entrelacé que portent les 
religieuses et sur lesquelles ils se basent pour faire cons¬ 
truire la tour du connétable par une Jeanne de Bour¬ 
bon , abbesse des Cordelières, elles faisaient également 
partie des armes du connétable longtemps avant 1470 (2). 

A la bataille de Montlhéri « les archers de corps du 
» comte de Sainct-Pol avoient paltoz le dessoubz de 
» drap gris découppé, et le dessus de drap rouge tout 
» chargé d’orféverie, à une houppe au milieu, devant 

(1) mémoires de Jean de Haynin. MS. à la Bibliothèque de Bourgo¬ 
gne à Bruxelles, n.°« 11677-11683. 

(2) Ces houppes et les deux mots dont elles sont surmontées ont été 
reproduites dans le n.° 464 de YIllustration . Année 1852, p. 45. 


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— «260 — 


• » et derrière, sans avoir la croix Sainct-Àndrieux (1). » 
Maintenant le château de Ham et surtout la grosse 
tour ont-ils été reconstruits par Louis de Luxembourg 
connétable de Saint-Pol? La date de 1470 peut-elle 
être assignée au monument ? Gela est difficile à dire , 
à cause des J entre deux cordelières qui se rencontrent 
sculptés dans toutes les parties de l’édifice. Ce J est 
la première lettre de Jeanne, femme de Louis de Luxem¬ 
bourg et fille unique de Robert de Bar, dame de Sois- 
sons, Marie, Ham, etc., etc., qui devint sa femme en 
1436 et mourut en 1462. 

Le château de Ham étant la propriété de Jeanne de 
Bar, aurait-elle, avant son mariage, fait sculpter son 
chiffre, entouré de cordelières ou houppes pour désigner 
son état de demoiselle ? Le connétable aura-t-il voulu, 
en bâtissant le monument, perpétuer le souvenir de sa 
emme et placer ces houppes dans ses armes? 

L’une de ces deux suppositions est admissible et le 
passage suivant des mémoires du sire de Haynin nous 
montre en 1466 les mots Jtton Jtlmtlï brodés sur les 
étendards du comte de Saint-Pol, avec les houppes et la 
lettre /. 

Lors de la guerre contre les Dinantais , « l’estendart 
» du comte de Sainct-Pol , lequel estoit encores à 
» Ghastelet, party de vermeil et de gris à une Iicorgne 
» au chef, et s’y avoit en escript « ilton Jttteulx » et 
» semé de petits j et de houppes : les paltoz de ses 
» archers partis de rouge et de gris à une houppe dé¬ 
fi) Ibidtm, loeo citato. 


V 


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— 261 — 


» vant et derrière, et ung / parmy tout, otels qu’il 
» avoit eu au voyage de France. » (1) 

Je crois plutôt, avec un vieux manuscrit cité par 
VAug. Feront., que le château de Ham a été reconstruit 
en 1461, par Ch. Noël, architecte de Valenciennes, 
pendant le mariage du connétable avec Jeanne de Bar, 
de laquelle il tenait presque toutes ses richesses et pour 
laquelle il avait beaucoup d’affection. Si le château eût 
été bâti en 1470, pourquoi le connétable aurait-il plutôt 
placé sur ses murs le chiffre de sa première femme 
Jeanne de Bar, que celui de sa deuxième femme Marie 
de Savoie (2), belle-sœur du roi Louis XI, et cela au 
moment où le monarque venait de le combler de faveurs? 

Il est donc plus rationnel de penser que ce monument 
fut érigé ou par Jeanne de Bar avant son mariage avec 
le connétable ou par ce dernier pendant la durée de son 
mariage avec sa première femme, car il n’est pas possi¬ 
ble de penser qu’il érigeait ce monument en 1470,. dans 
le but de s’en faire un boulevard capable de le défendre 
contre les attaques de l’autorité et cela au moment de 
sa plus grande faveur auprès de son beau-frère le roi, 
pour lequel il prenait St.-Quentin, dont il détruisit la 
citadelle. __ 

NOTES SUR DEUX MONUMENTS DU BEAUVAISIS, 

Par K. TREMBLAY, Membre titulaire non-résidant. 

Thurs , ancienne seigneurie de la maison de Nanteuil, 
avait un château-fort qui fut souvent habité par les 

(1) Ibidem, loco citâto. 

(2) Le m&riage eut lieu en 1466. 


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— 262 — 


évêques de Sentis. Il fut dévasté par la Jacquerie el dé¬ 
truit en partie par ordre de Charles VII ; mais la car¬ 
casse de la forteresse, flanquée de neuf tours, est restée 
debout à cause de la difficulté que présente la démo¬ 
lition. Elle est encore entourée de fossés et de boule¬ 
vards. La maçonnerie des murs est en grès et a plus de 
deux mètres d’épaisseur. La porte du sud était défendue 
par deux grosses tours dont les murs forment un massif 
de onze mètres. 

Les beaux vestiges de ce château-fort, situés au 
milieu d’une prairie, sont traversés par les eaux vives 
et limpides de la rivière de Thève ; ils sont bien conservés 
et fort remarquables, et donnent une idée complète d’un 
château du moyen-âge. 

Senantes , qui était compris dans le comté de Beau¬ 
vais, selon la charte du roi Robert, en 1015, avait une 
châtellenie considérable dont le siège était au hameau 
de Goulancourt, qui ressortait du vidamé de Gerberoy. 

Le château seigneurial de ce lieu était une forteresse 
importante à cause du voisinage de la Normandie. Elle 
fut réparée et rendue plus forte en 1357, lors de la 
visite générale des places du Beauvoisis, par ordre du 
Régent; mais les différentes guerres en amenèrent la des¬ 
truction en 1420. On établit à côté un superbe palais 
pour la résidence des évêques de Beauvais. Ce palais 
est maintenant une ferme. Les ruines de l’ancienne for¬ 
teresse, qui subsistent auprès, sont remarquables par 
leur étendue. On y voit les restes de neuf tours et d’une 
porte flanquée de tourelles hexagones, celles du don¬ 
jon, dont les murailles ont trente pieds d'élévation. La 


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tour de la chapelle, construite par Simon de Nesle,en 
1312 , se fait remarquer par ses ogives surmontées de 
roses. Un double fossé entourait les fortifications. Une 
tour, dite Soudan, est encore debout; une autre, nommée 
tour de Beiquecamp, a été démolie il y a peu d’années. 

Un établissement de templiers existait au hameau de 
Montperthuis ; il n’en reste que quelques vestiges. 

Découverte archéologique à la Neuville-sire-Bernard. 

Une découverte archéologique, faite tout récemment, 
doit être mentionnée ici dans l’intérêt de l’histoire. Au 
mois de décembre dernier, les ouvriers occupés à la 
confection d’une nouvelle route de Pierrepont à la Neu¬ 
ville-sire-Bernard ont trouvé tout près de cette dernière 
commune , à un endroit nommé la Capelle , un cime¬ 
tière dont l’existence était ignorée. M. Victor de Beau- 
villé s’est empressé obligeamment d’instruire la Société 
de cette circonstance, en l’informant que les objets 
avaient été recueillis avec le plus grand soin par M. 
l’abbé Bourbier, curé de Braches. Depuis, cet honorable 
ecclésiastique s’est empressé, sur le désir qui lui en fut 
exprimé par la Société, d’offrir au Musée départemen¬ 
tal d’Amiens les antiquités évidemment mérovingiennes, 
qu’il avait pu soustraire à l’ignorance des ouvriers, et 
parmi lesquels on remarque des épées courtes, un fer 
d’angon, un fer de lance, une urne en terre noire, 
deux autres vases fragmentés en terre grise, une ba¬ 
gue, de petites forces, une tuile romaine, un gros an¬ 
neau et divers ornements en cuivre provenant d’une 
garniture de ceinturons. M. l’abbé Boursier a eu l’at- 


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tention de signaler, dans an rapport qu’il a adressé à 
M. le président de la Société, les diverses circonstances 
de cette découverte, en faisant connaître l’intelligent 
concours que le surveillant des ouvriers, M. Cardon, 
de Vrely, lui avait prêté pour assurer la conservation 
des objets. La Société se fait un devoir de leur expri¬ 
mer à tous deux ses remercîments pour les services 
qu’ils ont rendus à la science. 

Voici un passage que nous extrayons du rapport de 
M. Bourbier : 

« Les antiquités ont été trouvées dans la terre, tout 
» près des sarcophages et des tombeaux en maçonne- 
» rie ; mais il n’y avait dans les demeures sépulcrales 
» que les ossements. On a trouvé une dixaine de sa- 
» rcophages et deux ou trois tombeaux faits en ma- 
» çonneriè. Les maçonneries, parfaitement conditionnées, 
» étaient tellement exigues, que les corps ont dû y être 
» introduits sans cercueils. J’ai assisté à l’ouverture de 
» l’un d’eux, et j’ai remarqué que la tète était au 
» Nord, tandis que dans les sarcophages, les tètes étaient 
» tournées à l’Orient. Je vous ferai observer que les 
» morts inhumés simplement en terre avaient, pour ia 
» plupart, une pierre ou une tuile qui couvrait la tète; 
» il en était même qui étaient recouverts en pierres 
» depuis la tète jusqu’à l’estomac seulement. J'oubliais 
» de vous dire que les tombeaux faits en maçonnerie 
» présentaient la forme du corps humain : ainsi, ils 
» étaient plus étroits du côté des pieds, et s’élargissaient 
» insensiblement jusqu'aux épaules ; pour la tête, elle 
» reposait dans une niche juste ad hoc . Il me semble 


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— 265 - 


» difficile de faire connaître le nombre de cadavres que 
» les ouvriers ont exhumés. J’en ai fait conduire au 
» presbytère de là Neuville jusqu’à huit à dix tombe- 
» reaux. Tout porte à croire qu’il existait en cet endroit 
» un cimetière communal ; la preuve de cela, c’est 
»» qu’on y voit encore l’emparquement où était située 
» la chapelle. À l'endroit de la chapelle, tout près de la 
»» nouvelle route, il y a encore beaucoup de morts. En 
» faisant le talus, on trouve des sarcophages. Aussi, 
» se propose-t-on de demander au propriétaire l’autori- 
» sation de faire des fouilles. 

» J’avais encore en ma possession un fer à char- 
» rue ; je me faisais un bonheur de l’offrir à la Société 
» des Antiquaires de Picardie, mais un fonctionnaire 
y> public voulut bien m’honorer de sa visite pour 
» examiner le dépôt que j’avais entre les mains, et il 
» envoya plusieurs fois chez moi pour obtenir ces 
» objets précieux ; j’ai cru devoir céder à ses impor- 
» tunités, en lui envoyant le fer à charrue, qui était 
» d’une forme oblongue et bien plus étroit que ceux 
» d’aujourd’hui. » 

OUVRAGES OFFERTS A AA SOCIÉTÉ 

pendant le 4.* trimestre de 1851. 

1.* Recueil de la Société de Sphragistique, n. 3,4, 8, à, 7. — 
3." Annales de la Société d’Agricolture et du département 
d’Indre-et-Loire, n. 1, 2, de 1830. — 3.* Les greniers d’abon¬ 
dance appropriés à, notre époque, par de Marolles. Paris, Y* 
Bouchard-Huzard, 1830. Br. in-8°. — 4° Travaux de l’Académie 
de Reims, n. 2, 1830, n. 1,1851,1852. — 5.* Société archéolo¬ 
gique de Béliers, séance publique du 29 mai 1831 et programme 


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du concours de 1852. — 6.° Bulletin des comités historiques, 
mars, avril, mai, juin, juillet, août. — 7.° Bulletin de la société 
archéologique de l’Orléanais, n. 4. — 8.° Mémoires de la société 
archéologique de l’Orléanais, tom. 1 er . — 9.° Mémoires de la so¬ 
ciété archéologique du midi de la France, tom. n, liv. 2, 3, 4,3, 
6. — 10.° Mémoires de la société d’agriculture, du commerce et 
des arts de Calais , année 1844 à 1851, 1 vol. in-8°. — 11.° Mé¬ 
moires de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Caen, 
1851.1 vol. in-8°.—12.° L’érudition n. 10,11,12, du tom. î et l. er 
du tom. n. —13.° L’Investigateur, journal de l'institut histori¬ 
que, n. 200, 201,202.—14.® Proceedings of the Society of Anti- 
quaries of London, n. 26,27. — 15.° The numismatie chronicle, 
n. 53, 54. — 16.° État descriptif des objets formant la magnifique 
collection d’armes anciennes et modernes réunies au château de 
Jean d’Heurs (Meuse), par M. le maréchal Oudinot, duc de 
Reggio, br. in-8°. — 17.° Mémoires et documents publiés par la 
société d'Histoire de la Suisse romande, tom. vu. —18°. Collec- 
tanea antiqua, vol. 2. Part, vi et vil. — 19.° Messager des 
Sciences historiques et archives des arts de Belgique, années 1845 
et 1850,2 vol. in-8°.— 20.® Inauguration du monument d’Antoine 
Galland. Simple notice publiée au nom de la commission, par 
M. Galoppe d’Onquaire. Montdidier. Radenez, 1851, br. in-8°.— 
21.° Annales du conseil de salubrité publique de la province 
de Liège, tom. m, 1.** fascicule. — 22° Académie des sciences, 
agriculture, commerce, belles-lettes et arts du département de 
la Somme. Inauguration delà statue de Gresset, 21 juillet 1851. 
br. in~8 0 * — 23.° Abandlungen der philosophisch-philologischen 
clisse des Koniglich Bayerischen Akademie der Wissen- 
schaften. — Sechsten-bandes. Zweiteabthelung. München, 1851 
in-4*. —■ 24.° Annales scientifiques, littéraires et industrielles 
de l’Auvergne. Publiées par l’Académie des sciences de Cler- 
mont-Ferrant, tom. ix à xxm. 15 vol. in-8°. et mars, avril, mai, 
juin 1851.—25.° Catalogue des ouvrages imprimés et manuscrits 
concernant l’Auvergne, mis en ordre par Gonod, et extrait du 
catalogue.général de la bibliothèque de Clermont-Ferrant. 1849, 
1 vol. m^8°. — 26.° Annales de l’Académie d’Archéologie de 


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— 267 — 

Belgique, tom. viii, n. 4. —27.° Des libertés de la Bourgogne* 
d’après les jetons de ses Etats, par Rossignol (Publication de 
la société éduenne). Autun, 1841, in-8°, pl. — 28.° Bulletin 
delà Société d’archéologie de Lorraine, tom. il, 1841. — 29.° 
Société académique de Saint-Quentin. A anales industrielles et 
agricoles. Tom. yni, 1840. — 30.° Recueil des publications de 
la Société havraise d’études diverses, de la 14 e , 16 e et 17 e année 
(1847 à 1840), 1 vol. in-8°. — 31.° Société agricole, scientifique 
et littéraire des Pyrénées-Orientales, 8 e vol. — 32.° Bulletin 
de la société archéologique de Sens, 1841. — 33.° Bulletin de 
la Société d’émulation du département de l’Ailier, août 1846, 
avril 1847, août 1847, novembre 1847, janvier 1849, avril 
1840, septembre 1840. — 34.° Congrès agricole de la Haute- 
Saône, session de 1840, br. m-&°. — 34.° Compte-rendu des 
travaux de l’Académie du Gard en séance publique du conseil 
général, le 30 avril 1841 * par M. Nicot, secrétaire perpétuel* 
in-8*. — 36.° L'Institut, n. 186, 187,188,189. — 37.® Mémoires 
de la Société des antiquaires de Normandie. 2 e série, 8 e vol. 
in-4°. — 38.° Des influences des stations grecques dans les 
Gaules et particulièrement dans le Lyonnais, la J^ourgogne et 
la Bresse, par Jos. Bard, 2 e édition, br. in-18°. Lyon, 1841. 
39.°Mémoires de l’Académie royale de Belgique, tom. xxiv et 
xxv, 2 vol. in-4° —40.° Mémoires couronnés et mémoires des 
savants étrangers', publiés par T Académie royale de Belgique , 
tom. xxin,*in-4°. -^-41.° Bulletin de l’Académie royale de Bel¬ 
gique, tom. xvi, 2 e partie, tom. xvn, i. re et 2 e partie, tom. 
xvm, l Te partie, 4 vol. in-8°. — 42.° Catalogue des livres de 
la bibliothèque de l’Académie royale de Belgique, 1840,1 vol. 
in-8’ — 43.° Annuaires de l’Académie royale de Belgique, 1840 
et 1841, 2 vol in-18. — 44.° Mémoire sur la chimie et la phy¬ 
sique végétale et sur l’agriculture, par Henri Le Docte (Ouvrage 
couronné par l’Académie royale de Belgique en 1848). Bruxelles, 
1849, in-8°. — 44.° Abhanlungen der historich-philologischen 
classe der konigliçhen gesellschaft der Wissenschaften su Got- 
tingen. Vierter band, in-4°. — 46.° Nachrichten von der Georg 
Auguste Universitat und der Konigl. gessellschaft der Wis* 


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senschaften zu Gottingen. Von Jahre, 1880, n. 1 à 17, in-12. 

— 47.° Précis analytique des travaux de l’Académie des 
sciences, belles-lettres et arts de Rouen, pendant les années 1843 
et 1849-80. Rouen, Péron, 1880, 2 vol. in-8®. — 48.° Mémoires 
de la Société d’agriculture, science et arts d’Angers, 2® série, 
l. cr vol. et 2® vol. U® liv. — 49.° Mémoires de la Société d’agri¬ 
culture, sciences et belles-lettres du département de l’Aube, n.° 
9 à 14.1849-80. — 80.® Rapport fait à l’Académie des inscrip¬ 
tions et belles-lettres, au nom de la commission des antiquités 
delà France, par M. Lenormant, lu dans la séance publique 
du 22 août 1881, in-4°. — 81.° Revue de numismatique belge, 
tom. i, 2® liv. — 82.® Annales de la Société archéologique de 
Namur, tom. n, 1 T ® liv. — 83.° Procès-verbal des délibérations 
prises par le conseil général du département de la Somme pen¬ 
dant le cours de la session de 1881, 1 vol. in-8®. — 84.° Mé¬ 
moires de l’Académie des sciences, agriculture, commerce, 
belles-lettres et arts du département de la Somme, années 
1880-81, 1.®* semestre. — 88.® Des antiquités celtiques, ger¬ 
maniques et romaines trouvées dans le Hainaut, par Désiré 
Toilliez, 184J, in-8°. — 86.° I e , 2®, 3® notice sur des antiquités 
découvertes dans le Hainaut, par le même, in-8®. — 87.® Notice 
sur des pierres taillées, monuments de l’industrie primitive, par 
le même, in-8®. — 88.® Résumé d’un mémoire sur les pierres 
taillées, monuments de l’industrie primitive, par le même, in-8®. 

— 89.® Des pierres sphéroïdes taillées anciennement, par le 
même, in-8®. — 69.® Aperçu historique sur le mineur et sur 
les mesures protectrices dont il a été l’objet, par le même, 
1847, in-8®. — 61.® Mémoires de la Société impériale d’archéo¬ 
logie de Saint-Pétersbourg, vol. V, in-8®. n. 1. — 62.® Bulletin 
de la Société de l’Histoire de France, n. 7, 8, 9. — 63.® Mé¬ 
moires de l’Académie nationale des sciences, inscriptions et 
belles-lettres de Toulouse, 4® série, tom.i. — 64.® Numisma¬ 
tique montoise. Une médaille de Charles de Croy, par M. Re- 
nier-Chalon. — 68.® Le dernier prétendant de Looz, monnaie 
de Brée, par le même. — 66.® Trois médailles relatives à l’his¬ 
toire des Pays-Bas. Supplément à Van Loon, par le même. — 


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— 269 — 


67.° Un mot sur les ruines de Saint-Bertin à Saint-Omer, 1851, 
lu à la séance annuelle de la commission des monuments his¬ 
toriques du Pas-de-Calais, à Arras, le 25 juillet 1851, par M. 
Henri de la Plane. Arras, Lefranc, 1851, in-12.— 68.° Hom¬ 
mes et choses, par M. Boucher idePerthes. Paris Derache, 1851, 
tom. iv.— 69.° Notice sur les encouragements qu'il convien¬ 
drait d'accorder vaux jeunes gens instruits, peu fortunés, qui 
se consacrent à des travaux scientifiques et à de pénibles re¬ 
cherches dans l’intérêt de leur pays, par V. Tremblay. Senlis, 
Regnier,br. in-8°. —70.° Bulletin delà Société des antiquaires 
de l'Ouest, 3 e liv. 1851. —71.° Notice sur le mont de Catenoy, 
dit Camp de César, par M. Ledicte-Duflos. Beauvais, Desjar¬ 
dins, 1851, in-8°. pl. —72, Travaux de l’Académie de Reims, 
1851-52, n. 1. —73.° Société d'émulation de Cambray, pro¬ 
gramme des questions agricoles et littéraires mises au con¬ 
cours de 1852, br. in-8°. — 74.° Recueil agronomique publié 
par la Suciété d’agriculture de la Haute-Saône. —75.° Collec- 
tanea antiqua, par M. Roach-Smith, vol. 2, part. 7. — 76.° 
Mémoires de l'Académie du Gard, 1850-51, in-8°. 

Dons oe M. le Ministre de l'Instruction publique. 

77.° Mémoire historique sur les deux délivrances de Con¬ 
dom, 1369-1374, par Gillot de Kerhardène. Auch, Foix, 1847, 
1 vol. in-8°. — 78.° Histoire des membres de l'Académie 
royale de nîédecine, ou recueil des éloges lus dans les séances 
publiques, par M. Pariset. Edition publiée par Dubois 
(d'Amiens). Paris, Baillière, 1850. 2 vol. in-12. — 79.° Devoirs, 
droits, assistance par le christianisme, la liberté, l'éduca¬ 
tion, par de Bausset-Roquefort. Paris, G a urne, 1849. 1 vol. 
in-12. — 80.° Annuaire météorologique de la France pour 
1849 et 1850, par MM. Haeghens, Martins et Bérigny. Paris, 
Gaume, 2 vol. in-8®*—81° La précellence du langage français par 
Henri Estienne. Nouvelle édition accompagnée d'une étude sur 
Henri Estienne et de notes philologiques et littéraires, par Léon 
Feugère. Paris, Delalain, 1850.1 vol. in-12.—82° Examen criti¬ 
que de la succession des dynasties égyptiennes, par W* Brunet de 

21 . 


à 


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— 270 — 


Presles. Paris, Didot, 1850. l. Te partie, 1 vol. in-8°.—83.° Chartes 
de la ville de Mont-de-Marsan. 1850,1 vol. in-8°.~84° De l’exis¬ 
tence morale et physique des femmes, par Amory. Paris, De 
Surcy. 1849, in-8°. — 85.° Des changements dans le climat de 
la France, histoire de ses révolutions météorologiques , par le 
docteur Fuster. Paris, Capellc, 1850, in-8°. — 86.° Souvenirs 
d’un voyage dans la Tartarie, le Tibet et la Chine, pendant les 
années 1844,1845 et 1846, par M. Hue. Paris, Leclerc, 1850. 
2 vol. in-8°. — 87.° Expédition dans les parties orientales de 
l’Amérique du Sud, de Rio-Janeiro à Lima et de Lima à Para, 
pendant les années 1843 à 1847, sous la direction de M. Francis 
de Castelnau. Paris, Bertrand, 1850, 6 vol, in-8°.—88.° Histoire 
des grandes forêts de la Gaule et de l’ancienne France, par Al¬ 
fred Maury. Paris, Leleux, 1850, in-8°. — 89.° De l’impôt et 
du libre commerce du sel dans les Etats romains, par Tho- 
massy. Rome, 1849, in-8°. — 90.° Histoire des races mau¬ 
dites de la France et de l’Espagne, par M. Franc. Michel. Pa¬ 
ris, Franck, 1847, 2 vol. in-8°. — 91.° Correspondance admi¬ 
nistrative sous le règne de Louis XIV , recueillie et mise en 
ordre par Depping. Tom. ii, in-4°. — 92.° Histoire de la con¬ 
quête du Mexique, par W. Prescott, publiée en français par 
A. Pichot. Paris, Didot, 1846, 3 vol. in-8°. — 93.° L’Alsace 
illustrée ou recherches sur l’Alsace pendant la domination des 
Celtes, des Romains, des Allemands et des français. Par 
Schœpflin, traduction de Ravenez. Mulhouse, Perrin, 1850,2 vol. 
in-8°. — 94.° Manuel du droit rural et d’économie agricole, 
par Jacques de Valserres. Paris, Thorel, 1847, in-8°. — 95.° 
Rapport sur les traitements orthopédiques de M. le docteur 
Jules Guérin. Paris, 1846, 1 vol. in-4°. — 96.° Statistique mo¬ 
numentale de Paris. Liv. 28, 29. — 97.° Voyages archéologi¬ 
ques en Grèce, par M. Ph. Le Bas. Liv. 10, 11. — 98.° Comptes 
des dépenses de la construction du château de Gaillon, d’après 
les registres manuscrits des trésoriers du cardinal Georges 
d’Amboise. Par A. Deville. Paris, imprimerie nationale, 1850, 
in-4° et atlas in-folio. 



t 


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— 271 — 


DESSIN. 

M. Victor de Beauvillé, membre non-résidant à Montdidier, 
vient d‘offrir à la Société la belle planche qu’il a fait graver sur 
le tombeau de Raoul de Lannoy à Folleville. C’est la première 
fois que ce magnifique mausolée a été reproduit dans un 
aussi grand format. 

OBJETS OFFERTS AU MUSÉE 

pendant le 4.® trimestre de 1854. 

2.° Par M. Aug. Le Prince, propriétaire à Amiens, une fi¬ 
bule en bronze, trouvée lors de la construction du pont du Bloc 
à Amiens; un grain de collier de pâte vitreuse et six mor¬ 
ceaux de flûtes gauloises, trouvés sur divers points de cette ville. 

2. ° Par M. Cauet-Gras, une épée en bronze, de l’espèce dite 
parazonium, trouvée près le camp romain de Tirancourt. 

3. ° Par M. Beguery, entrepreneur de travaux publics, à 
Noyon, un coin celtique en silex ; un parazonium en bronze 
de petite dimension, et un objet en bronze, forme d’équerre, 
qui a dû servir à garnir l’angle d’un meuble. Ces trois objets 
ont été trouvés séparément auprès de Noyon (Oise), 

4. ° Par MM. Duthoit frères, sculpteurs à Amiens, un coin cel¬ 
tique en pierre verte, trouvé à Belloy-sur-Somme; un morceau de 
marbre vert, provenant de la mosaïque construite sous Louis XV, 
au grand autel de St.-Riquier, et un instrument de vitrier en 
fer damasquiné, du xvi. e siècle. 

5. °. Par M. Padé, curé de Saint-Riquier, deux fragments 
de marbre provenant de la mosaïque mentionnée ci-dessus. 

6. ° Par M. Moser, bijoutier à Amiens, deux exemplaires de 
la petite médaille qu’il a fait graver pour l’inauguration de la 
statue de Gresset. 

7. ° Par M. Feret, suppléant du juge-de-paix à Clermont 
(Oise), deux boutons estampés au nom du district de Clermont 
en BeauvoisUy et l’empreinte en cire du sceau de Saint-Quentin 
de Beauvais. 


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— 272 — 

8. ° Par M. Carré, un coin celtique en silex, ébauché et 
trouvé à Conly. 

9. ° Par M. Forceville-Duvette, propriétaire à Amiens, une 
statue en pierre paraissant représenter saint Christophe et pro* 
venant d'une ancienne église d'Amiens, xvi. e siècle. 

OBJETS ACHETÉS 

PAR LA COMMISSION DU MUSÉE. 

1. ° Un meuble en chêne à quatre panneaux, représentant 
les quatre saisons; il provient de l'ancien château de Ville- 
Saint-Ouen, fin du xn.® siècle. 

2. ° Le tableau peint sur bois offert en 1567 par Nicolas Roche, 
procureur, à la confrérie Notre-Dame-du-Puy, avec cette de¬ 
vise : Roche d'au $ourt fontaine d’eau vive . Les trois derniers 
mots du philaotère sont seuls conservés, cette curieuse pein¬ 
ture ayant été sciée dans sa partie inférieure. 

3. ° Deux épingles en jais, divers fragments de vase en verre 
et quelques grains de pâte vitreuse, recueillis dans des ter¬ 
rassements au faubourg Beauvais d'Amiens. Epoque gallo- 
romaine. 

4. ® Un tombeau en plomb dont le couvercle est orné de des¬ 
sins en grains d ? orge figurant des croix en sautoir. ▼.• siècle; 
il a été trouvé à Amiens, près du chemin qui longe la Fon¬ 
taine des Frères. 

5. ® La médaille en argent commémorative du voyage de 
Charles X à Amiens, en 1825. 


Amiens. — lmp. 


de Duval et Herment, place Périgord, 3. 


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BULLETIN 

DE U SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. 

I -S I fil l î n> <m — — 

COMITÉ CENTRAL. 


Séance du 13 janvier 1852. 

L’ordre du jour appelle l’installation des membres du 
bureau élus pour l’année 1852. En l’absence de M. Gue- 
rard, président, qui s’est excusé de ne pouvoir assister 
à la séance, M. l’abbé Duval continue d’occuper le 
fauteuil. 

— M. Rigollot donne lecture de l’introduction du 
travail qu’il a entrepris sur les tableaux jadis exposés 
par la confrérie religieuse et littéraire de Notre-Dame 
du Puy, dans l’église cathédrale d’Amiens. 

Il montre à quelle occasion étaient offerts ces ta¬ 
bleaux , qui représentaient toujours un trait historique 
ou allégorique en l’honneur de la Vierge; comment leur 
exposition, qui ne durait primitivement qu’une année, 
fut, en 1491, rendue perpétuelle; comment, en 1723, 
malgré les efforts et les protestations des membres de 
la Confrérie, ils furent définitivement enlevés de la 
Cathédrale. 

11 signale les actes Je vendalisme qui présidèrent à 
cette opération , et qui inspirèrent quelques pièces de 

22 . 


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— 274 — 


vers dont il cite des fragments. Il nous montre ensuite 
ce que devinrent ces précieux spécimen de la peinture 
du XIV.® et du XV.® siècle, et les vicissitudes fâcheuses 
qu’ils eurent à éprouver. Examinant ensuite les minia¬ 
tures du manuscrit offert à la duchesse d’Angoulème, 
mère de François I", et conservé à la Bibliothèque na¬ 
tionale, il démontre que ces peintures, exécutées par le 
nommé Jacques Plastel, d’Amiens, ne sont pas la re¬ 
production exacte des tableaux de la Cathédrale, et ne 
peuvent, tout au plus, donner qu’une idée approxi¬ 
mative de leur sujet. En terminant cette lecture, écoutée 
avec la plus vive attention, M. Rigollol promet pro¬ 
chainement la description de près de 200 tableaux et 
statues offerts par les maîtres de la Confrérie du Puy. 

— En vertu du réglement, M. Bazot, trésorier, 
présente le compte des recettes et dépenses pendant 
l’année 1851. 

M. le président désigne MM. Le Prince , Forceville 
et de Grattier pour examiner les comptes de 1851, et 
préparer le budget de 1852. 

— M. Dufour a la parole pour développer le projet 
d’une loterie qu’il propose à la Société de créer afin de 
subvenir aux frais de construction d’un Musée monu¬ 
mental à Amiens. Après avoir annoncé que ce projet a 
déjà obtenu un accueil favorable de l’administration mu¬ 
nicipale et de M. le Préfet auquel il en a fait part , 
M. Dufour donne lecture d’un mémoire qui devra être 
adressé au gouvernement pour obtenir l’autorisation né¬ 
cessaire. (Voir page 296.) 

Une discussion s’engage sur les détails du projet, et. 


V 


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— 275 — 


après quelques observations tendantes toutes à la prise 
en considération, la Société déclare l’approuver. Une 
commission est en conséquence nommée pour en suivre 
l’exécution ; elle se compose de MM. Antoine, Bazot, 
Bouthors j de BetzDufour, Forceville, Garnier , Gue- 
rard, Janvier , Le Prince et Rigollot. 

—M. deBetz,aunom de la commission chargée d’exa¬ 
miner la proposition déposée dans la dernière séance par 
M. Forceville, d’élever un monument à Pierre l’Ermite , 
déclare que la commission est d’avis de la prendre 
en considération , et invite la Société à nommer une 
nouvelle commission pour rechercher les voies et moyens 
les plus propres à la réalisation de ce projet. — Les 
conclusions du rapport sont adoptées ; Mgr. de Salinis, 
et MM. Antoine, Bouthors, de Betz , de La Roque, 
Dufour, de Ladoue, Forceville, Garnier, Guerard, 
Janvier, Jourdain et Rigollot sont nommés membres de 
la commission. 

— M. Dufour communique à la Société l’expédition 
qu’il a demandée à la Préfecture de la Seine de l’acte 
de décès de Du Cange , inscrit aux actes de l’état civil 
delà paroisse St.-Gervais, à Paris. Cet acte est ainsi 
conçu : 

Le lunM vingt-cinq octobre mil six cent quatre-vingt-huit 
a esté inhumé dans Veglise Charles du Fresne escuyer seigneur 
Du Cange conseiller du Roy président trésorier de France et 
general de ses finances en la généralité d'Amiens décédé le 
vingt-trois en sa maison rue des Escoufles, Faict es presens de 
Philippe de Fresne seigneur Du Cange conseiller du Roy pre¬ 
sident trésorier de France et general des finances en la géné¬ 
ralité de poytiers son fils — François du Fresne escuyer sic**' 

22 .* 


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— 276 


de GrauiUe aussi fils du deffunct et Jean du Fresne escuyer sei¬ 
gneur d'Âubigny president trésorier de France et general de 
ses finances en Picardie cousin du deffunct . 

Signé Dufresne , François Dufresne , Dufresne , et La¬ 
fontaine. 

Séance du 10 février. —M. Guerard, président élu 
pour 1852, prend possession du fauteuil et prononce 
l'allocution suivante : 

« Messieurs , 

» Plus on parcourt les annales de votre compagnie , plus 
on est convaincu des services que vous n'avez cessé de ren¬ 
dre à la science et à votre pays. 

» Dans tous les temps, vous vous êtes fait une loi d'accom¬ 
plir avec la plus scrupuleuse exactitude les promesses que vous 
aviez faites à l’époque de votre fondation, et, grâce à vos efforts, 
vos travaux ont été couronnés des succès les plus brillants. De 
toute part les véritables amis de la science, ses protecteurs 
éclairés, sont venus vous encourager par leur concours, et 
des récompenses plus que flatteuses ont été décernées à votre 
persévérance. Pour prouver la vérité de ce que j’avance, je 
n’ai pas besoin de vous parler des témoignages de sympathie 
qui vous ont été donnés pas ces nombreuses sociétés savantes 
de la France et de l’étranger, qui ont recherché votre al¬ 
liance, et vous ont demandé l’échange de leurs publications 
contre les vôtres. Je ne vous parlerai pas non plus de ces en¬ 
couragements flatteurs, de ces marques de confiance qui vous 
ont été donnés par les autorités de cette ville et de ce dépar¬ 
tement. 11 me suffira, je pense, de rappeler ici à votre mé¬ 
moire les éloges qui vous ont ete donnés par le premier corps 
-savant de l'Europe, lors de l’érection de la statue de Du 
Gange , et la récompense qui vous a été donnée récemment 
par le Gouvernement lui-même , dans le décret qui a reconnu 
la Société des Antiquaires de Picardie, comme établissement 
d'utilité publique. 


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277 — 


» En recevant ce titre honorable qui depuis si longtemps fai¬ 
sait l’objet de vos voeux , vous n’avez point oublié, Messieurs, 
que si d’un côté le Ministre de l'Instruction publique vous l’a 
fait accorder en récompense de vos travaux passés, d’un autre 
aussi, ce titre nouveau doit être considéré comme un enga¬ 
gement solennel que vous avez contracté de ne point ralentir 
votre marche dans les études auxquelles vous vous êtes con¬ 
sacrés , et doit répondre pour l’avenir de tout ce que le passé 
pouvait faire attendre de vous. 

» Une ère nouvelle s’ouvre donc pour ainsi dire aujour¬ 
d’hui devant vous , et lorsque je vous vois tous prêts à y 
entrer avec un zèle et un dévouement nouveau, je comprends, 
Messieurs, toute l’étendue des devoirs que m’imposent les suf¬ 
frages dont vous m’avez honoré. Pour remplir dignement les 
fonctions qui me sont conférées, je ne puis certainement mieux 
faire que de prendre pour modèles et pour guides les ho¬ 
norables membres auxquels je succède comme président, 
et dont vous avez tant de fois admiré le zèle et le profond 
savoir. Heureux si, par mes efforts, je puis parvenir à mar¬ 
cher sur leurs traces, et répondre ainsi par mon zèle au con¬ 
cours que je sollicite de vous , et que vous voudrez bien , 
j’espère, m’accorder. C’est alors que, comme par le passé, 
chacun de vous se fera remarquer par son exactitude , son 
assiduité à nos séances, et que tous nous ferons nos efforts 
pour rendre nos réunions de plus en plus intéressantes par 
des lectures savantes, par des rapports lumineux et profonds. 

» Quelque nombreuses qu’aient été vos publications jusqu’à 
ce jour, un champ vaste et fertile ne s’en ouvre pas moins 
encore aujourd’hui devant vous , qui vous promet de riches 
et abondantes moissons. Nos archives départementales et com¬ 
munales que vous avez à peine effleurées , vous ouvrent en¬ 
core leurs immenses trésors et des documents précieux et sans 
nombre vous attendent Que de choses n’y trouvera -1 - on 
point, par exemple, sur l’histoire de notre belle basilique 
que les peuples admirent et nous envient, et qui pourraient 
mieux vous la faire connaître que ces deux auteurs aussi sa- 


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▼ants que modestes qui vous ont donné la description de 
ses stalles élégantes, vrai chef-d’œuvre de l’art* Travailleurs zélés 
et infatigables, c'est à eux qu’il appartient de nous en retra¬ 
cer l’histoire et la description fidèle , ils n’ont pu oublier leurs 
promesses, et cette année, ils vous apporteront, j’espère, le 
fruit de leurs longues et laborieuses recherches en vous don* 
nant le travail que vous leur avez demandé sur les inscrip¬ 
tions tumulaires renfermées dans ce monument, l’orgueil de 
notre cité. 

» Ces travaux tant désirés ne serônt pas les seuls qui vous 
seront soumis cette année. Nous avons lieu d’espérér que M. 
Breuil, qui depuis longtemps s’occupe de recueillir tous les 
documents épars de l’antique confrérie de Notre-Dame-du-Pny, 
vous fera connaître l’histoire littéraire de cette célèbre com¬ 
pagnie ; que M. Bouthors , encouragé par les nombreux suc¬ 
cès qu’il a obtenus, cédant an désir de tous les véritables 
amis de la science, terminera le grand et remarquable tra¬ 
vail qu’il a entrepris sur les coutumes du bailliage d’Amiens. 
Tandis que, d’un autre côté , M. Forceville forcera le marbre 
à reproduire les traits de votre compatriote, qui, jadis, la 
croix à la main, fit lever POccident tout entier pour marcher 
à la conquête du tombeau du Dieu qui versa sou sang pour 
racheter le monde. Tous enfin , Messieurs, animés d'une no¬ 
ble émulation, vous vous montrerez jaloux de payer votre tri¬ 
but à la science, et chacun de vous s’empressera à P envi de 
venir déposer dans cette enceinte le fruit de ses longues et 
laborieuses recherches. 

» Cette année s’ouvre donc, Messieurs , sous les plus heu¬ 
reux auspices, tout nous annonce qu’elle sera riche et fé¬ 
conde , et que la prospérité de la Société ira toujours crois¬ 
sant. Par votre zèle, par votre dévouement, vous vous mon¬ 
trerez dignes de mériter des récompenses nouvelles, et c’est 
ainsi que vous justifierez aux yeux de vos concitoyens le titre 
si bien mérité de Société d'utilité publique. » 

— Lecture est donnée d’une lettre de M. Tiltette~ 


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279 — 


d’Acheux, par laquelle il donné sa démissiori de membre 
de la Société. — Cette démission est acceptée. 

— M. Magdelaine remercie la Société de l’avoir admis 
dans son sein; il rappelle les différents monuments qu’il 
a pu étudier dans les diverses parties de la France, 
où l’ont conduit ses fonctions d’ingénieur, et dans 
les voyages que son goût pour les arts lui a fait entre¬ 
prendre ; il termine en offrant à la Société beaucoup 
de zèle et l’expérience pratique que procurent les cir¬ 
constances et l’exploration comparative, dans diverses 
contrées, des monuments de l’antiquité et du moyen-âge. 

M. le président, rappelant les connaissances variées 
de M. Magdelaine, les travaux importants qu’il a exé¬ 
cutés dans le pays, son goût éclairé, le remercie du 
concours qu’il promet, convaincu que , fidèle à son 
pas^é, il travaillera d’une manière active à la prospérité 
commeàraccroissement de la Société qui est beureusede 
le recevoir. 

— Le secrétaire perpétuel fait > au nom d’une com¬ 
mission, le rapport sur les comptes de M. le trésorier 
pour l’année 1851, et donne lecture du projet de budget 
pour 1852. 

La Société adopte le projet de budget, et., conformé¬ 
ment aux conclusions du rapport, vote des remerciements 
à M. Bazot, dont elle approuve la gestion. 

— M. Bouthors donne lecture de la première partie 
d’un travail dans lequel il se propose de résumer les 
dispositions des coutumes locales qui ont rapport à la 
ruralité. Le fragment qu’il communique à la Société 
expose l’origine du droit rural. —Après avoir essayé 


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- 280 — 


d’établir qu’il se manifeste de la même manière chez 
toupies peuples, et qu’il suit les progrès de la civilisa¬ 
tion , l’auteur s’attache à montrer l’influence que l’af¬ 
franchissement des serfs et l’érection des communes ont 
exercée sur celui de la France du Nord, au moyen-âge. 
— Il termine en annonçant qu’il exposera avec plus de 
détails dans les chapitres suivants, les divers objets de. 
la police intérieure et extérieure des villages de l’an¬ 
cienne circonscription du bailliage d’Amiens. 

— M. Dufour communique une lettre de M. Daniel, 
directeur du Comité de Beauvais, qui appelle l’atten¬ 
tion de la Société sur le catalogue publié dernièrement 
par M. Eug.Viollet-Le-Duc, dans le Bulletin des Comités, 
des portefeuilles de Gaignières qui se trouvent aujourd’hui 
à la bibliothèque Bodléienne d’Oxford. Parmi les dessins 
qu’ils contiennent, plusieurs intéressent la Picardie, et 
il demande si la Société ne jugerait pas utile de prier 
le gouvernement d’en faire lever des copies. M. Dufour 
fait remarquer l’importance de cette communication et 
appuie fortement l’idée émise par M. Daniel. 

Après une discussion à laquelle prennent part plusieurs 
membres, M. Dufour dépose la proposition suivante: 

« Le membre soussigné propose à la Société de solli¬ 
citer de M. le Ministre de l’intérieur le crédit néces¬ 
saire pour envoyer à Oxford un dessinateur qui serait 
chargé de reproduire les dessins de la collection Gai¬ 
gnières intéressant la Picardie. » — Cette proposition 
est mise aux voix et adoptée. 

Séance du 9 mars . — M. Peigné Delacour adresse un 
paquet de cartes indicatives de tous les noms de lieu 


v 


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— 281 — 


qui se rencontrent dans la première série de l’introduc¬ 
tion à Y Histoire de la Picardie , de Dom Grenier, et re¬ 
nouvelle la proposition qu’il a faite d’entreprendre, pour 
la Picardie, cet inventaire historique qu’il considère, 
à bon droit, comme un travail très important. 

— M. l’abbé Decagny, membre correspondant, pro¬ 
pose à la Société de prendre l’initiative d’un monument 
à élever àLhomond, et lui adresse, à ce sujet, une lettre 
dont il est donné lecture. ( Voir page 284.). 

Après une discussion à laquelle prennent part plusieurs 
membres,la Société arrête qu’il sera répondu àM. l’abbé 
Decagny qu’elle est en ce moment occupée des soins 
d’une autre œuvre ; mais que, cependant, si la commune 
de Chaulnes voulait prendre l’initiative d’un monument 
modeste, comme il convient à la mémoire de Lhomond, 
ses sympathies lui seraient acquises. — M. Forceville 
ajoute qu’il serait heureux de prêter le concours de son 
talent à la réalisation de cette entreprise. 

— M. Pinsard, architecte , fait hommage du plan des 
caves qui se trouvent sous le Grand-Marché d’Amiens et 
d’une cave monumentale située sous la place de la 
Mairie; il offre de lever toutes celles qui se trouvent sous 
la voie publique, moyennant le remboursement des frais. 
— Un membre fait observer que ce travail existe à la 
Mairie ; mais il est répondu qu’entrepris pour les besoins 
de la voierie seulement,il ne comprend ni les élévations, 
ni les coupes, ni les détails archéologiques dont la cave de 
la place de la Mairie offre un curieux spécimen. — Un 
autre membre fait remarquer que ce travail, dont les 
limites ne sont pas suffisamment connues, pourrait cn- 


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— 282 — 


traîner dans une assez grande dépense, et que, d’ailleurs, 
parmi les caves à explorer, un très petit nombre, assu¬ 
rément , seraient dignes d’attention. — Après une courte 
discussion, la Société prend la proposition en considéra¬ 
tion et en renvoie l'examen à une commission composée 
de MM. de Grattier, Bazot et Magdelaine, et à laquelle 
M. Pinsard sera invité à donner tous les éclaircis¬ 
sements désirables. 

— M. Romajn-Leroy , membre nouvellement élu , lit 
un discours en vers dans lequel, après avoir remercié 
la Société, il passe en revue les divers monuments his¬ 
toriques de l’ancienne Picardie, et rappelle les souvenirs 
religieux et politiques qui s’y rattachent. 

— M. le président répondant au récipiendaire, rappelle 
le vide qu’a laissé dans la Société le départ d’un de ses 
membres les plus aimés, M. Le Serrurier, qu« M. Leroy 
est appelé à remplacer, et il exprime l’espérance de le voir 
prendre une part active et assidue aux travaux de la 
Société. Parlant ensuite de la belle collection de dessins 
et de vues de monuments recueillie par M. Leroy , il 
l’engage à réunir les documents qu’il possède sur les 
antiques abbayes, les anciens châteaux, et c’est alors 
plus que jamais, dit-tt, que la Société se félicitera de 
le voir unir ses efforts aux siens pour travailler à 
l’histoire de la Picardie. 

— M. Darsy, présent à la séance , dépose sur le 
bureau un travail manuscrit dont il est l’auteur, et qui a 
pour titre : Gamaches et ses Seigneurs. Sur l’invitation 
du président, M. Darsy donne lecture de divers frag¬ 
ments de son mémoire. Dans l’un, il examine quelles 


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- 283 — 


forent les limites de ia Picardie et de la Normandie. 
Faisant voir qu’en l'absence de documents authentiques 
que le traité de St-Clair aurait pu fournir, il faut s’en 
tenir à des conjectures plus ou moins fondées, il examine 
les diverses opinions émises et conclut que la Visme bor¬ 
nait le Vimeu d’un coté , comme le Tal bornait le Taleu 
de l’autre, et que le Vimeu comprenait tout le bassin 
de la Visme, comme le Taleu, tout le bassin du Tal, 
c’est-à-dire toutes les inflexions, tous les plis du terrain 
ayant leur pente vers la rivière. —-11 donne ensuite la 
description de l’ancien château de Gamacbcs, dont il ne 
reste plus que des ruines assez importantes; il termine 
enfin par la lecture d’un troisième chapitre dans lequel il 
résume l’histoire de l’Abbaye de Sery. La Société, remer¬ 
cie M. Darsy de cette communication, et l’engage à con¬ 
tinuer avec le même zèle consciencieux un travail qu’elle 
sera heureuse de publier dans ses mémoires. 

— Le secrétaire-perpétuel donne lecture d’une notice 
de M. l'abbé Cochet sur cinq monnaies d’or trouvées 
dans le cimetière mérovingien de Lucy, près Neufchâtel, 
(Seine-Inférieure), en J851 (1). 

M. Rigollol fait remarquer l’importance de cette dé¬ 
couverte , qui prouve que les populations chrétiennes 
on.t longtemps conservé les habitudes des générations pré" 
cédentes en matière de sépulture, et vient confirmer la 
justesse de l’attribution faite à l’époque mérovingienne 
de certaines armes et de certains ornements trouvés dans 


(1) Cette notice ayant été publiée dans la Revue archéologique, nu¬ 
méro du 15 mars 1851, page 717, la Société ne pourra donner suite 
à Pintention qu’elle avait eue de l’insérer dans ses Mémoires. 


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— 284 - 


les sépultures où l’on n’avait jusqu’ici rencontré ni mé¬ 
dailles ni inscriptions qui en fixassent la date d’une 
manière positive. 

— M. Janvier lit une note tendant à établir qu’il 
n’y avait point de juifs à Amiens. ( Voir page 287.) Cette 
note a été rédigée par lui en réponse à une demande de 
M. Cahen , traducteur de la Bible, sur cette question... 
« Y avait-il à Amiens des établissements juifs et des 
» réglements y relatifs. » — M. Bouthors fait observer 
qu’une nouvelle considération pourrait être ajoutée à 
celles qu’a présentées M. Janvier, à savoir que l’état de 
la ville, qui fut longtemps soumise à la juridiction ecclé¬ 
siastique, excluait naturellement l'établissement des. 
juifs. 

MOTICE SUR LnOMOMD, 

Par M. l’abbé P. DecâGNT. 

« Messieurs , 

» Dans sa séance du 9 décembre 1851, la Société a pris 
en considération le louable projet d’un monument à Pierre l’Er¬ 
mite , en se préoccupant néanmoins des difficultés pécuniaires 
de cette entreprise. Je viens, à mon tour, proposer un projet 
analogue, mais dont l’exécution offre des chances de succès 
bien plus assurées. Je veux parler d’une statue à élever à 
l’humble et célèbre Lhomond sur la place de Chaulnes, son pays 
natal, et en face de l’ancien château de ces ducs et pairs de 
France qui ont donné tant d’illustration à notre province. — 
Avant démotiver ma proposition , permettez-moi, Messieurs, 
d’esquisser en quelques mots la biographie du grand homme sur 
lequel je désire appeler tout votre intérêt. 

« Lhomond (Charles-François), professeur émérite à l’Uni¬ 
versité de Paris, reçut le jour au bourg de Chaulnes-en-Santerre, 
en 1727, de parenté peu fortunés, mais recommandables par 


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— 285 — 


leurs vertus. Il fit ses études à Paris , à l’aide d'une bourse an 
collège d'Inville, et s’y distingua par la pénétration de son 
esprit et la régularité de sa conduite. Ces belles qualités et la 
justesse de son jugement le firent remarquer en Sorbonne, où 
il obtint sa licence avec applaudissements. 

» Promu au sacerdoce, il fut nommé principal de la maison 
d'Inville qui l'avait élevé; mais il n'occupa cette place que peu 
de temps. Ce petit collège et plusieurs autres furent supprimés, 
les élèves, réunis aux collèges de plein exercice , et chaque prin¬ 
cipal , doté d’un honoraire annuel. Lhomond fut depuis attaché 
comme professeur au collège du Cardinal-le-Moine. Alors on 
reconnut en lui un de ces hommes rares et laborieux, éminem¬ 
ment humbles et désintéressés, qui consacrent au bien leurs 
veilles et leurs talents, dans toute l'étendue de leur pouvoir. 

» Dès sa nomination à ce professorat, se croyant trop riche 
pour un prêtre (comme il le dit lui-même à M. Haüy, son 
collègue et son ami intime), il renonça à sa pension d'ex-prin¬ 
cipal. Appelé plusieurs fois aux premières chaires de l'Uni¬ 
versité, il joignit à un noble refus la généreuse résolution de 
se consacrer tout entier à l'instruction de l'enfance. Ce fut avec 
la même modestie qu'il refusa les dignités ecclésiastiques et les 
bénéfices. La classe de sixième , peu honorable pour tant 
d'autres, et par là même souvent négligée, exerça, près de 
vingt ans , la sollicitude et l'amour assidu du savant Lhomond. 
Aussi ^Assemblée du clergé lui en témoigna-t-elle sa recon¬ 
naissance par une gratification honorable, sans aucune sollici¬ 
tation de sa part. 

» Lorsqu'il fut devenu émérite, ses chers enfants ne cessèrent 
point de l'occuper; il leur consacra sans réserve tous ses loisirs. 
Pour diriger et encourager leurs premiers pas dans la carrière 
des sciences, il composa d'abord les Eléments de la Grammaire 
française et latine ; — YEpitome; — le De Viris, etc., ouvrages 
incomparables, si souvent réimprimés et devant lesquels ont 
échoué de savantes prétentions. Jaloux de former leur cœur 
plus encore que leur esprit, il offrit successivement à leurs 
tendres méditations les vérités de l'Evangile dans la Doctrine 


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— 286 — 


chrétienne , et les annales des deux Alliances, dans les Abrégés 
de Vhistoir$ de l'Eglise et de la Religion , écrits admirables qui 
respirent les vertus et la piété de l'auteur , et dans lesquels ce¬ 
pendant des éditeurs modernes ont eu la présomption de vouloir 
corriger et réformer. Dans sa pieuse sollicitude pour les âmes 
de ceux qu’il aimait de préférence p il avait encore composé pour 
la direction des enfants une Méthode fort estimée des théologiens 
et surtout du célèbre sulpicien Montagne. Les biographies n'en 
font pas mention , parce quelle ne fut imprimée qu’en 1824, 

» Si un xèle semblable à celui de Lhomond est devenu si rare 
parmi ceux qui sont chargés de l'éducation , c’est qu'ils oublient 
ce qu'il répétait souvent et qu'il n’oublia jamais: Que la jeunesse 
est un précieux dépôt dont on répond à Dieu et à la patrie l 
Professeur laborieux, il aplanit les premières difficultés de l'é¬ 
tude, la fit aimer aux enfants, et hâta leurs progrès. Directeur 
éclairé , il 6ut saisir leur caractère , se mettre à leur portée ?t 
mériter leur confiance. 

» Lhomond touchait au terme de sa belle et honorable car¬ 
rière ; Dieu voulut la couronner par les épreuves. Aux jours 
de nos malheurs, il fut incarcéré au séminaire de Saint-Firmin , 
avec l’abbé Haüy, son collègue, pour refus de serment. €es 
deux confesseurs de la Foi échappèrent aux massacres de sep¬ 
tembre par une faveur extraordinaire. L’abbé Haüy dut sa li- 
berté aux réclamations de l’Académie des sciences dont il était 
membre; Lhomond la dut à M. Haüy, qui fit valoir son dé¬ 
vouement et ses services. 

» Leur réunion fut de peu de durée : une maladie longue et 
pénible enleva l’abbé Lhomond le 31 décembre 17.fM, à l'âge 
de soixante-six ans. Ceux qui l’ont connu rapportent qu’il était 
sérieux dans son abord, simple dans son extérieur, d'un com¬ 
merce doux et agréable, d’un cœur franc et généreux. 

» Voilà ,Messieurs, quel aétéÿ'homme modeste, mais vrai- 
ment célèbre, que je rappelle aujourd'hui à votre estime et k 
votre admiration. Ses services envers la patrie, ses travaux 
extraordinaires et inappréciables, dont le bienfait se répand en¬ 
core sur la génération présente, ne lui donnent-ils pas un titre 


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— 287 — 


légitime au souvenir, aux hommages, à la reconnaissance de ses 
compatriotes ? — Aussi, déjà plusieurs membres de TUniversUé 
ont-ils essayé, sans succès, le dessein que je viens soumettre 
à la sagesse de vos délibérations. Déjà aussi, sur mes instances 
persévérantes , le Conseil municipal de Chaulnes a-t-il formé, à 
cet effet, une commission spéciale dont les derniers événemens 
politiques ont suspendu les résultats. Le succès d’un projet si 
louable est sans doute réservé à la puissante initiative et à la 
direction intelligente de la Société des Antiquaires de Picardie, 
que je viens réclamer avec confiance. » 

» On comprendra sans peine toute la facilité d’exécution pour 
un monument destiné à ce savant si populaire, auquel est ac¬ 
quise la reconnaissance de tant de milliers de souscripteurs qu’il 
a dirigés et qu’il dirige encore dans l’étude des langues française 
et latine, dans la connaissance et la pratique de la religion, 
par ces ouvrages élémentaires si simples, si faciles, si bien 
accommodés à l'intelligence du premier âge* Ne s’adresserait- 
on qu’aux 66,000 curés et instituteurs de la France, un don de 
60 centimes de la part de chacun d’eux fournirait déjà une 
somme plus que suffisante pour remplir le but- de ma propo¬ 
sition. 

» Lhomond, peut-être, ne saurait entrer eo ligne avec plu¬ 
sieurs de ces grands hommes qui, les premiers , ont obtenu les 
honneurs de l’immortalité temporelle; mais il en est beaucoup 
qu’il égale et qu’il surpasse même, par des talents, des services» 
des mérites moins éclatants et plus solides : du moins, à cause 
de sa noble modestie et de ses rares vertus ; on ne pourra lui 
appliquer, comme à plusieurs autres célébrités , ces paroles de 
saint Augustin : Laudantur ubi non sunt, et cmciantur ubt 
sunt ! » 

MOTB IIJB LES JUIltt» 

Adbesséb a M. GAHES. 

( Par M. Aug. Janvier ). 

M. V***, à qui vous vous êtes adressé, a bien voulu 
me prier de réunir les documents pouvant exister sur 


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— 288 - 


» 

l’état des juifs en Picardie durant le Moyen-Age. J’ai 
dû borner mes investigations à la ville d’Amiens, 
dont l’histoire m’est la plus familière ; mais mes tra¬ 
vaux ne m’ont rien fait découvrir, et m’ont seulement 
donné la conviction intime que dans cette ville il n'a 
pas existé de juifs. J’espère prouver en peu de mots 
cette assertion par les raisons suivantes : 

La première consiste dans le silence absolu qu’ont 
gardé sur ce chapitre le père Daire, Lamorlière et tous 
les auteurs qui ont traité son histoire. 

La deuxième se fonde sur l’esprit religieux des Amié- 
nois, et la foi vive des habitants de cette cité qui, 
au Moyen-Age, comptait, outre sa cathédrale, un nombre 
considérable d’églises, de monastères et de couvents, 
foi vive et persistante que la grande renovation de la 
réforme put à peine ébranler et qui se révéla quelques 
années plus tard avec tant d’énergie, par la participa¬ 
tion active qu’elle prit à la ligue. Cette piété ardente, 
dis-je, a dû nécessairement repousser du sol où elle 
florissait, les Israélites dont le contact et l’approche 
étaient, pour tout chrétien, regardés comme une souil¬ 
lure ineffaçable. Ce n’est, il est vrai, qu’une induction 
toute morale, mais qui, pesée à sa véritable valeur par 
quiconque a suivi avec attention l’histoire religieuse de 
la Picardie, doit paraître fort acceptable. 

J’aborde maintenant mon troisième argument. Les 
différentes corporations ouvrières et commerçantes du 
Moyen-Age habitaient chacune un quartier ; ainsi le 
voulait le besoin de l’époque. Les juifs aussi obéissaient 
à cet instinct de centralisation, et, plus que tout autre. 


k. 


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— 289 — 


leur intérêt les y portait, d’autant plus qu’isolés au 
sein de populations ennemies , pour qui, aux moindres 
troubles, le sac de leurs maisons et le pillage de leurs 
biens étaient à la fois une œuvre agréable à Dieu, et 
toujours profitable à ses auteurs, ils devaient naturel¬ 
lement chercher à former un faisceau compact. Dans un 
grand nombre des villes où ils résidèrent, pour ne pas 

dire dans toutes, les quartiers qu’ils occupaient et qui, 

' * 

quelquefois, étaient fermés de murailles et faisaient une 
ville à part au sein de la cité, ont emprunté de leur sé¬ 
jour et conservent encore leur dénomination actuelle, 
comme à Paris, la rue des Juifs. A Amiens, il n’existe 
pas de rue de ce nom , je n’ai rencontré cette désignation 
dans aucun titre; cependant les noms de nos vieilles 
voies publiques ont peu varié, et nous avons encore, 
comme aux XIII.*, XIV*, XV.* et XVI.* siècles, les rues 
des Archers, des Bouchers, des Gantiers, des Tanneurs, 
des Lombards, des Huguenots, etc. 

Enfin , je me fonderai sur l’absence des mesures in¬ 
jurieuses et vexatoires qui, partout où ils résidaient, 
atteignaient les descendants du peuple hébreu, telles 
que celles, par exemple, de porter un chapeau jaune 
ou de forme pointue, ou une rouelle de couleur sur la 
partie la plus apparente de leurs vêtements, ou bien 
encore l’obligation , comme à Toulouse, de se présenter 
durant la semaine sainte, à la porte de la cathédrale, 
pour y' recevoir un soufflet d’un chrétien. J’ai lu atten¬ 
tivement les plus anciens registres aux ordonnances de 
police que possèdent les archives municipales de la ville 
d’Amiens, et n’y ai rien trouvé d’analogue. Je sais bien 

23. 


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— 290 — 


qu’on pourrait m'objecter que le registre, coté if, ne 
contient que des ordonnances sans date, de la fin du 
XIV.® siècle; que la première pièce qui y est datée ne 
l’est que de l’année 1402 ; que vers cette époque déjà 
Ion commençait à se relâcher un peu de la grande sé¬ 
vérité déployée contre les juifs, et que les mesures aux¬ 
quelles je fais allusion, étaient sans doute contenues 
dans des registres antérieurs aujourd’hui perdus; mais 
le fait què je vais citer sera une présomption fort puis¬ 
sante que ces registres antérieurs ont dû garder le même 
silence. 

Vous savez , Monsieur , que parmi les prétextes 
plus ou moins spécieux mis en avant pour chasser les 
Juifs de France et s’approprier leurs biens , un des plus 
célèbres est l’imputation dirigée contre eux en l’année 
1321, d’avoir, à l’instigation des soudans de Grenade 
et de Tunis, et de concert avec les lépreux , empoisonné 
les puits et les fontaines. Un grand nombre d’entr’eux 
payèrent de leur vie cette monstrueuse accusation. Nous 
savons qu’à Amiens des exécutions eurent lieu; mais 
les lettres de non préjudice (1) données à cette occasion 
à la commune par Pierre-Remont de Rapestain, bailli 
royal, pour les supplices qu’il avait fait faire des cou¬ 
pables à la Fosse-Fèrneuse, étant ès mettes de la Ban¬ 
lieue de la Ville <T Amiens en le Justiche et Seigneu¬ 
rie d'icelles, ne parle que de ladres et non de juifs. Si 
leslépreux seuls ont été frappés, c’est donc qu’à cette 
époque, comme plus tari, il n’y avait pas de juifs à 
Amiens. 


(1) Dairb, Bist, d'Amiens, t.1. (Pièces justificatives, pag. 540.) 


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— 291 — 

Les seuls documents où, jusqués ici, j’ai rencontré le 
mot de juif, sont les statuts synodaux édictés en 1454, 
par l’évêque d’Amiens, Jean Avantage, et relativement 
à l’un des cas d’absolution qui lui étaient spécialement 
réservés par les canons. Mais la recommandation qu’il 
adresse à ce sujet aux ecclésiastiques de son diocèse n’étant 
que la reproduction d’un point de discipline commun à 
toutes les églises de France, ne peut en rien infirmer 
mon opinion. 

Avant de terminer cette note , je vous ferai connaître, 
d’après le père Daire (Histoire civile, ecclésiastique et 
littéraire de la ville de Corbie et du doyenné de Fouil- 
\oy , manuscrit donné à la bibliothèque communale 
d'Amiens, par AI. de, Cayrol J , qu’au village de Lon- 
gueau , près Amiens , les juifs qui y passaient étaient, 
comme les animaux, soumis à un droit de travers fixé, 
pour un homme, à quatre deniers, pour une femme, à 
deux seulement; mais, si la juive était enceinte, elle de¬ 
vait alors payer six deniers. 


HOTE DE DU CAWGE 

SUR LES VITRAUX DE LA CATHÉDRALE DAMIENS , EN 1667, 

Communiquée par M. RIGOLLOT. 

Le 25 d’avril mil six cens soixante sept, Messieurs 
Houllon, chanoines , et moy avons esté dans les galeries 
de N.-D. pour y lire les inscriptions qui sont aux grandes 
vitres de l’église. 

Nous avons commencé par la première de la nef à main 

23.* 


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gauche en entrant, laquelle contient ces mots en lettres 
gothiques : 

R 

CHE. FIST. FAI: IE DRIEVS MALERBE ESTHVMAS 

f. Engrand 

RENIV ET EGRARES DE SAINT FVSCIEN. 

Cet Andrieu de Malherbe estoit maieur en l’an 1292, 
(Voyez La Morlière, p. 285.) Il y est aussy parlé des 
S. Fuscien maieurs en la même page et ailleurs. 

La deuxième vitre représente quatre escussons con¬ 
sécutifs. Le premier est d'azur semé de fleurs de lys 
d’or, à la fasce d’argent, à 3 tourteaux d’azur. 

Le deuxième est d’or au lyon de gueules brisé de 3 
chevrons de vair. 

Le troisième est comme le premier. 

Le quatrième est de gueulles à trois vases couverts 
d’or, l’escu parsemé de trèfles de menu au lambel 
d’azur de trois pièces. 

Sur le deuxième escusson est un évesque : et sur le 
troisième un navire avec la voille. 

Il est sans doute que le quatrième escusson est delà 
maison de S. Fuscien, d'où il s'en suit que le premier 
est d’Andrieu de Malherbe et le second de Thomas Reniu. 

Le troisième vitre contient trois escussons, le premier 
de Malherbe, le deuxième de S. Fuscien au lambel com- 
ponné d’argent et d’azur, et le troisième de Renieu, qui 
est le lyon de gueules, brisé de 3 chevrons de vair, à la 
bordure engreslée de sable. Les armes de conte sont 
différentes, car elles sont d’or, au lyon de gueulle, à 3 
bandes de vair. (V. Lamorlière, p. 315.) 

La quatrième est comme la troisième. . 


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— 293 — 

La cinquième contient ces mots : CHESTE VERRIERE 
FIST FAIRE MAISTRE WILLAVME LI OVRS PRIES 
POVR S’AME. Au deuxième panneau est une vierge, 
au troisième un homme qui présente une vitre et au 
quatrième un ours dans un quarré d’azur. 

La sixième a ces caractères : LI MAIEVRS DES 
WAIDIERS D’AMIENS OVNT FAIT FAIRE CHESTE 
VERRIERES. Au dessus sont quatre escussons de suite 
de gueules, au chef d’azur, à 3 fleurs de lys d’or en 
fasce. 

La septième porte ces termes : LI MAIEVR DES 
VAIDIER DAMIENS OVT FAIT FAIRE CHES 
VERRIERE. Au dessus sont quatre escussons de la ville 
comme en la précédente. 

En tournant du mesme costé à l’aisle gauche sur 
l’autel de la chapelle de S. Pierre. 

La première a ces mots ou ces caractères qui ont esté 
transposez par les vitriers : 

I 3 1516 5 6 7 8 9101113 1314 3 4 1718 3133 3133 

MA J DE I TRES RAOVLS|IS|FO|EC1 ES | 

8334 3536 3738 3930 1930 3334 

FI | ST FA IR SS | HE l SV | ERRIERES. 

(Maistres Raouls de Fossés fist faire ches verrières.) 

Au dessus est un cfaanoiue couvert d’une robe bleue 
avec une grande couronne cléricale qui présente une 
vitre; dans les autres panneaux sont les figures de la 
Vierge, de S. Pierre et de S. Paul. 

La deuxième a ces termes : MAISTRES RAOVLS DE 
FOSSES FIST FAIRE CHES VERRIERES Au dessus 
est la figure du même chanoine. 


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— 294 — 


La troisième a ces caractères pareillementtransposez : 

13 3 4 7 8 10 1113131415 

MA | NT | :DR | RBE A | MIENS : | KANT | 

56 3345 1 6789 

AN | T : SIBR ] ST | ON | NE | EVT : D | RENT | 
CHESTE | VERERE. (Li manant d’Amiens donnèrent 
cbeste verrière.) 

Dans le chœur, à coslé gauche, du costè de l’évesché. 

La première a ces mots : LE DIANÉ DE PoiS ET DE 
CONTI ET DE PARVILER ME FIRENT FAIRE. 

La deuxième LA VILE DE DOVRLENS ET LE 
DIENNÉ. 

Il y a ces caractères qui semblent transposez CRENDE 
CCTCHE VODE LE.DIER. 

La quatrième CHES VERRIERES SAVEVES DAMIENS. 

La cinquième a une tour d’or et semble d’une fabrique 
plus récente et avoir esté donnée par...... La Tour, 

pœnitencier de N. D., qui a donné les figures qui sont 
derrière le chœur, qui représentent l’histoire du martyre 
de S. Fuscien et de S. Gentien où sont ses armes qui 

sont.c’est luy qui a fait bâtir 

la tour et la maison canoniale des S." Houllon. 

La sixième, qui est vers le fonds de l’église, a ces 
caractères : LE DIENÉ.... E PoiS EN EVET DER... ES. 

Au dessus est la figure de S.‘ Firmin. 

La septième a un escu eschiqueté d’or et d’azur. 

La huitième, sur l’autel dedans le fonds de l’église, 
a quatre évesques et au dessous : BERNARD 9 EPC 
ME DEDIT MCCLXIX. 

La neuvième a un escu eschiqueté d’or et d’azur qui 
semble cstre les armes de l’évesque Bernard. 




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— 295 — 

La dixième représente une vierge, et, au panneau 
suivant, une reyne ayant la teste couverte d’un voile 
blanc avec la couronne et un habit bleu ; et depuis le 
my-corps jusques au bas est une espece d’escusson carré,, 
escartelé au l. er et 4.* de gueules, au chateau d’or, au 
2.' et 3. e d’argent, au lyon rampant de sable. 

Cette figure est de Blanche de Castille, mère de 
S. Louys, laquelle décéda l’an 1252, et probablement 
contribua beaucoup à achever le grand vaisseau, ce qui 
paroit par les fleurs de lys meslez des châteaux de Cas¬ 
tille , dont la plupart des vitres sont parsemées. 

La quatorzième a ces caractères : CHE | ND | y y j 
FAIRE | LE | Dl | AF | AIO | ABEVILLLE . .. . . . 


La quinzième. CHE DOYNE LE YILE DE SAINNT 
RIKIER ET LE DIE NE FÈS, 

En l’aisle sur la chapelle de N. D. du Puy. 

La première a ces mots: EN LA DE GARCE MCCiniXX 
HVGANS LIENART LE SEC ROBERT DE SÏT FVSIEN 
MAIEVRS DES WAIDIERS FIRE CHES VERRIERES. 

La deuxième a, au deuxième paneau, une S.'* Cathe¬ 
rine, et au troisième unévesque, avec trois escussons 
consécutifs. 

Le premier de France, à la fasce d’argent, chargée 
de 3 besans d’azur. 

Le deuxième d’or semé de coquilles de sable, au lyon 
de gueule, brisé de 3 chevrons de vair. 

Le troisième de sable, bcsandé d’or. 

La trente-septième qui est la deuxieme en entrant. 


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— 296 — 

en la nef, a ces mots : LE VILE DAMIENS DONE 
CHESTE VERRIERE. 

La trente-huitième a ces caractères transposez. 

13 8 45 6 71213 1011 8 9 1415 

Ll WAIDINE DOERNT CIIESTE VERRIERE 
(Li Waidiers donent cheste verrière). 

La quarante-unième et la quarante-deuxième ont chas- 
cune quatre escussons posez alternativement, sçavoir: 
celles de la ville et de Malherbe. 

(Bibl . nationale . — MS. de Do Cangb. Suppl. Franç., 
1225 B, p. 436 à 440.) 


MÉMOIRE présenté à fin de concession d’une Loterie pour la construction 
d’un Musée monumental, à Amiens. 

« Monsieur le Préfet, 

» La Société des Antiquaires de Picardie reconnue comme 
établissement d’utilité publique , par un décret du Prince-Prési¬ 
dent du 18 juillet 1851, n’a cessé , depuis sa fondation, qui date 
de 1836, de solliciter la construction, à Amiens, d’un vaste 
Musée affecté à la réunion des diverses collections d’antiquités, 
d’histoire naturelle , de peinture et de sculpture, qui se trouvent 
âissiminées dans plusieurs bâtiments , dont l’aspect déplorable 
déshonore la science et décourage le visiteur le plus intrépide. 

Dès 1820 , la fondation d’un semblable établissement était 
vivement réclamée dans l’intérêt de la ville , mais le bon vouloir 
de l’administration départementale et municipale s’est trouvé le 
plus souvent paralysé par le défaut de ressources nécessaires 
pour réaliser le vœu de la population. 

» L’année dernière, un membre de la Société des Antiquaires 
de Picardie, que nous tenons à nommer par honneur pour notre 
compagnie, M. Auguste Le Prince, avait offert spontanément à 
la ville de lui abandonner sa propriété de la Fosse-Ferneuse, 
d’une contenance de trois hectares environ, et d’une valeur de 


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— 297 — 


plus de 60,000 fr.à la seule condition de consacrer le produit 
de la vente de cet immeuble aux frais d'établissement d'un 
Musée provisoire dans les galeries supérieures de la Halle aux 
Grains. Cette offre si généreuse ne fut cependant point acceptée. 
L'approche de l'année 18S2, il faut le dire, jetait dans les es¬ 
prits lés plus sérieuses inquiétudes, et le moment pouvait ne 
point paraître opportun pour seconder les intentions du dona¬ 
teur, en consacrant à leur réalisation une partie des ressources 
que l’on mettait en réserve dans la prévision des événements 
qui pouvaient s'accomplir. 

» Mais, grâce à l'énergique initiative de M. Louis-Napoléon 
Bonaparte, qui est parvenu , en un jour, à tirer la France d’un 
abîme où elle pouvait s'engloutir des années entières, toutes les 
appréhensions politiques ont aujourd'hui disparu des esprits, 
et la France, loin de périr, est appelée à briller d’un nou¬ 
veau lustre entre les mains puissantes du Prince à qui elle vient 
de confier ses glorieuses destinées. 

» L'opportunité de notre projet ne peut donc plus être con¬ 
testée , car le calme qui renaît est on ne saurait plus favora- 
bie à son exécution. N'importe-t-il pas d’ailleurs de créer un 
aliment à l'attention publique et de détourner les esprits des 
discussions irritantes et oiseuses de la politique en les appe¬ 
lant sur le terrain conciliant des beaux-arts? 

» C'est cette considération, Monsieur le Préfet, qui a sug¬ 
géré à la Société des Antiquaires de Picardie la pensée de 
solliciter votre haut et puissant patronage pour obtenir du Gou¬ 
vernement l'autorisation d’ouvrir une loterie d’un million de 
francs, dont le produit serait affecté à la construction d'un 
Musée, à Amiens. 

» De toutes les combinaisons que nous avons méditées de¬ 
puis longues années déjà, pour alléger autant que possible le 
budget du département et celui de la ville, des charges con¬ 
sidérables que doit entraîner une dépense de cette nature, il 
n'en est assurément pas de plus simple, de plus praticable et 
qui atteigne plus directement sou but, que l’organisation (fane 
loterie. 


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— 298 — 


» Faire appel à toutes les sympathies de la Picardie et de 
la France entière, exciter celles des indifférents par l'appât 
d'un lot de 100,000 francs , recueillir, sur un grand nombre 
de points, de petites sommes qui, réunies, formeront le ca¬ 
pital nécessaire, telle est tout d’abord l'économie de l'opéra¬ 
tion dont le succès accroîtra l'importance de la ville d’Amiens 
en lui créant de nouveaux éléments de prospérité. 

» L'importance qu’il est indispensable de donner à cette lo¬ 
terie est facile à justifier; les chiffres que nous allons poser 
démontreront qu’elle est loin d’être supérieure aux exigences 
de l'établissement que nous voulons fonder. 

» l.° La Société aura tout d’abord à se pourvoir d’un ter¬ 
rain convenable pour recevoir les constructions du Musée, et, 
dans une ville où les propriétés bâties ont une si grande va¬ 
leur, elle ne saurait le trouver à moins de . . 150,000 fr. 

» 2.° Les primes devront s’élever à . . . . 250,000 
divisées en un nombre de lots qui sera ultérieu¬ 
rement déterminé ; la valeur du premier lot est 
cependant fixée dés à présent à 100,000 fr. 

» 3.° Remise aux libraires ou autres déposi¬ 
taires chargés du placement des billets .... 25,000 

» 4.° Frais de toute nature, lithographies, cli¬ 
chés, impressions, correspondance, insertions dans 
les journaux , traitement d’un trésorier .... 50,000 

» 5.° Acquisition d’objets d'art, d'antiquités ou 
d’histoire naturelle, destinés à accroître les col¬ 


lections qui existent actuellement ...... 25,000 

» Ensemble . 500,000 fr. 


» Il ne resterait donc , dans le cas où le million de bil¬ 
lets à un franc serait placé, que 500,000 francs applicables à 
l'élévation des bâtiments. 

» La Société se propose d’offrir en lots plusieurs articles de 
l'industrie départementale qui a figuré avec tant d'honneur à 
l'exposition de Londres. Les magnifiques tapis, les riches étoffes 
pour robes et les autres articles qui se fabriquent dans la Somme, 


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— 299 — 


seront un appât de plus pour les souscripteurs, et l'argent 
qu’il faudra consacrer à l’achat de ces produits de la manu¬ 
facture locale, imprimera une nouvelle activité à nos ateliers, 
en même temps qu’elle rattachera l’intérêt de l’ouvrier à celui 
de la science, qui est appelée à lui créer, en outre, un utile 
délassement pour les jours de repos. 

» Car, il importe de le faire observer, ce sont les classes la¬ 
borieuses surtout qui auront à profiter de l’établissement qu’il 
s’agit de créer. A Rouen , les quatre magnifiques collections 
municipales ne sont guère visitées, le dimanche, que par des 
ouvriers en blouse, dont la curiosité naturelle sert ainsi de 
frein à la dissipation et à la débauche. A Amiens , au con¬ 
traire , le travailleur manque , dans ses jours de loisirs , de 
distraction honnête. Au sortir de la messe, quand il y va, il 
s’installe au cabaret, et en sort ivre la nuit, après avoif gas¬ 
pillé toutes ses économies de la semaine. 

» En regard de cette pensée de moralisation, il faut placer 
les avantages que la ville d’Amiens doit nécessairement re¬ 
tirer d’un établissement créé au point de rencontre de trois 
grandes lignes de fer, celles de Paris, de Belgique et d’An¬ 
gleterre. Le voyageur qui arrive ici de l’un de ces points ne 
s'arrête pas ; déjà il connaît le seul monument qui soit digne 
de fixer son attention ; il a plusieurs fois apprécié les propor¬ 
tions grandioses de notre magnifique Cathédrale et les œuvres 
d’art qui la décorent â l’intérieur; mais la cité n’offre aucun 
aliment nouveau à ses études d’artiste ou à sa curiosité de 
touriste , et il passe, en notant, sur ses tablettes, qu’Amiens 
est la seule ville du nord de la France qui soit encore 
privée de Musée. Le concours d’étrangers que le Musée 
y attirera désormais , ajoutera à sa prospérité ; il animera 
nécessairement le commerce de détails, les revenus de l’oc¬ 
troi s’en ressentiront , et le chef-lieu de la Picardie, qui a 
l’avantage, en outre, d’être la cité de premier ordre entre 
Paris et Londres, n’aura plus à envier le sort de villes bien 
moins importantes auxquelles les beaux-arts assurent, chaque 
année, de nombreux visiteurs. 


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— 300 


» Èq outre les dons ne deviendront-ils pas plus fréquents, 
lorsqu'aux amateurs norabreux i que compte la province, de 
splendides galeries seront ouvertes pour recevoir, à leur mort, 
les collections scientifiques qu'ils auront formées, et pour leur 
garantir une intelligente conservation. 

» Bien d'autres considérations se présenteront encore à votre 
esprit. Monsieur le Préfet, pour vous faire apprécier tout le 
patriotisme de notre entreprise, et en attachant votre nom au 
monument durable dont l'élévation ne saurait êtrç plus long¬ 
temps différée, vous donnerez à nos efforts le plùs puissant 
encouragement que nous ayons à désirer. 

» La Société croit avoir déjà prouvé qu'elle est digne de toute 
la confiance du Gouvernement. Une ordonnance royale du 9 
août 1844 l'a autorisée à élever une statue en bronze à la 
mémoire de Dufresne Du Gange, l'illustre auteur du Glossaire, 
et le 19 août 1849, la ville d’Amiens inaugurait, en présence 
(Tun délégué de M. le Ministre de l’instroction publique, qui 
se trouvait retenu par une indisposition, en présence aussi 
d’une députation de l'Institut et des sommités de la science 
archéologique et historique, qui s’étaient rendues à cette so¬ 
lennité, inaugurait, disons-nous, un monument dont la valeur 
dépasse 25,000 fr. Cette œuvre, qui a été entreprise par sous¬ 
cription , s’est accomplie avec un dévouement que le Conseil 
municipal d'Amiens a reconnu en exprimant à la Société les 
remerciements de la cité, dans sa délibération du28août 1849. 

» Le même zèle , la même loyauté présidera également aux 
diverses opérations de la loterie. La Société n'y est-elle pas 
tout particulièrement intéressée, puisque la sévère économie 
qu'elle apportera dans cette œuvre augmentera d’autant les 
ressources qu'elle cherche à se créer dans un but d'utilité 
publique. Jamais, en effet, de semblables loteries n'auront été 
ouvertes dans un intérêt plus général, car le monument que 
la nôtre servira à édifier, profitera à tous , et son existence 
ajoutera , chaque jour, quelque chose à la richesse de cette 
importante cité. 

» Nous n’avons pas besoin , Monsieur le Préfet, de vous rap- 


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— 301 — 


peler la législation qui régit la matière. Vous savez, en effet, 
que la loi du 21 mai 1836, en frappant d'interdiction les lote¬ 
ries, a excepté de celte mesure,.par son art. 5, celles qui 
seraient ouvertes pour des actes de bienfaisance ou I’encourage- 
ment des arts , lorsqu'elles auront été consenties dans les formes 
déterminées par des réglements d’administration publique. 

» Ce réglement, arrêté par l’ordounance royale du 29 mai 
1844, confère, par son art. l. er , aux Préfets, le droit d’au¬ 
toriser de semblables loteries, dont le tirage doit être sur¬ 
veillé par l'autorité municipale. Mais une circulaire du minis¬ 
tère de t’intérieur du 22 décembre 1845, en expliquant la pensée 
du législateur, a restreint les effets de l'ordonnance précitée, 
en invitant MM. les Préfets, torque le montant devra dépas¬ 
ser 100,000 fr., à n’accorder aucune autorisation sans en avoir 
préalablement référé au Ministre. 

» A ces dispositions législatives dont elle sollicite avec con¬ 
fiance le bénéfice, la Société tient beaucoup à ajouter une nou¬ 
velle garantie de moralité, et, pour que ses opérations soient 
surveillées avec toute la sollicitude désirable, elle serait extrê¬ 
mement flattée que le Gouvernement voulût bien vous con¬ 
fier, Monsieur le Préfet, les fonctions de commissaire extra¬ 
ordinaire près la loterie. La haute position que vous occupez 
dans l’administration comme dans l'estime publique, serait, 
avant tout, pour la Société, un honorable patronage, en même 
temps qu’un élément de succès pour notre entreprise. 

» Aussitôt que la loterie sera autorisée et que la Société aura 
fait l'acquisition d’un vaste terrain, elle ouvrira un concours 
entre tous les architectes, pour le monument à élever dans 
des proportions qui soient en harmonie avec l’importance du 
département et l’éclat du nom glorieux qui préside, au nom 
de la France, à l’encouragement des beaux-arts. 

» Pour faire embrasser d’un seul coup-d'œil l’ensemble de 
son projet, la Société a arrêté le programme suivant, qu’elle 
vous prie de vouloir bien soumettre à la sanction de l'autorité 
supérieure avec votre avis favorable : 

» l.° La Société des Antiquaires de Picardie sollicite l’au- 


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— 302 - 


torisâtion d’ouvrir une loterie au capital de Un Million de 
francs représenté par un million de billets à un franc , pour 
établir, à Amiens, un Musée monumental. 

» 2.° Le produit de cette loterie sera déposé chez M. le 
Receveur - Général de la Somme , les l, er et 18 de chaque 
mois, et les fonds ne pourront en être retirés, soit pour l’ac¬ 
quisition des primes , soit pour le réglement des travaux et 
autres frais de l’opération que sur une délibération prise par 
la commission de la Société. 

» 3.° Sur le capital de un million de francs, 280,000 fr. seront 
distribués en lots, et, dans le cas ou , à l’époque fixée pour 
le tirage, la totalité des billets n’aurait pas été placée, le 
nombre et la valeurd es lots subiraient une diminution propor¬ 
tionnelle. 

» 4.° Le tirage aura lieu conformément à la loi, sous la sur¬ 
veillance de l’autorité municipale d’Amiens. 

» 8.° Les opérations de la loterie seront contrôlées par M. le 
Préfet de Somme, si M. le Ministre de l’Intérieur veut bien, 
adhérant au vœu de la Société, lui conférer le titre de com¬ 
missaire spécial du Gouvernement. 

» 6.° Cette loterie aura pour dénomination : Loterie picarde 

POUR LA CONSTRUCTION d’un MUSÉE MONUMENTAL A AMIENS. 

» Telles sont, Monsieur le Préfet, les diverses dispositions 
que nous avons l’honneur de soumettre à votre appréciation 
éclairée, et pour l’approbation desquelles nous comptons sur 
le bienveillant appui du premier magistrat de ce département, 
qui est si vivement intéressé à leur réalisation. 

» Nous vous prions d’agréer, etc. » 


La demande de la Société des Antiquaires, chaleureusement 
appuyée par M. le Préfet de la Somme et M. le Maire ' 
d’Amiens, a été adressée le 16 janvier 1882 à M. le Ministre 
de l’intérieur , qui en a renvoyé l’examen à la direction gé- 


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— 303 — 


nérale de la police. Mais un ministère spécial de la police 
ayant été constitué peu de temps après, l’organisation des 
nouveaux bureaux a nécessité des retards inévitables. La So¬ 
ciété, pour recommander activement cette importante affaire, 
a envoyé à Paris deux délégués qui ont eu l’honneur d’être 
reçus par M. le Ministre de la police générale ; les considé¬ 
rations qu’ils ont fait valoir à l’appui du projet de la Société 
ont dérftontré toutes les chances de succès qu’il présentait, 
comme les immenses avantages qui en résulteraient pour la 
ville d’Amiens. Aussi M. le Ministre a-t-il bien voulu leur 
exprimer que l’autorisation serait accordée en raison du but 
scientifique et artistique que la Société se proposait d’atteindre. 

En effet le 11 mars, des instructions ministérielles qui réali¬ 
saient les vœux de la Société arrivaient à la Préfecture de la 
Somme, et le lendemain M. le Préfet avait pris un arrêté qui 
déclare autorisée, sous la réserve des conditions qui y sont 
exprimées, la loterie au capital d’un million de francs, pro¬ 
jetée par la Société des Antiquaires de Picardie dans le but 
de doter la ville d’Amiens d’un Musée monumental. L’aN. 2 
porte qu’il sera fait réserve sur le produit total de la loterie 
de 25 % dont le montant sera réparti en achats de lots ; l'art. 3 
règle la nature de ces lots ; enfin sous l'art. 4 on lit : 

« Les opérations de la loterie seront dirigées par une com- 
» mission de onze membres nommés par le Préfet dans le sein 
» de la Société des Antiquaires de Picardie. Sont nommés 
» membres de cette commission : MM. Bisson de la Roque, 
» comte de Betz , Bouthors, Dufour , Forceville , Garnier, 
» Guerard , Le Prince, Rigollot, Chefussey, Antoine archi- 
» tecte. Le Préfet, le Maire, les Adjoints de la ville d’Amiens, 
» le Receveur général pourront assister à toutes les séances 
» de la commission , ils y ont voix délibérative et prépondé- 
» rante en cas de partage. L’émission des billets sera faite 
» par séries de cent mille, dé manière que la seconde série 
» et successivement les autres ne puissent être mises en cir- 
» culatiçn qu’après la justification du placement intégral des 
» billets composant la série précédente. 


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— 304 — 


» Art. 5. Il n’y aura qu’un seul tirage au sort : l'époque en 
» sera ultérieurement déterminée par un arrêté du Préfet. 
» L'opération aura lieu sous la présidence spéciale de M. le 
» Maire d'Amiens. » 

Les articles 6 et 7 règlent tout ce qui est relatif à la comp¬ 
tabilité de l’entreprise. 

La commission instituée par cet arrêté a tenu sa première 
réunion le 3Û mars ; elle s’est occupée d’abord de la formation 
de son bureau, qui se compose de MM. Dufour, président, 
Bouthors, vice-président, Forceville et de Betz, censeurs, 
Garnier, secrétaire. Toutes les mesures ont été prises pour 
que la première émission de billets puisse avoir lieu avant la fin 
d’avril. Le lot principal dont la valeur a été fixée à 100,000 fr., 
sera représenté par une statue en argent sur un piédestal en 
or , dont le sujet n’est pas encore déterminé. 

L’importance des autres lots a été arrêtée ainsi: un lot de 
25,000 fr.— Quatre lots de 10,000 fr.— Quatre lots de 5,000 fr. 
— Dix lots de 1,000 fr.— Cinquante lots de 500 fr.— Cinquante 
lots de 200 fr.— Et deux cents lots de 100 fr. 

Ces 320 lots représentent ensemble une valeur totale de 
250,000 fr. 

L’opération considérable que la Société entreprend témoigne 
de son zèle pour la science et les beaux-arts, et de son dé- 
voûment aux intérêts de la province , dont le chef-lieu est 
resté trop longtemps privé d’un Musée qui pût développer 
le goût des études sérieuses. Nous ne doutons point du con¬ 
cours actif que cette entreprise nous assure de la part de 
chacun de nos membres, non résidants et correspondants, 
qui tous viendront en aide à la Société pour faciliter le pla¬ 
cement de ses billets. L’excellence dans le but à atteindre, 
comme la régularisation parfaite dans l’administration de 
l’œuvre, appelle et commande toutes les sympathies de l'o¬ 
pinion publique. 


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— 305 — 


MEMBRES ADMIS. 

Honoraires. 

M. le comte Louis de Tanlay jjjs, Préfet de la Somme ; 
Mg.' de Salinis, Evêque d’Amiens; 

M. Allart , Maire de la ville. 

Titulaires résidants. 

MM. Leroy (Romain), efc /conseiller honoraire ; 
Letellier , peintre. 

Titulaire non-résidant. 

M. d’Otreppe de Bouvette , conseille!’ honoraire, etc. 
(Liège). 


OUVRAGES OFFERTS A X.A SOCIÉTÉ 

pendant le l. eT trimestre de 1852. 

l.° Manuel élémentaire d'archéologie nationale, par M. l'abbé 
J. Corblet, 1 vol. in-8°. Paris, Périsse, 1851. — 2.° L'Erudition, 
n.° 2, 3,4.—3.° Bulletin des comités historiques, sept., oct.1851. 
— 4.° U apport sur les fouilles du bois des Loges (canton de 
Fécamp, arrondissement du Havre), par M. l'abbé Cochet. 
Rouen, Péron 1852, br. in-8°. — 5.° Bulletin des travaux de la 
Société libre d’émulation de Rouen pendant l'année 1850-1851, 
1 vol in-8°. — 6.° Mémoires de l'Académie nationale de Metz, 
32.® année, 1850-1851. — 7.° Annales de la Société d'agriculture, 
sciences, arts et commerce du Puy, tom.xv, 1 er semestre 1850.— 
8.° L’Investigateur, n. 203, 204, 205, 206.—9.° L’Institut, n. 190, 
191, 192, 193, 194.—10.° Bulletin de la Société de l’histoire de 
France, n.° 10,11,12..— 11.° Bulletin de la Société des Anti¬ 
quaires de l'Ouest, 4,® trimestre, 1851. — 12.° Notice sur la 
monnaie de Marie de Blois et de Jean l. eT duc de Lorraine, 
frappée à Neufchâteau, par M. le docteur Colson. Extrait de la 
Revue numismatique, 1851. — 13.° Procès des Templiers, par 

24. 


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— 306 — 


M. Michelet. Tora. h, in-4 a .— 14.° Compte-rendu des travaux 
de la commission des monuments historiques de la Gironde pen¬ 
dant Tannée 1850-1851, 2. e année. Rapport présenté au préfet 
par MM. Rabanis et Lamothe. in-8°. pl. — 15.° Glossaire étymo¬ 
logique et comparatif du patois picard ancien et moderne, par 
l’abbé J. Corblet. Amiens. Du val et Herment, 1851, in-8°.— 
16.° Revue de la numismatique belge, 4.® livr., tom. i, 2.* série. 
— 17.° Précis analytique des travaux de l’Académie de Rouen 
pour Tannée 1850. — 18.° The uumismatic chronicle, n.° 55.— 
19.° Remarcks on some of the Weapons of the Celticand Teuto- 
nic races. By John Yonge Akerman. br. in-4.° 1852. — 20.° Des¬ 
cription of the tumulus, lately opened at Gristhorpe near Scarbo¬ 
rough illustrated wiih engravings of the coffîn, weapons etc. by 
W. Williamson. 2 édit. 1836, br. in-4°. — 21.° Proceedings of 
the Society of Antiquaries of London, n.° 28. — 22.° Causeries 
d'un Antiquaire, suite aux lettres à mes amis et à mes collègues 
sur Tarchéologie (sept. 1850) Recherches et fouilles dans le but 
de former un musée provincial à Liège (mars 1851), par Alb* 
d’Otreppe de Bouvette, 1852. in-12.— 23.° Mémoire de l’Aca¬ 
démie d’Arras. Tom. xxv, 1851. — 24.° Recueil de la Société 
desphragistique, n.°9,10.—-25.° Bulletin delà Société archéologi¬ 
que de l’Orléanais, n.° 6. — 26.° De l’ameublement des églises au 
moyen-âge, par l’abbé J. Corblet, extrait de l’Investigateur, 
1852, br. in-8°. — 27.° Société de statistique des Deux-Sèvres. 
Tom. xiv, l re , 2. e divr. — 28.° Mémoires de la Société nationale 
académique de Cherbourg. 1852. 1 vol. in-8°.— 29.° Essai sur le 
Giorgion, par ledoct. Rigolât, Br. in-8°. 1852. — 30.° Comptes- 
rendus par M. Polain , de Liège , des ouvrages suivants : Col¬ 
lection des documents inédits sur l’histoire de France . publiée 
par le Ministre de l’instruction publique, 1835-1850 ; Notice 
sur la vie et les ouvrage de M. Rayoouard , par Walkenaer ; 
De la renaissance des arts à la cour de France, par le comte 
de la Borde ; Essai historique sur l’organisation judiciaire et 
l’administration de la justice depuis Hugues-Capet jusqu’à 
Louis Xll, par M. Pardessus; Correspondance de PhilippeII 
sur les affaires des Pays-Bas , publiée par M. Gachard, broch. 


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— 307 — 


ia-â*.— 31.° Notices*? Charles de Meaux , jurisconsulte liègois, 
par M* Polain , hr. in-8°. 

Par l’àca&émie impériale de Vienne. 

32.° Achiv für Kunde ôsterreichischer-Gesehichts-Quellen. 
Herausgegeben von der Pflege vaterlandischer Geschichte auf 
gestellten Commission der Kaiserlichen Akademie der Wissens- 
chaften. Jarhgang, 1851. n.° 1,2, 3; 4.—33.° Nottizenblatt. Bei- 
lage zum Archiv for Kunde oslerreicbiscber Geschichtsquellen. 
n.° 1 à 18.— 34.° Archœologische Ànalecten von Joseph Àrneth. 
Tafeln zu den sitzungsberichten der philosophisch-historichen 
Classe. Band VI. Heft 4,2,3, Jan. Fev. Ma. 1831. 1vol. fol. 

Par l'Académie royale de Bavière. 

35.° Abbanlungen lier Philosophisch-Philologischen Classe 
der Koeniglich Bayerischen Akademie der Wissenscbaften. 
Fünften Bande. Erste, zweite, drite abtheilung Sechsten Bandes. 
Erste Abtheiiung. 1847-1849-1850. — 4 cahiers in-4°. — 38.° 
Bulletin der Kœnigl-Akademie der Wissenscbaften. Jabrgang, 
1850. n.°l à 44. ia-4°. 

LITHOGRAPHIE. 

La façade de l'ancienne abbaye de Prémontré (Aisne), litho¬ 
graphiée par M. me Juigné, et offerte par son père , M. Peigné- 
Delacourt. 

OBJETS OFFERtS AU MUSÉE. 

pendant le l. er trimestre de 1852, 

1. ° Par l'administration des domaines, les épis et crêtes en 
plomb, qui surmontaient avant leur restauration les combles des 
deux tours du grand portail de la cathédrale d'Amiens. 

2. ° Par le comice agricole d'Amiens, quatre de ses jetons 
de présence (deux variétés). 

3. ° Par MM. Forgeais et Quandalle, membres de la Société de 
sphragistique de Paris, deux plombs de l’administration des eaux 
et forêts pour l'arrondissement de Péronne et un cliché doré 
de Anthoine baltari de Bmrgoingne comte de la Roche , ap¬ 
partenant à la bibliothèque de Zurich. 


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4. ° Par M. Ch. Dufour , avoué à la cour d’appel d’Amiens, 
deux coins celtiques en silex , trouvés dans la forêt d’Arguel. 

5. ° Par M. Beauger, cultivateur à Longpré-lès-Amiens, 
un glaive, un fer de lance, des débris d’armes et une agraffe 
en bronze d’une belle conservation, trouvés dans un tombeau 
mérovingien, à Longpré. 

6. ° Par M. Capelle , brigadier au 5.® régiment de dragons, 
un yatagan pris dans un combat le 16 octobre 1861, dans la 
petite Kabylie, et trois monnaies arabes en argent (Rial-Boud- 
jou , Rebia-Boudjou et Tenim-BoudjouJ. 

OBJETS ACHETÉS 

PAR LA COMMISSION DU MUSÉE. 

1. ® Deux vases, l’un en terre grise, l’autre en terre rouge 
et un vase en verre, trouvés dans la rue Duminy, à Amiens; 
ils renfermaient des ossements humains, et le vase en verre 
contenait en outre, au milieu des restes de l’incinération, une 
médaille fruste en bronze, de l'époque romaine. 

2. ° Une fibule en bronze, trouvée à Henriville. Epoque 
gallo-romaine. 

3. ° Plusieurs objets provenant d’une sépulture mérovin¬ 
gienne, parmi lesquels on remarque une agraffe de ceinturon, 
un stylet en bronze, plusieurs grains de collier en pâte 
vitreuse. 

4. ° Des fragments de serrure en bronze et de verroterie, 
des épingles en jais , trouvés dans un tombeau à Amiens, 
faubourg deBeauvais. Epoque gallo-romaine. 


Ainiens. — lmp. de Duyal et Herment, place Périgord, 3. 


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BULLETIN 


DE Li SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. 


■ SI iri 'î fil Ig- ■ 

COMITE CENTRAL. 

wa, b a ra a» 

Séance du 20 Avril 1852 . 

M. Léon Paulet fait connaître qu’il vient de découvrir 
aux archives de Belgique, une pièce intéressante pour la 
Picardie : c’est le « compte de Miguel de Jaca, commissaire 
» des vivres et monstres, des administrations par luy eu, 
» tant des ouvraiges de la ville de Han, que amunitions, 
» le camp estant devant St.-Quintin, 1559. » 

Des remerciments seront adressés à M. Léon Paulet, 
avec prière de transmettre aux archives de la Société une 
copie de ce document. 

—L’ordre du jour appelle la réception de M. Letellier, 
en qualité de membre résidant. M. Letellier, après avoir 
remercié la Société et lui avoir fait hommage d’un beau 
dessin de la statue du xiv.' siècle de sainte Balhilde, 
conservée à Corbie, développe cette idée que les artistes 
du moyen-âge, tout entiers à l’expression de leur pensée, 
ont négligé l’étude approfondie du corps humain , et que 
ce n’est point sous le rapport de la forme qu’il convient 

25 . 


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de les étudier, mais bien dans leur paVtie esthétique ; 
d’où il conclut que ceux qui ont indiqué les miniatures 
des manuscrits, les vitraux et les statues du moyen-âge 
comme la source du beau idéal, se sont trompés et que, 
s’ils ont voulu seulement ramener l’art dans la voie de 
la pensée, ils se sont mal ou point suffisamment ex¬ 
pliqués. 

— M. Guérard, répondant à M. Letellier , félicite la 
Société de l’avoir admis dans ses rangs, car celui qui 
travaille à conserver par le pinceau et le crayon nos mo¬ 
numents , les costumes , les cérémonies, a les mêmes 
droits à la reconnaissance que celui qui en écrit l’histoire 
ou en fait la description. Il rappelle la part que le réci- 
pendiaire a prise aux publications de MM. DuSommerard 
et Taylor, et termine par quelques considérations sur 
l’importance des études historiques et archéologiques 
pour ceux qui veulent se livrer sérieusement à Ja com¬ 
position de sujets profanes ou religieux, 

— M. Magdelaine , au nom de la commission chargée 
d’examiner la proposition déposée par M. Pinsard, fait le 
rapport suivant : 

« Messieurs, 

» Une commission fut nommée , dans la séance du 9 mars 
dernier , à l’effet d’examiner et d’apprécier une proposition de 
M. Pinsart, architecte , relative à la levée du plan de diverses 
caves plus ou moins remarquables, existant sous la voie pu¬ 
blique ou sous les édifices adjacents , dans les anciens quartiers 
de la ville d’Amiens 

» Afin de se mettre en mesure «de satisfaire aux intentions de 
la Société, cette commission composée de MM. de Grattier, 
ïazot et du Rapporteur soussigné , crut devoir , dans sa réunion 


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— 311 — 

préparatoire du 12 mars , se poser préalablement les questions 
suivantes: 

1. ° Jusqu’à quel point et à quel titre les offres de M. Pinsart 
pourraient-elles intéresser la Société ? 

2. ® Les plans et documents dont il désire lui faire hommage 
ne seraient-ils pas d’un intérêt communal et administratif plutôt 
qu’un objet de curiosité historique et archéologique? 

3. ° En admettant l’hypothèse d’une utilité scientifique ou ar¬ 
tistique , dans quelles limites devraient se circonscrire ou s’é¬ 
tendre les explorations de M. Pinsart? 

4. ° Quelle en serait approximativement la dépense ? 

5. ° Ces frais seraient-ils en proportion avec les ressources mo¬ 
diques de la Société, et le degré d’utilité que l’art ou la science 
en pourrait retirer ? 

» Le simple énoncé de ces questions convainquit la commis¬ 
sion de l’impossibilité où elft était d’y répondre a priori faute de 
renseignements suffisants. Elle jugea dès-lors indispensable de 
visite* quelques-unes des caves signalées, puis d’entendre M. 
Pinsart, et de l’inviter à préciser sa proposition dont la rédaction 
première avait semblé beaucoup trop vague à la commission. 

» C’est par suite de la demande qui lui en fut faite que M. Pin¬ 
sart rédigea et remit lui-même à la commission , à sa réunion 
du 23 mars, une note explicative de sa proposition primitive. 

» Il s’agirait, suivant ce dernier, de lever le plan de toutes les 
caves offrant quelqu’intérêt par leur architecture , leur position, 
leur profondeur, leur ornementation , etc*, afin d’arriver par ces 
données à rétablir la topographie de la ville d’Amiens au xiv.® 
siècle. Ce plan général rapporté à l’échelle de 2 millimètres par 
mètre, serait circonscrit dans un périmètre correspondant au 
cours d’eau des Tanneurs au bas de la rue du Bloc, aux rues de 
Y Aventure, Gresset, des Trois-Cailloux , Neuve, des Augustine, 
et au port d’Âmont. 

» Le nombre des caves à lever serait d’environ de 230, les¬ 
quelles, à 2 fr. par cave, représenteraient une dépense d’environ 
500 fr. Dans ces frais seraient compris tous ceux relatifs à la 
confection du plan général eri double expédition et des plans dé- 

25.* 


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— 312 - 


taillés, sur une plus grande échelle , de certaines de ces caves 
qui, comme celles du Berceau-d'Or, offriraient quelques par¬ 
ticularités curieuses sous le rapport de la construction et de l'or¬ 
nementation. 

» La profondeur de ces caves serait d’ailleurs rapportée au 
plan du sol par des côtes de nivellement propres à éclairer sur 
l'exhaussement artificiel qu'a subi le sol primitif. 

» Ainsi édifiée sur le but de l'auteur de la proposition et l'im¬ 
portance de la question financière qui s’y rattache, la commis¬ 
sion, pour compléter les renseignements propres à motiver son 
opinion , crut devoir procéder à la visite de quelques-unes des 
localités désignées. Elle se transporta donc successivement l.° 
place du Parvis de la Cathédrale n.° 3, chez M. Vézier-Trouvaiu; 
2.° rue de Henri IV, chez M. Ledieu, n.° 10 ; 3.° place de la 
Mairie, à l'hôtel du Berceau-d'Or ; 4.° même place, au Café de la 
Garde nationale , contigu à la conciefgerie ; et, dans ces diverses 
localités, grâce à l'obligeante bienveillance des propriétaires et 
des locataires, la commission a pu visiter en détail les caves qui 
existent non seulement sous les bâtiments actuels, mais qui s’é¬ 
tendent même sous la voie publique. Plusieurs de ces caves sont 
à double étage, c'est-à-dire formées de souterrains superposés, 
circonstance qui constate l’exhaussement progressif du sol au- 
dessus du niveau primitif de la vallée. Ainsi, notamment, les 
caves supérieures de l'hôtel du Berceau-d'Or , à voûtes ogivales 
avec nervures à moulures, reposant sur des colonnes massives à 
chapiteaux ornés et sur des consoles à figures grotesques, ap¬ 
partiennent évidemment au rez-de-chaussée de quelque édifice 
important dont les caves formaient le porche ou péristyle avant 
l’exhaussement du sol; édifice qui possédait d’ailleurs des caves à 
voûtes simples, en plein cintre, en contrebas des premières, telles 
qn’elles existent encore aujourd'hui sous la cour du Berceau-d'Or 
et sous la place de la Mairie. Ces caves sont les seules d’ailleurs 
où la commission ait remarqué quelques traces de sculpture et 
de décoration. Partout ailleurs, même sous la maison voisine, 
correspondante aux dépendances de l’ancien échevinage , se sont 
trouvées de simples voûtes en plein cintre ou légèrement ogi- 


S 


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— 313 — 


vales, avec arcs doubleaux, ou des voûtes d'arrêtés à nervures, 
grossières, destinées évidemment au commerce des vins et spi¬ 
ritueux auquel se livraient autrefois , en assez grand nombre, 
les notables habitants de la ville d’Amiens. Les souterrains de la 
maison Vézier, qui régnent sous le parvis de la cathédrale et 
dont les constructions sont de diverses époques, présentent, en 
outre, cette circonstance singulière, qu’ils forment comme une 
sorte de labyrinthe par l’enchevêtrement des escaliers et des 
couloirs intermédiaires. Peut être le sondage du mur, qui clôt le 
dernier caveau à l’aplomb du perron du grand portail, pourrait- 
il éclaircir les doutes et révéler l’existence soupçonnée, mais non 
vérifiée, de cryptes sous l’antique basilique. La commission eut 
l'avantage- d’être secondée dans cette exploration par M. Dufour, 
vice-président, dont l’ingénieuse érudition trouva pendant cette 
visite, plus d’une occasion de s’exercer. 

» 11 ressort de ce rapide exposé , qu’un travail qui reproduirait 
dans un plan d'ensemble l’étendue et la direction de ces an¬ 
ciennes caves, avec des côtes de profondeur rapportées au ni¬ 
veau des rues et des cours actuelles, ne serait pas sans intérêt 
pour l'histoire, puisqu’il faciliterait les investigations ultérieures 
de la science et permettrait de rétablir topographiquement le plan 
de la ville d’Amiens au xiv.® siècle. Ce serait là un utile document 
à consulter pour les continuateurs des historiens de cette antique 
cité, et c’est, sous ce rapport, que la commission pense que la 
proposition de M. Pinsart mériterait d’être accueillie et encou¬ 
ragée par la Société des Antiquaires. 

» Peut être pourrait-on objecter que la note de ce dernier 
présente du vague et de l’arbitraire dans le mode de rémunéra¬ 
tion du travail proposé ; car le dénombrement des caves peut 
devenir embarrassant à établir lorsqu'elles se trouvent subdivi¬ 
sées, comme cela arrive fréquemment, par des murs séparatifs, 
ou mises en communication par des ouvertures modernes. Mais, 
comme il ne s’agit point ici d’une spéculation, et que l’auteur du 
projet, animé des intentions les plus libérales, ne montre d’autre 
prétention que d’être indemnisé de ses frais matériels, on pré¬ 
sume que le réglement des dépenses n’offrira aucune difficulté 


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sérieuse. Ce sera une affaire de bonne foi et d’équité entre 
M. Pinsart et la commission désignée pour suivre l’opération et 
prévenir les doubles emplois 

» Mais indépendamment de l’intérêt scientifique qu’offriraient 
les plans en question, leur utilité, sous le raport de la voirie 
municipale, ne serait pas moins évidente, car il importe à l’ad¬ 
ministration de connaître avec exactitude les excavations et 
souterrains existant sous les rues et places de la cité. 

» La commission espère même que cette considération serait 
assez puissante pour déterminer, sur la recommandation de la 
Société des Antiquaires , la ville d’Amiens à se charger de la dé¬ 
pense de l’opération dont la Société se ferait un devoir de sur¬ 
veiller et de diriger l’exécution. La commission insiste d’autant 
plus sur la nécessité de l’intervention financière de la ville dans 
cette circonstance, que l’exiguité bien connue des ressources 
budgétaires de la Société ne permettrait probablement pas à 
celle-rci de concourir pécuniairement à la réalisation du projet de 
M. Pinsart. 

La commission conclut, en conséquence, à ce que la proposi¬ 
tion de ce dernier, appuyée d’un vote favorable et sympathique 
delà Société des Antiquaires, soit communiquée à M. le Maire 
d’Amiens pour y être donné telle suite qu’il jugera possible , la 
Société offrant d’ailleurs son intervention officieuse pour diriger 
et assurer le succès de l’opération. 

— M. Dufour, tout eu approuvant le rapport qui pré¬ 
cède , croit cependant que la Société pourrait faire exécu¬ 
ter le travail de M. Pinsard, et venir ensuite demander à 
l’administration municipale de supporter tout ou partie 
des frais de cette œuvre qui l’intéresserait aussi au point 
de vue de la voirie. 

— M. Cheussey reproduit les arguments qu’il a pré^ 
sentés dans la dernière séance relativement au travail 
existant à la Mairie, et donnant le plan des caves situées, 
sous la voie publique. — M. de Betz * tout en reconnais^ 


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— 315 — 


sant l’importance et l’intérêt du travail, présente quelques 
observations sur les dépenses qu’il entraînerait, et sur le 
danger que présenterait l’adoption de l’avis deM. Dufour. 

—• M. Bazot répond que la Société ne s’engagerait en 
aucune manière, car plusieurs membres ont déjà mani¬ 
festé l’intention de prendre à leur compte cette dépense, 
dans le cas où, par un refus de la ville, la Société se 
trouverait obligée d’acquitter les frais de la levée de ces 
plans. 

—M. Antoine propose, dans l’intérêt du budget si res¬ 
treint de la Société, d’émettre le vœu que toutes les caves 
de la ville qui présentent quelqu’intérèt soient relevées. 
L’administration municipale prendra, il en est sûr, cette 
demande en considération. Quant à lui, lorsque l’affaire 
sera renvoyée dans ses bureaux, il fera lever par les em¬ 
ployés sous ses ordres tous les plans jugés nécessaires, 
et recueillera lui-même, avec le concours de M. Letellier 
qu’il invoque, les détails archéologiques qui seront de na¬ 
ture à intéresser. 

Après une vive discussion , M. Breuil répond que faire 
exécuter ce travail dans les bureaux de la ville, c’est 
dépouiller en quelque sorte l’auteur de la proposition de 
sa propriété. Il demande ce que deviendra en définitive 
le travail fait dans les bureaux ; il n’appartiendra pas à 
la Société. 

Sur la proposition de plusieurs membres réclamant la 
priorité pour les conclusions de la commission, les con¬ 
clusions du rapport sont misés aux voix et adoptées. 

— M. Dufour fait un rapport verbal sur un travail de 
M. Labourt, ayant pour titre : Lettres archéologiques à 


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— 316 - 


M. le duc de Luynes sur le château de Lucheux. Après 
avoir donné la position topographique de Lucheux, et 
une description sommaire du château, l’auteur se livre à 
d’ingénieuses recherches sur l’étymologie de ce nom ; des 
détails d’histoire et de linguistique donnent à ses lettres 
un haut intérêt. Aussi le rapporteur conclut-il à l’im¬ 
pression dans les Mémoires de la Société , sauf certaines 
modifications sur lesquelles il s’entendra avec l’auteur. 

— M. le Président rappelle à la Société qu’il importe 
d’arrêter dans le cours de la prochaine réunion le pro¬ 
gramme des questions à discuter dans la séance générale 
annuelle. Il désigne, pour le préparer, une commission 
composée de MM. Dufour, Bouthors et Rigollot. 

—' M. Hardouin écrit pour féliciter la Société du projet 
qu’elle a conçu d’élever une statue à Pierre l’Ermite, il 
lui offre de compléter la notice dont il a lu déjà un ex¬ 
trait, sur ce promoteur des croisades. La Société remercie 
M. Hardouin et accepte sa proposition. 

— Sur le désir manifesté par quelques-uns de ses col¬ 
lègues , M. Dufour, président de la commission de la 
Loterie picarde , donne quelques renseignements sur l’état 
de cette œuvre, et annonce notamment que les billets se¬ 
ront mis en circulation vers le 25 courant. 

Séance extraordinaire du 4 mai. — M. le Président 
annonce à la Société que l’adjudication des matériaux à 
provenir des démolitions de l’ancien arsenal étant fixée 
au 10 mai, et l’administration des domaines faisant des 
diligences pour vendre le terrain à la fin du mois, il a 
réuni extraordinairement la Société pour soumettre à son 
contrôle les décisions prises par la commission de la Lo- 


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— 317 — 


terie, dans sa dernière séance, sur le choix du terrain 
propre à la construction du Musée. 

Après la lecture de ce rapport et plusieurs observations 
tendantes toutes à la prise en considération, mais sous la 
réserve que la soumission sera précédée de l’estimation 
contradictoire, la délibération suivante est arrêtée : 

La Société , 

Considérant que le terrain de l’arsenal par son étendue, 
par sa position, par sa proximité de la Bibliothèqae et 
du centre de la ville , notamment par la nature du sol, 
présente les conditions les plus avantageuses pour l’éta¬ 
blissement du Musée qu’il s’agit de créer à Amiens ; 

Que , d’après le décret du 21 février 1808 et les 
nombreuses applications qui déjà en ont été faites, les 
terrains communaux sont susceptibles d’être aliénés par 
voie de cession et suivant estimation contradictoire, 
dès lors qu’ils doivent se trouver affectés à un service 
d’utilité publique départementale ou communale ; 

Que ce double caractère se rencontre précisément dans 
le projet de la Société dont la réalisation n’intéressera pas 
moins le département de la Somme que la ville d’Amiens ; 
que l’élévation d’un Musée affecté à la conservation et à 
l'accroissement des collections scientifiques communales 
contribuera à l’embellissement de la cité et fournira à sa 
population industrielle des moyens d’instruction qui lui 
ont toujours manqué ; 

Considérant que les lois et règlements qui régissent la 
matière, notamment l’art. 43 de la loi de floréal an XI, 
placent les établissements d’utilité publique dans les 


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— 318 — 


mêmes conditions que les départements et les communes 
quant aux moyens d’acquérir et de posséder; 

Que la Société des Antiquaires de Picardie, reconnue 
comme établissement d’utilité publique par décret de 
M. le prince Président du 18 juillet 1851, est apte , par 
cela même, à revendiquer l’application du décret du 21 
février 1808 ; 

Considérant enfin que l’insuccès de la tentative de 
vente, par adjudication aux enchères, du terrain doma¬ 
nial en question , doit être un motif de plus d’appeler la 
sollicitude du gouvernement sur le mode d’aliénation que 
propose la Société en vue d’une utilité publique incon¬ 
testable et incontestée ; 

Considérant que la ville d’Amiens est appelée à re¬ 
cueillir le bénéfice de cette concession par l’abandon que 
la Société se propose de lui faire du sol et des bâtiments 
dont il sera édifié , qu’il convient dès lors de réclamer 
l’assentiment de l’administration municipale au projet de 
concession dont il s’agit : 

Arrête : 

1. ° Il y a lieu de solliciter d’urgence et par application 
du décret du 2i février 1808 , la concession à la Société 
des Antiquaires de Picardie de l’emplacement de l’ancien 
arsenal d’Amiens pour y construire un édifice à usage de 
Musée public. 

2. ° Tous pouvoirs sont donnés au président et, en cas 
d’empêchement, au vice-président de la Société, à l’effet 
de suivre la demande de concession, de désigner tous ex¬ 
perts , et de signer tous actes de soumission ou traités, 
nécessaires. 


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— 319 — 


3. ° Une ampliation de la présente délibération sera 
transmise dans le plus bref délai à M. le Maire d’Amiens, 
avec prière d’en appuyer l’objet auprès de l’autorité 
compétente. 

4. ° Deux autres ampliations seront adressées immé¬ 
diatement àM. le Préfet de la Somme, agissant au nom 
et comme représentant l’Etat. 

— M., Garnier donne lecture de la circulaire qu’il se 
propose d’adresser aux membres de la Société pour récla¬ 
mer leur concours en faveur de la Loterie.— Ce projet est 
adopté. 

Séance ordinaire du 11 mai. — La Société ratifie sans 
discussion le programme des questions suivantes qui se¬ 
ront traitées dans la séance générale : 

1. ° Quels sont dans la Gaule-Belgique les caractères 
des tombeaux en plomb en usage antérieurement au 
x.* siècle. 

2. ® Quelles églises possèdent des croix et des reli¬ 
quaires anciens? A quelle époque peut-on les rapporter? 
En donner la description et l’histoire. 

3. ® Signaler les anciennes légendes et vies des saints 
qui intéressent l’histoire de la Picardie. 

4. ® Quelles sont en Picardie les communes où s’obser¬ 
vent des usages particuliers, relativement aux cérémonies 
funèbres ? 

5. ® Quels travaux ont été et pourraient être entrepris 
pour la sigillographie ou sphragistique picarde ? 

6. ® Peut-on préciser l’influence que l’affranchissement 

des serfs a exercée sur les coutumes , particulièrement sur 
le droit civil en Picardie ? 0 


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— 320 — 

— M. le Secrétaire donne lecture d’une note de AI. 
Hardouin sur le MS. n.° 766 de la bibliothèque nationale, 
fonds St.-Germain-desPrés, Aur. Àug. epi. contra paga~ 
nos de civitate dei. Ce MS. fort connu des érudits et qui a 
servi de texte aux éditions de la Cité de Dieu par St.-Au- 
gustin publiées à Paris l’une par les Bénédictins, en 1677 
et 1689, l’autre, en 1838, par MM. Gaume, a appartenu 
à l’abbaye de Corbie. M. Hardouin pense qu’il avait été 
confié par cette abbaye à la métropole de l’ordre et que la 
restitution en fut omise après qu’il eut servi à l’édition. 

—M. le secrétaire donne lecture d’une notice de M. Bar¬ 
thélemy sur un fragment de MS. en vers latins rimés, 
ayant trait à l’histoire du saint roi Wenceslas et à sainte 
Ludmile , et dans laquelle il donne une description 
des vingt-six miniatures qui ornent ce MS. en offrant de 
curieux renseignements sur le costume et l’ameublement 
au moyen-âge. 

— Le président, sur l’observation d’un membre qu’il 
serait nécessaire de nommer dès-à-présent la commission 
pour examiner les travaux soumis au concours de 1852, 
nomme pour foire partie de cette commission MM. Bigel- 
lol, Breuil, Bouthors, Dufour et Billoré. 

Séance du 8 juin. —M. le président demande à l’As¬ 
semblée de fixer le jour de la séance générale annuelle. 
—Le jour est fixé au 18 juillet. —M. le secrétaire per¬ 
pétuel est chargé d’en informer MM. les membres non 
résidants et correspondants delà Société. 

— M. Garnier donne lecture d’une note sur la décou¬ 
verte faite à Longpré-lès-Amiens, de tombeaux en pierre, 
le 28 févHer et le 6 mars derniers. (Voir page 331.) 




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— 321 — 


— M. Dufour donne lecture de la préface du travail 
envoyé pour le concours de 1852. C’est le catalogue de 
tous les manuscrits conservés dans les diverses biblio¬ 
thèques publiques de Paris et qui ont trait à l’histoire 
de la Picardie ; il annonce que la commission n’a pu 
encore se réunir pour formuler son opinion, mais que 
le rapport sera présenté à la prochaine séance. 

— M. Douchet adresse à la Société deux volumes ma¬ 
nuscrits de notes sur diverses localités du département de 
la Somme ; ces notes lui ont été fournies tant par ses 
lectures que par ses observations et les renseignements 
recueillis sur les lieux. L’un des volumes contient, par 
ordre alphabétique, les noms de plus de cent villages 
avec ceux de tous les lieux dits ; l’autre, qui renferme les 
notes historiques et topographiques, est renvoyé à l’exa¬ 
men de M. Breuil qui fera un rapport dans l’une des 
prochaines séances. 

Séance du 13 juillet. — M. Dufour, au nom de la 
Commission du concours de 1852, donne lecture du rap¬ 
port sur le travail soumis à son examen. Il arrive parfois 
dans les concours, dit-il, que l’auteur abrège la tâche 
en ne traitant qu’une partie du programme qui lui est 
tracé; ici c’est le contraire que nous avons à signaler, et, 
loin de se contenter de mettre en lumière tout ce que la 
Bibliothèque nationale renferme de documents sur la Pi¬ 
cardie , l’auteur étend ses investigations -sur les biblio¬ 
thèques Mazarine, du Louvre et de Sainte-Géneviève, 
sur les archives nationales et sur celles des ministères et 
de3 autres établissements publics ouverts à l’étude au sein 
de la capitale. C’est ainsi qu’il a fourni 43 notices de do- 


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— 322 — 

cuments précieux en dehors des limites du programme 
qui ne s’appliquait uniquement qu’au dépôt de )a rue Ri¬ 
chelieu. Ce travail n’est sans doute pas le dernier mot de 
l’histoire bibliographique de la Picardie, mais l’auteur 
s’est approché le plus près possible de l’exactitude et son 
œuvre est assurément au niveau des connaissances ac¬ 
tuelles. Aussi la Commission a-1-elle été d’un avis 
unanime et demande le prix pour cet excellent inventaire 
des sources de l’histoire de la Picardie. 

M. le président met aux voix les conclusions de ce rap¬ 
port qui sont adoptées. Il invite en conséquence M. le Se¬ 
crétaire à rompre le sceau du billet joint au mémoire et 
renfermant le nom de l’auteur. M. le Secrétaire , après 
avoir ouvert le billet et constaté l’identité de l’épigraphe 
qu’il porte avec celle du travail couronné, proclame le 
nom de M. Cocheris (Hippolyte) attaché à la Bibliothèque 
Mazarine. 

— Le Secrétaire perpétuel donne lecture du rapport 
annuel sur les travaux qui devra être lu en séance pu¬ 
blique. — Ce rapport est approuvé. 

—M. Peigné Delacour, présent à la séance, prie la Société 
de lui indiquer de quelle manière il devra publier le cartu- 
laire d’Ourscamps et le petit cartulaire ou extrait fait par 
Gaignières, des pièces intéressant cette ancienne abbaye. 
La Société pense-t-elle qu’il faille les éditer in extenso 
ou n’en donner que les fragments les plus importants ? 

M. Bouthors répond qu’un travail de cette nature 
ne peut-être justement apprécié que par l’auteur. Rien 
n’est à dédaigner , suivant lui, dans les chartes ancien¬ 
nes, c’est-à-dire antérieures à 1230. Elles devraient 


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— 323 — 

donc être publiées en entier. Pour celles qui offriraient 
moins d’intérêt, on pourrait en citer le commencement, 
un extrait et la fin qui présente les noms des témoins sou¬ 
vent précieux pour l’histoire des familles ou des fonctions. 

M. Peigné demande la permission de rédiger son travail 
tel qu’il le conçoit, sauf à en soumettre les premiers ré¬ 
sultats à l’avis de la Société. 

Suivant M- Dufour, le travail de M. Peigné devrait 
être de format in-4.° et formerait ainsi le 4.' volume des 
documents inédits publiés par la Société. L’ordre à suivre 
dans la disposition des matières serait l’ordre chronolo¬ 
gique*, et, pour , éviter des répétitions dans les commen¬ 
cements des Chartres qui sont souvent identiques, un 
renvoi à la formule usitée permettrait de publier beaucoup 
en peu de feuilles ; il voudrait voir un plan graphique de 
l’abbaye, le fac-similé des sceaux les plus remarquables ; 
enfin il propose de décider en principe cette publication. 

M. Peigné ajoute que dans le porte-feuille Gaignières 
de la Bibliothèque Bodléienne à Oxford dont la Société 
s’est récemment occupée, se trouvent les dessins d’un 
grand nombre de pierres tumulaires d’Ourscamps. Lui- 
même possède quelques copies, mais imparfaites, de ces 
tombes. Si le Gouvernement, cédant à un voeu de la So¬ 
ciété, faisait reproduire cette partie des œuvres de Gai¬ 
gnières, il pourrait joindre à son travail les planches les 
plus intéressantes. 

En réponse à l’observation de M. Bigollot qui pense que 
le travail de M. Peigné doit être soumis à une commis¬ 
sion , M. de Gratlier démontre qu’il ne s’agit pas de voter 
en ce moment l’impression, mais d’arrêter seulement que 


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324 — 


le travail sera fait. Quand il sera préparé, il sera soumis 
à la Société et à une commission. Toute autre marche 
est inacceptable et impraticable. Le principe doit être d’a¬ 
bord résolu, puis an spécimen sera offert, et la Société 
fera ses observations. 

Sur la proposition de M. Dufour, la Société décide en 
principe qu’il sera fait un travail sur le cartulaire 
d’Ourscamps, et renvoie le soin de cette publication à 
M. Peigné. 

— M. Breuil lit une pièce de vers ayant pour titre : la 
Cathédrale d’Amiens. — Cette pièce dont il est l’auteur 
sera lue à la séance publique. 

— La Société arrête ensuite l’ordre du jour de cette 
séance. 

— M. Dufour donne communication d’une lettre de 
M. le Maire d’Amiens, qui demande à la Société son 
avis sur la rédaction des inscriptions commémoratives à 
graver sur la tombe de M. de Lanselles, bienfaiteur de 
la ville. 

Cette affaire est renvoyée aux soins du bureau. 

Séance générale du 18 juillet. — La séance est ouverte 
à neuf heures et demie du matin, dans la grande salle de 
la Bibliothèquesous la présidence de M. Guérard. 

MM. Darsy, À. d’Héricourt, Féret et M. le directeur du 
comité de Beauvais expriment leurs regrets de ne pouvoir 
assister à la séance. 

— M. Féret adresse une notice sur l’église St.-Samson 
de Clermont (Oise). 

— M. le président invite ceux des membres qui au- 


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— 325 — 

raient des sujets à proposer, pour le concours de 1854 , 
à prendre la parole. 

— Le secrétaire-perpétuel, rappelant les considérations 
qu’il a fait valoir à L’appui de la proposition de M. Arthur 
Dinaux, dans la séance du 18 août 1850, propose de 
mettre au concours la question qu’il avait présentée à 
cette époque : Recherches sur la littérature poétique de la 
Picardie dans les xn. e , xm.* et xiv.° siècles. 

— M. Breuil propose de joindre l’Artois à la Picardie, 
mais, sur l’observation de quelques membres que M. Ar¬ 
thur Dinaux a déjà publié un travail sur les Trouvères de 
l’Artois, il déclare retirer sa proposition et se borne à 
demander que le programme ne s’arrête pas à une époque 
fixe. En laissant, dit-il, la question sans limites bien 
déterminées, on aurait non seulement une étude sur les 
poètes picards du moyen-âge, mais encore on pourrait y 
joindre les mystères qui tiennent une place si importante 
dans la littérature nationale. Poirr ne laisser rien à 
désirer, il pense qu’on devrait en fixer le terme à la Re¬ 
naissance des lettres. Par ce moyen l’on aurait l’histoire 
complète delà littérature picarde du moyen-âge, depuis 
les poètes qui ont usé de l’idiome latin jusqu’au parfait 
développement de la langue française. 

— La première condition d’un concours étant de s’as¬ 
surer des concurrents, M. Dufour pense qu’il serait utile 
de fixer des limites certaines, car autrement, en présence 
d’un programme trop vague, beaucoup reculeront dans la 
crainte de ne point présenter un travail assez complet. Il 
voudrait donc que le sujet fut renfermé entre le xii.* siècle 
et la Renaissance. 

26. 


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— 326 — 

— M. l’abbé de Ladoue appuie les observations de M. 
Breuil et fait remarquer qu’il y aurait intérêt à ne point 
fixer de limites pour faire étudier l’époque de transition 
qui a eu lieu pour la littérature comme pour l’archi¬ 
tecture ; de cette façon , dit-il, on aura à rechercher la 
date et l’origine de la littérature picarde. 

— M. Hardouin n’admet point a priori l'existence d’une 
littérature picarde antérieurement au xii.* siècle. Assu¬ 
rément c’est entrer parfaitement dans les vues de.la So¬ 
ciété que de vouloir en rencontrer une, mais il craint 
qu’avant le xii.* siècle on ne trouve qu’une littérature 
romaine en décadence. Il termine en présentant quelques 
observations critiques sur les mots littérature poétique. 

— M. Dufour propose de formuler ainsi la question : 
Histoire de la poésie picarde. 

— M. Garnier répond que la question ainsi posée ne 
fournirait qu’une dissertation académique et ne répondrait 
pas au but de la société qui veut une biographie des 
poètes et l’analyse de leurs œuvres. 

Enfin, sur la proposition de MM. l’abbé de Ladoue, 
Breuil et Hardouin, la Société adopte la question ainsi 
formulée : Recherches ssr les poètes picards , depuis le 
xn.* siècle jusqu’à la Renaissance des lettres 

— M. Hardouin donne lecture d’un fragment d’une 
notice sur Pierre l’Hermite qu’il se propose de lire à la 
séance publique. Cette lecture, vivement applaudie, est 
autorisée. (Voir page 337. ) 

— Le même membre signale à la Société l’existence 
d’un document existant à la bibliothèque Mazarine que 
M. Cocheris lui a communiqué lorsqu’il,s’occupait de sa 


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— 327 — 


notice et qu’il croyait d’abord avoir trait à Pierre l’Her- 
raite. C'est un petit tFuité écrit par Pierre de Flixecourt, 
moine de Corbie , d’après les indications du frère Gérard, 
infirmier, alors âgé de94 ans, sur un reliquaire de l’ab¬ 
baye appelé la prime de St.-Pierre. On y rencontre des 
détails intéressants sur Foulques de Bfeuilly, prédicateur 
de la seconde croisade, qui jusqu’à présent sont restés 
inédits, 

— M. le président remercie au nom de la Société M. 
Hardouin de cette double communication. 

Séance publique du 18 juillet. — La séance est ouverte 
à deux heures, dans la grande salle de l’Hôtel-de-Viïïe, 
sous la présidence de M. Guerard , président. 

M. le président fait placer à sa droite M. Allart, député 
au corps législatif et maire de la ville, et à sa gauche 
M. Allou , recteur de l’académie départementale. 

— M. Guérard, dans un discours qu’accueillent de vifs 
applaudissements, montre tout l’intérêt, toute l’utilité 
que peut offrir pour l’histoire civile l’étude de l’histoire 
ecclésiastique. 

— M. le secrétaire-perpétuel rend compte des travaux 
de la Société pendant l’année qui vient de s’écouler. Il 
termine en protestant contre les imputations dirigées 
contre elle de n’avoir pas empêché la démolition de l’é¬ 
glise St.-Remy, et les constructions faites à la cathédrale 
depuis quelque temps. Il démoDtre que la Société n’a né¬ 
gligé aucun des moyens qu’il lui était donné d’employer, 
mais qu’à l’impossible nul n’est tenu. 

— M. Dufour, au nom de la commission du concours, 
donne lecture du rapport qui accorde la médaille d’or de 

26.* 


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— 328 — 


300fr. à l’auteur du catalogue des manuscrits concernant 
l’histoire de la Picardie, et conservés à la bibliothèque 
nationale de Paris. 

-—Sur l’invitation de M. le président, M. Cochems, 
attaché à la bibliothèque Mazarine, vient recevoir la mé¬ 
daille et prend place parmi les membres de la Société , 
au milieu de leurs applaudissements et de ceux de 
l’auditoire. 

—M. Hardouin lit un fragment d’une notice sur Pierre 
l’Hermite. Après quelques considérations élevées sur les 
croisades, le savant éditeur de l'histoire des Comtes 
d’Amiens de Du Cange nous a montré le pèlerin picard 
soulevant par son éloquence les populations de l’Occident 
pour la sainte expédition. Il le suit pas à pas durant tout 
le cours de cette guerre, soit à la cour d’Alexis Comnène, 
soit sous les murs <l’Antioche, soit au monastère d’Huy 
où le cénobite termine ses jours, pour répondre à ce 
passage de Michaud qui le représente perdu dans la foule 
des pèlerins et ne jouant plus qu’un'rôle ordinaire. 

— M. Breuil termine la séance en récitant une pièce 
de vers ayant pour titre : La cathédrale d'Amiens , et 
cette épigraphe tirée de l’Apocalypse : Ecce tabernaculum 
Dei cum hominibus. 

Ces diverses lectures recueillent de vifs témoignages de 
sympathie. 

—M. le secrétaire-perpétuel donne ensuite connaissance 
du programme suivant des prix proposés par la Société : 

La Société décernera, dans sa séance annuelle et pu¬ 
blique de 1853, une médaille d’or de la valeur de 300 fr. 
à l’auteur du meilleur mémoire sur celte question : 


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329 — 


« Signaler et décrire les constructions civiles renfer- 
» mées dans la circonscription d’un ou de plusieurs ar- 
» rondissements de l’ancienne Picardie, depuis les temps 
» les plus reculés jusqu’à la fin du xvn. e siècle. » 

Dans la même séance, il sera décerné au nom de M. 
Labourt, l’un des membres de la Société, une médaille 
d’or de 200 fr. à celui qui présentera à la Société la 
meilleure collection de dessins, cartes et plans, tant pu¬ 
bliés qu’inédits, concernant les monuments de l’ancienne 
Picardie. 

La Société décernera, dans la séance publique de 1854, 
une médaille d’or de la valeur de 300 fr. à l’auteur du 
meilleur mémoire sur cette question : 

« Recherches sur les poètes picards depuis le xn.* siècle 
» jusqu’à la Renaissance des lettres. » 

Séance ordinaire du 10 août .—Lecture est donnée d’un 
rapport de M. Janvier, sur un travail MS. de M. Trem¬ 
blay ayant pour titre : Recherches historiques sur les an¬ 
ciens monuments fortifiés qui existaient avant 1789 dans 
le département de l’Oise. Après quelques considérations 
sur l’origine des châteaux fortifiés et les causes de leur 
destruction successive, l’auteur du rapport fait connaître 
l’objet du travail qui comprend des notices sur près de 
400 châteaux. Ce mémoire accueilli déjà par un rapport 
favorable du Conseil général de l’Oise, paraît à M. Janvier 
digne de cette faveur. Cependant il adresse à l’auteur 
deux reproches : le premier, d’être trop laconique dans 
ses descriptions ; la curiosité qu’elles éveillent n’est pas 
satisfaite, et bientôt, dit-il, elles seront les seuls docu¬ 
ments qui nous resteront sur ces monuments qui tendent 


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tous les jours à disparaître. M. Tremblay eût dû faire 
pour les châteaux ce qu’il a fait pour les cités de Beau¬ 
vais , Compiègne, Senlis, Clermont dont les notices com¬ 
plètes ne laissent rien à désirer. Il regrette qu’il n’ait 
point ajouté de pians topographiques qui eussent doublé 
la valeur du travail. Le second reproche porte sur l’ab¬ 
sence de notes indicatives des sources auxquelles l’auteur 
a puisé les nombreux évènements qu’il énumère et aux¬ 
quels on aimerait à se reporter. En résumé, les recher¬ 
ches historiques de M. Tremblay sont un travail d’un 
intérêt véritable, et nous ne pouvons, dit-il, qu’engager 
la Société à remercier l’auteur de sa bienveillante com¬ 
munication , à solliciter pour sa bibliothèque une copie de 
cet ouvrage qu’il serait fort important pour la topogra¬ 
phie du pays de voir se continuer dans les autres parties 
de la province. 

— Le secrétaire donne lecture d’une notice de M. Féret 
sur l’église de St.-Samson de Clermont (Oise). Cette no¬ 
tice comprend l’origine de l’église qui remonte à 1327 
fut détruite par l’incendie, puis reconstruite vers le mi¬ 
lieu du xv.* siècle et celle de la cure desservie par les 
chanoines de la collégiale jusqu’à 1489. M. Féret décrit, 
ensuite l’église , ses chapelles , leur origine , les fonda¬ 
tions dont elles furent l’objet, fait connaître les reliques 
que possédait l’église, les évènements dont elle fut té¬ 
moin , les personnages qui y furent enterrés, et termine 
par la suite chronologique des curés depuis 1489 jusqu’à 
nos jours. 

- —M. Dufour informe la Société qu’en visitant der-. 
nièrement le Musée de sculpture française qui a été ré- 


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— 331 — 

eemment ouvert au Louvre, il a remarqué dans la salle 
dite des AngUier deux morceaux que l’on doit au ciseau 
de Jacques Sarrazin, dont la ville de Noyon inaugurait 
dernièrement la statue. Le premier est le monument 
funéraire d’Ilennequiü qui était autrefois placé dans l’é¬ 
glise S.‘“-Croix de la Bretonnerie. Il représente dans un 
médaillon une femme éplorée tenant une légende : de 
l’autre côté, dans le fond, est un enfant pleureur qui 
s’appuie sur un médaillon. L’autre œuvré de Sarrazin 
est le Buste de Pierre Seguier, chancelier de France. 


NOTE SUR UNE DÉCOUVERTE DE TOMBEAUX 

faite à Longpré-lès-Amiens ,1e 28 février et le 6 mars 1852. 

Par M. Garnier. 

Aucune découverte ne doit être négligée en archéo¬ 
logie; les moins importantes sont comme les anneaux 
de la chaîne d’observations si souvent interrompue qui 
relient entr’eux les faits et peuvent aider à remon¬ 
ter à l’origine d’usages établis , de coutumes perdues. 
Il ne faut pas douter que leur réunion ne serve'un jour 
à quelque esprit intelligent, habile à saisir les rapports, 
à reconstruire tout un passé qu’on n’explique pas aujour¬ 
d’hui , et que les débris que nous recueillons avec tant de 
soins, n’aient ainsi toute l’importance qu’ont eue naguère 
les débris organiques pour la création de la géologie. 
Déjà l’archéologie peut, à l’aide de certains objets , 
assigner les époques précises , comme on détermine à 
l’aide de fossiles l’âge et la nature des diverses couches 
de notre globe. 


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— 332 — 


■ Tous les jours des faits nouveaux ne viennent-ils point 
en effet confirmer des conjectures qui avaient d’abord paru 
hasardées , et des dates authentiques ne consacrent-elles 
point des conclusions que des analogies de forme, des rap¬ 
ports avaient seuls fournies. Ainsi la découverte de mon- 
naiesmérovingiennes à Lucy près Neufchatel, par M. l’abbé 
Cochet, n’a-t-elle point donné gain de cause à ceux qui 
assignaient une origine mérovingienne à certaines armures, 
à ces boucles aux ornements bizarres que l’on a ren¬ 
contrées en tant de localités diverses, et si souvent, dans 
notre province. 

Telles sont les considérations qui m’ont engagé à signa¬ 
ler la découverte récemment faite à Longpré-les-Amiens, 
dans un champ dit le champ George , situé au nord de 
ce village. 

Le 28 février, le hasard fit découvrir à M. François 
Beauger un tombeau en pierre, en forme d’auge, dont le 
fond avait été formé de deux parties réunies par simple 
voie de rapprochement. Les parois trop minces et sans 
solidité s’étaient rompues sous l’action des pressions laté¬ 
rales et s’étaient rabattues à l’intérieur. Le couvercle 
également formé de deux parties était plat, d’une, épais¬ 
seur de cinq millimètres environ avec les bouts légère¬ 
ment arrondis. 

Les débris d’un squelette brisé, sans consistance, 
étaient renfermés dans ce tombeau. A côté gisaient deux 
autres corps qui paraissaient avoir été seulement enterrés. 
Aucun vase, aucune arme n’accompagnait ces corps. 
Aussi cette découverte n’excita-t-elle qu’un médiocre in¬ 
térêt. Les débris des corps et des tombeaux furent dis- 




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— 333 — 


perses, et nous n'avons pu voir que les fragments de 
l’auge et du couvercle, formés d’un calcaire grossier, à 
gros grain, étranger à notre département. 

A quelques jours de distance, le 6 mars, le même 
cultivateur trouva dans le même champ et au même 
endroit à peu près , un autre tombeau entier formé 
d’une pierre de la même nature que la première. Il pré¬ 
sente la forme d’un parallelipipède rectangle creusé en 
auge. Les dimensions extérieures sont : longueur 2"20*, 
largeur 0*75', hauteur 0 m 54 c ; les dimensions intérieures, 
longueur 2"05v largeur 0 m 50 c , hauteur L’épais¬ 
seur des petits côtés est, comme on le voit, beaucoup 
plus grande que celle des longs côtés , laquelle surpasse 
celle du fond. Le couvercle, aussi d’une seule pièce, a la 
forme d’un prisme triangulaire très-aplati, dont les deux 
extrémités ont été coupées par deux plans légèrement in¬ 
clinés sur l’arête. Ce tombeau était vide, quelque peu de 
terre seulement y avait coulé, mais point d’ossements ni 
d’objets quelconques. 

Un fait digne de remarque, c’est que l’orientation était 
différente pour les deux tombeaux, bien qu’ils fussent 
disposés dans des directions parallèles , et assez près l’un 
de l’autre. Les tètes étaient directement opposées: l’une 
regardait le Levant, l’autre l’Occident. Cette dernière 
position était celle du second tombeau découvert. 

A côté de celui-ci se trouvaient aussi deux corps, l’un 
d’un côté, l’autre de l’autre, enterrés encore comme 
dans le premier cas. Peut-être étaient-ils garantis par 
quelques pierres trouvées dans les environs, mais le fait 
n’a point été constaté d’une manière certaine. L’un d’eux 


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— 334 — 


avait à côté de lui ses armes , et cette circonstance a vi¬ 
vement frappé le cultivateur qui a tenu compte des 
moindres détails. A gauche du squelette , en partie dé¬ 
truit , gisait une longue épée en fer de 0*72', pointue , 
d’une largeur de 0“045“ il -, à peu près égale dans toute la 
longueur et à double tranchant. Le manche de 0 B 10 e de 
long , se terminait par une partie plus épaisse, une tête 
rivée, sans doute, à en juger par le renflement que l’on 
observe à l’extrémité, autant du moins que l’état d’oxida- 
tion le permet. A droite était un javelot monté sur une 
hampe en bois dont la douille rongée a conservé quelques 
parties. La longueur du fer est de 0 m 60' jusqu’àl’origine de 
la douille, dont il ne doit rester que la moitié. La largeur 
est de 0“03' ; une arête fortement marquée sépare sur 
les deux faces les deux tranchants et donne à la lame la 
forme d’un énorme carrelet, dont la section présenterait 
un lozange très-allongé. De ce même côté était un tron¬ 
çon de l’un de ces sabres à lame courte, large, épaisse, 
tranchante d’un seul côté, et creusée d’un sillon profond 
dans toute leur longueur, dont notre Musée possède plu¬ 
sieurs échantillons, (n.°‘ 85-140-290). Il n’en reste que 
O^SO* qui, tout rongés qu’ils soient, laissent voir parfai¬ 
tement à quelle nature d’arme appartient ce tronçon. 

A la hauteur de la ceinture, se trouvait un quatrième 
morceau de fer brisé en deux par la rouille, et qui n’est 
autre chose qu’un poignard dont la lame a 0“14 c et la 
longueur totale, y compris le manche, 0“18* ; elle est 
pointue, à deux tranchants. 

Une ceinture assujétissait aux flancs du guerrier l’é¬ 
pée et le poignard, car une boucle en bronze avec son 


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— 335 — 


ardillon se trouvait avec ces objets ainsi que deux bou¬ 
tons aussi en bronze, présentant la forme d’une pyramide 
régulière à 6 pans de 0 m 01‘ de côté dont les faces sont 
creusées de quelques sillons parfaitement réguliers. La 
queue n’était point rivée; est elle plate, percée d’une 
ouverture allongée par laquelle on pouvait faire passer une 
cheville , un cordon , ou un fil de fer ou de cuivre pour 
l’assujettir à la courroie. La boucle n’a point la grande 
plaque ornée de dessins en arabesques comme celles de 
Venduille , d’Ebart, de Marquais ou de St.-Acbeul que 
possède le Musée ; elle est petite, formant un demi-cercle, 
creusée dans le sens de sa longueur et d’un dessin régu¬ 
lier et de fort bon goût. L’ardillon est tout à fait celui 
des autres agrafes mérovingiennes que j’indiquais tout 
à l’heure. 

Enfin avec ces armures se trouvait un dernier mor¬ 
ceau de fer dont la destination serait restée indécise, sans 
le soin avec lequel les moindres fragments en furent 
recueillis. Une portion d’anneau qui s’adapte parfaite¬ 
ment à l’extrémité nous a mis facilement sur la voie, 
et nous avons reconnu une paire de ciseaux de O'ié* 
environ, de l’espèce appelée forces. Il n’est point rare, 
on le sait, de trouver des ciseaux dans les sépultures, 
et la découverte faite il y a quelque temps à La Neu¬ 
ville-sire-Bernard , en a procuré une paire d’assez belle 
conservation. 

Mon intention n’est point d’établir ici par une dis¬ 
sertation à quelle époque remonte celte sépulture ni à 
quelle classe de guerriers ont appartenu les armes. Cha¬ 
cun reconnaît l’époque mérovingienne dans les objets que 


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- 336 — 


j’ai l’honneur de présenter à la Société pour être déposés 
au Musée, et aucun doute ne s’élève aujourd’hui sur 
cette attribution. J’ai voulu seulement solliciter un 
remerciaient pour M. Beauger qui les a généreusement 
abandonnés et les a surtout recueillis avec un soin et une 
intelligence que nous serions heureux de rencontrer en 
toutes circonstances. Car bien des trouvailles sont faites 
dontl’intérét serait immense, si'quelqu’attention présidait 
à l’enlèvement des objets , si tous les fragments étaient 
réunis; plus d’une énigme historique serait résolue depuis 
longtemps, sans la négligence des inventeurs, et l’avidité 
de gens qui se hâtent de s’emparer de tous, les débris 
qu’ils rencontrent, pour le plaisir d’amasser des objets 
nouveaux , sans souci de leur valeur ou de leur usage. 

Je ne terminerai point cependant sans une observation. 
Le guerrier couché avec son armure, était enterré à côté 
du tombeau de pierre, et ce dernier renfermait seulement 
des ossements ; point d’armes ni d’ustensiles d’aucune 
sorte. Ce fait a-t-il été remarqué déjà, et qu’en faut-il 
conclure? Le cercueil de pierre ne serait-il point dans ce 
cas celui d’une femme ou d’un enfant auprès duquel au¬ 
rait été enseveli le frère ou l’époux. Nous serions tenté 
de le croire , en songeant au rang qu’occupaient les 
femmes chez les anciens Francs. Nous laisserons de plus 
habiles se prononcer sur ce point, et notre observation 
sera une nouvelle preuve de l’importance qu’il faut atta¬ 
cher à recueillir les restes conservés dans les tombeaux, 
car l’examen du squelette eût pu lever tous les doutes et 
confirmer ou détruire l'hypothèse que nous hasardons. 


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— 337 — 


Fragmente d'un Essai sur la vie de Pierre l’Hermite, 

par M. Henri Hardouin, Membre titulaire non ré¬ 
sidant. 

I. Le nom de Pierre l’Hermite se lit dans toutes les 
histoires ou chroniques qui concernent la première Croi¬ 
sade. On sait aussi que, fréquemment, la muse du Tasse 
s’inspira au souvenir de ce prêtre-pèlerin dont la parole 
entraîna vers la Terre Sainte tant de guerriers d’Occident, 
et qui devint le compagnon de leur victoire après n’avoir 
pas un seul instant cessé de partager leurs périls et leurs 
maux. 

A l’imitation de la poésie, la peinture se complut éga¬ 
lement de bonne heure à reproduire la physionomie de 
l’apôtre des Croisades. Une des scènes de sa vie, sa visite 
au pape Urbain II, se trouve figurée dans le manuscrit de 
Guillaume de Tyr, que possède la bibliothèque d’Amiens, 
et cet essai a pris rang parmi les œuvres qui préludèrent 
à la renaissance de l’art. 

C’est maintenant la sculpture qui acquitte son tribut. 
(1) Le ciseau , qui possède le secret d’imprimer le mou¬ 
vement et la vie à la durée du marbre ou de l’airain , de¬ 
vient un interprète de l’histoire, lorsqu’il aide à popula¬ 
riser le souvenir d’hommes qui méritèrent l’admiration ou 
le respect de la postérité. 

Au nombre de ces hommes fut incontestablement Pierre 
l’Hermite dont la main a tracé, dans les annales du chris¬ 
tianisme et de notre patrie , une de ces pages à la lecture 

(1) M. Gédéon Forceville , notre collègue, ajoute aux productions 
qui, déjà, honorent son talent et son patriotisme, une statue de Tapdtre 
des Croisades. 


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— 338 — 


desquelles la pensée de l’écrivain ou de l’artiste ne cessera 
jamais de se recueillir. 

II. Si peu de biographes échappent au reproche d’isoler 
trop fréquemment de la scène où il figura, le personnage 
qu’ils veulent faire connaître, et de donner à son sujet,' 
des détails qui ne sauraient trouver place dans les récits 
de l’histoire, il n'en est aucun dont des écrits n’aient à 
redouter la concurrence des œuvres des poètes ou des ro¬ 
manciers, des peintres ou des sculpteurs. L’investigation 
de la vérité et la discussion des preuves, revêtent toujours 
un caractère d’aridité qui vient défavorablement contras¬ 
ter avec la fraîcheur et l’éclat de productions destinées 
à conquérir le suffrage de l’imagination ou des yeux. 

III. Les sources auxquelles des indications sur la vie 
de Pierre l’Hermite peuvent être puisées, doivent fixer un 
instant l’attention. 

Parmi les écrivains de l’époque, Albert d’Aix est celui 
qui donne le plus de détails. Préoccupé du soin de faire 
connaître avec exactitude l’apôtre de la Croisade , il le 
suit pour ainsi dire pas à pas depuis son premier pèle¬ 
rinage jusqu’à la délivrance de Jérusalem. 

— « Albert, dit M. Guizot, n’avait point fait partie de 
» l’expédition et ne visita jamais la Terre Sainte, mais 
» plein d’enthousiasme comme l’Europe entière, pour l’en- 
» treprise et les exploits des Croisés, il en recueillit avec 
» soin toutes les relations, s’entretint avec une foule de 
» pèlerins revenus de Jérusalem , et a reproduit leurs 
» aventures et leurs sentiments, sinon en bon langage, 

» du moins avec une complaisance minutieuse et la vi- 
» vacité d’une imagination fortement cmue. » 


S 


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— 339 — 

Guillaume de Tyr, si justement réputé le prince des 
historiens des Croisades, suivit les traces d’Albert d’Aix. 
Il vérifia et compléta les données fournies par cet écrivain. 
A la vérité, Guillaume de Tyr ne racontait pas ici comme 
ses devanciers ce qu’il avait ou vu lui-même ou recueilli 
de la bouche de témoins oculaires : un demi-siècle tout 
au moins le séparait de l’époque des évènements et il ne 
pouvait que les juger à distance , mais il le fit avec une 
supériorité de lumières qui imprima à son livre un degré 
d’autorité auquel nul autre écrit du même tems ne sau¬ 
rait atteindre. Si l’histoire de la première Croisade put 
être étudiée et comprise par un auteur, ce fut, à coup sûr, 
par l’archevêque de Tyr , d’abord précepteur de l’un des 
princes qui régnèrent à Jérusalem , puis élevé aux plus 
hautes dignités de l’Eglise et de l’Etat dans ce royaume 
qu’il ne quitta guère que pour s’acquitter de fréquents 
messages auprès des souverains d’Occident, des papes, ou 
des empereurs de Constantinople. A l’époque où Guillaume 
écrivait, le tems, d’ailleurs, n’avait point effacé sur le 
sol de la Palestine la trace des pas des premiers Croisés. 
Les noms, les souvenirs des plus célèbres d’entr’eux, vi¬ 
vaient dans la mémoire et dans le cœur des fidèles qui dé¬ 
fendaient encore, les armes à la main, les conquêtes de 
leurs aïeux, avec plus de bravoure et de persévérance 
que d’espoir. 

IV. « D’où vint, s’écrie Guillaume de Tyr, en parlant 
de Pierre l’Hermite, « d’où vint à ce pauvre pèlerin, dé- 
» nué de toutes ressources et transporté bien loin des fron- 
» tières de sa patrie, une confiance si grande qu’il osât 
» essayer une entreprise tellement au-dessus de ses forces. 


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— 340 — 


» c); espérer l’accomplissement de ses désirs ? Si ce n’est 
» qu’il avait porté toute sa pensée vers Dieu son protec- 
» leur, et qu’embrasé du feu de la charité, compatissant 
» aux maux de ses frères , aimant son prochain comme 
» lui-même, il lui suffisait d’accomplir la loi ? Ce que son 
» zèle lui prescrivait pouvait paraître difficile et même 
» impossible, mais l’amour de Dieu et du prochain le lui 
» rend léger.., » (1) 

Si tel fut, dès le douzième siècle, le langage d’un his¬ 
torien, on lit, par compensation, dans un ouvrage qüi date 
de peu d’années , des passages ainsi conçus : « Les plus 
» grands caractères du clergé parurent avec les Croi- 

» sades.Nommons d’abord Pierre l’Hermite, homme 

» semblable à Foulques qui, de son geste éloquent et rude, 
» avait poussé au commencement de l’époque la populace 
» de l’Occident vers l’Orient.... (2) Au moment où ces 
» masses d’hommes se réunissaient, un pauvre prêtre au 
» teint brun, au visage maigre, à la taille exigüe, aux 
» pieds nus, à l’esprit ardent, renouvela la prédication 
» d’Urbain et fut le premier guide de la Croisade. Son élo- 
» quence sauvage produisit un effet extraordinaire. Pierre 
» au Capuchon, vulgairement appelé Coucou-Pètre, et 
» connu depuis sous le nom de Pierre l’Hermite, chevau- 
» chait sur un mulet de la grandeur d’un àne et harnaché 
» de même ; on se jetait sur sa monture pour en arracher 
» un peu de poil et pour baiser sa mauvaise soutane 

d’ermite. » 

(I) Traduction de M. Guizot. Mém. sur l’Hist. de France. 

(31) V. la France au tems des Croisades. Tom. I. p. 311. Paris 1844. 
Techener. 4 vol. in-8 tt . 


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— 341 — 

Dans cette description, les fantaisies du roman usurpent 
indubitablement la place des vérités de l’histoire. « Nous 
» racontons certains détails non comme ayant un fond de 
» vérité, mais pour satisfaire au goût du vulgaire qui 
» aime les chosès extraordinaires, » dit expressément 
Guibert de Nogent, de qui ont été imités non sans am¬ 
plification les passages que l'on vient de lire. Us se trou¬ 
vent aussi, mais cette fois en abrégé, dans Raoul de 
Caen et dans le fragment intitulé Histoire de la Guerre 
Sacrée. La réflexion ou l’aveu de Guibert ne s’y rencon¬ 
trent pas, mais qui ne. les y a pas sous-entendus ? Et le 
même chroniqueur ne rappelle-t-il pas que: « En tout 
» ce que faisait et disait cet homme (Pierre l’Hermite) il 
» semblait qu’il y eût en lui quelque chose de divin ? » 
Tous ceux des écrivains contemporains qui se préoccu¬ 
pèrent plutôt encore des exigences de la vérité que du dé¬ 
sir de satisfaire à la passion du vulgaire pour le merveil¬ 
leux , pressentirent donc que le secret de l’ascendant de 
Pierre l’Hermite sur les populations ne résidait ni dans 
l’étrangeté de son extérieur, ni dans ce contraste entre 
la débilité du corps et la vigueur de l’esprit qui, chez lui, 
se révélait dès l’abord. Aucun d’eux n’autorise à compa¬ 
rer aux cris du fanatisme ou aux accents à l’usage de la 
sédition, sa parole dont tous attestent au contraire l’ins¬ 
piration et la puissance. « Pierre fut grand d’éloquence 
» et de cœur » dit Albert d’Aix. « Il ne s’illustra pas 
» moins , ajouta plus tard Ordéric Vital, par le savoir que 
» par la charité. » L’on connaît le jugement que porte 
à son sujet Guillaume de Tyr. De quel droit substituer 
aujourd’hui à ces témoignages un tableau de fantaisie? 

27 . 


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— 342 — 


La ferveur des panégyristes est sans doute un écueil sur 
la voie de la vérité, mais il en est un autre, l’oubli du 
précepte suivant, rappelé et si bien appliqué déjà par 
Guillaume de Tyr : « Il convient d’éviter en écrivant 
» l’histoire, que des faits grands et importants par eux- 
» mêmes, deviennent petits et misérables par le vice de 
» la narration. » 

V. Les écrits des contemporains de Pierre , fournissent 
à son sujet, des détails qui ne varient guère que sous le 
rapport de la précision ou de l’étendue, et qui, par con¬ 
séquent, se complètent et s’expliquent les uns par les 
autres , beaucoup plutôt qu’ils ne se contredisent au fond. 

Il naquit à Amiens. Guibert de Nogent , qui entendit 
ses prédications, l’atteste après une vérification fcomperi- 
tnusj qui ne dut exiger ni beaucoup de temps, ni beaucoup 
de peine puisque ce chroniqueur , originaire du diocèse 
de Beauvais, ne quitta guère le monastère de Nogent- 
sous-rÇoucy dont le comte d’Amiens , Enguerrand, était 
l’un des patrons , et y remplaça, comme abbé, Geoffroy, 
promu à l’épiscopat de la même ville. 

Albert d’Aix n’est pas moins exploite que Guibert. 

Tels furent, entr’autres, les deux témoignages dont 
Guillaume de Tyr put s’autoriser, un demi-siècle plus 
tard» pour affirmer le même fait. 

Le passage de la chronique des évêques de Liège qui 
mentionne le décès de Pierre en 11,17, à un âge avancé, 
fin bona semetutej, permet de fixer l’époque de sa nais¬ 
sance entre 1040 et 1050. 

Une série de documents démontre d’ailleurs la justesse 
de l’observation suivante de Guillaume de Tyr : « Pierre 


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— 343 — 

» était HermiU de nom et de profession, » re et notnine. 
En remontant des plus modernes de ces documents aux 
plus anciens , on rencontre d’abord des généalogies qui, 
en 4824 * fixèrent l’attention du savant auteur de l’his¬ 
toire des Croisades. Il est encore aujourd’hui plus d’une 
famille qui revendique l’honneur de descendre de Pierre 
l’Hermite» 

a Parmi les choses curieuses entassées chez le libraire 
» deBrtiyn à Matines, »— disait, en 1837, à l’Aca¬ 
démie royale de Belgique, M. le baron de Reiffemberg 
d’érudite mémoire, — « nous avons trouvé une pièce qui 
» semble lever toute incertitude au sujet de la patrie et 
» des descendants de Pierre l’Hermite. C’est une reeon- 

» naissance, conformation et réhabilitation de noblesse, 

> 

» en tant que besoin accordée par le roi Philippe IV à 
» Jacques l’Hermite, receveur du conseil d’Etat des Pays- 
» Bas, et à son frère Antoine l’Hermite, licencié en droit à 
» Malines. Cette patente... portant au centre des armoiries 
» coloriées mais qui ont souffert, offre tous les caractères 
» de l’authenticité. Il en résulte que Pierre l’Hermite était 
» bien réellement d’Amiens ; qu’il épousa une fille de la 
» noble maison de Roussy ; et que sa postérité s’est con- 
» tinuée sans interruption jusqu’aux impétrants. » (1) 
Ce diplôme, se trouvant déjà mentionné tout au long dans 
la vie de Pierre l’Hermite par le père d’Oultremann de la 
Société de Jésus, opuscule publié en 1647, son authenti¬ 
cité est surabondamment établie. 

Le même biographe analyse les titres qui, de son tems, 
étaient entre les mains de Martin l’Hermite sieur de Bé- 

, (I) Bulletin de l'Académie de Belgique du * novembre 1837, n.° 10. 

27.* 


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tissart, et cite fréquemment une vie manuscrite par 
» Nicolas de Campis dit Bourgogne, roi d’armes du roi 
» Catholique , qui, ajoute-t-il, a curieusement ramassé ce 
» qu’il a pu retrouver de la vie et postérité de Pierre 
» l’Hermite.» (1) Il publiede plus un très curieux fragment 
du manuscrit espagnol, conservé à la bibliothèque St.- 
Laurent de l’Escurial, qui a pour titre : Faits héroïques 
de la Chevalerie Européenne à la.Conquête de Jérusalem. 
L’auteur de ce livre, D. Alonzo Gomez de Mincbaca vi¬ 
vait en 1315. Il donne des indications sur Pierre l’Hermite 
qui avait, dit-il, été chevalier avant de se vouer au sa¬ 
cerdoce. 

Deux textes, l’un de Ughellus, (2) l’autre de la collec¬ 
tion intitulée : YOriensChristianus, (3) que d’Oultremann 
ne cite point, portent qu’Àlbert, évêque de Bethléem en 
1179, était un descendant de Pierre l’Hermite, Pétri 
Eremitœ nepos fuit. 

Ainsi, tout en laissant aux biographes du xv. e et du 
xvn.* siècle, la responsabilité de leurs généalogies et des 
détails qu’ils donnent sur le séjour de Pierre l’Hermite 
dans les universités d’Italie ; sur ses fonctions de précep¬ 
teur des fils d’Eustache 1." comte de Boulogne et, par 
conséquent, de Godefroy de Bouillon lui-même ; sur sa 
blessure à la bataille de Cassel dans les rangs des cheva¬ 
liers qui combattirent pour Robert le Frison contre la 
comtesse Richilde ; enfin sur « la damoiselle de bon lieu 
» dont les bonnes grâces et la vertu n’eurent pas peu de 

(1) V. la Vie du vénérable Pierre l’Hermite par d'Oultremann, p. 1H. 

(2) V. ltalia Sacra . Tom. 4, col. 1099. 

(3) Idem. Tom. 3, p. t279. 


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— 345 - 


» force pour le faire résoudre au mariage, » et qui pour¬ 
tant n’était « ni jeune, ni riche, et par conséquent estait 
» privée de deux parties qui seules presque estaient con- 
» voilées, » (1) on ne saurait révoquer en doute qu’a¬ 
vant de se réfugier dans une solitude, il avait été chef de 
famille. Guibert de Nogent, Albert d’Àix, et la plupart 
des autres contemporains constatent d’ailleurs très nette¬ 
ment qu’il était prêtre (sacerdosJ et non pas moine, cir¬ 
constance qui jette quelque incertitude sur le sens de l’ex¬ 
trait suivant d’un bref de recommandation des défunts aux 
prières des religieux de Corbie au xiu.* siècle, recueilli 
par le bénédictin Dom Grenier : « D. Pelro Cognomine 
» Heremiia priori Scli Quinctini de Monte. » (2) La re¬ 
traite de Pierre l’Hermite au pays de Liège après la Croi¬ 
sade , dans les domaines cédés à l’évêque Otbert par 
Godefroy de Bouillon, semble d’ailleurs indiquer d’autant 
mieux la préexistence de relations entr’eux , que, d’a¬ 
près Gilles d’Orval, c’était bien d’un retour et non d’une 
première arrivée qu’il s’agissait : ad partes Leodienses 
revertitur. 

VI. Ce fut, selon toute apparence, vers 1093, que 
Pierre entreprit ce pélérinage de Jérusalem auquel suc¬ 
cédèrent si rapidement ses prédications et la Croisade. 

La renonciation au monde et la visite du tombeau de 
l’homme Dieu étaient, à cette époque , des exemples dont 
la fréquence est attestée par l’histoire, et que donnaient 
les princes et les souverains eux-mêmes. La pratique des 
austérités du christianisme, tout en continuant à frayer, 

(1) D’Oultremann, p. U et 15. 

(2) Y. Biblioth. nation. MSS. Dom Grenier, paq. 2 art 8. 


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— 346 — 


par la régénération des âmes, les voies de la civilisation, 
participait elle-même de la rudesse des mœurs. A une 
époque où sévissaient encore les maux de l’anarchie ; où 
la force assurait trop souvent à quiconque en disposait, 
l’impunité des désordres et des crimes ; où la licence fran¬ 
chissait jusqu’au seuil des asiles de la prière ? l’aversion 
pour la vie du siècle, chez les uns, et chez d’autres les 
remords déterminaient ces vocations à l’épreuve de tous 
les obstacles, ces abdications des biens de la terre, ces pè¬ 
lerinages enfin qui impressionnèrent si vivement les po¬ 
pulations. Si de telles manifestations de piété ne furent pas 
toujours sans mélange d’exagération et d’orgueil, elles 
n’en révélèrent pas moins la puissance de la foi qui les 
inspira. Elles furent un langage tenu à l’imagination et 
pour ainsi dire aux sens de la multitude. Les yeux de¬ 
meurèrent frappés de l’éclat des œuvres, et elles se pro¬ 
pagèrent par émulation et comme par instinct, en atten¬ 
dant que la sublimité des dogmes et de la morale du 
christianisme vint pénétrer dans la plupart des esprits. 
L’entreprise de la délivrance de Jérusalem , la grande 
aventure , selon l’expression de M. Guizot, marqua 
l’apogée du mouvement qui, dans le cours du onzième 
siècle, réveilla de sa torpeur le monde d’Occident, y ba¬ 
laya la poussière de la barbarie, préluda à la renaissance 
des lettres et des arts', et permit à l’église de promulguer, 
sous la dénomination si vraie de trêve de Dieu, ce par¬ 
tage des jours de la semaine entre les œuvres de destruc¬ 
tion ou de sang et leur réparation par le travail, qui frap¬ 
pait de déchéance l’institution de la guerre entre peuples 
ou membres de la chrétienté. La coalition contre l’Isla— 


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347 — 


mismene pouvait tarder à s’en suivre, et l’histoire ne ré¬ 
servait aucun démenti aux parolès suivantes de toucher 
de Chartres qui, dès le tems d’UrbainïI, louait ce pontife: 

« d’avoir médité une oeuvre qui fit fleurir le monde d’Oc- 
» cident, en y rétablissant la paix, en y réhabilitant 
» l’autorité de l’église , et en écartant de ses frontières, 

» avec toute la prescience de l’instinct, l’invasion des 
» Mahométans. » 

VII. Lorsque Pierre entreprit son premier voyage, rien 
extérieurement ne le distinguait de ces pèlerins dont les 
exactions des gouverneurs de Jérusalem et l’hostilité de 
la population, semblaient ne faire qu'accroître le nombre. 
—Une fois l’enceinte franchie, donner cours à l’effusion 
de la piété ; s’indigner des profanations ; puis, hâter vers 
la patrie, cette marche du retour à laquelle se communique 
si naturellement la précipitation des mouvements du cœur; 
c’était le rôle de tous. Méditer, exécuter un plan de déli¬ 
vrance , telle fut la mission de Pierre l’Hermite. Aux vi¬ 
sions dont son esprit ne tarda point à être obsédé, succé¬ 
dèrent des entretiens avec le patriarche de Jérusalem. 
Pierre devient le messager des Chrétiens qui subissent 
l’opprobre et la persécution. Il franchit les mers; il dépose 
aux pieds du Pape la supplique de ses frères ; il devance, 
par de là des Alpes, l’arrivée du chef de l’église. Bientôt 
siège le concile de Clermont. La pensée d’unir contre 
l’Islamisme les forces de la chrétienté qui s’épuisent par 
les luttes et la licence, revêt la solennité d’un pacte de 
religion et d’honneur. La Croisade est décrétée, et la 
foule qui se presse autour du pontife a répété ce cri Dieu 
le veut dont retentit soudainement l’écho des plus loin- 


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— 348 — 


taines contrées. Alors se succédèrent sans intermission, 
sans halte ou repos en chemin, ici dans la chaire des 
basiliques, là sur les tertres des campagnes, en Au¬ 
vergne , en Berri, en Picardie, en Flandre, et jusqu’aux 
rives de la Meuse et du Rhin, les prédications de Pierre 
l’Hermite. Il s’inspirait, tantôt du souvenir de la profana¬ 
tion des lieux saints, tantôt de la grandeur de l’œuvre de 
leur délivrance et du pressentiment des desseins de Dieu. 
Les populations se précipitaient sur son passage ; biens, 
famille, patrie, tout était abandonné pour le suivre, et, 
tandis que la Chevalerie convoquait ses- hommes d’armes, 
que les milices formaient leurs rangs, et que les flottes 
s'équipaient, un essaim de pèlerins descendait la vallée 
du Danube et franchissait la Drave. 

Fanatisme, s’est-on écrié, fanatisme donc par lequel 
fut révélé un de ces décrets que les puissances de la terre 
ne méditent ni ne promulguent, et qui n’était rien moins 
que l’avènement de l’Europe, et que son initiation au 
mystère de sa prépondérance sur l’Orient. 

L’homme prédestiné entre tous à l’accomplissement de 
ces volontés de la Providence, fut-il exempt d’erreurs ? 
Ne le vit-on pas exalter jusqu’au délire l’enthousiasme 
de la foi ? Que la pensée se reporte au tems où il vécut, 
et l’on se convaincra qu’il rencontra l’héroïsme jusques 
dans l’excès du zèle et de la piété : aussi sa mémoire ne 
cessera-t-elle de franchir les âges pour recueillir honneur 
et respect auprès de la postérité. 

VIII. Pierre l’Hermite avait vu s’accroître, du contin¬ 
gent des nations d’Allemagne, la multitude des pèlerins 
de France. Naguère encore, ascète et solitaire ignoré, il 


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se trouvait maintenant chef d’année, excès de confiance 
qu’il ne devait pas tarder à expier cruellement. A quelle 
autorité pouvait en effet raisonnablement prétendre, sur 
une foule sans cohésion et sans frein , un homme dp 
prière, en un tems où l’élite des chevaliers échouait 
dans ses efforts pour maintenir quelque discipline dans les 
rangs des hommes d’armes? Des conflits avec les Hongrois, 
et en dernier lieu, une déroute auprès de Semlin, après 
des désordres que Pierre l’Hermite, Gauthicr-sans-avoir 
et le petit nombre de chevaliers qui les avaient suivis, ne 
purent ni prévenir, ni réprimer, décimèrent l’armée. Ses 
débris furent ralliés avec peine sous les murs d’Andri- 
nople, et ce ne fut point sans répugnance que l’empereur 
Alexis Comnène laissa les pèlerins s’avancer jusqu’à Cons¬ 
tantinople. Ils établirent leur camp à proximité de la ville. 

Une lettre du pape Urbain II avait annoncé à l’empereur, 
la venue de Pierre l’Hermite, qui d’ailleurs était devancé 
par le retentissement de ses prédications et de ses aven¬ 
tures. Sa présence ne pouvait donc que piquer vivement 
la curiosité de la cour du Bas-Empire. Pierre y parut, et 
Anne Comnène, fille de l’Empereur, se garda bien d’o¬ 
mettre dans ses récits cette entrevue et le portrait du pré¬ 
dicateur. 

L’impatience des pèlerins et la connivence d’Alexis h⬠
tèrent leur extermination. Après avoir franchi le Bosphore 
sans attendre l’arrivée des chefs de la Croisade, et avoir 
provoqué par leurs incursions les représailles des Turcs de 
Nicée, ils finirent par ne pouvoir plus défendre même leur 
camp qui devint le théâtre d’un horrible carnage. Gau- 
thier-sans-avoir y périt, et les ossements de plusieurs 


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— 350 


milliers de corps sans sépulture jonchaient les plaines de 
Scutari lorsque, l’année suivante, Godefroi et ses hommes 
d’armes traversèrent ces solitudes de la mort. Pierre 
l’flermite put alors se réunir à l’armée des Croisés avec 
le petit nombre de ses compagnons qui avaient échappé 
au glaive ou à la captivité. 11 n’avait dû lui-même son 
salut qu’à sa présence à Constantinople où il s’était rendu 
peu de jours avant la catastrophe pour réclamer contre 
les fraudes des agents de l’Empereur. 

IX. L’histoire autorise-t-elle à dire avec M. Michaud 
que Pierre disparut désormais de la scène pour demeurer 
oublié dans la foule des pèlerins ? Le message dont il se 
chargea auprès du visir Kerbogab, et le rôle qui lui fut 
dévolu soit lors de l’assaut, soit après la prise de Jéru¬ 
salem Sont autant de faits qui réfutent l’assertion dè l’il¬ 
lustre écrivain. 

Maîtres de Nicée et d’Antioche après des sièges meur¬ 
triers , les Croisés subissaient, dans cette dernière ville, la 
famine et les ravages d’une épidémie. L’armée du Soudan 
d’Arménie était en vue des murs. Des désertions avaient 
achevé d’éclaircir les rangs ; les coeurs chancelaient. En¬ 
joindre néanmoins la cessation de la guerre au chef mu¬ 
sulman , telle fut la résolution arrêtée, exécutée. Pierre 
l’Hermite, accompagné d’un interprète dont l’histoire a 
aussi conservé le nom, (le croiséHerluin), vint haranguer 
le visir, dont l’étonnement surpassa sans doute le cour¬ 
roux. Peu de jours après, la victoire livrait aux Chrétiens 
le camp dont leur messager avait si héroïquement franchi 
l’enceinte. 

L’armée poursuivait enfin, malgré les rigueurs d’un 


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été de Judée, les travaux, du siège de Jérusalem, et se 
préparait aux derniers assauts. En cet instant, le clergé 
multipliait les solennités du culte, et l’on vit les Croisés 
suivre processionnellement sa bannière au Mont des Oli¬ 
viers. Là retentit encore une voix dont l’énergie n’avait 
été brisée ni par le temps, ni par les souffrances, ni par 
les revers, la voix du prédicateur qui, depuis quatre ans, 
n’avait pas un seul instant cessé d’accourir au premier 
rang pour partager les périls ou pour soulager l’infor¬ 
tune. Sa parole commandait l’abjuration de toute ini¬ 
mitié entre frères d’armes à l’heure suprême du combat; 
elle ranimait dans l’âme de tous l’héroïsme qui défie 
les obstacles et la mort ; elle décernait les palmes mé¬ 
ritées et par le guerrier qui survit, et par celui qui 
succomba avec honneur ! Et lorsqu’enfio l’étendard de la 
Croix flotta sur les murs de Sion, lorsque les heures de 
carnage et de sang eurent fait place aux jours d’action de 
grâces et de prière, aux pieds de qui vit-on se prosterner 
les chrétiens préservés dans Jérusalem ? aux pieds du pè¬ 
lerin à qui Dieu avait réservé de tenir la promesse de 
leur délivrance. 

Quelques mois après, Pierre suppléait le patriarche 
Arnoul dans la direction de l’église de Jérusalem, au 
moment où l’armée des Croisés dût venir combattre les 
milices du Soudan de Babylone près d’Ascalon et presque 
en vue de ce mont Thabor, où sept cents ans plus tard, 
paraîtraient et vaincraient encore des guerriers venus 
aussi de France. 

Sa mission était accomplie. 

X. Au pays de Liège, sur les bords de la Meuse et à 


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— 342 — 

proximité de la ville d’Huy, exista, sous le vocable du 
St.-Sépulchre et de St.-Jean, un monastère où s’obser¬ 
vait la règle de St.-Augustin. Son fondateur fut Pierre 
l’Hermite, dès son retour de la Terre-Sainte, en 1101, 
avec Gonon de Montaigu et quelques autres chevaliers. Il 
mourut dans ce monastère le 8 juillet 1117, et y fut 
enseveli. 

Deux cents ans environ plus tard, lorsque les récits des 
historiens de la Croisade et surtout une traduction en 
langue vulgaire du livre de Jacques de Vitry, eurent ré¬ 
veillé les souvenirs de la population, on vit s’accomplir, 
au tombeau de Pierre l’Hermite, des pèlerinages qui dé¬ 
terminèrent l’érection d’un nouveau monument. Il a dis¬ 
paru comme l’autre. Il existait au temps où Gilles d’Orval, 
qui en reproduit l’épitaphe, rédigeait sa chronique des 
évêques de Liège. 

Consacrer à la mémoire de Pierre l’Hermite, dans 
Amiens sa ville natale , un monument dû au ciseau d’un 
artiste dont on a pu dire si justement que le talent était 
chez lui une improvisation du goût et du patriotisme (1), 
c’est exaucer les vœux de la France et de l’Europe en¬ 
tière. Elles ne cesseront jamais de révérer, dans,l’apôtre 
des Croisades, un envoyé de Dieu. Quel autre nom don¬ 
ner à l’homme que l’on vit sortir si soudainement des 
rangs de la foule et de l’oubli d’une solitude pour accom¬ 
plir , par l’ascendant de sa parole et de sa persévérance, 
les prodiges que l’on connaît? 

(1) a II s’endort financier et se réveille artiste, » disait naguère au sujet 
de M. Force ville , l’honorable et disert- M. St.-Albin Berville , notre 
collègue. _ 


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— 353 — 


Hôte de H. De Cagny, membre correspondant, sur des 
sarcophages et vases funéraires trouvés à Athxes, 
canton de Ham. 

Le 24 juin 1852, des ouvriers défonçant le terrain qui se 
trouve en fàce du portail historique de l’église d’Athies , décou¬ 
vrirent plusieurs tombeaux en plâtre à 50 centimètres environ de 
profondeur. De ces tombeaux, de 2 mètres de long, et recou¬ 
verts de morceaux de pierres informes , l'un renfermait deux 
squelettes Téunis, la tête tournée vers l’Orient et les bras croisés 
sur la poitrine , et un autre , plusieurs têtes réunies à des osse¬ 
ments divers. Dans le premier se trouvait un vase de gran¬ 
deur moyenne , contenant des charbons encore bien conservés. 
Les fragments que j’envoie feront connaître la nature et la 
forme de ces sortes de vases qu’on plaçait autrefois dans les 
sarcophages. 

J’adresse aussi à la Société un petit vase, bien conservé, 
comme on en trouve assez communément dans les cimetières d’A- 
tbies , d’Ënnemain et même de Maricourt, canton de Combles. 
Ces vases qu’on découvre dans les anciens cercueils en bois, ne 
paraissent pas remonter au-delà du xv. e ou du xvi. e siècle. 
D’après la tradition locale, ils renfermaient la cendre des étoupes 
qui avaient servi à extrémiser le mort, et quelquefois aussi son 
alliance et les deniers de mariage. 

Il existe encore aujourd’hui un usage funéraire, particulier 
sans doute aux communes des cantons de Ham et de Nesle, qui 
formaient autrefois la petite contrée du Vermandois appelée le 
Meige. Cet usage consiste à couper le bas des cierges qui 
doivent servir aux funérailles, en parties très-minces qu’on étend 
en forme de croix au fond des cercueils avant d’y placer le mort. 
Je n’ai pu découvrir l’origine ni le motif de cette coutume. 


Note sur la Motte de Cauroy-lès-Tours, par M. Darcy, 
titulaire non résidant. 

Parmi les monuments peu variés d’ailleurs que nous ont lais¬ 
sés les Gaulois, nos prédécesseurs sur ce sol auquel des mœurs 


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— 354 — 


plus douces, une religion plus humaine ont fait prendre une 
physionomie nouvelle, on a depuis longtemps remarqué avec 
intérêt ces monticules plus ou moins élevés, mais toujours de 
dimensions imposantes dont sont parsemées certaines contrées 
et notamment la Picardie. Cependant on ne paraît pas s'être ja¬ 
mais bien accordé sur leur destination, non plosqne sur l'épo¬ 
que où ils ont été élevés. 

J’ai fouillé deux monticules. Deux notes que j'ai adressées à 
la Société lui ont fait connaître mes remarques sur la composi¬ 
tion de la Motte de Gamaches, sur la nature et l'état de conser¬ 
vation des objets qui y ont été trouvés. Je vais aujourd'hui l'en¬ 
tretenir d’une autre non moins intéressante. 

M. le baron de Prières est propriétaire à Tours en Vimeu d’une 
habitation fort belle, dont l’emplacement est considéré par quel¬ 
ques personnes comme celui d’une villa domaine. On y a trouvé 
autrefois la jolie Cybôle en bronze au front couronné de tours 
dont M. de r*aylus a donné la description. Dans toute l'étendue 
de cette propriété se rencontrent fréquemment des objets anti¬ 
ques de toute sorte. Il en est de même à Cauroy, dépendance de 
Tours. Dans un herbage appartenant aussi à M. de Frières , il 
existe une tombelle qui, selon M. Louandre (i), est citée par 
D. Grenier comme destinée anciennement à rendre la justice. 
M. me la baronne de Frières, dont le goût pour ce qui tient à la 
science est connu * a bien voulu pejmettre ou plutôt ordonner 
l'ouverture de ce tertre. Elle a suivi le travail avec un grand in¬ 
térêt et à même eu la générosité d'en faire les frais. Je me plais 
à lui en rendre le témoignage le plus reconnaissant. Appelé à di¬ 
riger la fouille, j'ai bientôt constaté une analogie frappante entre 
cette tombelle et celle de Gamacbes. En effet, la hauteur de la 
tombelle de Cauroy est de 2 mètres perpendiculairement et de 3 
mètres au moins en talus. Le diamètre dans la partie circulaire 
est d’environ 26 mètres. On remarque vers le Nord une appa¬ 
rence d'ancien fossé qui a dû fournir les terres dont se compose 
la Motte. Une tranchée de 2 mètres de large ouverte du Sud au 

(!) Histoire d'Abbeville , 2/ édition, tom, 1, pag. 427. 




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— 355 — 


Nord jusqu’au centre, et ensuite vers l’Ouest, a fait voir que la 
tombelle de Cauroy était composée de couches d'argile variant 
en épaisseur et divisées par des couches de cendre et deeharbon. 
Elles sont horizontales et se prolongent ainsi dans presque toute 
l'étendue du monument. À 50 ou 60 centimètres environ au-des¬ 
sous du gazon parait une première ligne noire de 3 à 4 centimè¬ 
tres d’épaisseur ; suivent 15 à 18 centimètres d’argile ; puis une 
deuxième ligne noire de même épaisseur que l’autre ; puis l’ar¬ 
gile descend jusqu'à 1 mètre 49 centimètres de profondeur. Là 
se présente une forte couche de bois et de paille brûlés et presque 
entièrement pulvérisés, dont l'épaisseur n'a pas moins de 6 à 8 
centimètres; au-dessous une couche d'argile noircie et cuite. 
Enfin, à une profondeur de 25 à 80 centimètres au-dessous du 
niveau du sol voisin, le terrain paraissait vierge. Toutefois, de 
distance en distance se rencontraient de légères excavations 
dans lesquelles, depuis la couche de cendre (66 centimètres plus 
haut), gisaient des ossements informes pour la plupart et quel¬ 
ques dents seulement reconnaissables ; le tout comme en pleine 
décomposition et exhalant une odeur nauséabonde assez sensible. 
Ces débris que le feu n’avait pas eu le temps de carboniser, pla¬ 
cés dans certaines conditions favorables, au milieu d’une argile 
naturellement compacte et d’ailleurs battue, ne sont entrés que 
difficilement sans doute en décomposition, car après un grand 
nombre de siècles ils offraient encore, comme en état de ferraen- 
tation, un aspect rougeâtre et gluant. 

Vers le centre de la tombelle et sous la principale ligne noire 
(j'appelle ainsi l’inférieure) se trouvait une sorte d’aire pavée en 
tessons de tuiles à rebord posés à plat et environnée de farts 
silex comme pour les maintenir Cette aire à peu prés (Circu¬ 
laire, mais non régulière, avait environ un mètre de diamètre. 
Au-dessus, des cendres et du charbon. Au-dessous, rien que l'ar¬ 
gile battue. 

Dans toutes les parties de la tombelle, même sur la surface* se 
rencontrèrent, mais en faible quantité, des tessons de tuiles à re¬ 
bord , de poterie grise et blanchâtre. Dans l’intérieur, un grès et 
un morceau de meule à bras. Dans les couches brûlées, nous l’a- 




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vous vu, des parcelles d'ossements. Et de plus, dans la princi¬ 
pale, un éperon à pointe, un fej à cheval, des morceaux de 
fer oxidés, informes, sans doute des débris d’armes. 

On le voit, ranalogie est complète entre cette motte et 
celle de Gamaches ouverte en 1845 et 1846 (1). Dans Time comme 
dans l’autre, les couches sont régulièrement superposées. Ici 
comme là c’est le sol voisin qui a fourni la matière composant le 
monument , et la couche brûlée est dans la partie inférieure. On 
peut seulement remarquer à Gauroy trois couches noires, les su¬ 
périeures moins foncées que l’inférieure et allant disparaître vers 
le talus à l’Est ; tandis qu’à Gamaches on n’en trouve qu’une bien 
sensible, à moins qu’un autre lit qui, au-dessus, contenait aussi 
beaucoup d’objets, quelque peu de charbon, et était couvert de 
terre glaise, ne remplaçât ceux plus noircis de Gauroy? Ici des 
places en quelque sorte réservées sur des aires en argile battue ; 
à Gamaches, même disposition sur des aires en sable battu. 

On ne peut nier que ces deux monuments n’aient été élevés 
sous l’influence des mêmes idées, à une même époque. Si à 
Gauroy la motte est écrasée vers l’Est et va mourir au sol par 
une pente de 10 degrés à peine, au lieu d’être, comme à Gama¬ 
ches, presque entièrement circulaire et en forme de cône tron¬ 
qué, cela peut tenir à des circonstances particulières qu’il est à 
peu près impossible d’apprécier aujourd’hui Si , d’un autre 
côté, à Gamaches, ce qui n’existe pas à Gauroy, on remarque 
une bordure au sommet et plusieurs fossés et levées de terre à 
l’entour, c’est peut-être que le monument a été utilisé plus tard. 
Le rebord aussi pourrait bien n’être qu’une disposition capri¬ 
cieuse ou n’avoir été préparé que dans les prévisions d’autres 
funérailles. 

Car c’est là ma pensée : nos deux Mottes et beaucoup d’autres 
sont des bûchers élevés d’après le rite gaulois, mais à l'époque 
de la domination romaine. Si on leur a prêté souvent une autre 
destination, c’est qu’elles n’ont pas été assez étudiées, qu’on a 
fouillé trop peu. Les uns en ont fait des mottes où les seigneurs 

(1) Bullet. Soc. Antiq. Picard. 1845, p. 245. 


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— 357 — 

tendaient la justice, des emplacements de donjons ou de moulins 
à vent, des vigies, des lieux de retraite où les populations gau¬ 
loises se retranchaient en cas d’alerte. Les autres y ont vu, avec 
plus de raison, des lieux de sépulture qu’ils ont seulement eu le 
tort d’attribuer exclusivement à des chefs. 

Je ne me sens point les connaissances nécessaires pour entrer 
dans l’examen et la discussion de toutes ces opinions. Aussi, 
san 3 nier que les premières puissent être vraies en certains cas, 
me bornerai-je à faire quelques observations et à appeler l’at¬ 
tention de la Société sur les monticules considérés comme lieux 
de sépulture et dans ce cas proprement nommés tombes ou tom» 
belles. • • ' * ■ 

Jules César, en parlant des funérailles chez les .Gaulois, dit 
qu’elles se faisaient avec pompe, que l’on jetait sur le bûcher tout 
ce que le défunt avait eu de plus cher pendant la vie, même des 
animaux; que ceux de ses esclaves qui lui avaient été le plus at¬ 
tachés étaient brûlés avec lui; servi et clientes, quos ... dilectos 
esse constatât ... tina cremabantur.ÇDe Bello Gallico, lib. 6, n° 19.) 

Dans un autre passage voisin, il dit encore : « Quand les Gau¬ 
lois entrent en campagne, ils vouent ordinairement au dieu 
Mars les dépouilles de leurs ennemis; huic (MartiJ ea quœ bello 

cesserunt plerùmque devovent .Vainqueurs, ils immolent 

les animaux et le reste est mis en tas; in unum locum confé¬ 
rant .» Aussi, ajoute-t-il : «l’on voit en beaucoup de cités 

des mottes élevées sur ces objets; harum rerum exstructos tu - 
mulos locis consecratis conspicari licet.... Ces lieux étaient sa¬ 
crés et le plus cruel des supplices frappait le criminel assez osé 
pour ravir quelqu’un des objets destinés à de pareils trophées ; 
quispiam posita tollere auderet ... » (Loco citato, n.° 27.) 

Voilà qui explique clairement et positivement la destination de 
ces tumuli si nombreux dans les Gaules! Mais y renfermait-on 
seulement des objets inanimés ? Il n’est pas permis de le croire. 
Et nous avons vu tout à l’heüre comment les fouilles ont prouvé 
qu’il en était autrement. N'était-il pas en effet tout naturel que 
d’une part rendant à leurs chefs qui avaient péri dans le combat, 

28 . 


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— 358 — 


des honneurs funèbres splendides, d’autre part faisant masse de 
toutes les dépouilles ennemies, les Gaulois aient confondu le tout 
en nne même cérémonie et brûlé leur chef au milieu de ces dé- 
pouilles. Si César ne dît pas qu’on brûlait eelles-ci, il ne dit pas 
non plus que les cendres des chefs reposaient sous des tumuli. Et 
cependant ce dernier point ne fait doute pour personne. Mais des 
chefs seuls étaient-ils brûlés ainsi? Je ne le crois pas. Le dia¬ 
mètre considérable des tombelles explorées, et dans toute l’éten¬ 
due desquelles existent des traces de feu et d’un feu violent, 
indique le contraire. Il est probable que beaucoup de ces 
mottes contiennent les cendres non seulement d’un chef ou de 
plusieurs chefs et de leurs esclaves, mais encore d’un certain 
nombre de guerriers. 

Une chose mérite l’attention. La couche brûlée se compose, 
dans la partie supérieure, de charbons de bois et de paille, tantôt 
pulvérisés, tantôt par morceaux reconnaissables, même la paille. 
Dans la partie inférieure on trouve, à Cauroy, beaucoup de 
cendre grise, à Gamaches fort peu. Cette disposition prouve 
assez que le feu immense allume sur la motte, élevée à un point 
donné, ne s’est pas éteint seul et naturellement, mais qu’il a été 
étouffé aveo régularité, c’est-à-dire partout au même moment, 
par le jet des terres qui reposent sur cette couche. Cette circons¬ 
tance est parfaitement sensible tant à Gamaches qu’à Cauroy. 
Qu’on pense donc à la quantité de travailleurs qu’il fallait pour 
que les choses se passassent ainsi. 

Mais on n’a pas toujours brûlé les corps qui gisent dans les 
tombelles. Le Comité de Beauvais qui a fait ouvrir la tombelle de 
Montreuil-sur-Bresche, n’a reconnu aucune trace de feu. Dans 
un rapport fait en 1835 à la Société d’Emulation d’Abbeville sur 
l’ouverture de la tombelle de Noyelles-sur-Mer, on ne signale 
non plus rien de pareil. Mais dans tontes deux, comme ailleurs, 
des ossements, des débris divers. Toutefois, Noyelles offre un 
caractère particulier : des crânes humains y sont disposés en uu 
cône au milieu duquel reposent des cadavres entiers. N’est*-ce 
pas que ce* tombelles sont postérieures à celles de Gamaches et 


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359 — 


4c Caùroy? N’esl-cé pas que l’infiuertce du christianisme a fait 
fëûôncér à l’antique usage de l'incinération avant que Ton ait 
cessé d’élever de tels monuments dans lès mêmes occasions 
qu’autrefois ? 

En résumé, je crois que dé nouvelles et attentives observa¬ 
tions, d’nutres fouilles dans diverses localités sont nécessaires 
pour faire reconnaître et pour bien apprécier la nature de ces 
tombelles si nombreuses au temps de César, et qui ont dû s’ac¬ 
croître encore dans la suite, comme pour les distinguer des mottes, 
des tertres élevés pour une autre destination. 

MÈMDftÉS ADMIS. 

Titulaires résidants. 

MM. Magdelaine 5$ , ingénieur eû chef des ponts-et- 
Chaus&êes, en retraite. 

Aug. Janvier , propriétaire, à Amiens. 

Titulaire non résidant. 

M. Le Férqn d’EterPigny , propriétaire à Cuise-la-Motte 
(Oise). 

Correspondants. 

MM. Quandalle , secrétaire de la Société de sphragistique, 
à Paris. 

Forgeais, gérant de la même Société, à Paris. 

Ch. Louandre , homme dè lettres, à Paris. 

ÔÜVRAOrs OFFÊ&Tâ A IA SOCIÉTÉ 

pendant îe 2.® et te 3.® trimestre de 1832. 

1.® Notice encyclographiquc sut Airaines, par M. Macby. 
Broch. in-8°. Offert par M. Alf. Caron. — 2.° Collectanea anti- 
qua by Boa ch Smith , vol. 2 , part. 8-0. — 3.° Proceedings of 
the Society of antiquaries of London, n.° 29.—- 4.° Orationes 
academicæ de historico juris neerlandici studio quas Irobuit J. 

28 / 


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deWal. Lugduni-Batavorura, 4852.—5.° Bulletin de ^société de 
l'bistoire de France, n.° 2,3,4, 5,6, 7.—6.° Bulletin de la société 
des antiquaires de l’Ouest, l.« r et 2.® trim. 1852.— 7.° L’Institut 
n. ws 195-196-197.—8.° L’Investigateur, journal de l’Institut histo¬ 
rique, n* s 307-308-309-310-311-312.— 9.° L’ancien hôtel-de-ville 
de St.-Omer, par M. L. Deschamps de Pas , in-4.°, lplanch. — 
10.° Le château de flam et ses prisonniers , par M. Ch. Gomart. 

— 11.° Etudes Saint-quentinoises, par M. Gomart, tonr. 1 er . — 
12.° Le drainage an Charmel (Aisne), par M. Gomart.— 13.° An¬ 
nales de l’académie d'archéologie de Belgique, tom. 9, livr. 2-3. 

— 14.° Bulletin de la société d’archéologie de Lorraine, liv. 3. — 
15.° Journal de la société d’archéologie et du comité du musée 
lorrain, liv. 1-2-3-4-5— 16.° Société dunkerquoise pour P en¬ 
couragementdes sciences , des lettres et des arts, l. cr bulletin. 
—17.° Bulletin de l’Athenée du Beauvoisis, 2.® sera. 1851. — 
48.° Recueil de la société de sphragistique, n.°* 11-12, tom. 2, 
n.os 1-2-3. — 19.° Fragment d’un essai sur la vie et les ouvrages 
de Hugo Grotius (Hugues de Groot), par M. Hardouin. — 20.° 
Mémoires de l’académie des sciences , etc., du département de 
la Somme, 1848-49-50, 1 vol. in-8.®, et 2.® sem. 1851-52. — 
21.° Notice sur un diplôme de Louis-le-Débonnaire, par M. L. 
Polain. — 22.° Société archéologique de Namur. Rapport sur la 
situation de la société en 1850, par M. Del Marraol > président. 

— 23.° Le progrès. Moyen de l’obtenir. Soumis au conseil d’ad¬ 
ministration de la société d’émulation de Liège, par le sècré- 
taire-général M. d’Otreppe de Bouvette, in-12.— 24.° Recher¬ 
ches sur les monnaies des comtes de Hainaut, par Renier Chalon, 
supplément. 1 vol. in-4°. — 25.° Mémoires de l’académie de 
Cherbourg, 1835, 1 vol. in-8°.— 26.® Travaux de l’académie de 
Reims, n.° 1,4.® trim. 1851, n.°2, l.® r trim. 1852. —27.® L’éru¬ 
dition , février-mars-avril-mai-juin-juiliet 1852.— 28.® Mémoires 
de la société archéologique de Touraine, tom.2.—29.® Sociétédes 
antiquaires de la Morinie. Bulletin historique, liv. 1-2.—30 ® Bul¬ 
letin de la société historique et littéraire de Tournay, 1851, tom. 
2.— 31.® Emma ou quelques lettres de femme. (Par M. Boucher 
de Perthee}, in-12. — 32.® Sitzungsberichte der Kaiserlichen 


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— 361 — 


Akademie der Wissenschaften. (Académie impériale des sciences 
de vienne.) Philos, hist. classe Jahrg, 1851. Vil band. heft. 
2,3, 4,5. — Archiv. fnr Kunde osterreichischer Geschicbts- 
Quellen. Band. II, heft 1, 2.— Notizcnblatt 1851, n.° 19 à 24, 
1852, n. os 1,2.-— 33.° Archéologie liégeoise, par D. d’Otreppe 
dé Bouvette, in-8®. — 34.° Collections scientifiques d’objets d’art, 
d'antiquités et de curiosités de la ville de Renaix (Belgique). (Par 
de M. Joly). — 35.° Nouveaux éclaircissements sur la chronique 
de Jean le Bel ^ par M. Polain. — 36.° Société de statistique des 
Deux-Sèvres, 3.®liv. 1851-1852. — 37.° Mémoires dé la société 
des sciences et arts du Hainaut, tom. 10, feuilles 8 à 31. — 38.° 
Mémoires de la société nationale d’agriculture , sciences et arts 
séante à Douai, centrale du Nord , 2. e série, tom. 1, 1849-51.— 
39.° Annales scientifiques de l’Auvergne, publiées par l'acadé¬ 
mie de Clermont-Ferrand , juillet et décembre 1851. — 40.® No¬ 
tice nécrologique sur M. de Forest de Quartdevillc, par M. Bi- 
gant. — 41.® Annales de la société d'agriculture , sciences et 
arts d'Indre-et-Loire, tom. 21, n.°® 1, 2. — 42. De l'autorité 
des ducs de Brabant sur la ville de Maëstricht, par M. Schaep- 
kens. — 43.° Rapport présenté à M. le Ministre de l'intérieur au 
nom des sociétés savantes départementales, par la société ar¬ 
chéologique de Soissons. Demande de la création d'un musée 
monumental d'architecture du moyen-âge. — 44.» Bulletin de la 
société industrielle d'Angers et du département de Maine-et- 
Loire, 10.® année, 1839 à 22.® année , 1851, 13 vol. in-8°. — 
45.® Congrès scientifique de France. Onzième session, tenue à 
Angers en septembre 1843 , 2 vol. in-8°. — 46.® Note sur cinq 
monnaies d'or trouvées dans le cimetière mérovingien de Lucy, 
près Neufchatel, en 1851. ParM. l’abbé Cochet. — 47.® Souve¬ 
nirs historiques de la conquête de Corse, 1768 , par M. Ménard. 
- : -48. 0 Société d’agriculture, des sciences et des arts de Bou¬ 
logne, 2.® sem. de 1852. —49.® Revue de la numismatique 
belge, tom. 2 , liv. 1, 2.® série. — 50.° Une lettre inédite de 
Montaigne, accompagnée de quelques recherches à son sujet , 
par Ach. Jubinal, 1850 , in-8°.— 51.® Sujets dramatiques , par 
M. Boucher de Perthes , 1852 , 2 vol. in-12.— 52.° De l'esprit 


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— 362 — 


et du cœur ou l’hcbnme considéré sous le rapport de la naissance* 
de Téducation , de T instruction et de l’application des connais¬ 
sances acquises, par M. A. d’Qtreppe de Bouvette. Liège 1852 , 
in-12.— 53.° Esquisse historique sur les anciens péages abolis en 
179Q , par M. Cotelle, in-8°. 54.° Bulletin de la société ar¬ 

chéologique de l’Orléanais , 7-8-9. — 55.° Bulletin de la société 
d’émulation de l’Ailier , décembre 1851.— 56.° Société archéo¬ 
logique de Béziers. Séance publique du 20 mai 1852.— 57,° Bi¬ 
bliographie liégeoise, xvi. e siècle, par M. Capitaine, 1632, 
in-8°.— 58.° Nécrologe liégeois pour 1852, parle même in-12.— 

59. # Recherches historiques et bibliographiques surfes journaux 
et les écrits périodiques liégeois, par le même , 1850 , ia-l?. -* 

60. ° Annuaire de la société nationale des antiquaires de France, 
1852.— 61.° Annales de la société d’agriculture, sciences et arts 
du Puy, tqm xv, 1850.— 62.° Report on excavations made on 
the site of the roman castrura at Lymne, in Kent, in 1850, 
by Ch. Roach Smith. With notes on the original plan ôf the 
castruip and on the ancient state of the romney marshes by J. 
Elliot. London 1852, in-4,% planche. —63.° Notice historique 
q* description de l’église prieuriale de Sigy (arrondissement de 
Neufchatel), par M. l’abbé Cochet, in-8°. — 64.° Mémoire de 
lq société nationale archéologique du midi de la France, tom. vi # 
liv. 7 et 8. — 65«° The numismatic chronicle and journal of the 
numismatic society, n.° 57. —66.° Catalogue of the egyptiau 
muséum, n.° vm. Colquit Street Liverpool 1852 (hy J. Mayer).— 
67.® Lettre sur l’histoire monétaire de France, par E. Cartier. 
Blôis, Dezairs, 1836-43-50, 1 vol. in-8.°, pl. — 68.° Mémoires^ 
de la société impériale d’archéologie de St.-Pétershourg, n.°14* 
— 69.° L'Aquis Segeste de la carte de Peutinger doit être placé 
àMontbouy, dans l’arrondissement de Montargis. Par M. Du¬ 
puis, kroch. ui-8°. — 70.° Des oeuvres, littéraires et artistiques 
inspirées par Jeanne Darc. Par M. Dupuis, broch. in-8°.— 
71.° Dictionnaire du patois du pays de Bray, par l’abbé Decorde, 
1 vol. in-8°. — 72.° Annales de la société archéologique de Na- 
mur, tom. 11, liv. 3. — 73.° Thomas Sprott’s chronicle of pro-*- 
fayae and sacred history : translated frora the original manuscript 


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— 363 - 


on twelwe perchaient skias (seven of them double) in the posses¬ 
sion of Joseph Mayer, by William Bell, accompanied by an 
exact anastatic fac simile of the entire original codex. Liverpool 
1851,1 vol. im-4.° et atlas..— 74.° Sur quelques objets antiques 
découverts à Notre-Dame de Livoye, près Avranches. Par M. 
Charma, broch. in*8°. — 75.° Sur les fouilles exécutées à Catil- 
lon. Par une commission composée de MM. Charma, l'abbé 
Durand et G. Mancel. — 76.» Cathédrale de Limoges, par M. 
l’abbé Arbellot. Méra» de là société archéologique du Limousin. 

— 77.° Notice sur les armoiries de Poitiers. Par M. Ménard, 
in-8°.—.78.° Compte-rendu des travaux de l’académie du Gard. 
Séance publique du 27 août 1852. Par M. Nicod. — 79.° Bul¬ 
letin semestriel dé la société des sciences, belles-lettres et arts 
du département du Var, 20.® année , n.° 1; — 80.° Mémoires de 
la société nationale des antiquaires de France, 3.® série, tom 1 er . 

— 8i.° Mémoires de la société des antiquaires de Normandie, 
tom. iv, liv# 1 et 4 , tom. vi, tom. vu, liv. 4, et tom. ix. 


OBJETS OFFERTS AU MUSÉE 

pendant le 2.® et le 3.® trimestre de 1852, 

1. ° Par M. Dewailly, à Corbie, une hache en silex ébauchée, 
un fragment de hache, un instrument celtique en os, une garde 
d’épée eu fer et un tronçon de lance. 

2. ° ParM. Aug. Breuii, deux lampes en terre , recueillies 
dans les catacombes de Rome. 

3. » Par M. Teinturier, contrôleur des contributions, un glaive 
et un fer de tance mérovingiens. (Bernay, 1852.) 

4 . ® Par M. Louchard , un Magnence P. B. (Sains, 1851.) 

5. ° Par M. l'abbé Pouillet, fragment de fibule en bronze 
trouvé entre Courcellea et Moyencourt, en un lieu où l’on trouve 
souvent des tuiles romaines. Juin 1851. 

6. ® Par M. Crapier, de Vermand , un Trajan. Arg, trouvé à. 
Verraand. 


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— 364 — 


7. ° Par M. Divoire, brigadier forestier à Reveîles, Auguste 
et Agrippa M. B. Monnaie de la colonie de Nisme. 

8. ° Par M. Varin , jardinier, Constantin jeune P. B. 

0.° Par M. Bazot, un douzain de Henri II. 

10.° Par M.l'abbé Rose, un gros tournois de Louis XI.— 
TrebonicusGallus. Arg. 

11. 0 Par M. l'abbé De Cagny , curé d’Ennemain , trois pièces 
de monnaies chinoises, rapportées par M. lé duc Edouard de 
Fitz-James. (Cashe, valant 0 fr., 00824. C’est le 0,001 du taie 
qui vaut 8 fr., 24 c.) — Un vase funéraire du xvi. e sièclé, bien 
conservé, du genre de ceux que l’on rencontre fréquemment 
dans les anciens cifnetièrcs d’Atbies , d^Ennemain, Maricourt.— 
Plusieurs fragments de vases de même nature. 

12. ° Par.M. LefebvTe-Levert, une maille de Valenciennes. 

13. ° Par M. René Brucàmp, couvreur en ardoises à Hailles , 
une tuile romaine, trouvée sur le chemin de Hailles à Fouen- 
camps, en faisant des plantatious communales. On a recueilli 
dans ces travaux une grande quantité de tessons de tuiles à 
rebords. 


Monument à élever en l'honneur de Pierre l’BERSUTE. 

SOUSCRIPTION. 

Deux projets inspirés par une pensée noble et patriotique 
occupent actuellement la Société des Antiquaires de Picardie. 
Le premier a pour but d’honorer la mémoire de l'illustre prédi¬ 
cateur des croisades par un monument qui rappelle tout ce que 
la civilisation doit à ce grand évènement dont le pèlerin amié- 
nois fut le promoteur. M. Gédéon Forceville, membre résidant 
de la Société , dont le ciseau a déjà produit la statue en marbre 
de Gresset et les bustes de Blassel et de Delambre, s’est chargé 
de l’exécution du monument. Cette entreprise a rencontré toutes 
les sympathies qu’elle méritait, et nous ne pouvons mieux le 


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— 3G5 — 


prouver qu’en publiant les premières listes de souscription. Ceux 
de nos collègues qui n’ont point encore souscrit, ne voudront 
point tarder à nous faire parvenir leurs offrandes ; chacun, 
nous en sommes certains, s’associera à un hommage si justement 
mérité. 

Première Liste [l. eT juin 1852). 

MM. Allart, maire d’Amiens , 40 fr. ; D’Authieuile, pro¬ 
priétaire , lOfr. 

MM. Barny (Arist.), 10 fr. ; Brioude, supérieur du séminaire, 
10 fr. ; Brailly, curé de Maison-Rolland, 5 fr. ; Boucher de Per- 
thés, à Abbeville, 10 fr. ; Baillet (M. lle ), propriétaire, 10 fr. ; 
Boubers (comté de), à Long, 20 fr. ; Bourgeois de Saint-Riqûier, 
propriétaire, 5 fr., Bocquet* négociant, 5 fr. ; de Blavette, 
ancien membre du conseil général, 10 fr. ; de Boncourt (Olivier), 
propriétaire, 5 fr. ;’ Boullet, premier président, 40 fr.; Boistel 
de Bellpy, propriétaire, 20 fr. 

MM. Canaple , chanoine , &fr. ; Capellier, chanoine , 5 fr. ; 
Capella, curé du Pelit-Sf.-Jean, S fr. ; Castéja (comte de), 10 fr. ; 
Cosserat, négociant, 25 fr. 

MM. Dumont, curé d’Albert, h fr. ; frère Dauphin, directeur 
des frères, de la doctrine chrétienne, 10 fr. ; Delattre (Paul), 
propriétaire, 5 fr. ; Dary de Senarpont (comte), à Senarpont, 
10 fr. ; de Cagny, curé d’Ennemain, 5 fr. ; de Beaumont, curé de 
Coisy , 3 fr. ; Drevelle (Edmond), négociant, 5 fr. ; Dehesdin, 
propriétaire, 10 fr. ; Defrance, restaurateur, 10 fr. ; Doria 
(marquis), à Caïeu , 20 fr. ; Duparc, notaire , 10 fr. ; Dupont- 
Bacqueville, négociant, 10 fr. ; Daveluy, négociant, 10 fr. ; 
Düvetle-Grandpré, propriétaire, 100 fr. 

: M Estourmel (marquis d'), à Paris, 20 fr. 

MM. Fîaquet, curé de Villers-sür-Authie , 5 fr.^ Fissot, curé 
de Camon , 2 fr. ; Fauvel (l’abbé), maître de pension, 5 fr. ; de 
Franqueville, rue du Soleil, 10 fr.; de Franquevilled’Abancourt, 
10 fr. ; Faton de Favernay, 10 ft*. 

MM. Gravai, curé de Picquigny, 10 fr. ; Guidée , supérieur 


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du collège de la Providence, 5 fr. ; Gorguetted'Argœuves (de), 
10 fr. ; Guerlin, receveur municipal, 5 fr. ; de Guyencourt, 
10 fr. ; Gavois , curé de PucheviUers, 5 fr. 

MM. d’Hinnisdal (comte), à Regnières-Ecluse, 200 fr. ; Hulot, 
curé d’Essertaux, 5 fr. ; Herbault, architecte, 10 fr. ; Hocquet, 
curé d’Heudicourt , 2 fr. ; Hanocq , propriétaire, au Piessier- 
Rosainviller, 5 fr. 

M. Ingot, curé de Xoutencourt ,3 fr. 

MM. LéraiUé , curé de St.-Remi, 20 fr. ; L'abour , avocat à 
Doullens, 20 fr. ; Lardé, curé de Maison-Ponthieu, 2 fr. 50 c. 

MM. Lejeune, cuté de Longueval, 3 fr. ; Leroy, curé de 
Cauchy, 10 fr. ; Lecul, curé de Yareuues, 5 fr. ; du Liège (M. m * 
veuve), à Condé-Folie, 10 fr. ; Ledieu, négociant, 25 fr. ; Ledieu 
(M. m ® veuve), 25 fr. ; du Liège d’Aunis, à Boismont, 10 fr. 

MM. Mallet, prêtre à St.-Acheul, 3 fr. ; Mâlot, avocat, 10fr.; 
Mancel (J.), ancien adjoint, 20 fr. ; Mitiffeu, conseiller de préfec¬ 
ture , 10 fr. ; de Montalerabert, de F Académie française, 25 fr.; 
Marest, propriétaire, 100 fF. ; Martin , curé de Courcelles- 
sous-Moyencourt, 5 fr. ; de la Maison - Rouge , proprié¬ 
taire, 5 fr. 

M. de Nerville, receveur général, 100 fr. 

MM. Paillat, curé de St.-Jacques, à Abbeville, 3 fr. ; Pipaut, 
curé de Conty, 5 fr.; Poullin, curé d'Arret, 3fr.; dePuy- 
raimond (M.®® veuve), 1Q fr.; Pouillet, curé de Moyencourt,_ 
5 fr. ; de Piémont, propriétaire à Eu; 10 fr. ; Péru-Lorel,. 
négociant, 10 fr. 

MM. Rousselle, curé de Carfcp-PÀmiénoiSiO fr. ; de Rainne- 
ville , à AUonville , 20 fr, ; Roger, curé deFrettemolle, 5fr. 

MM. de Salinis , évêqua d'Amiens, 200 fr.; Souverain , curé 
d’Hornoy, 3 fr. ; Solente , aumônier de la Visitation, 5 fr. ; 
Scellier, curé de ForceviUe , 5 fr. ; Société d'émulationd’Ab¬ 
beville , 20 fr, 

MM. de Tbieulloy , propriétaire à Bacouel, 20 fr. ; Tholomé, 
curé d'Epehy, 2 fr. ; Thuillart, propriétaire à Caix15 fr»; de- 
Tanlay, préfet de la Somme, 100 fr. 


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— 367 — 

M* Wf *en?e Varie* des Plantyes, Sir.; M. Villain, pro~ 
priétaira, 10fr, 

Total : 1,670 fr. 60 c. 

Deuxième Liste (2 juillet 1852). 

MM. André, propriétaire, 5 fr. i d’Anvin de Hardenthujv 
(Alphonse), capitaine de cavalerie , 10 fr, ; d’Anvin de Harden^ 
thnn (le baron), ancien garde du corps de Charles X, IQ fr. ; 
d’Anvin de Hardenthun (le chevalier), ancien garde du.çorpsde 
Charles X, 10 fr. 

MM, Bazenery, président à la cour d’appel, 10 fr.; Belq * 
ingénieur honoraire, 10 fr. ; de Biençourt (marquis), propriétaire 
à Paris , 80 fr. ; Breuil, jüge de paix, membre de la Société des 
Antiquaires, 10 fr. ; Benoît, notaire à Rosières, Sfr. ; Boca, ar¬ 
chiviste du département, 10 fr,; Blanger, vicaire à Péronne, 5 fr. 

MM, Cresspn-rPion, négociant, 10 fr. ; Cpltnaire , curé-doyen 
de Saint-Valéry, 5 fr. 

MM* Devimepx, avqué à Beauvais, 5 fr. ; Dubois de Fores-^ 
telle, 5 fr. ; Dargnies, propriétaire, k Court-Cheverny (Loir- 
et-Cher); 20 fr, ; Dauzet, ancien secrétaire-général de la pré¬ 
fecture, 10 fr. ; D’Haqgest de Lépinoy, propriétaire, Sfr. ; 
Dancoisne t notaire à Hénin-Liétard , S fr. ; Darsy, notaire à 
Gamaches , 10 fr. ; de Çagny, curé-doyen de Mailly, S fr. ; 
Decroix-Ledoux, maître d’hôtel, 5 fr. ; Dewailly, huissier à 
Corbie, S fr. ; Duval et Herment, imprimeurs , 10 fr. ; Pausse, 
adjoint, 40 fr. ; Duroyer, ancien maire d’Amiens , 100 fr. 

MM. de Fransures (le comte), à Viilers-Toiirnçlle, 20 fr.; 
Fleury, teinturier, 10 fr. ; de Franqueyille (Victor), propriétaire, 
30 fr. ; Feuilloy, négociant, S fr. 

MM, Gastambide, procureur général, 40 fr:; Gosselin de 
Bénicoprt,, officier en retraite, S fr, ; Girard, conseiller * S fr.; 
Geollier-Fprtin, cafetier , 6 fr. 

MM.Hprbet de Raincbeyal, prop., 10 fr, ; Hamel, cons, l « r î Sfr. 

M. Uo de Pupel i % propriétaire, 10 fr, ; MM. Pesage , proprié¬ 
taire à Boyea, S f ».\ Pecadieu, curé de Thoix t S fr. ; Pacolley, 


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— 368 — 


ancien avoué , 8 fr. ; Pabbé Letemple, à Beaueourt-en-Santerre, 
5 fr. ; Lendormy, vérificateur des domaines , 5 fr. ; Letellier- 
Beldame, artiste peintre, membre de la Société des Antiquaires, 
18 fr* ; Hiéronyme Lefebvre , propriétaire , 5 fr. 

MM. Magdeleine , ingénieur en retraite, 18 fr. ; Madaré, fils 
aîné, propriétaire , 20 fr. ; Mille , curé de Vignacourt, 8fr. ; 
Mathiote, cafetier-restaurateur, 8 fr.; Madry-Chaussé, marchand 
de bois, 8 fr. ; de Mailly (le comte), ancien pair de France, 28 fr. 

M. Normand , curé de Sainte-Segrée , 8 fr. 

MM. Possel, propriétaire , 10 fr. ; Piteux, curé de Sorel-le- 
Grand , ï fr. 80 c. ; Pécoul , vicaire de St.-Remi, 8 fr.; Picart- 
Deflesselle, propriétaire , 10 fr. 

MM. de Queirieux (le marquis), propriétaire, 100 fr. ; Queval, 
curé de Liéramont, 2 fr. 

MM. de Riencourt (le vicomte), à Andecby, 10 fr.; de Roque- 
mont, conseiller , membre de la Société des Antiquaires, 20 fr.; 
M. me la comtesse de Riencourt, à Beaumont, par Hange9t-en- 
Santerre , 100 fr. ; Rivery, prêtre aux Auteux, 8 fr. ; Randoing, 
ancien membre de l'Assemblée législative, 80 fr. ; de Roucy, 
négociant, 10 fr. ; de Riencourt, propriétaire , 2,000 fr. 

MM. Souplet, propriétaire , 8 fr. ; Senard (Ovide), prop., 8fr. 

M. de Thieulloy (Edmond), à Thieulloy-la-Ville., 10 fr. 

M. de Yerton (le baron), propriétaire à St.-Martin-Eglise 
(Seine-Inférieure), 8 fr. 

M. Watteau , conseiller, 10 fr. 

Un anonyme, 8 fr. 

Total : 3,039 fr. 80 c. 

Troisième Liste (31 août 1882). 

MM. Allou , recteur, 10 fr. ; d’Aumale, (Gustave), proprié¬ 
taire, 8 fr. ; Andrieu-Egret, membre du conseil municipal, 8 fr.; 
comte d’AUonville , ancien préfet dé la Somme , à Marolles-en- 
Brie , 30 fr. ; lord Arundel Surrey, à Londres , 128 fr. 

MM. Bàrny (Antoine), propriétaire à Paris, 8 fr.; Boulenger, 
curé deContày, 2 fr. ; comte de Betz, chef de bataillon de la 


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— 369 — 

garde nationale , 20 fr. ; M. me veuve Braj eux, 10 fr. ; Brajeux 
fils, 10 fr. ; M. lles Bourdon , 10 fr. ; Bouté,V chanoine honoraire 
vicaire de St.-Riquier, 1 fr. 

MM. Caboche, receveur de l'enregistrement, à Roye, 10 fr. ; 
les curés du canton de Chaulnes , 15 fr. ; marquis de Clermont- 
Tonnerre , membre du conseil général , 20 fr. ; Cornet 
(Amable), 20 fr. 

M. 1,es d’Hubert, 10 fr* 

MM. Desjardins, ancien conseiller, 10 fr. ; Darras-Pillon, 
5fr.; Deschamps de Pas, ingénieur h Saint-Omer, 20 fr.; Cadeau- 
d’Acy (Ernest), à Villers-aux-Erables , 10 fr. ; Darras, ancien 
notaire à Warloy-Baillon , 2 fr. ; Dauphin fils, avocat, 5 fr. ; 
Dequevauviller , chancelier de Mgr. de Valerga , patriarche de 
Jérusalem , 5 fr. 

M. le baron de Fourment, sénateur , 250 fr. 

M. me la vicomtesse de Galametz, 20 fr. ; MM. le comte de 
Gomer, 50 fr. ; Gosselin , vicaire de Péronne, 5 fr. ; de 
Guillebor. -Vaudeuil, ancien conseiller, 10 fr. ; Genest de 
Chatenay, 5 fr. ; M. ,Ies de Guimicourt, 10 fr. ; Gonsse , phar¬ 
macien, 5fr. 

MM. Hardouin , président du tribunal civil, 15 fr. ; Hareux, 
greffier du trihunal de commerce, 5 fr. ; Hullot, 5 fr. ; Hesse, 
propriétaire, 10 fr. 

M. Kulhmann , fabricant de produits chimiques , 20 fr. 

MM. L, D., ancien élève de St.-Acheul, 3 fr^ Levoir, filateur, 
10 fr. ; de Lascous, ancien officier supérieur de cavalerie, 5 fr.; 
marquis de Landreville , 10 fr. 

M. Morgan de Maricourt, maire à Maricourt, 10 fr. 

MM. Petit, vicaire général, 10 fr. ; Paris (Edouard), vérifi¬ 
cateur des poids et mesures, 10 fr. ; Porion , ancien maire 
d’Amiens , 20 fr. 

MM. Retourné, curé de Selincourt, 2 fr. ; comte de R,ougé, 
propriétaire à Guyencourt, 100 fr. ; Rossignol, notaire à Pé¬ 
ronne , 5 fr. ; Rose, curé de Tilloÿ , 5 fr. ; Renard-Dprville, 
ancien colonel de la garde pationale, 10 fr. 


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— 370 — 


Société éduânne et commis&iou d'antiquités d'Autun , 50 fr. \ 
M. Siffait , secrétait général de la préfecture, 5 fr. 

M. de Vauguérin, diiecteur des contributions indirectes , 5 fr. 
M. de Waubert de Genlis (Louis) , 0 fr. 

Total : 1,048 fr» 

RECAPITULATION : 

1. re Liste. .......... 1,073fr.806. 

2. ® Liste. . 3,039 50 

3 . ® Liste. ......... y 1,040 »» 


Total général .... 5,750 fr. »» c. 


LOTERIE PICARDE 

Pour la construction d’un Musée monumental à Amiens. 


Un autre projet, dont le succès n'est pas moins assuré que la 
souscription à la statue de Pierre l'Ermite , se référé à la Loterie 
picarde, autorisée par le Gouvernement pour là construction d'un 
Musée monumental à Amiens. Le principe de l'association rendra 
facile ce que le dévouement de quelques-uns n'aurait pu accom¬ 
plir. Notre belle province a d'ailleurs ici un intérêt puissant qui la 
sollicite et la détermine à s'associer à cétte oeuvre d'utilité pu¬ 
blique. Aussi, la pensée de la Société des Antiquaires de Pi¬ 
cardie est déjà parfaitement comprise, comme le démontrent le 
prompt écoulement des billets, l’empressement que chacun 
apporte à en demander tri dépèt pour éü faciliter le placement, 
et aussi le conoours généreux des souscripteurs à une entreprise 
qui intéresse si vivement la dignité des arts. 

Par an arrêté du 21 j uin dernier, que nous publions plus bas, 
M. le» Maire d'Amiens, à l'instar de ce qui s'est Lit à Toulouse, 
a ouvert un L*vre d'Honneur , sur lequel les souscriptions do 
50 fr. et au-dessus seront fteritioMêés. Les archives de l*Rôtel- 


V 


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— 371 — 


de-Ville le conserveront à toujours > comme un témoignage de 
reconnaissance pour tous ceux qui auront attaché leur nom à 
l’élévation du Musée projeté. Dans le prochain Bulletin nous 
donnerons avec la première liste des souscripteurs, quelques 
détails sur la composition du livre d’or amiénois, à l’exécution 
duquel tous les artistes picards vont être invités à concourir. * 

Le Maire d’Amiens a ses Concitoyens , 

Depuis longtemps , l'opinion publique réclamait la création , 
à Amiens , d’un Musée qui réunît les collections de peinture, de 
sculpture, d’archéologie et d’histoire naturelle disséminées dans 
divers bâtiments communaux dont l’exiguité est un obstacle re¬ 
grettable à leur accroissement. L’administration municipale , en 
présence des charges incessantes de son budget, se voyait dans 
l’impossibilité de réaliser ce vœu de la population. 

La Société des Antiquaires de Picardie , qui a su justifier son 
titre d'établissement d’utilité publique , avant même que le Gou¬ 
vernement le lui ait accordé, a conçu l’heureuse idée d’ouvrir 
une Loterie au capital de un million de francs, comme moyen 
d’obtenir le fonds nécessaire h la construction d’un Musée. 

L’arrêté qui autorise cette Loterie réserve une somme de 
250,000 fr. pour la formation des lots gagnants, et prescrit de les 
composer d’objets produits par Findustrie du département ; c’est 
assez dire que le commerce d’Amiens recueillera, en très grande 
pariie , le bénéfice de cette condition. 

La Loterie picarde, dont le bot est de créer un monument qui 
deviendra la propriété de la ville , a droit à toutes les sympathies 
de l’administration municipale. Elfes ne loi feront pas défaut. 

Le maire invite donc ses concitoyens à rivaliser de zèle et 
d’efforts pour faciliter les opérations de la Société des Anti¬ 
quaires de Picardie. 

Les commerçants ont un intérêt manifeste à ce que le prompt 
écoulement des billets hâte le moment où la commission pouffa, 
dans une exposition publique des lots, mettre en évidence les 


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— 372 


ressources et les progrès de notre industrie locale. Toulouse et 
Lyon nous ont donné l’exemple : le succès obtenu par ces deux 
villes doit nous encourager. 

Les personnes qui, par leur position et leur caractère , sont 
au-dessus des considérations d’intérêt personnel, (et le nombre 
en est grand dans une ville qui compte déjà tant de bienfaiteurs 
des établissements publics) ; celles qui, par leurs relations d’af¬ 
faires ou de famille, par les nécessités et les devoirs des hautes 
fonctions dont elles sont investies, ont été entrainées hors du 
lieu de leur naissance, toutes celles en un root qui, de loin 
comme de près, ont à cœur la gloire et la prospérité de leur 
pays, s’empresseront de concourir à une œuvre destinée à ac¬ 
croître l’éclat et la richesse de la cité. 

Le maire en faisant appel à toutes les sympathies de ses con¬ 
citoyens , sera heureux de s’associer au dévouement de la Société 
des Antiquaires de Picardie. 

Un registre spécial sera ouvert au secrétariat de la Mairie , 
pour constater les souscriptions de &Û fr. et au-dessus, et ce re¬ 
gistre sera conservé comme Livre d’Honnedr, aux archives de 
l’Hôtel-de-Ville. 

Fait à Amiens , à l’Hôtel-de-Villç, le 2* juin 1852. 

AtLART 


La huitième série des coutumes locales du bailliage d’Amiens 
vient d’être mise en distribution. Les membres de la Société qui 
ne l’auraient point reçue sont invités à la réclamer. 

Ceux des membres qui n'ont point encore acquitté leur cotisa¬ 
tion annuelle , sont priés de l’adresser à M. le trésorier qui, à 
partir du l. ér novembre, tirera à vue sur les retardataires la 
somme de onze francs. 


Amiens. — lmp. de Duvuet Hksmekt, place Périgord , 3. 


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BULLETIN 

DE U SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE. 

li ra i nn is~ » v 

COMITE CEITRAL. 

■ ai iii ain gi 

Séance du 9 Novembre 1852. 

M. le Président donne lecture d’une lettre qu’il a reçue 
de M. Daullé, architecte, relativement aux travaux de la 
cathédrale d’Amiens ; elle est ainsi conçue : 

Monsieur le Président, 

Permettez-moi d'appeler votre sérieuse attention, comme Pré¬ 
sident de la Société des Antiquaires de Picardie, et celle de vos 
collègues sur les travaux déjà exécutés et sur ceux que l'on doit 
entreprendre à la Cathédrale d'Amiens. Sous le vain prétexte de 
mettre les détails de cet édifice en harmonie avec le style de 
l'ensemble, l'architecte, chargé de la direction des travaux , se 
propose, dit-on, de faire disparaître les grilles et les boiseries qni 
garnissent le chœur et les chapelles. Hier, c’était un orgue dont il 
fallait trouver la place, ce que l'on a fait aux dépens de la beauté 
et de la majesté du chœur; demain ce sera la chaire que l'on sup¬ 
primera pour y substituer un banc d’œuvre dont l’utilité est au 
moins contestable. Afin de préparer les esprits à cette démolition, 
on prétend que cette chaire, chef-d’œuvre dans son genre pour¬ 
tant , n'est pas dans le style de l'édifice. Que l'on répare, que 
l'on restaure la Cathédrale , rien de mieux ; que si des additions 
sont à faire, on les fasse dans le style général du monument, je 

29. 


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— 374 — 

le conçois encore , mais que Ton détruise, sans nécessité, des 
œuvres qui, pour n’être pas dans le style de l’époque, n'ont pas 
moins un mérite incontestable , c’est là ce que l'on ne peut ad¬ 
mettre. Aussi bien, si c'était un motif sérieux à prendre en con¬ 
sidération, il faudrait jeter par terre , dès aujourd’hui, certain 
monument qui date d'hier. Ne soyons donc pas si difficiles et res¬ 
pectons toujours ce qui est beau , quelqu'en soit d'ailleurs le 
style particulier. 

On se demande encore si c’est par amour de l'art que l'on a 
empêché à jamais par de lourdes et inutiles constructions le dé¬ 
gagement de la Cathédrale sur la rue des Soufflets et l'ouver¬ 
ture de cette rue. Puis, passant de l’orgue superflu à l’hor¬ 

loge égoïste, qui ne dit l'heure que pour elle, on arrive à recon=- 
naître qu’il y a des travaux extérieurs bien plus utiles à faire 
pour la conservation de l'édifice, que là doivent être employées 
les ressources que l’État met généreusement à la disposition 
de M. l'architecte. Quand un propriétaire gêné n'à pu faire en 
temps utile les réparations indispensables à la Conservation de Sa 
maison, et que des circonstances plus heureuses le mettent à 
même de faire ces travaux, il n’édifie pas de nouvelles choses ; 
il commence par solidifier les murailles, réparer la couverture, 
avant de faire à l'intérieur des embellissements et d'y introduire 
le luxe. Nous pensons que l’Etat et ses mandataires doivent se 
conduire comme ce propriétaire. 

Convaincu que mes observations isolées, quelque fondées et 
justes qu’elles puissent être, ^.obtiendraient pas l’accueil que la 
raison indique , j’ai pensé , Monsieur, qu'en éveillant son atten¬ 
tion et sa sollicitude , le corps savant que vous présidez et qui a 
déjà rendu tant de services ferait entendre sa voix , et que son 
autorité incontestable , en pareille matière, serait prise en haute 
considération. 

J'ai l’honneur d’être, etc. 

DAULLÉ, Architecte . 

Un membre critique le style de la lettre qu’il ne 
trouve ni sérieux ni convenable et regarde comme ctaimé- 


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— 375 — 


riques les projets que M. Daullé prête à l'architecte delà 
Cathédrale. Les allégations qu’il porte n’Ont rien de fondé. 
An surplus, il se demande si la Société a le droit de s’in¬ 
sérer dans des affaires purement administratives, alors 
qu’il y a un comité compétent, qui seul peut contrôler les 
travaux dont il s’agit. 

' — Un membre insiste sur le droit qu’a la Société de 
s’occuper de questions qui sont, avant tout, des questions 
d r arL—■ Unautre rappelle les termes de l’ar(. 4 des sta¬ 
tuts approuvés par arrêté du Ministre de l’instruction 
publique du 5 février 1839, par le conseil d’Etat et par 
décret du 18 juillet 1851, article ainsi conçu : 
n , « La Société veillera à la conservation des édifices an- 
» tiques qui ne sont point tombés dans le domaine privé; 
« et, à cet effet t elle s’entendra aveo les architectes des 
départements, pour que leur réparation ne devienne pas 
» une mutilation. » 

— Un membre propose de nommer une commission 
chargée de prendre des renseignements sur les change¬ 
ments que l’on projette à la Cathédrale ; sur le rapport 
qui lui serait fait, la Société présenterait les observa¬ 
tions qu’elle croirait convenables. Si le succès ne cou¬ 
ronne pas ses efforts, du moins elle aura fait son devoir. 

— Un autre membre appuie celte proposition, et 
rappelle une discussion qui eut lieu au mois d’octobre 
1850, à laquelle il n’a point été donné suite à cause des 
promesses qui avaient été faites de ne rien changer à 
l’intérieur de la basilique. Aujourd’hui des changements 
regrettables ont été faits cependant. Il ne doute pas que 
M. le Ministre n’ignore complètement ce qui se passe. 

29.* 


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— 576 — 


Après une discussion à laquelle plusieurs membres 
prennent part, la Société, saisie de diverses propositions, 
adopte la suivante : une commission sera nommée pour 
l’éclairer sur le mérite des travaux de suppression ou de 
modification déjà exécutés ou projetés dans la Cathédrale. 

Cette commission est composée de MM. Bazot, Lemer- 
chier, Le Tellier, Magdelaine et Dufour. 

Séance du 23 Novembre . — Lecture est donnée d’une 
lettre de M* le Ministre de l’instruction publique en date 
du 22 novembre , par laquelle il informe la Société qu’il 
lui a accordé, à titre de subvention , une somme de 500 tf. 

Des remercîments sont volés à M. le Ministre pour ce 
nouveau témoignage d’intérêt et de bienveillance. 

— M. Peigné-Delacourt adresse la note suivante rela- 
iative aux fouilles qu’il a fait exécuter à Quierzy, de 
concert avec M. Petit : 

Vous nous aviez chargés MM. de Grattier, Petit, de Quierzy, 
et moi, dès l’année dernière, de faire exécuter quelques fouilles 
à Quierzy, sur une éminence de forme quadrilatère , d’une éten¬ 
due de 60 mètres sur la gauche, dans la ligne parallèle au cours 
de l’Oise, dont le lit est éloigné de ce point de 50 mètres environ. 
Ce terrain offre 40 mètres d’étendue dans le sens transversal. 

À diverses reprises, notamment en 1842, on avait retiré sur ce 
point de nombreux matériaux de construction consistant en 
pierres de taille d'assez grand appareil et en moellons. 

. Le nom de Capelette , conservé à ce lieu , sa situation près de 
l’emplacement du palais habité par Pépin, Charlemagne et 
Charles-le-Chauve , jusqu’au temps où, dès les premières incur¬ 
sions des Normands, il fut détruit et brûlé; tout y indiquait l’exis¬ 
tence à cette époque d’une église ou chapelle. 

Nous étant préalablement concertés sur la direction et sur l’é¬ 
tendue des fouilles à pratiquer, l’un de nous, M. Petit, habitant 


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- 577 - 

Quierzy, voulut bien se charger de suivre personnellement le 
travail et de surveiller les ouvriers. 

En conséquence, le 15 octobre dernier, onze fosses furent pra¬ 
tiquées à des points assez régulièrement espacés, de manière à 
explorer toute l'étendue du terrain. Sur chacun d'eux, les fouilles 
furent poussées jusques au terrain naturellement stratifié. 

Il ne fut trouvé nulle part de vestiges de maçonuerie, mais 
partout des terres de décombre mélées à un sixième environ 
de pierres brisées en moellons. 

Sur deux points, à 50 centimètres environ de profondeur, au 
milieu de ces terrains transportés, existait une zone de un à 
trois centim. d'épaisseur, irrégulièrement répartie, formée de 
débris de charbon de buis, en menus fragments et en poussière, 
parmi lesquels nous avons parfaitement reconnu des grains de blé*, 
d'avoine et d'orge, des débris osseux en menus fragments, 
et des portions de vases en terre cuite , noire et rouge, n'of¬ 
frant aucun ornement ; sur deux points, les terres étaient par¬ 
semées de débris de tuiles plates de forte épaisseur, de forme 
romaine, ainsi que de fragments d'une sorte de stuc poli, 
peint à fresque, avec une couleur rouge-brun, sans ornements. 

Nous avons l'honneur de vous adresser des échantillons.des 
uns et des autres , ainsi que d’un petit cube de terre cuite blan¬ 
che , qui nous a paru provenir d’une mosaïque. 

Le rapporteur vous prie de recevoir un cachet en métal, trouvé 
peu de jours auparavant dans le champ absolument voisin. Il pré¬ 
sente un croissant au centre de Vécu, avec trois quintefeuilles 
2 et 1 ; et pour exergue Scel Jackemart le Coreur. 

—M. Dufour, au nom d’une commission, donne lec¬ 
ture d’un mémoire en réponse à une demande de M. le 
Maire de la ville d’Amiens, dans lequel il établit les droits 
de propriété de la commune à la prison de la Conciergerie. 

— M. Breuil continue la lecture du rapport qu’il avait 
commencé sur un mémoire de M. l’abbé Santerre, relatif 
aux pelérinages et au culte des eaux et des fontaines. Le- 


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— 378 — 


rapporteur, après avoir cité , tant d’après le travail de 
M. l’abbéSanterre, que d’après ses propres recherches, 
une foule de pratiques encore en usage, et dont on re¬ 
trouve des analogues chez les peuples oriëntaux , conclut 
à l’impression du curieux travail soumis à son examen ( 
en ce qui touche le culte des eaux et des fontaines du dé¬ 
partement de l’Oise. Cette proposition est adoptée ; il est 
arrêté en outre que le rapport de M. Breuil sera égale¬ 
ment publié. 

— Le Secrétaire perpétuel annonce à la Société que les 
Çoutumes locales du Bailliage d'Amiens, publiées par M. 
Bouthors, ont obtenu , pour la troisième fois, une mention 
très-bonorable de l’Académie des inscriptions et belles- 
lettres (Institut de France). Il cite le rapport présente par 
M. Lenormand, au nom de la commission des antiquités 
nationales, inséré au Moniteur du 17 novembre 1852, 
equel s’exprime ainsi : 

« C’est aussi avec un véritable intérêt que votre com- 
» mission suit la publication des Coutumes locales du 
% bailliage d’Amiens, par M. Bouthors. Nous ne doutons 
». pas que quand ce recueil sera complet, il n'ait droit de 
» prétendre à la plus haute des récompenses que vous 
» puissiez décerner. M. Bouthors est un feudiste comme 
» on l’était à l’époque où de grands intérêts se liaient à 
». la connaissance de cette partie de l’ancien droit. Quand 
» la législation, ne. repose pas sur des principes abstrait^ 
n et quand elle découle d’une multitude de faits contra- 
» dictoires, il faut, pour en connaître tous les détours, 
% une rare intelligence des matières historiques *, .et.,.pour 
» l’étude des institutions féodales vers lesquelles la eu- 



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» riosité çeule peut pousser aujourd’hui, ou citerait peu 
» de personnes capables d’atteindre à la pénétration et à. 
» l’expérience que possède M. Bouthors, » 

D’unanimes applaudissements accueillent cette eommu-, 
nieation, et la Société, en félicitant M- Bouthors, arrêtes 
que cet extrait du rapport de M- Lenorroand sera inscrit 
au procès-verbal de la séance. 

—■ M, Dufour présente une fiole en verre de forte di-' 
mension et une belle patère en bronze trouvées dans les* 
terrassements que la ville d’Amiens fait exécuter k St>- 
Roch. — Des remerciements sont votés à M. Antoine, 
aux soins duquel la Société est redevable de la conserva¬ 
tion de ces deux objets d’origine gallo-romaine, •* 

*—M . Dufour annonce ensuite que les fouilles entreprises’ 
à Tours, sous la direction de M. Darsy, dans une pro¬ 
priété et avec le concours de M, le baron de Frières,. 
n’ont offert jusqu’à présent que peu de résultats. Cependant 
M, de Frières veut bien mettre à la disposition de la So¬ 
ciété, des ouvriers pour reprendre les travaux; cette gra¬ 
cieuse proposition est acceptée. Une Commission composée 
de MM. Bouthors, Magdelaine et Dufour est invitée à se 
rendre sur les lieux et à relever dans un rapport tout ce 
que les travaux pourraient présenter d’intéressant. 

Sémce 4% 14 décembre, — M, A. d’Héricourt, secré¬ 
taire-général du congrès scientifique qui doit tenir à Arras 
sa 20.‘ session, invite la Société à formuler un certain 
nombre de questions pour le programme qu’il doit publier 
prochainement. — Le soin de répondre à cette demande 
estrenvoyéau bureau» • - 

;— Le Secrétaire perpétuel lit un travail de M. Des- 


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— 580 — 


champs de Pas, membre titulaire non résidant, ayant 
pour titre : Essai historique sur les monnaies des comtes 
de Ponthieu, suivi de quelques notes sur les mireaux de 
la collégiale de St.-Vulfran d’Abbeville. 

Cette notice est entendue avec un intérêt soutenu, et la 
Société décide qu’elle sera insérée dans le prochain volume ; 
des Mémoires. 

— M. Dufour, qui devait lire au nom de la commission î 
de la Cathédrale le rapport qu’il a rédigé, s’excuse de ne > 
pouvoir en donner lecture par suite de quelques docu¬ 
ments officiels qu’il tient à se procurer. Il demande en 
conséquence l’ajournement à une prochaine séance. — 
Cette séance est fixée au jeudi 23. 

— M. Forceville informe la Société que le modèle de - 
la statue de Pierre l’Hermite peut être considéré comme . 
terminé et invite ses collègues à prendre jour pour le 
visiter dans son atelier. En disant que son travail est fait, 
il entend ne parler que de l’ensemble ; quelques semaines 
peuvent suffire pour l’exécution des détails. Il'demande 
donc qu’il soit pris des mesures pour réunir les fonds né¬ 
cessaires à l’exécution du bronze, dépense qu’il estime ne 
devoir point dépasser la somme de 11,500 francs. 

Une discussion s’engage à la suite de laquelle la Société 
décide que le président de la commission sera invité à la 
réunir dans le plus bref délai, pour qu’elle ait à indi¬ 
quer les moyens qu’elle croira les plus propres à hâter 
l’exécution de ce projet. 

-— M. Bouthors informe que la Commission s’est ren¬ 
due le 6 décembre à 'Tours pour visiter les fouilles pra¬ 
tiquées dans le parc de M. le baron de Frières ; qu’elle y 




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— 581 — 


a reçu l’accueil le plus bienveillant, et que M. Magdelaine 
s’est chargé de faire connaître dans un rapport le résultat ■ 
de cette exploration à laquelle M. Darsy a bien voulu 
prêter son concours. , 

Séance extraordinaire du 23 décembre. —M. le Ministre 
de l’instruction publique écrit qu’il met à la disposition - 
de la Société les Archives des missions scientifiques et 
littéraires parues depuis 1849. Les livraisons de ce re¬ 
cueil seront pour la suite adressées à mesure qu’elles se¬ 
ront publiées. 

— Un membre demande la parole pour une communi- ? 
cation touchant les restaurations qui s’exécutent à la Ca¬ 
thédrale. Il expose que la galerie à jour qui surmonte le - 
grand portail et qui porte le nom de Salle de» musiciens, 
a vu , par suite des travaux qui y ont été faits, modifier > 
d’une manière notable son architecture primitive. Il ne 
sait pas jusqu’à quel point un architecte, chargé de la ré¬ 
paration d’un édifice public , peut se permettre de subs¬ 
tituer son style à une œuvre que le temps a consacrée ; il 
demande ensuite que cette substitution soit signalée à 
l’autorité supérieure, et offre de fournir à l’appui un plan 
détaillé de la décoration primitive. 

— M. Dufour lit, au nom de la commission , le rap¬ 
port qu’il a été chargé de rédiger sur les travaux exécutés 
à la Cathédrale d’Amiens.— Les conclusions de ce rapport 
sont mises aux voix et adoptées. M. le Rapporteur est en¬ 
suite invité à faire mention dans son travail des observa¬ 
tions présentées à l’ouverture de la séance. (V. page 390). 

— Le secrétaire de la commission Pierre l’Hermite, 
après avoir rappelé le chiffre auquel se sont élevées les 


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souscriptions, et la somme qu’il faut réunir pour faire 
face à la dépense, propose au nom de la commission; l.° 
de solliciter de S. M. l'Empereur une souscription qui 
entrainerait certainement une foule d’adbésions au projet 
qui aurait acquis un si puissant patronage ; 2.° d’ad- 
jondre à la commission quelques personnes étrangères à 
la Société qui consentiraient à l’aider de leurs démarches; 
3.” de charger un membre de traiter avec un praticien 
pour l’exécution du grand modèle. 

Les deux premières propositions sont adoptées ; sur la 
troisième, un membre fait observer qu’il faudrait qu’au- 
paravant le modèle fut adopté par la Société. 

—r 11. Rigollot rend compte de l’impression favorable 
que lui a faite la statue ; il ne doute pas que la Société ne- 
soit du même avis, toutefois ce n’est pas seulement par elle 
qu’il voudrait voir partager cette opinion, mais par le 
public tout entier, Une exposition du modèle achevé, soit 
à Paris, soit è Amiens, influerait beaucoup, il le pense , 
sur le résultat des souscriptions. 

--•M. Foreevilie répond que finir sa statue qui est en 
demi-grandeur serait en ce moment un travail inutile, 
qu’il ne lui resterait point assez de temps pour que le grand 
modèle pût être exposé au proobain salon ; mais qu’il 
ne verrait aucun inconvénient à l’exposition du petit mo-. 
dèle à Amiens, pendant quelques jours. 

Sur la proposition d’un membre , rendez-vous estdonné 
pour le dimanche suivant dans l’atelier de M, Foreevilie, 
afin de visiter la statue. 

L’ordre du jour appelle le renouvellement du bureau 
pour l’année 1853. Sont nommés : 


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- 383 - 

Président: M. Masdeuaine; Vice-Président: M. Dufour; 
Secrétaire annuel: M. Janvier. 

M. Bazot est continué dans ses fonctions de Trésorier. 

COMITÉ PE BEAUVAIS. ' 

Séance du 19 avril 1852. Les travaux de restaura-* 
tion du petit portail latéral de Saint-Etienne, du côté 
du Nord, ont fixé l’attention de la Société. Cette partie 
du monument, qui se rattache au genre roman le pluq 
orné, présentait des difficultés sur lesquelles elle dési- 
ait connaître l’opinion de ceux de ses membres qui 
se sont ]e plus oecupés de l’architecture religieuse. M. 
l’abbé Barraud, qu’un suffrage unanime désignait pour 
eette mission, a bien voulu s'en charger. Dans le rapport 
dont il donne lecture, il rend le meilleur témoignage à 
l’habile architecte, M. Verdier, qui a parfaitement jus¬ 
tifié la confiance de l’administration et par la solidité des 
matériaux employés et par la parfaite harmonie de style 
qui font le grand mérite des restaurations bien entendues. 

— M. Caron, qui s’occupe avec autant d’intelligence que 
de bonheur à reproduire les sites les plus remarquables 
et les principaux monuments du pays par la photogra¬ 
phie, promet la reproduction de ce portail. 

— Une Commission est chargée de donner dans le Mu¬ 
sée la place là plus convenable à la collection de porce¬ 
laines de Sèvres dont la ville a été gratifiée si libérale¬ 
ment par lé gouvernement, et qui offre une réunion in¬ 
téressante d’ouvrages d'art et les types les plus parfaits 
des ustensiles usuels. 

— M. Lamothe, maire, prend occasion de ces travaux 


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- 584 - 


pour proposer à la Société de compléter cette collection 
en y joignant les produits les plus remarquables de la 
céramique fabriqués à Voisinlieu. 

On sait qu'il y a une vingtaine d'années, un artiste 
éminent, M. Ziegler, parvint, à force de persévérance et 
de sacrifices, à naturaliser cette belle industrie ; il s’ap¬ 
pliqua d’abord avec un rare bonheur à traduire les formes 
les plus belles des modèles empruntés aux Maures d’Es¬ 
pagne , aux Persans, aux Indous, aussi bien qu’aux 
maîtres de la Renaissance. Plus tard , les nécessités du 
commerce ont ramené les produits aux formes plus com¬ 
munes qu’adopte la consommation usuelle ; les premiers 
vases n’étant plus reproduits deviennent moins communs 
et même rares. 11 appartient à la ville de les conserver 
dans son Musée. 

Cette proposition est adoptée, et la Commission, chargée 
d’en assurer la réalisation. 

— M. Tremblay, qui se complait à louer toutes les 
illustrations du pays, offre une notice sur l’illustre fa¬ 
mille des Cassini. — La biographie du dernier des Cassini, 
par M. Dévie, curé de Mouchy-le-Chatel, a fourni à notre 
biographe beaucoup de renseignements intéressants. 

Jean Cassini, natif de Périqaldo, au comté de Nice, s’é¬ 
tait rendu célèbre à l’université de Bologne où il traça 
dans l’église principale le premier méridien. Appelé en 
France par Louis XIV, sous le ministère de Colbert, il 
épousa, en 1673, Geneviève Delattre, fille du lieute¬ 
nant-général de Clermont, et devint propriétaire des 
terres de Thury et Fellesval. 

Son fils, Jacques Cassini, né à Paris le 18 février 




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1677, établit un observatoire à Thury où il lit, en 1753, 
d’intéressantes observations avec Maraldi, son compa¬ 
triote et son collègue. 

César François Cassini, son fils, lui succéda et devint 
directeur de l’Observatoire. 

Son fils, Jean-Dominique Cassini, naquit en 1748. 

La noblesse scientifique oblige encore plus que toute 
autre; Cassini l’avait compris; observateur infatigable, 
il entrait , en 1770, à l’Académie des sciences. 

Il avait surtout cette aptitude à la patience qui , sui¬ 
vant l’expression de Buffon, est le génie pour les sciences 
d’observation. Par une opiniâtreté que rien ne rebu¬ 
tait, il conduisit à son terme l’immense travail de la 
carte de France, ouvrant en quelque sorte un autre 
monde pour les études géographiques, par l’application 
de procédés nouveaux pour rendre les reliefs de topogra¬ 
phie locale. En 1774, il fut chargé de la jonction des 
méridiens de Paris et de Greenwich. 

Froissé violemment par la tourmente révolutionnaire, 
il se retira à Thury , partageant sa vie entre l’éducation 
de ses enfants et la bienfaisance la plus éclairée, dotant 
sa commune des établissements les plus utiles, et diri¬ 
geant ses concitoyens dans la voie du véritable progrès. 

Tout dans son modeste asile rappelait le sage ; l’her- 
mitage qu’il avait élevé près de la forêt de la Neuville , 
où était sa bibliothèque, portait pour inscription : 

De livres ainsi que d’amis, 

Il en faut peu , mais bien choisis. 

Un petit baril servait de siège, il portait sur un fond ; 


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- 586 - 


Petit qaartaut de viu d’élite 
Est suffisant pour un bermite. 

Et sur l’autre : 

Un peu de Vin, pas trop n’en tout, 

Pas trop non plus n’y mettre d’eau. 

Membre du Conseil général de l’Oise, de 1800 à 1819, 
il fut appelé Cinq fois à la présidence qu’il ne quitta que 
pour remplir les fonctions de secrétaire. 

Il eut le malheur de survivre à ses deux fils dont l'ün 
mourut au champ d’honneur ; l’aîné, magistrat distingué, 
fut enlevé à la Cour de cassation et à l’Institut qui l’avait' 
admis dans son sein comme naturaliste, par l’épidémie du 
choléra de 1832. 

Ce sage, après avoir vu la seconde moitié du xvnu s 
siècle et la première moitié du xix.% s’éteignit à Thury 
le 18 octobre 1845. Son corps repose dans le cimetière, 
avec cette épitaphe qu’il avait faite : 

Ci oit l’ami nas habitants de Thury. 

Qu’un autre que lui dans l’histoire 
Soit désireux d’étre cité; 

Il u’a point cette vanité : 

Hélas! il snffît h sà gloire. 

Que l’habitant de son hameau 
Donne nne larme à sa mémoire. 

Vienne prier sur son tombeau. 

Séance du 17 Mai 1852. — M. le Président présente 
un exposé des dons faits au Musée, et consistant prin¬ 
cipalement en médailles et monnaies. 

— M. Caron communique des épreuves obtenues par 
la photographie, et représentant : l.° les ruines dupor- 


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- 587 - 


tail et le petit portail de St.-Thomûs, 2.° le grand por¬ 
tail de St.-£ tienne. Ces épreuves sont surtout très-inté¬ 
ressantes au point de vue de l’archéologie, par la précision 
et lâ finesse des détails. Il exprime l’opinion qu’on pour¬ 
rait reproduire, par les mêtnes procédés , les objets d’in¬ 
térieur placés dans un jour favorable, entr’autres l’ex- 
voto qui se trouve derrière le chœur de St.-Etienne. 

— M. le docteur Daniel lit un fragment de son grand 
travail sur la ville de Beauvais avant 1789 ; il s’occupe 
spécialement, dans ce passage, de l’ancien palais épis¬ 
copal. Après des aperçus historiques empruntés à Loü- 
vet et à Loysel, sur quelques-uns des plus remarquables 
évêques de Beauvais du xi.* au xiv. e siècle, notam¬ 
ment sur Henri de France, Philippe de Dreux et Milon 
de Nanteuil, l’auteur insiste particulièrement sur l’épis¬ 
copat belliqueux de Simon de Nesle et sur les causes 
qui auraient amené au xiv. e siècle l’érection des deüx 
tours de l’évêché. Il rappelle à cet effet les longs démêlés 
qui ont troublé Beauvais à cette époque, les exactions 
des agents de l’êvèque préposés aux fours et moulins 
épiscopaux, la prétention du corps de ville d’affranchir 
la commune dé ces péages et de quelques autres, les 
violences commises de part et d’autre, et l’arbitrage 
enfin remis, après de longs délais, à la prudence de 
Guill. Bonet, trésorier d’Angers, et de messire Guill. de 
Marcilly, conseiller de Philippe IY. Leur jugement, 
dont un extrait a été emprunté au texte donné par Lou¬ 
vet , ( tome il, p. 515 ), condamnait la commune à une 
amende de 8,000 livres envers l’evêque, sans préjudice 
des amendes déjà payées au roi par la commune comme 


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- 588 


par l’évcque. Suivant l'opinion adoptée par M. le docteur 
Daniel, d’après Hermand, qui se conformait lui-même à la 
tradition populaire, cette somme de 8,000 livres aurait 
été consacrée à élever les deux tours du palais épiscopal. 

— M. Tremblay lit ensuite deux notices ; la première, 
sur M. de la Hante, ancien maire de Crespy et président 
du conseil général de l’Oise ; la deuxième, sur M. Genty, 
de Senlis , membre aussi du conseil général de l'Oise,, 
après avoir été, sous Louis XVI, président de l’admis 
nistration provinciale d’Orléans ; pendant la Révolution » 
procureur-syndic du district d’Orléans ; sous l’Empire,* 
proviseur du lycée d’Orléans. . ,■% 

Séance du 21 juin 1852.— Un membre dépose un fregj 
ment de vase antique trouvé au rempart St.-Nicolas» 
et rappelle les regrets des archéologues sur la nécessité 
qui amena la démolition de la tour qui dépendait de cette 
partie de l’enceinte, elle offrait le singulier mélange d’up 
monument antique reposant sur des bases romanes dues 
à;des reprises en sous-œuvre. Il rappelle aussi que l’en¬ 
ceinte carrée que renfermait cette tour était ornée de 
peintures en réseau d’une grande solidité. 

— M. Tremblay présente le manuscrit de l’histoire de 
Senlis, auquel il travaille depuis plusieurs années. 

— M. le docteur Daniel lit une notice sur le palais 
épiscopal, converti en palais de justice. 

Il décrit avec soin les différentes parties de cet inté¬ 
ressant édifice, aujourd’hui classé parmi les monuments 
nationaux ; son état avant le siège qui l’endommagea 
fortement, l’incendie qui faillit le détruire et sa recons¬ 
truction en 1500, par Louis de Villiers, son 81.* évêque. 


V 


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11 rappelle que la tour de Groult dont nous voyons 
encore les ruines, et qui formait en quelque sorte un des 
ouvrages avancés du palais, a été construite en 1180 
et qu’en 1290 Thibault de Nanteuü y fit de notables 
augmentations. 11 donne des détails circonstanciés sur 
les deux tours qui en forment encore aujourd’hui la prin¬ 
cipale entrée et qui rappellent les longs et graves dé¬ 
mêlés qui, dans les temps féodaux , ont divisé nos tur¬ 
bulents ancêtres et le prince auquel ils obéissaient ; il 
fait connaître qu’en 1306, à l’occasion d’un droit sur la 
mouture, la vjUe s’insurgea contre Simon de Clermont 
qui fut chassé. Le prélat ne put opposer à l'émeute 
triomphante que les armes spirituelles alors puissantes, 
en prononçant l’interdit et l’excommunication, et la 
guerre ne finit que par un arbitrage du 29 octobre 
1306, à la suite duquel la commune consentit au paie¬ 
ment de 8000 livres. L’évèque s’engagea alors à lever 
toutes les défenses dont il l’avait frappée, et à mettre en 
oubli tous les torts des Beauvaisins, promesse qu’il mé¬ 
connut , en défendant par son testament qu’on l’enterrât 
À Beauvais. 

C’est avec l’argent de la ville qu’il fit élever les deux 
tours de l’entrée de son palais. Cependant le tribut que 
lui paya la commune lui profita peu ; car un arrêt du 
Parlement le condamna lui-même à payer la somme de 
6,000 liv., pour n’avoir pas su conserver dans son comté 
la part du Roi, à qui la somme fut déclarée acquise. 



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DÉLIBÉRATION 

CONCERNANT LES TRAVAUX 

DE LA CATHÉDRALE D AMIENS. 


Séance du 23 Décembre 1852. 

M. le Rapporteur de la commission (1), chargée par la 
Société d’apprécier le mérite et la convenance des travaux 
intérieurs ou extérieurs, récemment exécutés à la Car 
thédrale d’Amiens, s'exprime en ces termes : 

Messieurs , •€ 

« Des travaux considérables s’exécutent depuis quelques 
années à la Cathédrale d’Amiens. La direction qu’on leur 
imprime a soulevé diverses réclamations dans la pressé 
locale et dernièrement encore le Mémorial publiait une 
lettre de M. Daullé, architecte, qui appelle votre atten¬ 
tion sur les changements projetés ou accomplis dans l’in¬ 
térieur du monument (2). 

» Sur la communication qui vous en a été donnée dans 
votre séance du 9 novembre et que vous ne pouviez rece¬ 
voir plus tôt à cause des vacances, vous avez reconnu 
qu’il y avait lieu de charger une Commission d’apprécier 

(1) Cette commission était composée de MM. Guerardf, Lemerchïer, 
Magdelaine, Bazot, Letellier et Dufour. 

(2) Voirie Bulletin de la Société des Antiquaires^ Picardie, tom.iv* 
page 373. 


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— 3Ô1 — 


le mérite et la convenance des restau rations, construc¬ 
tions ou changements tant intérieurs qu'extérieurs, pro¬ 
jetés ou exécutés à Notre-Dame d’Amiens. 

» Avant d’aborder les diverses questions qui se ratta¬ 
chent à ces travaux, la Commission tient à répondre à une 
objection présentée légèrement, et qui, si elle n’était dé¬ 
truite , pourrait, en égarant l’opinion publique , enlever 
au jugement de la Société le degré d’autorité auquel elle 
doit prétendre avant tout. 

- » La Société des Antiquaires de Picardie a-t-elle qualité 
pour apprécier la convenance des travaux qui s’exécutent 
"à la Cathédrale? Lui appartient-il de faire connaître son 
sentiment sur le caractère des changements qui se pré¬ 
parent ou qui sont déjà effectués ? 

, » Votre association, Messieurs, disons-le de suite, n’au- 

L " 

rait aucune raison d’être, si nous devions rester té¬ 
moins muets et impassibles d’une mutilation qui affec¬ 
terait soit la solidité d’un monument public, soit sa 
décoration architectonique; et il serait dérisoire que la 
Société parfaitement compétente pour sauver de la ruine 
' une statue , un bas-relief, un objet d’art d’une valeur 
uniquement relative , fût sans droit pour faire respecter 
l'ornementation d’un édifice qui fait à lui seul la gloire 
de toute la chrétienté. 

» Mais vos statuts renferment à cet égard des disposi¬ 
tions d’autant plus péremptoires qu’elles ont été approu¬ 
vées par le conseil d’Etat et annexées au décret du 18 
juillet 1851 qui élève la Société au rang des établisse¬ 
ments d’utilité publique. . 

» En effet, l’article 2 détermine les monuments qiii 

30.* 


M 


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— 592 — 


doivent principalement appeler votre attention, ef fodeu¬ 
xième paragraphe mentionne les églises , tous les gethibs 

DE DÉCORATION SOIT INTÉRIEURE, SOlf EXTÉRIEURE QUI LES 
RENDENT RED A RQU ARLES , LES SCULPTURES , BOISER IES, TITRES 
PEINTES, ETC. 

» Dans l’article 4 qui d’est pas inoins précis, dn lit : 
la Société vrillera a la conservation des édifices an¬ 
tiques qui ne sont point tombés dans le DOMAINE public , 

ET , A CET EFFET , ELLE S'ENTENDRA AVEC LES ARCHITECTES 
DES DÉPARTEMENTS POUR QUE LEUR RÉPARATION NK DETIENNE 
PAS UNE MUTILATION. 

» Enfin, pour démontrer que la Société ne sort, en au¬ 
cune façon, du cercle régulier de ses travaux en doimarit 
un avis qui ne lui est point demandé, il suffirait de 
rappeler la circulaire du 20 décembre 1834 de M. le 
Ministre de la justice et des cultes. Elle signale les ser¬ 
vices qoe les sociétés archéologiques ont déjà rendus^ 
l’administration par leurs efforts j udfcieux à prévenir la 
suppression ou la mutilation des monuments anciens, 
et invite ces compagnies à communiquer le résultât 
de leurs recherches concernant lés églises qui se recom¬ 
mandent à l’attention du Gouvernement, en hntiqo&nt 
sous quels rapports elles méritent cette attention. fPièèe 
justificative A.) 

» N’est-ce point en conformité de ces instructions minis¬ 
térielles que l’administration départementale a plusieurs 
fois chargé la Société de surveiller la restauration des 
sculptures du portail principal et de celui de St.-Hottoré, 
ou des peintures qui décorent le pourtour du chœur de là 
Cathédrale. 


V,, 


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— 595 — 

» Après avoir étahh un droit d'intervention qui oescrait 
point contesté, si oa avait des éloges à attendre, la 
cojmaissirwi doit vous justifier . Messieurs, de ne l’avoir 
point encore exercé, 

» L’opinion publique s’est complètement égarée sur 
l'attitude de la Sociétédans les débats qui déjase sont en- 
jagés à l’occasion des travaux de la Cathédrale ; en l’a 
accusée d’indifférence, peut-être même de faiblesse ; on 
a mis en doute sa sollicitude pour la conservation intacte 
v de ce magnifique monument et des œuvres d’art qui lui 
doaneat tant d’éclat. Jamais reproche ; ne fut plus injuste. 
Sans vous entretenir de la part que deux de vos collègues 
prise publiquement à cette discussion, nous devons 
yous rappeler la délibération qui a marqué votre séance 
.,du $3 octobre 1850. Déjà , à cette époque, on s’entre¬ 
tenait de projets qui devaient modifier sensiblement l’état 
antérieur de l’édifice ; un membre les a signalés à votre 
attention,, en vous invitant à agir auprès de l’autorité. 

î> Lesehangements quel’on prévoyaitalors intéressaient 
les stalles, les grilles du chœur et la gloire du sanc¬ 
tuaire. La Société concevait de sérieuses inquiétudes sur 
leur conservation,,et après une discussion animée, elle 
émit le vœu d’étre informée des modificiitions qui pour¬ 
raient tètre projetées dans la Cathédrale. Il fut arrêté, 
en outre, qu’une pétition serait adressée au conseil mu¬ 
nicipal d'Amiens pour le prier d’intervenir ; au près de 
^administration supérieure afin que ces modifications ne 
portassent aucune atteinte à l’état actuel du chœur et 
dp sanctuaire. 

» Mais dans la séance du 13 novembre, M. le Président 


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— 394 — 

fui autorisé à vous annoncer officiellement qu’il ne serait 
fait aucun changement dans l’intérieur du monument 
et que l’architecte était tout disposé à vous communiquer 
ses plans et projets de restauration ou de décoration. 

» Trop confiante dans cette déclaration toute spontanée, 
la Société décida qu’il ne serait donné aucune suite à sa 
délibération précédente, qui lui semblait alors avoir pro¬ 
duit tout le résultat qu’elle en attendait. 

» Ce n’est donc point tardivement et en cédant à la pres¬ 
sion de l’opinion publique que la Société se préoccupe des 
moyens d’assurer à la basilique amiénoise la protection 
qu'elle lui doit, et si elle élève aujourd’hui la voix, c’est 
avec la ferme confiance qu’on ne saurait se méprendre 
sur les sentiments qui l’animent. 

» Sa pensée, en effet, ne peut être dénaturée ; ce que 
nous avons à apprécier , c’est le mérite de certains tra¬ 
vaux ou changements qui pourraient modifier l’état ac- # 
tuel de la Cathédrale. Est-il convenable de supprimer 
les grilles, la gloire et tout ce que le siècle de Louis XV 
a prodigué de décoration dans ce monument, grâce aux 
libéralités de Mgr. de la Mothe et de son chapitre ? tel 
est le seul point que vous ayez à examiner et votre 
commission, Messieurs , ne voit rien dans cet ordre d’i¬ 
dées qui puisse affaiblir dans l’esprit des masses le res¬ 
pect qu’inspire l’autorité épiscopale. Ne sait-on pas d’ail¬ 
leurs qu’elle est uniquement chargée du spirituel et que 
le clergé et les fabriques des cathédrales n’ont que le 
simple usage des églises, qui restent la propriété de l’Etat 
ou des communes. Les lois et réglements sur la matière 
sont formels, et nous n’avons garde de les rappeler au 


y 


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vénérable prélat qui administre le diocèse d’Amiens. Son 
esprit -éclairé et le parfait sentiment des convenances qui 
l’anime lui feraient un scrupule de s’écarter des termes 
de la circulaire ministérielle du 1." décembre 1838. En 
présence des principes de droit administratif qui s’y 
trouvent rappelés, aucune considération ne s’oppose à ce 
que la Société se livre à une discussion purement artistique 
et qui ne doit et ne peut embrasser que les actes seuls 
de l’architecte. 

» Après' ces observations préliminaires, il convient, 
dans l’intérêt même de l’histoire du monument qui nous 
occupe, de rappeler sommairement les circonstances qui 
ont signalé la reprise des travaux en 1850. 

» Au mois de janvier de cette année, une commission 
du conseil municipal se concerta avec l’architecte sur 
les mesures à prendre pour dégager la Cathédrale des 
constructions qui l’obstruaient de divers côtés et sur la 
part de concours que l’Etat pourrait prêter à l’exécution 
de ce projet. 

» Voici dans quels termes le conseil municipal a été in¬ 
formé , par sa commission , du résultat de cette confé¬ 
rence: (Séance du 26 février 1850.) 

« L’Etat se chargerait de la suppression des sacristies 
» et des masures accolées à l’édifice, y compris le loge- 
» ment du suisse placé à l’angle Nord-Ouest du grand 
» portail, non compris par erreur sans doute dans le 
» plan d’alignement, ainsi que du logement placé dans 
» la cour du Puits-de-l’GEuvre, le long du cloitre Notre- 
» Dame. Ces terrains seraient réunis à la voie publique. 
» La chapelle des Machabées , le bâtiment qui y attient 


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» » et le cMtre qui lie cette confection à la Cathédrale 
t> seraient restaurés et augmentés d’nnè continuation de 
» cloître, le tout pour offrir les moyens d’établir une 
» sacristie» une salle de catéchisme et le logement né- 
» cessaire aux deux serviteurs gardiens de l’église. La 
'■ •» condition de ces sacrifices serait que la vilieachêterait 
° > et ferait disparaître les maisons placées entre l’abside 
' » et la grande porte de i’èvècbé. La célérité apportée à 
B » l’exécution de cette obligation serait la mesure de 
r » celle que mettrait l’Etat à faire les travaux ci-dessus 
h ”» indiqués. » 

L » Le Courrier de la Somme , en rendant compte, te 27 
r février, de cette séance du conseil, annonçait que, pour 
" compléter les travaux d’amélioration dont tes abords de 
la Cathédrale devaient être l’objét , uhe voie publique 

1 COUStËNÇANT À LA RUE DES SOUFFLETS ÉTABLIRAIT LA CIRCU¬ 
LATION AUTOUR DE L’ÉDIPICB. 

• ■' » Chacun de nous, Messieurs, applaudit à cette pensée 

d’isoler le plus beau monument religieux que l’art ogival 
ait élevé en France, de lui rendre enfin l’air et l’espace 
’ que réclamaient ses grandioses proportions ; il semblait 
que ce serait le grandir davantage et l'honorer comme les 
‘ cathédrales d’Orléans et de Paris. L’église de Saint-Ger¬ 
main l’Anxerrois doit être aussi prochainement dégagée 
et en entrant prudemment ici dans la même voie., on 
aurait évité de mécontenter l’opiuion publique et de bles¬ 
ser les règles de la bonne foi. 

* Personne ne pouvait douter en effet que le'compte- 
rendu du journal me'fût parfaitement exact ,' il étoa 
■«ait du secrétaire même du conseil et il semblait 


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-exprimer officiellement la pensée de la délibération , 
puisque l’affiche annonçant l’ouverture de l'enquête sur 
le projet d’acquisition des trois maisons de la plaoe Saint- 
Michel , portait en tète ces mots : Isolemeht ®e ia CATHɬ 
DRALE ET DéGAGEttlÈNr DE u’ÉvêCHÉ. 

» Mais à peine le sacrifice des 45,500 fr. était-il voté 
par la ville pour sa part dans les frais d’isolement, que 
Ton entreprenait dans l’avenue du palais -épiscopal la 
construction d’une salle de catéchisme qui devait être 
cependant, d’après te rapport cité plus haut, établie du 
«été des Machabées. La direction que l’on donnait au 
nouveau bâtiment était un obstacle à Couverture -de 'la 
rue projetée peur isoler la -Cathédrale. Pourquoi donc 
engager la ville dans une dépense considérable, lors- 
<qu’en deçà de la ligne des maisons qu’on lui faisait ache¬ 
ter pour les démolir, on élevait une chapelle dont l’u- 
tsüté était déjà à cètte époque fort controversée. Cette 
nouvelle entreprise, qui, loin d’isoler lç monument, 
allait le masquer pour des siècles, souleva lors de l’en¬ 
quête des observations entièrement contraires au projet 
de l’architecte. M. le magistrat enquêteur lui-mème fit 
valoir les -raisons les plus déterminantes .pour que des 
-garanties fussent exigées avant de mettre à exécution un 
pian qui,.à cette époque, n’était même pas encore produit. 

» L’affaire veviut devant le conseil municipal et dans sa 
séance du 29 juin 1850, une -espèce-de transaction fut 
acceptée ; l'architecte devait laisser un espace de huit 
mètres environ centre la nouvelle chapelle elle contre- 
tort te plus rapproché 4e la Cathédrale. 

■■ i* Htrit mètres 1 c’était peu de chose, mais enfin-c’étavt 


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une satisfaction donnée . au publie , qui avait toujours 
compté à tort ou. à raison sur l’isolement de l'édifiee. 
Aujourd’hui cet espoir lui manque et l’intervalle réservé 
se trouve rempli par un perron et une galerie qui relient 
la salle du catéchisme à la Cathédrale. 

» Ces faits, entièrement opposés à l’esprit des conven¬ 
tions, autoriseraient à penser que l’ancienne administration 
municipale , trop confiante dans des promesses purement 
verbales, a été trompée: mais nous avons hâte d’atté¬ 
nuer ses regrets en lui apprenant que les choses ne st 
sont point passées différemment à Paris à l’occasiof 
de la Sainte-Chapelle. Votre commission s’est procuré 
le procès-verbal de la séance du 7 novembre 1850, 
qui renferme la protestation énergique du Conseil géné¬ 
ral de la Seine, contre l’inexécution des engagement* 
qu’on avait pris d’isoler ce monument ; cette délibération 
doit demeurer annexée à ce rapport, et en la parcourant, 
on sera frappé de l'analogie des faits graves qu’elle 
constate avec ceux que nous venons de signaler. (Pièce 
justificative B.) 

» On y verra notamment que l’isolement de la Sainte- 
Chapelle a paru un mensonge à l’un des membres du 
Conseil; nous craindrions d’être trop vrai et de sor¬ 
tir surtout des bornes de la modération en appliquant 
ce langage à Notre-Dame d’Amiens. Qu’il soit permis de 
faire remarquer cependant que le chevet de cette église 
n’a jamais été plus encombré qu’il ne l’est aujourd'hui* 
et que trois bâtiments entièrement neufs, adossés contre 
ses contreforts, donnent un éclatant démenti au projet 
de dégagement que l’on a fait payer si chèrement à la 


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- 599 - 

ville. Quelle compensation peut-elle espérer maintenant' 
des 45,500 fr, qu’elle a engagés dans cette affaire ? 
Après deux ans de vaine attente, se flatte-t-elle encore 
d’obtenir gratuitement de l’Etat le terrain de la cour 
des Macbabées? Il ne faut point se faire d’illusion à cet 
égard; l’autorisation ministérielle n’est point signée, 
et si la démolition du mur de clôture permet à la ville 
de prendre possession . l’administration des Domaines 
viendra plus tard exercer ses droits et réclamer la va¬ 
leur du terrain annexé ipso facto à la voie publique. 
Car le gouvernement ne s’est jamais valablement engagé 
dans-les conférences qui ont eu lieu avec l’administration 
municipale, et personne n’avait mission de l’obliger d’une ' 
manière efficace. 

» Enfin, pour terminer tout ce qui se rattache à l’isole- 1 
ment ou si on préfère au dégagement de l’édifice, nous ■ ' 
devons dire que plus tard on sollicita de la ville un nou¬ 
veau sacrifice. Sur la proposition de l’architecte, le con¬ 
seil municipal consentit à frapper d’alignement le eôté- 
Est de la rue des Soufflets pour faire passer derrière la 
salle du catéchisme, cette rue dont l’établissement avait 
d’abord paru impossible ; mais ce que bien des personnes 
ignorent encore aujourd’hui, c’est que cette délibération 
du 8 novembre 1850 n’a point été sanctionnée par l’auto¬ 
rité supérieure. (Pièce justificative C.) 

» Maintenant, si l’on se reporte devant cette salle de 
catéchisme, que trouve-t-on? un monument duxu.*siècle 
qui forme un véritable anachronisme avec la Cathédrale et 
la déshonore. Cette construction dont le style lourd n’est 
en aucune façon racheté par les crochets, la croix et la 


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400 - 


dheminéequi décorent ses pignons a été élevée dans une 
direction on ne saurait plus vicieuse. Avec quelque sen¬ 
timent des égards que réclamait l’œuvre si pure, ai telle 
et en même temps si légère de Robert de Lvzarcèes, n’au¬ 
rait-on pas dû l’êtattlir dans une position correspondante 
à la Chapelle des Machabées ? 

» Que dire maintenant de ce doitre élevé sur les fon¬ 
dations de celui que l’on «irait pris au conseil «twnkipal 
l’engagement de conserver et dont on entreprenait le len¬ 
demain la démolition sans ht moindre nécessité. Quelle 
date lui assigner ? A quel siècle a-d-on emprunté oes 
ares intérieurs qui se détachent (des baies (trilobées, 
dette gaforie est surmontée d’un toit qui -s’adapterait :par- 
faitement à l'une de nos maisons bourgeoises du xrx.' siè¬ 
cle. Les gargouilles qui déversent le* eaux piavialessont 
dégarnies de toute sculpture, et rien dans l’ensemble ide 
cette construction me «achète isa tache Originelle, d’avoir 
été élevée en cemplacemeut d'un oioitre dont on avaitga- 
ranti la conservation à l'administratioa municipale et à 
M. le Ministre des Cuites (1) jet auquel se rattachait au 
moins l’intérètardhéologiqoe. 

» De l’autre «été des Machabées, ou -rencontre un bâti- 

<fl) Dans uDe'loUM.adrâMée èfflf.le (Préfet lieîa-Somme , sous ia-date 
du 16 septembre 1850, M* le Ministre des Cultes apprpuve cinq devis 
présentés pour le dêblaiment des alentours de Védifice et Vappropria¬ 
tion de ses dépendances aux divers services réclamés par le culte. "Le 
troisième devis s'élevant à'tSi698 fr* 40 c. intéresse la nâPAïuTiwi du 
<d<^8;ahovtiuc#u6 Jarsalte<des M4<fatees^ CeUe somme fait l’elpt 
de deux articles (16,301 fr. 72 c. et 7,390 fr. 68 c.) dans une autre lettre 
ministérielle du 7 février 1851, qui élève à 165,364 fr. 72 c. lbs travaux 

WS DdJBLAIK&IRÎST BT © APPROPRIATION, 

V 


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— 401 — 


ment auquel Votre commission reproche d’avoir été élevé 
en oMitravèntion avec le plan d’alignement de là villa. 
S’il était indispensable de ïéédifier l’ancienne salle capi¬ 
tulaire , fallait-il donc la construire oontre les contreforts 
du monument que l’on devait dégager? Etait-ce là se con¬ 
former à la circulaire de II. le Ministre des Cultes, du. 16 
mars 1852, publiée au moment même où l’on entreprenait 
ceifle construction parasite, et qui a interdit tent élablisse- 
meut, quelque provisoire qu’il fût, aux. flancs des cathé¬ 
drales. fPièce justificative D.J 

y> Le sentiment des arts ne prescrivait-il point un sys¬ 
tème d’architecture qui s’harmonisât avec le style de l’é- 
difide principal? Si les monuments civils du xm.* ou du 
commencement du xiv.»sièole se rencontrent rarement, 
esfc-ce une raison pour adopter une époque d’un caractère 
si lourd et si monotone, et ne pouvait-on donner à la Car- 
tbédrale d’Amiens un entourage plus digne d’elle et de 
l’ère ogivale dont die nous a transmis le plus parfait 
specimen. 

» On paraît se complaire à élever autour de l’abside 
des monuments de diverses époques , mais à l’inté¬ 
rieur , on change complètement de système. Ici on tient 
On profond mépris tout ce qui, dans la décoration, n’ac- 
cusepasle xiii.* siècle le plus pur, et comme la Cathé¬ 
drale ne renferme rien dans son ameublement qui date 
de sa construction, les esprits ne sont pas sans inquié¬ 
tude sur le sort de cette ornementation si riche dont le 
siècle de Louis XV l’a dotée» 

» Les grilles du chœur sont particulièrement menacées ; 
l’une d’elles a déjà disparu , sous le prétexte que l’éta— 


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— 402 — 

blissement du jeu d’orgues s'opposerait à sa remise eu 
place. C’est là une véritable défaite , et les hommes 
de l’art affirment que la grille sera facilement rétablie 
lorsqu’on le voudra. 

» Votre Commission, Messieurs, n’a point à faire valoir 
devant vous le mérite de ces magnifiques clôtures en'fer 
où le dessinateur a prodigué toutes les ressources de son 
talent. Mais à côté de la belle ordonnance de ces grilles , 
chacun admire la difficulté du travail. Vivarais qui les 
a exécutées en 1764 sur les dessins de Micbel-Ànge 
Slodtz a fait un véritable chef-d’œuvre de serrurerie ; les 
impostes sont décorés de fleurs, de grappes de raisin', 
d’attributs religieux et même de portraits et tout cela est 
d’une exécution qui donne aux clôtures du sanctuaire une 
valeur d’autant plus grande, que l’on ne pourrait actuel- 1 
lement travailler le fer avec un égal succès. La fonte a 
supplanté l’art du serrurier ; il faudrait aujourd’hui, 
d’après l’avis d’hommes compétents que nous avons con¬ 
sultés, former à grande peine tout un atelier pour par¬ 
venir à la construction de ces grilles monumentales. Ce 
serait là une dépense considérable, qui ne produirait 
peut-être pas tout le résultat qu’on en attendrait. 

» Il n’est pas un auteur qui ’n’ait, en écrivant sur la 
Cathédrale, fait l’éloge des grilles du sanctuaire, et s’il nous 
fallaitune autorité pour lespréserver du vandalismequi les 
menace, nous la trouverions heureusement dans le clergé. 
Notre honorable collègue, M. l’abbé Jourdain, s’exprime 
ainsi dans l’excellente description qu’il a publiée des clô¬ 
tures historiées du sanctuaire : 

« Pour Amiens, nous ne redemandons pas toutes nos 


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— 405 — 


» clôtures démolies ; les grilles qui les remplacent au- 
» tour du sanctuaire sont un bel ouvrage de serrurerie 
». qu'il faut conserver à son tour; nous demandons seu- 
» lement en grâce que les deux précieux restes demu- 
» raille historiée auxquels on ira pu substituer des grilles 
» soient désormais mieux respectés qu’ils ne l’ont été 
» jusqu’ici (1). » 

» De quelle autorisation s’est-on pourvu pour opé¬ 
rer l’enlèvement de la grille du chœur que nous si¬ 
gnalions il y a un instant? M. le Ministre des cultes 
avait seul qualité pour l’autoriser, comme.il l’a rappelé 
par sa circulaire du l.* r décembre. 1838, et si les rensei¬ 
gnements qui nous ont été donnés sont exacts, on ne l’au¬ 
rait même pas consulté. Ce qu’il y a de constant, c’est 
qu’on ne trouve à la Préfecture aucune trace d’une sem¬ 
blable autorisation. 

» Si maintenant nous passons au jeu d’orgue , nous 
trouvons un clavier avec des accoudoirs de goût moderne 
implantés au milieu des stalles et venant rompre le coup- 
d’œil qui cherche à embrasser dans un regard d’admira¬ 
tion l’ensemble de ces magnifiques boiseries. Trois pan¬ 
neaux pleins , ont été enlevés et remplacés par des pan¬ 
neaux fleurdelysés à jout dont l’aspect contraste avec le 
nu des hauts dossiers des formes voisines; Enfin on a 
établi derrière, la maçonnerie de l’arcade un'buffet dont 
l’emplacement vient couper la ligne architecturale du bas- 
côté. Cette armoire, pour l’appeler par son véritable 
nom , se comprendrait dans les églises modernes de Pa¬ 
ris , mais à Amiens , au milieu de cette architecture si 

(1) Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, tom. ix, p. 164. 


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sévère et en même temps d’on aspect aussi religieux » 
établir un pareil meuble,, c’est un contresens et un 
manque de goût. Un fait bien autrement grave, c’est la 
mutilation déplorable que l’on a fait subir à l’appui dea 
stalles basses dont la scie a fait disparaître un fragment de 
lm. 60ce(kt. de long, sur 85 oenLde large. Sans respect 
pour ce précieux vernis que le temps a imprimé au vieux 
chêne , sans pitié pour ces boiseries que le chapitre 
d’Amiens prenait autrefois sous sa protection en interdis- 
saut d’y poser un seul clou, on s’est rendu coupable 
d’un sacrilège qu’on chercherait en vain à couvrir d’une 
autorisation ministérielle. M. Ié Ministre a consenti àl’é- 
tarissement d’an jeu d’orgues, c’est vrai, mais lui arUm 
fait savoir l’emplacement qu’on lui ménageait. Sa lettre 
du 28 décembre 1850, entièrement muette à cet égard t 
semble témoigner qu’on ne lui a demandé qü’une part dé 
eonoours dans les frais d’acquisition. Les plans et devis 
qui lui ont été soumis ont-ils pu éclairer sa religion? nous 
l’ignorons, nous les avons vainement recherchés dans 
le dossier de la Préfecture ; en tout cas, il est cons¬ 
tant que le gouvernement aurait prescrit un autre 
emplacement, s’il avait été informé des conséquences fé- 
oheuses que les stalles de la Cathédrale devaient éprouver 
du voisinage d’un orgue. 

» Lorsque l’opinion publique s’émut, il ya deux ans, des 
modifications que cet établissement apporterait à l’état ac¬ 
tuel des boiseries , une note demandée par l'administration 
parut au Courrier deiaSomme pour rassurer là population, 
et le 31 octobre 1850 on garantissait au public que , pour 
poser l’orgue, il ne serait pas enlevé aux stalles du chœur 


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— 40;i — 


un éclatée la grosseur d’une épingle et qu’il serait même 
complètement invisible. (Pièce justificative E.) 

» On sait ce qu’il est advenu depuis de ces promesses 
officielles et comment on s’y est pris pour dissimuler la 
présence d’un orgue qui a nécessité la mutilation des 
stalles si justement vénérées jusqu’alors par le clergé, et 
dont le buffet ne compte pas moins de 25 pieds d’élévation 
sur 10 de large. 

» Les changements déjà opérés et cette résolution 
que l’on paraît avoir prise de ne tenir aucun compte 
du mécontentement public semblent donner quelque 
fondement aux. inquiétudes que l’on manifeste relati¬ 
vement à la gloire du sanctuaire. On ne peut lui 
pardonner d’avoir été construite au 18.* siècle par 
un artiste d’Amiens, et à la suite d’un concours ouvert 
par le chapitre. 

» Pour la protéger contre les profanations dont on la 
menace, nous ne pouvons mieux faire que d’invoquer 
l’opinion de l’honorable collègue dont le nom fait autorité 
dans l'histoire de l’art. Voici, en effet, comment M. Ri- 
gollot s'exprimait dans votre séance du 23 octobre 1850 ; 

a La gloire de la Cathédrale d'Amiens est une œuvre 
» très-remarquable pour l’époque ; il faut la considérer 
» surtout avec les anges, les évangélistes , et tous les 
» ornements qui se trouvent appliqués sur les piliers du 
» chœur. Cette décoration fait le plus grand honneur à 
» l’artiste amiénois qui l’a produite et forme un ensemble 
» on ne peut plus régulier et plus satisfaisant. » 

» M. Gilbert, dans sa description de la Cathédrale 
d’Amiens , fait remarquer le bel effet que produit cette 

31. 


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gloire rayonnante au-dessus du maître-autel ; il signale 
l’expression respectueuse des anges et des séraphins qui 
s’y trouvent groupés ; leur pose, ajoute-t-il, et leur forme 
élégante et gracieuse fixent l’attention des amateurs qui , 
malgré l’incorrection de leur style, rendent justice au. 
talent de l’architecte Christophe, qui a conçu et exécuté 
cette riche décoration en 1768 (1). 

» Mais ce n’est point seulement comme artiste qu’il faut 
l’envisager, et si quelque chose la recommande tout 
particulièrement à la sollicitude du clergé, c’est le sen¬ 
timent religieux qui domine dans cette composition. 
N’est-ce point là, en effet, une sublime apothéose de la 
foi qui élève l’àme vers Dieu et résume, dans cette expo¬ 
sition permanente de l’hostie consacrée, tous les saints 
mystères de l’église. Nous devons espérer que l’esprit 
novateur avec lequel on médite certains changements 
dans l’état actuel du sanctuaire s’arrêtera cependant de-, 
tant cette image vivante de l’adoration. Sans doute il eut 
mieux valu ne point l’élever au fond du chœur , comme 
une barrière qui interdit à l’œil de pénétrer jusqu’au 
fond de l’abside, mais elle existe, et sa magnificence, 
pour être toute moderne, n’en a pas moiqs de droits aux, 
respects des chrétiens comme des artistes. ô 

» Nous ne pouvons admettre que l’on médite égale-? 
ment la suppression de la chaire ; c’est encore l’ar¬ 
chitecte Christophe qui l’éleva en 1773. M.Gilbert % 
écrit que ce morceau de sculpture jouissait d’une grande; 
réputation (2) ; nous n’irons pas aussi loin ; mais» 

(t) M. Gilbert, description historique de la cathédrale d’Amiens, p. 305. 

.(*) Ibid., p. 140. bX. 


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— 407 — _ . 

nous prétendons que son aspect grandiose mérite bien 
qu’on lui témoigne quelques égards. Si on en a exagéré 
la valeur en la plaçant au nombre des plus belles chaires 
de France, il est certain toutefois qu’il est fort peu de 
cathédrales où on puisse rencontrer un monument de 
cette époque d’une forme plus noble et d’un caractère 
plus imposant. 

» Cette tendance à vouloir supprimer dans un monument 
ancien toutes les œuvres d'art modernes qui le décorent, 
s’est produite déjà dans diverses circonstances, et lors¬ 
qu’elle a été signalée au Comité des arts et monuments 
établi près le ministère de l’instruction publique, une 
vive protestation s’élevait contre les architectes qui 
la manifestaient. (Pièce justificative F.J 

» Aussi que de paroles amères n’aurait-on point fait 
entendre, il y a 5 à 6 ans, si les faits que nous venons 
de signaler s’étaient alors produits dans la Cathédrale 
d’Amiens 1 Quel blâme on aurait infligé à l’architecte, 
qui se serait permis d’altérer la décoration de la balus¬ 
trade dont le dessus de la grande rose est couronné I 
Cette partie du grand portail , connue sous le nom 
de Salle des Musiciens , se composait d’une galerie que 
décoraient des trèfles losangés, au milieu desquels s’ou¬ 
vraient cinq arcades de forme surbaissée. On a jugé con¬ 
venable de substituer à cette ornementation du xiv.° 
siècle, que le temps avait consacrée et que l’archéo¬ 
logie respectait, en l’étudiant, une série de 15 arcs 
en ogive encadrés de clochetons. Lorsqu'on présenta 
à M. le Ministre des cultes un devis de 322,735 fr. 
75 c. pour la restauration du grand portail, l’a-t-on in- 

31.* 


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— 408 =r 


formé des changements que l'on méditait? Loin de là, on a 
déclaré un cube de maçonnerie de 30 métrés 03 centimër 
très, parfaitement conforme au métré de l'ancienne gale¬ 
rie. frétait - ce peint exprimer l’intention de la re¬ 
produire fidèlement, alors surtout qu’on prenait l'enga¬ 
gement de déposer avec soin tous les morceaux qui se¬ 
raient susceptibles d’être remis en œuvre. 

s Après avoir reconnu ainsi que la décoration de l’an¬ 
cienne galerie n’offrait rien de choquant pour le style 

* général de* l’édifiee, l’arcliitecte a pris sur lui d’en altérer 
sensiblement le caractère, et pour expliquer ce change¬ 
ment déplorable, on soutient que les ornements de l’an¬ 
cienne balustrade produisaient un mauvais effet, qu’ils 
étaient d’un caractère mesquin, etc. —Mais oublie-t-on 
que la tour du Nord n’a point d’autre couronnement, et 
■qu’en le restaurant, l’architecte s’est senti dans l’obliga¬ 
tion de respecter l’œuvre de ses devanciers. Quelle étrange 
contradiction! Et comment ne se croit-on pas assez honoré 
d’avoir à réparer unmonument d’une si grande valeur d’art 
que la Cathédrale d’Amiens, pour se permettre certaines 
modifications qui peuvent ne pas rencontrer une approba¬ 
tion générale. Que l’arcbiteete, s'érigeant en juge souve¬ 
rain dans sa propre cause, trouve ce qu’il fait de beaucoup 

• préférable, à ce qui existait, cela se conçoit «ans peine, 
- mais dans les questions d’art et de goût, qui ne peuvent 
;se discuter, un jugement isolé ne saurait prévaloir contre 
lesentime public. Avec une retenue prudente et reli- 

-giense, on échappe infailliblement à la critique lorsqu’on 
se renferment dans les conditions premières de l’entre¬ 
prise et que l’on se borne à reproduire la penséç de 




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l’artiste qui a conçu et exécuté sous l'inspiration de la foi 
religieuse de l'époque 

» Le déplacement de l’horloge ne doit point passer in¬ 
aperçu dans un rapport qui embrasse tous les change¬ 
ments opérés depuis peu à- la Cathédrale. Le timbre se 
trouvait placé autrefois sur l’un des contreforts du Sud-¬ 
Est de la tour du portail qui fait face au cloître de 
l’horloge. I/architeete a jugé convenable de l’établir 
dans le comble qui couronne la tonr et en le pré¬ 
sentant à une lucarne qui s’y trouve pratiquée* Le» es 1 - 
pèces de joues et le chaperon dont cette lucarne est 
garnie, emprisonnent les Vibrations de celte horloge 
égoïste qui ne sonne plus que polir elle, comme l’exprime 
avec râiSéto la lettré que vous avez reçue. La sonnerie 
était destinée à' tout le quartier de l’Est qui n’en' possède 
aucune, et maintenant elle n’est plus entendue que du 
quartier Ouest qui ést déjà desservi par trois horloges 
communales. 

» Le conseil municipal, préoccupé dtl désordre qu’un 
pareil état de choses jetait dans lés habitudes de la popu¬ 
lation ouvrière*, ne pouvait rrtiétit critiquer les disposi¬ 
tions vicieuses que l’on avait prises sans le consulter, 
qu’en refusant) de voter les frais de déplacement qu’on 
lui réclamait. C’est ce qu’il a fait sous la fortné d’un 
ajournement , dans sa séance* du là décembre 1951* De¬ 
puis lors , une lettre a paru dans’ l'itori de l’Ordr* (1) ; 
l’architecte déclare que la sonnerie doot on voulait ce¬ 
pendant faire supporter la dépense quelques jour» aUpâ- 

(I^Voir te N." Sa ïO jartvtet lSSî. . 1 ' . ..... 


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ravant par l'administration municipale, •n’était que pro¬ 
visoire, et que l’on avait été obligé de supprimer le cam¬ 
panile qui chargeait ta tour d’une manière dangereuse. 

» Mais est-ce là une raison sérieuse? La balustrade 
surmontée de clochetons dont le contrefort se trouve ac¬ 
tuellement couronné, ne le charge -1 - elle pas autre¬ 
ment que ce dôme à jour supporté par des colonnettes et 
sous lequel le timbre était autrefois établi ? 

» Si nous appelons votre attention sur le changement de 
la sonneriece n’est pqjnt seulement pour critiquer la 
forme disgracieuse de la niche qui lui a été ménagée sous 
le toit de la tour et qui lui donne l’aspect d’une horloge 
de manufacture, mais bien surtout pour vous informer 
du projet que l’on a conçu de l’établir dans la flèche cen¬ 
trale. On aurait l’intention de flanquer sa première 
galerie de quatre grands cadrans correspondant aux 
quatre points cardinaux et qui feraient de cette partie de 
l’édifice un clocher d’église rurale. La pensée de ce dépla¬ 
cement n’est-elle qu’une simple supposition de notre part, 
ou un bruit sans fondement? Que l’on se reporte à la 
lettre du 20 janvier 1852 , que nous citions, il y a un 
instant, et on y trouvera le principe de cette modifica¬ 
tion , offlcitiJ’fiment communiquée au public. 

» Mais nets ne partageons point l’avis de l’architecte. 
Nous trouvons que u véritable place de la sonnerie est à 
l’endroit nêae où elle a toujours été établie, et que 
pour répaiei la première faute que l’on a commise en la 
déplaçant sans consulter la ville d’Amiens qui en est 
seule projriétairt. , on ne saurait rien faire de mieux 
Jà rétablirai# le contrefort à sa. place, primitive* u , 


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» 11 paraît aussi que l’établissement du cadran ëVde la 
sonnerie dans la flèche centrale se rattache à un autre 
projet dont nous avons déjà entendu parler et qui nous 
semble tellement déraisonnable que nous ne pouvons 
y croire. Il s’agirait de refaire un autre clocher et de le 
surélever de 18 pieds. Comme il faut toujours colorer 
d’une apparence de danger les changements que l’on mé¬ 
dite , on motive celui-ci sur le mauvais état de la char¬ 
pente. Est-il exact que les bois de chêne et de châtai¬ 
gnier dont elle’a été construite, en 1533, soient déjà- 
atteints par l’humidité? Votre commission manque de 
renseignements à cet égard ; elle se borne à exprimer le 
voeu qu’il ne soit apporté aucun changement à l’état 
actuel du clocher, avant que des hommes de l’art choisis 
dans la localité et qui ne seront pour cela moins compé¬ 
tents , n’aient été invités à en constater là nécessité. 

» Les innovations que votre commission vient de vous 
signaler vous font ud impérieux devoir, Messieurs, 
de les porter à la connaissance de l’autorité supérieure- 
La Cathédrale d’Amiens n’est assurément pas tombée 
dans le domaine de l’Etat pour se trouver exposée 
aux actes arbitraires d’un architecte quelque distingué 
qu’il soit, et c’est surtout lorsqu’il est étranger à la loca¬ 
lité qu’il doit plus que personne en respecter l’inviolabilité. 
M. Lassus a publié de sages principes pour la restauration 
des édifices religieux ; il recommande à l’artiste d’oublier 
ses goûts, ses préférences, ses instincts, et d’avoir pour 
but unique et constant de conserver, de consolider et 
d’ajouter le moins possible , et seulement lorsqu’il y a 
urgence J Plusloin r le savant archéologue s’exprime 


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— 442 i — 

en oes termes : « Dans une restauration , il faut absolu- -*■ " 
» ment que l’artiste sort constamment préoccupé dé la 
» nécessité de faire oublier son œuvre» et tous ses effort» 

» doivent tendre à ce qu’il soit impossible de retrouver 2 
» la trace de son passage dans le monument (1), » i 

» n y a de ces sentiments nés des instincts ou des pré¬ 
jugés locaux, dont il est prudent de tenir eotnpte. Une 
ville qui pousse aussi loin l’esprit de conservation et le ! 
respect des grandes choses du passé , ne se prête pas fa- 5 
alternent aux innovations de quelque nature qu’elles puis- ’ 
sent être. Sa sollicitude pour un monument qui fait sa * 
gloire et, son honneur ne saurait done être taxfce d’exa- - 
gératioa en présence de faits qui contredisent les instru©- 2 
tiens si formelles du gouvernement. En effet », lorsque 2 
M. le Ministre des cultes recommandait à MM. les Pré- ' 
fets de vriller avec soin aux restaurations dés églises' 
anciennes et qu’il les engageait à conserver les ob- <■ 
jeta d’art qu’elles pouvaient renfermer , il terminait 
ainsi : A L’aspect vénérable de la vieille église qui a en- 
» tendu les chants et les prières des générations passées 
» ne parle pas avec moins de force que les pompes et les' 

» solennités du culte , à l’imagination de celle qui vient * 

» s’y agenouiller à leur place. Gardons-nous bien de? 

» priver le sentiment religieux de ces puissants auxr- 
» Unir es, à une époque où H ne se montre que trop 
a telle aux efforts qu’en fait si imprudemment pour 
» l’affaiblir. Les habitants des campagnes surtout croi-" 

* root moins facilement que le christianisme s’en va, 

(l) Annales 8CM3hé»lo^lqftfé8'; s ‘ > u* 


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~ .415,- v 

» quand ils verront que leur vieille église reste, quand 
» ils y retrouveront tout ce qu’y ont vu leurs pères (1), » 

» Ces paroles, nous l’espérons, seront comprises-... On 
sentira qu’il est temps de s’arrêter dans cette voie de cban- 
gements successifs où l’on s’est témérairement engagé- 
Votre Commission, Messieurs, a voulu prévenirde nouvelles 
modifications, en appelanL l’attention de l’autorité sur celles 
qu’elle ignore vraisemblablement. Elle ne peut admettre» 
en effet » que l’Etat qui apporte une si sage économie dans 
l’emploi des fonds consacrés à la restauration des mo¬ 
numents religieux et qui veille avec tant de sollicitude à 
leur conservation , approuve des modifications qui ont 
soulevé contre elles l'opinion publique, en blessant les 
susceptibilités de toute une ville et ea menaçant même de ! 
compromettre la religion. Les instructions si précises que , 
l’autorité supérieure faisait donner sous la date du 31, 
janvier 1839, à l’ancien architecte de la Cathédrale, nous^ 
permettent d’espérer qu’elle sera heureuse de protéger ( 

l’ornementatiou intérieure du monument contre de non- ' 

» 

velles entreprises. (Pièce.justificative G.) Si notre attente 
était déçue, il resterait à la Société la conscience d’avoir., 
accompli un devoir, et ses efforts impuissants la déchar-. 
géraient de la responsabilité que son silence lui aurait 
fait encourir. . 

» C’est pour rester fidèle à la pensée conservatrice 
de votre institution, que la Commission a l’honneur de 
vous proposer , Messieurs : 

» l.° De signaler à l’attention du Conseil municipal. 


(I) Circulaire ministérielle^u ^0 #ç^ppre4f^. 


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— 414 — 


d’Amiens les constructions élevées à l’extérieur de 
Notre-Dame en contravention au projet de dégagement 
de l’édifice ; 

» 2.* De solliciter de l’autorité supérieure la suppression 
du jeu d'orgue et le rétablissement de la grille du choeur 
faisant face à l’entrée de la sacristie ; 

» 3.° Et de décider qu’une expédition de la présente 
délibération sera transmise à M. le Ministre de l’Instruc¬ 
tion publique et des cultes, à M. le Préfet de la Somme , 
à Mgr. l’Evêque d’Amiens et à l’autorité municipale de 
cette ville. » 

Ces conclusions sont mises aux voix et adoptées. 

Ont signé au registre : 

Le Président, 

ODEBABD. 



>■;*» ViV* 


Le Secrétaire , 

JANVIER. 


V 


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PIÈCES JUSTIFICATIVES 



(Pièce A.) 


Extrait d’une circulaire, adressée le 20 décembre 1834 
par M. le Ministre de la justice et des cultes ( M. 
Persil ) aux Préfets. 

. Ce qui importe avant tout, c’est de les éclairer (les fa¬ 
briques) sur la valeur de ce qu’elles possèdent. Les sociétés ar¬ 
chéologiques , partout où il s’en est établi, ont été d’un utile 
secours dans beaucoup de localités: elles ont rendu des services 
éminents en s’occupant de la recherche et de la description des 
monuments anciens , et en prévenant, par des efforts judicieux, 
leur suppression ou leur mutilation. Il est à souhaiter que le goût 
de ces associations scientifiques et conservatrices devienne géné¬ 
ral , et que leur attention , partout où il y en a d’établies , se 
porte sur les édifices employés utilement, avec autant de zèle que 
sur de simples ruines ; les premiers offrent un double intérêt, 
celui de l’antiquité et celui de l’actualité. 

Je n’ai pas besoin , M. le Préfet, de vous exciter à favoriser 
de tout votre pouvoir la formation des sociétés de ce genre dans 
votre département, s’il n’en possède pas encore. S’il en existe 
une ou plusieurs, je désirerais qu’elles voulussent bien me com¬ 
muniquer le résultat de leurs recherches concernant les églises 
qui se recommandent à l’attention de l’administration ou du 
gouvernement, en indiquant sous quels rapports elles méritent 
cette attention. 


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Extrait du procès-verbal de la séance du 7 novembre 
1850 de la Commission départementale, faisant 
fonctions de Conseil général du département de li 
Seine. ' 

.Après avoir exposé la situation générale des travaux et 

récapitulé l'ensemble des féssouftfés qui leur sont affectées, M. 
le Rapporteur aborde la question-relative à la Sainte-Chapelle. 

En 1849, dit-il, une difficulté grave s'éleva : on demanda l'i¬ 
solement de cet édifice qui se trouvait masqué par la galerie 
droite de la cour du Mai; on insista même pour que la galerie fût 
démolie. 

Après- de longs débats r de vives contestations, une sorte de 
transaction fut couclue ; on convint que la Sainte-Chapelle ser¬ 
rait isolée , qu'il y aurait une distance de 1 mètre 10 centimètres 
entre les côûtfeforts de l’église et lé nfiür dëlk galerie ; qû'à cet 
effet, i y extrémlté de la gâterie riôiiVelléitiénf construite serait dé- 
motte et réé<fifîééà la distanté* convenue. sVee peine que 
vous tous êtes déterminés à accepter uné parèltfô proposition, 
Cüt lk galerie construite sera étroite, étranglée, rté fera pitié 
gtrifé à celle qui ïa précédé ét ééra d* un effet dépforâbl'e. Ëtfdn 
bétonne d’âdtaüt plus qfue l'isolement dé la Sainte-Clikpelle ait 
été Si vivement réolaiihé, lorsqu’on voit qu*k fettr extrémité urie 
Sacristie a été construite pour Péglisé, ét que 1 ! 1 # mufde cétie 
Sacristie est appnyé sur lW muKde té galerie du palais. L'isole¬ 
ment tfê sera donc pas complet. 

Mais aujourd'hui c'eSt chose accomplie : f engagement de dé- 
tdôllr a été pris, et (e Ministre de l'Intérieur a accepté la charge 
de la moitié de la dépense. 

M. le Rapporteur conclut ensuite au vote du crédit proposé. 

I Un Membre demande la parole. 

Dans le rapport qni vient de vous être fait, une circonstance^ > 
dit-il r m’a particulièrement frappé , et die mérite de ûxer vot^e 
attention. 


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— 417 — 

M. le Rapporteur a dit que la sacristie d* la Sainte-Chapelle 
adhérait maintenant au Palab^de-Justice, C’est une erreur, sans 
doute, car il a toujours été entendu que la Sainte-Chapelle serait 
isolée : M. le Préfet l’a annoncé à U Commission départementale 
tjanssa session de février dejrnier, et cela a été consigné dans la 
délibération (jup vous avez prise alors. 

D’où vient donc que cet isolement n’a plus lieu ? voulu 

tromper la Commission départementale ? Sans aucun doute , elle 
pas aqpepté Ip projet de transaction si l'on n’eût pas perti¬ 
nemment assuré que l’isolemept aurait lieu. 

11. ip Rapporteur 4*1 qu’il a fait cette obseryation aux arqhi- 
tentes ; ijs pp*répondu qu’ils avaient toujours pensé que la CP08- 
twtiPR nécessaire k h sacristie devait rester 
. L’isalenwnt promis, dit un autre Membre t est un mensonge » 
et nous devons protester. 

* Plusieurs Membres appuient cette opinion et en font l’objet 
/Tune proposition formelle. 

- Le prédit de 749,176 fr. 44 o. est voté. La Commission prend, 
au sujet de la Sainte-Chapelle, la délibération qui sait e 

La Commission départementale, 

* Considérant qu’il avait été çxpressémout convenu que la Sainte- 

jÇbeneUe serait complètement isolée ; 

o Que c’est sur la foi de cette convention et en considération dp 

.cet iaoiqment t que te Çnmmissipn départementale a décidé dans 
an séance du W février dernier que te dépense à laquelle cet iso¬ 
lement donnerait lien serait suppqrtép moitié par l’Etat et moitié 

par le Département ; 

t/ Que, nonobstant cette convention, on a non seulement main¬ 
tenu les constructions de la Sainte«Chapelle adhérentes à la ga¬ 
lerie du palais et qui devaient être démolies, mais que récem¬ 
ment on les a réparées et même exhaussées ; 

Proteste contre cette violation de la convention, et invite M. 

' le Préfet do la Seine à faire auprès des autorités compétentes les 
diligences nécessaires pour assurer l’exécution de là dite convefi- 


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— 418 — 


fion, de manière à ce qae l'isolement ait lieu dans toute la lon¬ 
gueur de la galerie du palais et de la Sainte-Chapelle. 


(Pièce C.) 

Paris, le 33 août 1852. 

Le Ministre de l’Intérieur, à M. le Préfet, 

« Monsieur le Préfet , 

d J’avais soumis à l'examen du Conseil d'Etat un projet de dé- J 
cret conforme à votre proposition et tendant à modifier le plart^ 
général d'alignement de la ville d’Amiens, en arrêtant un nouvel 
alignement pour les abords de la Cathédrale de cette ville. Ce^ 
projet de décret, conformément à divers avis successifs émis par 
le Comité de l’Intérieur, affranchissait des servitudes ordinaires'! 
de voirie les propriétés entièrement retrancïiees ou fortement at¬ 
teintes par ce nouvel alignement. 

» Le Comité de l'Intérieur, délibérant sur l’affaire, s’est pro- v 
noncé de la manière suivante : 

d Considérant que la seule modification importante proposée ; 
» est l’élargissement de l'impasse des Soufflets ; 

» Que ce nouvel alignement, aux termes de l'article 3 du pro- 
» jet, ne recevra son exécution que quand la Ville aura été auto- * 
» risée à acquérir, soit à l’amiable, soit par,voie d'expropriation; ' 
» Qu’ainsi la modification proposée devra dépendre d’un dé- 5 ’ 
» cret nouveau ; ' * 

» Est d’avis qu’il n’y a point lied d’adopter le décret proposé. ) 
d Par suite de cet avis, Monsieur le Préfet, je ne puis donner * 
suite à votre proposition, et j’ai l’honneur de vous en envoyer' 
ci-joint les pièces. 

» Recevez, etc. 

» Le Ministre de VIntérieur , 

Pour le Ministre et par autorisation : 

» Le Secrétaire général , 

» Signé : Alfred BLANCHE. 

Pour copie conforme destinée à M. le Maire d’Amiens : 

» Le Conseiller de Préfecture , Secrétaire général , n * 

» Signé : Marotte. » -mp 


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— 410 


(Pièce D.) 

Extrait de la circulaire de M. le Ministre de l’Instruc¬ 
tion publique et des Cultes (M. Fortoul), du 16 mars 
1852. 

. M. le Préfet, nos édifices religieux et plus particulière¬ 
ment nos cathédrales, sont une de nos plus grandes richesses na¬ 
tionales. Leur destination les consacre ; leur mérite d’art, sou¬ 
vent incomparable, en fait l’objet d’un culte universel d’admira¬ 
tion ; leur antiquité ajoute encore à la curiosité et à la vénération 
dont elles sont si dignes. Et enfin les travaux actuels qui sont 
faits pour leur restauration leur donnent une valeur nouvelle qui 
se traduit tous les ans en sommes considérables au budget de 
l’Etat. 

A tous ces titres, M. le Préfet, on ne saurait les entourer de 
trop de respects , de soins et de précautions pour les préserver de 
toute altération, de toute dégradation volontaire, ou même sim¬ 
plement imputable à la négligence. 

Je n’ai pas besoin de vous rappeler , M. le Préfet, que vous ne 
deyez tolérer aucun établissement, quelque provisoire qu’il soit, 
aux flancs des cathédrales, et que vous devez tendre , avec le 
Gouvernement, et sauf le droit des particuliers , à arriver le plus 
tôt possible à leur complet dégagement, par la démolition et 
l’enlèvement de toutes les anciennes constructions parasites qui 
les obstruent et les déshonorent. 


(Pièce E.) 

Extrait d’un article publié par M. de Nouvion, rédac¬ 
teur en chef du Courrier de la Somme, dans le N.° du 
31 octobre 1850. 

.Or, renseignements pris à bonne source, nous avons reçu 

l’assurance la plus formelle et la plus explicite qu’il n’était pas 
question le moins du monde de toucher aux magnifiques stalles 


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—’ f 420 — 


quîsont,"pour notre ville, im vrai trésor artifctiquè; et que/àrtih 
orgue était , en effet, placé dans la cathédrale , non seulement il 
ne serait pas enlevé aux stalles du chœur, pour l’établir, un éclat 
(3e la grosseur d’une épingle, maïs même qu’il y serait complète¬ 
ment invisible. 


(Pièce F,) 

üxtrait du prooèa-verbal de la séance du 22 février 
1843, du Comité historique des arts et monuments, 
établi près le ministère de l'instruction publique (Pré¬ 
sidence de M. le comte de Gasparin). 

..Le secrétaire fait observer qu'il est bon de nettoyer les 

églises ; mais qu'il ne faut pas, malgré la bonne intention qu'on 
aurait de ramener les monuments k leur pureté primitive, enle¬ 
ver des ornementa, postérieurs, il est vrai, mais souvent d’un 
fort beau caractère. Les magnifiques boiseries du chœur de 
Notre-Dame de Paris , les grilles remarquables qui environnent 
je chœur de Seiot-0uen de Rouen , ne doivent, pour aucun pris, 
et pour aucun motif, être enlevées de çes monuments ; et cepen¬ 
dant elles datent des dix-septième et dix-huitième siècles, et elles 
|ont postérieures de cinq cents sps aux édifices où on les voit, 
jbes grilles ot les boiseries qu’on ferait aujourd’hui f même en 
style gothique f seraient bien loin de valoir ces grilles anciennes; 
d'ailleurs , des ornements et des meubles peuvent fort bien être 
postérieurs aux monuments qu'ils enrichissent. C’est précisé¬ 
ment cette variété de styles et d'époques qu'on surprend dans l'a¬ 
meublement et l'ornementation d'un édifice qui donne de l'intérêt 

ÿt comme une aorte de vie è l’édifice tout entier. Pan* l'église 
du la Trinité de Vçndûœe, on a détruit un remarquable autel du 
commencement du dix-septième siècle , pour y substituer un au- 
îel de prétendu style roman et de fabrique moderne ; le nouveau 
meuble jure plus avec l'église que ne faisait l’ancien. Il faut tout 
ijonserver’, quand rien ne s'y oppose. 

M. Robelîn annonce qu'on a badigeonné récemment l'église de 


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,-m - 

Saint-Etienne de ûievers ; .ce vénérable monument est aujour¬ 
d’hui du plus beau clair et a perdu une partie de sa majesté. 

M. Charles Texier ajoute que l'église du Bellay (département 
du Cher), monument du onzième siècle , a été badigeonné égale¬ 
ment depuis le spl jusqu'à la voûte. 

Le Comité recueille et publie tous ces faits, qui deviennent 
heureusement plus rares de jour en jour ; il est utile que le 
blâme atteigne les auteurs de pareilles dégradations, afin que 
ceux qui voudraient suivre un tel exemple en soient efficacement 
empêchés. 


(Pièce G.) 

Amiens., |e 3,1 janvier 1839. 

no' ' , . v • :* • v r ;' / , 

Le Préfet de la Somme # à IVL Cheussey, architecte. 

» Monsieur, 

» J'ai l'honneur de vous informer que monsieur le Ministre 
delà Justice et des Cultes,, par sa circulaire du ^.® r décembre 
dernier , rappelle que les Eglises Cathédrales étant la propriété 
de l'Etat et toutes les dépenses relatives à l'entretien , répara¬ 
tions et achèvement de ces édifices, devant être faites sur les 
fonds du Trésor public, alloués pour cette destination au budget 
du ministère des cultes, son approbation est indispensable pour 
exécuter tout ce qui a rapport à ces dépenses. 

» Il insiste pour que les fabriques et je clergé comprennent 
que , n’ayant que le simple usage des églises, il ne saurait leur 
être permis d’y faire aucune disposition susceptible de les atta¬ 
quer, soit dans leur construction,, soit dans leur ornementation, 
et qu’ils doivent se borner à émettre des vœux qui pourront être 
accueillis, après les avoir soumis à des gens de l'art. 

» Vous aurez donc , Monsieur, à surveiller toutes les entre¬ 
prises quelconques, qui pourraient être faites par la Fabrique de 
la Cathédrale, et à vous y opposer formellement ; vous aurez 
soin de m’en référer, si vous rencontriez quelque résistance , 

32. 


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- 422 


que je me suis efforcé (le prévenir , en communiquant les ins¬ 
tructions du Ministre à Monseigneur l’Evêque. 

» Agréez , etc.... 

» Le Préfet de la Somme , 

» St.-AIGNAN. 

Pour copie conforme : 

» VArchitecte honoraire du departement de la Somme , 

» Cheussey. » 

MEMBB.CS ADMIS. 

Titulaires non résidants. 

MM. l’abbé Martin , curé de Courcelles-sous-Moyencourt, 
(Somme) ; 

Normand , curé de Ste.-Segrée ; 

Pouillet , curé de Moyencourt ; 

Cocheris , archiviste paléographe , attaché à la bi¬ 
bliothèque Mazarine, à Paris ; 

Dutilleux , élève de l’école des chartes, à Paris ; 

De Veryille & , directeur des douanes , à Char- 
leville ; 

DeFrohen (comte), à Paris. 

Correspondants. 

3 b 

MM. De Melano (comte), secrétaire-perpétuel de l’Institut 
britannique des sciences et arts , à Londres ; 
Charma, professeur de philosophie à la faculté des 
lettres, (Caen) ; 

Capitaine (Ulysse), secrétaire de l’Institut archéolo¬ 
gique, (Liège). 


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mismatique belge, t. 2, livraison 22. — 8.° Bulletin de la société 
des antiquaires de la Morinie, n.° 3. — 9.° Bulletin de la société 
des antiquaires de l’Ouest, 3.® trimestre, 1852. —10.° Bulletin 
delà société archéologique de l’Orléanais , n.° 10. — 11. 0 An¬ 
nuaire historique du département de l’Aisne pour l’année 1848, 
contenant les armoiries des villes , les éphéraerides et les foires 
du département de l’Aisne, par Aug. Matton, hroch. in-18.— 
12.° La généralité de Soissons au xvm.® siècle.— Notice pour 
servir d’introduction à l’inventaire des archives de l’intendance 
de Soissons, par le même , in-8°. — 13.® Notice sur l'organi¬ 
sation judiciaire de la généralité de Soissons, par le même , 1851. 
14.° Mémoire sur les chartes du diocèse de Laon au moyen-âge, 
jpar le même , 1851. —15.° Notes sur la topographie administra¬ 
tive et financière de la généralité de 'Soissons , par le même, 
1850. — 16.® Notice sommaire sur le dessèchement des marais 
duLaonnois, par le même , 1850. —t 17.® Mémoire sur les ar¬ 
chives des églisés et des maisons religieuses du Gambraisis , par 
M. LeGlay. Lille, 1852, in-8°. —18.° Annales de la société d’a¬ 
griculture , sciences et arts do département d’Indre-et-Loire, 
n.° 3, tome 31. — 19.® Sommaire des recherches sur l’histoire 
de Picardie, par P. Ch. Damiens, 1852. (Extrait du registre de la 
société académique de l’Oise). — 20.° Mémoires de la société 
philomatique de Verdun, tome 4. — 21.® Essai sur les Àspres 
Gomnenats ou blancs d’argent de Trébisonde « A<rr?a 
KoftiiiwT*. » Par F. de Paffenhoffen. Paris 1845, 1 vol. in-4.® 
planches.— 22.® Académie des sciences, belles-lettres et arts de 
Besançon. Séance publique des 28 janvier et 24 août 1850. 

— Séance publique dn 28 janvier 1851 , du 25 août 1851 , du 

32.* 


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— 424 — 


28 janvier 1852. — 23.* De l'esprit et du ccenr, par A. d'O- 
treppe de BonvSttc * 1 voit ia-11 , 1852. — 24.° Géographie dp 
moyen-âge, par J. Lelewel. Bruxelles 1852, Pilles, 4 vol. 
in-8®.— 25.° Monnaies de Reckeiro. Supplémént à la note de M» 
Wetters. — Attribution d’un denier carlovingien à Mons (Cas tri- 
locui). — Numismatique montoise* Louise de Stolberg , reine 
d'Angleterre, par M. Renier Chelem— 26.* Essai sur le pavage 
des églises antérieurement au xv.® siècle 9 par L. Deschamps 
de Pas. Paris 1852. Didroo, 1 vol. in-4»°.— 27.° Travaux 
4e l'académie de Reims , 2.* et 3.® trimestre , 1852. —- 
28.° Notice sur les vitraux de la cathédrale d'Amiens, 
par M. Lasteyrie. ( Extrait de son histoire de la peintnpe 
sur verre). — 29.° Voyage archéologique en Grèce et en 
Asie - Mineure, par M. P. Le Bas, in-4.°, liv. 29-30-31. 
in-fol., liv. 12-13-14-18. — 30.° Chronique du religieux 4e 
St-Denis, tom. 6.— 31.° Archives législatives de la ville4^ 
Reims, tome 4 e . — 32.° Mémoires de la société de statistique 
des Deux-Sèvres , l. r * liv., 1852. — 33.° Journal de la société 
d'archéologie et du comité du musée lorrain , n.°* 7-8-9. — 34,° 
Mémoires de l'académie du Gard, 1851-1852. — 35.° Mémoires 
de l'académie d’Arras, tome 25. — 36.° Les Belges en Bohème, 
on campagnes et négociations du comte de Bucquoy , grand 
bailly du Hainaut, par Ch. Rahl, 1850, in-8°. — 37.° Examen 
analytique des manuscrits de la bibliothèque publique de Mon6 , 
par M. Piuchart. — 38.° Notice historique sur Pierre de Bue- 
kere, auteur du mausolée de Marie de Bourgogne à Brpgefe, 
par le même, — 39.« De l'inféodatiou du comté de Namur au 
comté de Hainaut (Mémoire couronné par l'académie du H*j- 
naut), parle même , 1850. — 40.° Correspondance littéraire 4e 
Rapedius de Berg , par le même . — 41.° Le duc de La VallièFje, 
et l’édition de Pline de 1479 sur vélin, par le même .— 42.° Ne- 
' lice historique sur la chamhre légale de Flandre, «par le même 
43.° Récit de la guerre de 1542, par Gérard Le Prince » oqfi- 
temporain, par le même. — 44.° Mémoires sur les différentes 
branches d'industrie et de commèrce suivantes, en 1776 


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— — 


caractères à imprimer ; 2.° cartes à jouer ; 3.' livres', cartes 
géographiques, estampes et tableaux, par le même,-*- 45.° Sou¬ 
venir» historiques sur les archives des anciennes institutions ju~ 
dîciaires du Hainaot, par le même. — 46.® Première et seconde 
notice sur des antiquités gallo-romaines trouvées dans le Hai- 
%aut, par te même , 8 février 1847 et 10 juin 1848 , in-4®. — 47.* 
Mémoires de l'académie nationale des sciences, inscriptions et 
'belles-lettres de Toulouse, 4.® série , tome 2®. — 48.® Mémoire» 
: dela société d’émulation de Cambrai, tome 23.—-49.° Pro¬ 
gramme des prix proposés par la société libre d’émulation de 
Rouen, pour 1853,1854 et 1855. —* 50.® Mémoires de la société 
des antiquaires de l'Ouest, année 1850 et année 1351,2 vol. in- 
*8®. 51,® Mémoires de la société nationale des sciences, de 

^agriculture et des arts de Lille, année 1850 et année 1851,2 vol. 
%l-8.°, plane b. —52.® Bulletin des travaux de la société libre d'é¬ 
mulation de Rouen, pendant l'année 1851-1852, 1 vol. in-8®. — 
& 33.° Notice biographique sur Charles-Henri-Joseph de Basse,. 
ô malre de Tournay, né en cette ville , le 3 décembre 1774 et 
"mort en janvier 1818 , par Fréd. Hennebert, broeb. in-8.°, por¬ 
trait.— 54.® Obsèques du docteur Le Sauvage. (Mort à Caen, le 
1 12 décembre 1852). —55.°. Bulletin de la société historique et litt- 
téraire de Tourna?, tome 3, faso. 1. — 56.® Compte-rendu des 
■'séances de la commission royale d’histoire de Bruxelles, tomes 
< XI, 2-3. — XII, 1-2. — XIII, l-2-3r4. — XIV, 1-2-3. ~ XV, 
t. — XVI, 2-3. — 57.® Mémoires de l'académie royale des 
* sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, tome XXVI. 

58.® Mémoires couronnés et mémoires des savants étrangers 
~ publiés par l'académie royale de Belgique, tome XXIV. — 59.® 
5 Mémoires couronnés et mémoires des savants étrangers, publiés 
r par l'académie royale de Belgique, collection inr8.°, tome V. — 
'<60,® Bulletin de l'académie royale de Belgique tome XVIII ; 
2.® partie, 1851. Tome XIX, l. r ® et 2.® partie,, 1852. —61.® 
Annuaire de l'académie royale de Belgique, 1852, 18.® année. 
-^-62.® Annales de l'académie d'archéologie de Belgique, tome 
‘ 9, n.® 4. — 63.® The numismatic chronicle and journal of the 


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Btmuaoiatic society (of London) n.° 58. —64.° Nachrichlen,ve# 
der Georg-Augusts-Uoiversitat und der KônigUGesellschaft der 
WÎ9senschaften zu Gottingen. Von Jhare, 1851, n.°® 1-19. 
65.® Ers te sncularfeier der Konigl-Gesellschaft der Wissenschaf- 
ten zu Gottingen am 29§ten nov, 1851.— 66.® Mittheiluogen 
der antiquari8chen Gesellschaft in Zurich. — Dritter band, 1848- 
1847 , in-4°. — 67,® Publication de la Société pour la recherçh* 
et la conservation des monuments historiques dans le Grand-du¬ 
ché de Luxembourg. année 1847 à 1850 , tome 3-4-5-d, 4 vqJ, 
in-4®. — 68.® Mémoires de l'académie impéritie des sciences de 
St.-Pétersbourg , 6.® série, sciences politiques , histoire, philo¬ 
logie , tome 1 à 7,1830 à 1848 , 7 vol in-4®,— 69.® Bulletin de 
classe historico-philologique de l'académie impériale des science* 
de St.-Pétersbourg, 1844 à 1842, tome 1 à 9, in-4®.—70.® 
Abhandlungen der philosophisch-philologischen classe der Ko*- 
oiglich-Bayerischen Akademie der Wissenschafteu-Erster band 
1835. — Zweiter band 1837-38. — Brilten band 1840-43. Vir 
prten band 1844-47. — Sechsten band 2 Abtheilung. — 71.® Ar- 
$hitecktonische Zeicbnungen als beilage zu den zwei Abband- 
lungen uber das Erechtbeum Von Ed. Mezger. 72.® Die. ger 
genwartige ausgabe der philosophie. Von der Cari Pransl. 1852. 
^ 73.0 Bulletin der Konigl-Bayeziscben Akademie der Wis- 
$enschaften. 1851, n.° 1 à 43. 

OBJETS OFFERT» AV MUSÉE. 

pendant le A.* trimestre de 1852. 

‘ 1.® Par M. Magdelaine, ancien ingénieur en chef â Amiens, 
■une hache gauloise perforée, en roche feldspathique (diorite 
verdâtre vulgairement dite biseult) recueillie par le donateur 
f dâns la lande de Lanvaux , commune de Pleucadeuc, proche de 
dlfalestroit (Morbihan); longueur 0, m 17, largeur 0,®045, diamètre 
du trou cylindrique 0,02. Ces sortes de Celtes perforées sont rares. 
Xa plupart des haches celtiques , trouvées en Bretagne, sont 
des coins semblables à ceux que possède le musée de la Société 
Antiquaire* de ; Piçf)r4ietct t 4ont on lamit usage en ^adap- 


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Isntun tronçon perforé de corne de cerf, suivant le procédé 
révélé pour la première fois par les curieux spécimens que 
possède ce murée sons les n.°* 48, 440, 441,5£7, etc. 

'2.* Par M. Magdeleine , un fragment de tuyau de chaleur en 
terre cuite, tel qu'on les employait universellement dans les re* 
vêtements des murs d’hypocaustes ou caldarium des bains antt* 
quès romains, ainsi qu’on peut le remarquer dans la plupart des 
constructions de cette époque, notamment dans les bains ro* 
mains de Saintes (1) ; dans l’ancien hypocauste transformé en 
oratoire et contigu à l’église de Sainte-Cécile in transtevere à 
Rome, où le donateur a constaté lui-méme l'existence de ces 
sortes de tuyaux; dans les hypocaustes de rétablissement.gallo- 
romain de Jublains (l'antique Nœodunum) ( Mayenne) (2). Le 
fragment offert par M. Magdelaine provient des fouilles qu’il a 
fait exécuter dans cette dernière localité en 1830 et 1840. 

3. ° Par M. Salmon fils, huit pièces de monnaie du règne 
de Charles VI, trouvées à Saint-Fuscien. 

4. ° Par M. Bazin, membre de la Société à Fumerault (Yonne)^ 
cinq fragments de haches en silex, trouvées aux environs de 
Mesnil-St.-Firmin (Oise). 

3.° Par M. ,,eB Mille, de Poix (Somme), des fragments de 
poterie rouge recueillis aux environs de Poix, par M. Bressean, 
décédé membre correspondant de la Société* Sur cinq de ceè 
fragments, décorés pour la plupart de figures de génies , d’ani¬ 
maux , etc., on remarque ces noms de potiers : ALBVC1— 
AMONI—BANOLVGCI—RVFI OFF-SEN (SENECI). 

6. ° Par M. Debeausseaux, hydraulicien à Amiens, une custode 
en cuivre doré et émaillé, de style byzantin et de forme cylindrif 
que, avec couvercle conique sommé d’une croix. 

7. ° Par M. Antoine, architecte à Amiens, une fiole en verj^p 
de forme hexagonale (haut. 14 centim.), une patère en bronzp, 

(i) Cours d’antiquités monumentales de M. de Caumont, t. h, p. 170-- 
175 et atlas de la deuxième partie, pl. xxn, fig. 3, 4 et 5. > 

Bulletin monumental, publié par M. de Caumont, t. tw,.p. 65 et 


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— 428 — 


une cuillère a parfu éi en bronze* une urde en terre blanche 9 
un rasa en forme 4e biberon * de terre rougeâtre ; ces divers 
objets d'époque galU*rom*me otot été trouvé» dan» l’sncitu ci¬ 
metière $t.»R*ob à Amiens.—Un rasé thuriféraire du *▼.«siècle, 
recaeilli dabs des fouilles sur la plage St.-Fîrmin à Amiens* 

8 . ° Far M* Peigné-Dëkrcouft» directeur de la filature d’Ours- 
oaidpSy quelques fragments de raée et de stuc, et uu cachet eu 
cuivre ; Ces objets ont été recueillis dans les fouiilea que la 
Soeiété a fait pratiquer à Quierzy (Oise)j 

9. ° Par M. DtibüiaèOn,tailleur d'habits à Amiens» deux jetons 
de sa ihaison de commerce. 

10. ° Par M* fiooôhaiu-Thierry, liquoriste à Mentdidier » uu 
mortier eu pierre» à quatre Concavités et dans lesquelles on peut 
piler successivement en le faisant tourner autour de l’axe eu 
pierre sur lequel il doit être monté. 



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OUVRAGES 



391 

PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE 

• **' i ' ‘ r * * W v V '*■ . V . ■ f ' -i • . -, ^ 


Mémoires. Tom. I.“ r avec 9 planches lithographiées. . . . 

— Tom. II. 

— Tom. III. avec atlas de 40 pl. lith. gr. in-8.° (Epuisé). 

— Tom. IV. (Epuisé). 

— Supp. au tom IV, avec 9 pl. de médailles (Epuisé) . 
— Tom. V. avec 9 planches lithographiées (Epuisé) . 
— Tom. VI. avec atlas de 16 pl. lith. gr. in-8.° (Epuisé). 
— Tom. VII. avec atlas de 20 pl. lithog. gr. in-8.° . 
— Tom. VIII. avec 10 planches lithographiées . . 

— Tom. IX. avec 11 planches gravées. 

— Tom. X. avec 12 planches lith. 

— Tom. XI ou 1.” vol. de la 2. c série. 

Bulletins. Tom. I.” — Années 1841—42—43. (Epuisé). . . 
— Tom. II. — Années 1844—45—46. (Epuisé) . . . 

— Tom. III. — Années 1847—48—49 . 

— Tom. IV. — Années 1850—51—52 . 

Coutumes locales du Bailliage d’Amiens, 2 volumes in-4.° . 

(Cet ouvrage a obtenu de l’Académie des inscrip¬ 
tions et belles-lettres, au concours de 1846 , une 
mention très-honorable rappelée en 1850—51—52.) 

La dernière livraison qui est sous presse renfermera 
l’introduction et la table des matières. 

Introduction à l’histoire générale de la province de Picardie, par 
Dom Grenier. — Cet ouvrage sera publié en trois li¬ 
vraisons in-4°. La première et la deuxième ont paru. 

— L’ouvrage complet . .. 

Catalogue du Musée départemental et communal d’antiquités 
fondé à Amiens en 1836 par la Société des Anti¬ 
quaires de Picardie. Deuxième tirage, 1848 . . « 


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1 


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— 430 — 


Anivuairb administratif et historique de la Somme, pour les an¬ 
nées 1852 et 1855, publié sous les auspices du Conseil 
général du département. 3 

Médaille commémorative de l’inauguration du monument de 
Dufresne Du Gange, à Amiens (bronze de 61 millim.) 


Ces ouvrages se trouvent à Paris chez M. J.-B. Dümoüun , libraire , 
13, Quai des Augustins , et à Amiens, chez M. lb Secrétaire- 
Pirpétubl db la Société, rue des Rabaissons , à la Bibliothèque • 



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TABLE DES MATIERES 


A. 

Admissions de membres, pag. 35, 93, 139, 151, 214, 305, 359, 422. 
Agnetz (église à restaurer), pag. 42, 44, 56. 

Amiens. — Etat politique au xiv. e siècle, pag. 16, 23. 

Amiens (cathédrale d’). — Restaurations, pag. 16, 199, 390. 

Vitraux, pag. 291. 

Poésie, pag. 394. 

Lettre de M. Daullé relative aux travaux , pag. 373. 
Commission pour apprécier les travaux , pag. 376. 
Rapport de la Commission , pag. 390. 

Amiens (caves d’), pag. 281, 310. 

Amiens (conciergerie d’), pag. 13, 377. 

Arsenal d’Amiens. —Demande de concession de terrain pour y établir 
un musée, pag. 316. 

Annales Boulonnaiscs (rapport sur les ), pag. 168. 

Annuaire du département de la Somme, pag. 170, 228. 

Antiquités grecques données par M. de Lagrenée, pag. 174. 
trouvées à Beauvais, pag. 232. 

à Champlieu , pag. 38. 
à Catenoy, pag. 22. 
à la Neuville-sir-Bernard, pag. 263. 
à Longpré , pag. 320, 331. 

Artillerie de Beauvais, en 1472, pag. 65. 

Attributs des docteurs de l’église , pag. 19, 21. 


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— m — 


Aveu en matière civile, pag. 38. 

Archives des missions scientifiques et littéraires, accordées par lé Ministre 
de l'instruction publique , pag. 381. 

B. 

Beauvais. — Exposition d’objets d’arts, pag. 17. 

Illustrations militaires, pag. 20, 65, 

Ancienneté, pag. 48, 22, lt6, 

Plan de l’enceinte, pag. 23t. 

Palais épiscopal, pag. 387, 388. 

Beauquesne ( sa prévôté), pag. 114. 

Bête canteraine. — Légende picarde, pag. 39. 

Bibliographie picarde, pag.37. 

Bibliothèque de la Société , pag. 22t. 

Bratuspantium» — Opinion de MM. Quesnet et Daniel, pag. 42. 

Btangy ( Notice sur le canton de), pag. 169. 

Bureau de la Société. — Nomination, pag. 413, 226. 

Installation, pag. 3, 133, 276. 

Bulletin. — Réclamations pour numéros perdus, pag. 38. 

C. 

Cartes indicatives des documents relatifs à la Picardie, pag. 222, 280. 
Cassioi, pag. 300. 

Catalogue des manuscrits relatifs à la Picardie, pag. 48. 

Catenoy (camp de), pag. 22,43, 62, 147. 

Cérémonies funèbres comparées, pag. 38, 40. 

Champlieu. —Trouvailles , pag. 119, 434, 210, 229, 

Clermont ( Oise ). —Eglise de Saint-Samson, pag. 324, 330. 

Fête en 1615, pag. 120. 

Cloches, pag. 231. 

Comités historiques — Rapport à établir, pag. 135. 

Comptes des recettes et dépenses, pag. 43, 14, 134, 135, 272, 279. 

M. Cocheris. — Lauréat de 1852, pag. 322, 328. 

Commerce de guède ou pastel, à Amiens, pag. ifeo. 


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Condé ( Princes de la maison de), pag. 233. 

Congrès scientifiques, pag. 135, 138,139. 

Concours, pag. 39, 41, 47, 51, 172, 321. 

Concours à établir entre les sociétés savantes, pag. 189. 

Corvée. — Sa suppression en Picardie, pag. 45. 

Culte des eaux et des fontaines, pag. 167. 

Coutumes du Bailliage d’Amiens, pag. 165. 

Mention honorable accordée par l'Institut à cette publication, pag. 378. 
Conseil général de la Somme. — Subvention , pag. 91. 

D. 

Découvertes d’antiquités , pag. 22, 38, 62, 232, 263, 320,331, 202, 353. 
Dictons historiques relatifs à la Picardie, pag. 166. 

Docteurs de l’église. — Leurs attributs , pag. 19, 21. 

M. Dorbis. — Sa mort, pag. 105. 

Du Cange. —Médaille à son efiigie, pag. 38, 40, 100, 113, 130, 134, 136, 
155, 174. 

Son acte de décès , pag. 275. 

Fêtes d’inauguration de la statue, pag. 53, 81. 

Allocation du ministère de l’intérieur pour la statue, p. 157. 
M. Dufour. — La Société lui vote une médaille, pag. 54, 91. 

M. Dupont-White. — Sa mort, pag. 159, 186, 203. 

Droit rural. — Son origine , pag. 279. 

Dons faits au Musée. Voyez Musée. 

E. 

Echange de publications, pag. 13, 132, 134, 159. 

Eglise d’Agnetz , pag. 42, 44. 56. 
de Ckrmont, pag. 324, 330. 
de Saint-Remy d’Amiens, pag. 108. 

de Saint-Etienne sde Beauvais. —Sa restauration , pag. 233. 

. 

Etats généraux. — Recherches de documents y relatifs , pag. 134. 
Exposition d’objets d’arts, à Beauvais , pag. 17. 


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Fernel. — Lieu de sa naissance, pag. 46. 

Fondations en faveur de l’église Saint-Germain d’Amiens, pag. 164 
Fouilles à faire, pag. 224. 

Fouilles faites à Quierzy , pag. 376. 

à Tours, pag. 379, 380. 

Froissart. — Manuscrit de la bibliothèque d’Amiens, pag, 13,16. 

Fête des fous, pag. 15. 

Fouquevilles. — Plaids, pag. 166. 

G. 

Gaiguières. — Sa collection de dessins, 280. 

Galland. — Monument en son honneur, pag. 15, 52,168,173, 235. 
Gamaches et ses seigneurs, pag. 282. 

Gresset ( lettre inédite de), pag. 148. 

Médaille , pag. 186. 

Sa statue, pag. 15,178. 

Grotius ( Notice sur ), pag. 46. 

M. 

Ham. — Son château, pag. 228, 258, 309. 

Histoire de la Picardie, pag. 203, 230. 

Historiographes de la Picardie, pag, 57, 202. 

I. 

Inscriptions commémoratives d’évènements et faits remarquables, p.58,65. . 
Inscription pour la tombe de M. de Lanselle, pag. 384. 

Installation de membres, pag. 11, 13, 14, 139, 226,279,282. 

. J. 

Jeanne Hachette. — Son drapeau, pag. 21. 

Sa statue, pag. 63, 801, 231. 

Juifs à Amiens, pag. 284, 287. 1 


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— 455 — 


L. 


M. Labourt. — Fondation d’un prix , pag. 185. 

Labyrinthes dans les églises, pag. 61. 

Langlet Dufresnoy. — Lettre inédite, pag. 148. 

M. Le Prince offre un terrain pour subvenir aux frais d’appropriation de 
la halle et y établir le Musée, p. 163. 

Littérature poétique de la Picardie, pag. 47. 

Lhomond. — Monument à lui élever, pag. 281. 

(Noticesur), pag. 284. 

Loterie pour la fondation d’un Musée à Amiens, pag. 274, 296, 302, 
316, 319, 370. 

Londinières (Notice sur le canton de ), pag. 169. 

Longpré (sarcophages trouvés à), pag. 320, 331. 

Lucheux ( Lettres sur le château de), pag. 225, 315. 

Ludmide ( Sainte ), pag. 320. 


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IfiO 

inO 


Lycée d’Amiens. — Prix d’histoire fondé par la Société, pag. 160,162,168 




m. 


dloiD 


Manuscrits de Du Gange relatifs à la Picardie , pag. 142, 170. 
Manuscrit de St. Augustin De civitate Dei , pag. 320. 

Manuscrit égyptien , pag. 118. 

Médailles de Calvin, pag. 225. 

de Du Cange. (Voyez Du Gange.) 
de Gresset, pag. 186. 

Médecins célèbres de Beauvais , pag. 229. 

Mémoires pour le concours, pag. 167. 321. 

Méreaux de Saint-Wulfran d’Abbeville , pag. 380. 

Mineurs. — Administration de leurs biens, pag. 166. 

Missel d’Amiens de 1506, pag. 43. 

Monnaies anciennes trouvées à Falvy , pag. 158. 

à Lucy (Seine-Inférieure), pag. 283. 
Monnaies des comtes de Saint Pol, pag. 37. 

Monnaies des comtes de Ponthieu , pag. 380. 

Monuments fortifiés de l’Oise, pag. 329. 

Motte du Cauroy-les-Tours, pag. 353. 


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Musée d’Amiens.—Objets offerts, p.36, 98,129,154,219,271, 307,363,426 . 

Objets achetés / 100, 220, 272* 308. 

Musée de Beauvais, pag. 42, 43,64.115, 118,201, m 229,230, 232, $86. 
Mummolin (St.), pag. 115. 

W. 

Nécrologie, pag. 146,186. 

Nogent-les-Vierges. — Ses **trw, Pâg- 117. 

Neuchâtel ( Notice sur le canton de ), pag. 169. 

Nutes historiques sur la Picardie, pag. 321. 

O, 


Oisy. — Seigneurie , pag. 141. 

Ourscamp. — Son carter! ake, pag. 322. 

Objets offerts au Musée. (Voyez Musée.) 

Ouvrages reçus, pag. 95, 58,63, 126, 162, 216, 265, 3Ô59&6* 428. 
Ouvrages publiés par la Société, pag. 429, 


Pierre l'Ermite. — Monument à lut élever, pag. 296,275 t 346, 364. 
Souscripteurs au monument, pag,364. 

( Notice sur), «Ag. 386, $37. 

Statue achevée , pag. 380, 3Bd 
Pendentifs. — Terme impropre., pag. 138. 

Pernes. — Mineurs, pag. 166. 

Picardie. — Evènements bisterup»*^ 1»f* 38. 

M. Polain. — Ses travaux^pag. «B. 

Poteries antiques, pag. 201. 

Poésies picardes, pag. 326. 

Prix fondé par M. Labourt, pag. 185. 

Proposés , pag. 52. 183, 423, 328. 

Fondé au Lycée d’Amiens, pag. 160,168. 

Procession de V Assaut à Beau vais, pag. 64. 

Proverbes picards, pag. 40, 62. 


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437 — 


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Questions à traiter en assemblée générale, pag. 39, 159, 319. 


R. 


Rapport sur les travaux de la Société, pag. 40, 177, 322, 
Rapport fait au Conseil général, pag. 246. 

sur les concours, pag. 172, 179, 321. 

Repas après les plaids, pag. 166. 


Saints du Beauvaisis, pag. 170. 

Sarcophages trouvés, pag. 202, 320, 331, 353. 

Sarrazin. — Statue élevée à Noyon, pag. 160, 188, 241. 

Ses travaux, pag. 330. 

Séances générales, pag. 41, 51, 174, 324, 527. 

Séance ordinaire fixée au deuxième mardi de chaque mois, pag. 224. 

Siège de Beauvais, pag. 230. 

Senlis. — Statues trouvées, pag. 225, 248. 

Cathédrale, pag. 225, 254. 

Senantes. — Son château, pag. 261. 

Société académique de Beauvais. — Ses travaux, pag. 136. 

Société des Antiquaires de Picardie. - Demande le titre d'établissement 
d’utilité publique, pag. 157, 170, 186, 22t. 

Elle l’obtient, pag. 178. 

Subvention du Conseil général, pag. 91 . 

du Ministre de l’Instruction publique, pag. 157—376. 

T. 

Table des dix premiers volumes des Mémoires, pag. 15 
Tableaux de la confrérie N.-D. du Puy, pag. 273. 

Thiers. — Son château, pag. 261. 

Troissereux. — Ses souterrains, pag. 233. 

Trouvères picards, pag. 225. 


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33. 


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▼itraux de la cathédrale d’Amiens, 391. 

de Nogent-les-Vierges, pag. 117 
Venceslas (St.), pag. 330. 

Voisinlieu, fabrique de poteries, pag. 384. 



Amiens. — lmp. de Dutai et Herbu**, place Périgord, 3. 


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